« Jésus [...] admira l’officier et, se tournant vers la foule qui le suivait, il dit: “Je vous le dis, même en Israël je n'ai pas trouvé une aussi grande foi.” » – Luc 7.9
Lisez Luc 7.1-10.
Jésus, celui “qui fait naître la foi et la mène à la perfection” (Hébreux 12.2), a un jour admiré la grande foi d’un homme. C’est le seul endroit des évangiles où Jésus réagit de la sorte. Mais qui donc est cet homme? Un rabbin? Non. Un disciple? Non plus. C’est un soldat romain.
Jésus était descendu de la colline qui bordait Capernaüm, sa ville d’adoption (Mt 4.13). Il venait de prononcer ce qui deviendra le sermon le plus connu de l’histoire.
Quand il entra dans la ville, un groupe d’anciens, des Juifs, vint à sa rencontre. Ils avaient une requête urgente à lui présenter. Est-ce que Jésus pouvait rapidement venir chez un centurion romain dont le serviteur était si malade qu’il était sur le point de mourir? Le centurion lui-même avait envoyé ces anciens pour lui en faire la demande.
C’était étrange. Les responsables juifs n’étaient pas connus pour être particulièrement proches des soldats romains.
Comprenant combien cette demande était atypique, l’un des anciens ajouta rapidement: “Il mérite que tu lui accordes cela, car il aime notre nation et c'est lui qui a fait construire notre synagogue.”
Encore une chose étrange. Les soldats romains n’étaient pas connus pour être particulièrement proches des Juifs.
Jésus y discerna la volonté de son Père et il se mit donc en route pour aller avec eux chez le centurion. Il venait juste de prêcher sur l’importance d’aimer ses ennemis. C’était donc une attitude à encourager.
Alors qu’ils approchaient de la maison, un autre groupe d’hommes vint à leur rencontre. Ils discutèrent rapidement et à voix basse avec les anciens, qui visiblement étaient confus. Certains témoins de la scène se sont dit qu’il devait probablement être trop tard.
Puis un représentant du nouveau groupe s’approcha de Jésus et lui annonça avec respect:
— Maître, j’ai un message à te transmettre de la part de mon ami romain. Il dit ceci: “Seigneur, ne prends pas tant de peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. C'est aussi pour cela que je n’ai pas jugé bon d'aller en personne vers toi. Mais dis un mot et mon serviteur sera guéri. En effet, moi aussi je suis un homme soumis à des supérieurs et j'ai des soldats sous mes ordres; je dis à l'un: "Pars!", et il part, à un autre: "Viens!", et il vient, et à mon esclave: "Fais ceci!", et il le fait.”
Un murmure traversa la foule. Il ne voulait pas que Jésus vienne chez lui. Le regard de Jésus restait fixé sur celui de l’homme qui lui avait parlé... Il réfléchissait à ces paroles profondes. De la bouche d’un soldat romain.
Qui a cru à notre prédication? À qui le bras de l’Éternel a-t-il été révélé?
Ésaïe 53.1
Un sourire se dessina sur le visage de Jésus.
Ils verront ce qu’on ne leur avait pas raconté, ils comprendront ce dont ils n'avaient pas entendu parler.
Ésaïe 52.15
Cet émissaire des ennemis des Juifs avait compris ce que même ces anciens parmi les Juifs n’avaient pas saisi.
La pierre qu’ont rejetée ceux qui construisaient est devenue la pierre angulaire. C’est l’œuvre de l’Éternel et c’est un prodige à nos yeux.
Psaumes 118.22-23
Puis il se tourna vers ses disciples et la petite foule qui l’avait suivi depuis la montagne et dit à voix haute:
— Je vous le dis, même en Israël je n'ai pas trouvé une aussi grande foi (v. 9).
Jésus "admira" la foi de cet homme. Quand Jésus admire, nous devons méditer.
Luc a choisi le verbe grec thaumazô ("admirer, être stupéfait") pour décrire la réaction de Jésus face à la foi du centurion1. Le seul autre endroit où ce mot est utilisé pour décrire la réaction de Jésus à la foi de quelqu’un, c’est dans Marc 6.6, quand il est stupéfait du manque de foi des habitants de Nazareth, eux qui étaient ceux qui le connaissaient le mieux.
C’est une petite ironie de l’Évangile que la seule personne dont il est parlé dans les évangiles qui ait suscité par sa foi l’admiration de Jésus soit un soldat romain. La seule raison pour laquelle il était en Palestine était de garder les Juifs sous la domination du dirigeant païen Tibère.
Cela stupéfait Jésus que ce soldat païen, qui était étranger à l’alliance de Dieu, qui avait tout au plus une connaissance limitée des Écritures, ait pu voir ce que bien peu de ceux qui vivaient au sein de l’Alliance avaient réussi à voir en regardant Jésus: le Fils de Dieu. Des foules de Juifs se rassemblaient autour de Jésus. Les leaders juifs cherchaient à faire pression sur lui, ils débattaient à son sujet. Mais comme Pierre au milieu de son bateau rempli de poissons (Lc 5.7-8), le centurion reconnaît la sainteté divine de Jésus et son propre état de pécheur. Il comprenait qu’il n’était pas digne d’être dans la présence de Jésus.
Il reconnaissait aussi l’autorité de Jésus. Alors que les Juifs l’interrogeaient en disant: “Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t'a donné cette autorité?” (Mt 21.23), cet étranger savait exactement qui était Jésus. Il savait que Jésus avait reçu de son Père l’autorité de commander toutes choses sur la terre. Il savait que ce n’était pas une question de proximité. Jésus pouvait chasser la maladie par sa parole à n’importe quelle distance.
Et Jésus admirait le fait que, dans ce centurion, il voyait les prémices et l’ombre des choses qu’il était venu apporter: que “beaucoup [viennent] de l'est et de l'ouest et [soient] à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux” (Mt 8.11).
Cet homme dont Jésus "admirait" la foi n’était pas un disciple. Il n’avait accompli aucun miracle ni implanté la moindre Église et il n’avait pas de diplôme ou de titre religieux. Son curriculum spirituel n’avait rien d’impressionnant. L’homme qui, en Israël, avait la plus grande foi était un centurion qui savait simplement qui était Jésus et ce qu’il était capable de faire. Un homme qui avait demandé humblement et qui avait cru qu’il recevrait ce dont il avait besoin2. Il croyait vraiment en Jésus.
C’est encore ce type de foi que Jésus admire aujourd’hui.
webinaire
1h pour comprendre Matthieu
L’Évangile selon Matthieu, l’un des douze disciples de Christ, révèle en Jésus l’accomplissement des prophéties messianiques de l’Ancien Testament. Il vient ainsi corriger les attentes du peuple juif à la lumière des Écritures.

Orateurs
P. Denault
