5 mauvaises raisons d’aller à l’église

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      Pourquoi donc va-t-on à l’église? Pour célébrer Dieu? Pour être divertis? Pour voir nos souhaits exaucés?

      Je connais un pasteur dont la communauté peut se diviser à propos de la couleur du plafond. Le noir, comme tout bon chrétien le sait, serait la couleur du mal! Le diable peut certes se déguiser en ange de lumière, mais, assurément, son bureau est recouvert de cette couleur maléfique.

      “Pouvons-nous adopter la couleur du diable dans la maison des saints? Jamais de la vie!”, se sont exclamés les opposants. Et le jour où ils n’ont pas obtenu ce qu’ils voulaient, ils sont partis. Non, le corps du Christ ne doit pas accepter de tels compromis… sur les couleurs!

      Lorsqu’une Église se chamaille à propos de la couleur du plafond, on est en droit de se demander: pourquoi donc va-t-on à l’église? Pour célébrer Dieu? Pour être divertis? Pour voir nos souhaits exaucés?

      Pourquoi vas-tu au culte?

      Jésus a posé cette question à son époque, à ceux qui venaient écouter la prédication de Jean-Baptiste:

      Comme ils s’en allaient, Jésus se mit à dire à la foule, au sujet de Jean: Qu’êtes-vous allés voir au désert? Un roseau agité par le vent? Mais qu’êtes-vous allés voir? Un homme vêtu d’habits précieux? Voici, ceux qui portent des habits précieux sont dans les maisons des rois. Qu’êtes-vous donc allés voir? Un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète, car c’est celui dont il est écrit: Voici, j’envoie mon messager devant ta face, pour préparer ton chemin devant toi.

      Matthieu 11.7-10

      En regardant de plus près le ministère de Jean-Baptiste et cette question de Jésus à la foule, nous voyons Dieu nous donner cinq mauvaises raisons d’aller à l’église.

      1. Pour être tranquille

      Qu’êtes-vous allés voir au désert?

      Matthieu 11.7

      Si l’on n’y prend pas garde, l’Église peut facilement devenir un club privé pour ceux qui n’ont pas les moyens d’en fréquenter un autre: animations gratuites pour les enfants, gens bien habillés, messages motivants, lieu accueillant, café, croissants et toutes sortes de services. Même ceux qui n’aiment pas du tout le Seigneur pourraient trouver cela attirant.

      Ces services ne sont pas mauvais en soi, mais attention: tout cela peut doucement nous bercer dans un cocon confortable et refroidir notre zèle.

      Jésus rappelle aux Israélites qu’ils sont venus entendre Jean au désert. Ils ne se sont pas installés dans une belle salle de conférence, avec du café fraîchement moulu, pour entendre la Parole de Dieu en toute quiétude. Ils étaient prêts à endurer une forme d’inconfort pour écouter Dieu.

      Sommes-nous prêts, nous aussi, à "aller au désert"? À nous asseoir sur des chaises peu confortables, à supporter des musiciens amateurs (ou les enfants de l’école du dimanche), pour louer Dieu avec les saints et entendre la Parole prêchée?

      Les Israélites sont allés écouter Jean au désert. Ce ne sont ni la fête, ni la machine à fumée, ni les spots, ni les palaces qui les ont attirés. Ils se sont rendus là où ils n’auraient jamais été — parce que le prophète s’y trouvait.

      2. Pour entendre des discours mous

      Qu’êtes-vous allés voir au désert? Un roseau agité par le vent?

      Matthieu 11.7

      Jésus combat ici une tendance qui semble encore bien actuelle: un enseignement hésitant, soucieux de ménager la chèvre et le chou. Jean-Baptiste n’était pas le prédicateur à la mode, cherchant à justifier les passages bibliques gênants ou à se faire un nom en remettant en question le dépôt de la foi.

      Il ne cherchait pas la crédibilité en rejoignant les sceptiques ou les soupçonneux. Il ne discutait pas: il prêchait. Il ne questionnait pas: il proclamait. Il n’était pas agité par le vent, mais solidement ancré sur le roc.

      Les auditeurs de Jésus étaient allés voir un homme qui parlait de la part de Dieu. Jean, rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère, n’était pas du genre hésitant. Et nous, comme ces Israélites, devrions rechercher des hommes humbles, dont l’humilité ne les conduit pas à la mollesse ou à la timidité face à la vérité révélée, mais à une dépendance toujours plus grande à cette vérité.

      Tout orgueil disparaît tandis que l’homme de Dieu proclame la Parole sur les toits (Mt 10.27). Quant à ceux qui affirment “ne pas encore avoir tranché la question”, comme la plupart d’entre nous, ils ne devraient pas enseigner… comme la plupart d’entre nous.

      3. Pour être diverti

      Les auditeurs de Jean-Baptiste n’ont pas rebroussé chemin devant un prédicateur capable de les heurter en proclamant la vérité et en combattant les faux enseignements. Ils sont allés au désert pour entendre:

      Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir? Produisez donc du fruit digne de la repentance, et ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham.

      Matthieu 3.7-9

      Ils n’avaient pas “la démangeaison d’entendre des choses agréables” en se donnant “une foule de docteurs selon leurs propres désirs” (2Tm 4.3). Ils sont allés écouter un homme qui disait des choses dures — pour leur bien.

      Jean ne les a pas caressés dans le sens du poil. Il n’a pas seulement dénoncé les idoles des autres; il a confronté ses auditeurs à leurs propres faux espoirs, ainsi qu’à ceux des pharisiens et des sadducéens, fiers de leur filiation abrahamique.

      Contrairement à de nombreux prédicateurs qui laissent de côté la question du fruit dans un message de foi facile et de grâce à bon marché, Jean a appelé à la repentance et à ses fruits visibles. Il n’a pas craint d’être accusé de légalisme par des antinomiens attachés à leur péché.

      Ses auditeurs ne pouvaient ni se rasseoir confortablement ni siroter un café en écoutant des discours de développement personnel agrémentés d’histoires touchantes. Le désert n’était pas un lieu de divertissement; c’était l’endroit pour écouter un prophète, croire, confesser ses péchés, se repentir et être baptisé.

      4. Pour échapper aux réalités difficiles

      Déjà la cognée est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu.

      Matthieu 3.10

      Dieu a souvent repris les faux prophètes et les prêtres de l’Ancien Testament en ces termes:

      Ils pansent à la légère la plaie de la fille de mon peuple: “Paix! paix!”, disent-ils, et il n’y a point de paix.

      Jérémie 6.14

      Jean-Baptiste ne faisait pas partie de ceux-là. Il a averti clairement: sans fruit digne de la repentance, on est coupé et jeté au feu — un feu qui ne s’éteint pas (Mt 3.12). Il n’a pas minimisé le jugement, ni édulcoré l’enfer par des théories rassurantes. Il n’a pas prétendu aimer ou pardonner mieux que Dieu lui-même.

      Le précurseur de Jésus a fait retentir l’alarme pour préparer le peuple à la venue de l’Agneau de Dieu. Une chose est claire dans les Écritures: seule la vie de Jésus ouvre la voie de l’éternité. Monter à bord d’un navire qui prend l’eau conduit inévitablement à la perte.

      Si Jean avait prêché comme si rien n’était en jeu — comme si l’enfer n’existait pas, comme si le ciel était acquis — s’il avait plaisanté sur le mal depuis la chaire, racontant des histoires réconfortantes en vue de notre bien-être intérieur, sans jamais confronter nos passions cachées qui nous séparent de Christ, il aurait été un imposteur.

      5. Pour entendre parler de nous

      Qu’êtes-vous donc allés voir? Un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète. Car c’est celui dont il est écrit: Voici, j’envoie mon messager devant ta face, pour préparer ton chemin devant toi.

      Matthieu 11.9-10

      Le ministère de Jean-Baptiste illustre tout vrai ministère chrétien: il pointe sans relâche vers le Christ. Il n’est pas la lumière, mais un témoin de la lumière, afin que tous croient en lui. Il déclare: “Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde” (Jn 1.29), “il faut qu’il croisse, et que je diminue” (Jn 3.30), et reconnaît volontier: “Je ne suis même pas digne de délier la courroie de ses souliers” (Jn 1.27).

      Jean ne proclame pas la gloire de l’homme, mais celle du Christ. Il ne nous place pas au centre; il place Christ au centre. Il ne prêche pas une Bible édulcorée, mais Christ crucifié. Les auditeurs de Jean sont venus entendre Dieu, et ils ont entendu parler du Messie à venir. Le plus grand des hommes a vécu pour annoncer un autre (Mt 11.11).

      Si un homme de Dieu prêche l’excellence du Christ avec assurance, alors peu importe la couleur du plafond, la rudesse des bancs ou la simplicité du cadre. Le but est que nous recevions davantage de Jésus.



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      Greg Morse

      Greg Morse est rédacteur sur desiringGod.org. Il est diplômé du Bethlehem College & Seminary. Avec sa femme Abigail et leur fille, ils vivent à St. Paul.

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