Le baptême et la sainte cène - Théologie systématique #28

      BaptêmeCèneCatéchismes et confessions de foi
      3 min de lecture

      Le chapitre 28 introduit la doctrine des sacrements. La première chose qui frappe lorsqu’on compare ce chapitre avec celui de la Confession de foi de Westminster, c’est la différence substantielle entre les deux présentations. Par cette introduction, je tenterai d’expliquer les raisons derrière cette différence.

      Les sacrements ont été l’un des principaux champs de bataille de la Réforme protestante, car ils sont l’expression de théologies sous-jacentes qui divergeaient entre elles. La première rupture eut lieu entre les protestants et les catholiques. Ces derniers observent sept sacrements, tandis que les protestants n’en reconnaissent que deux, car, pour eux, un sacrement doit être institué par le Seigneur, avoir un élément visible qui lui est associé et être accompagné d’une promesse de grâce. Le monde protestant a ensuite été scindé entre deux conceptions eucharistiques distinctes: la conception luthérienne et la conception réformée. Puis le monde réformé fut lui-même scindé entre deux conceptions baptismales: le pédobaptême et le crédobaptême.

      Bien que le chapitre 28 soit une introduction aux sacrements, sa grande différence avec le chapitre 27 de la Confession de Westminster ne vient pas de la doctrine de l’eucharistie. En effet, les baptistes s’inscrivent globalement dans la même compréhension réformée de la cène et réaffirment essentiellement ce qu’on retrouve dans la Confession de Westminster. Les différences relatives aux ordonnances s’expliquent donc à la lumière de leur conception distincte du baptême.

      La première différence notable se situe au niveau terminologique. Le titre même du chapitre fait état de cette différence: Les sacrements (CFW) versus Le baptême et le repas du Seigneur (1689). La confession baptiste n’emploie jamais le mot "sacrement" pour parler du baptême et de la cène, mais utilise plutôt le mot "ordonnance". En rejetant le sacramentalisme, les baptistes n’ont pas complètement rejeté l’usage du mot sacrement, mais ont fait preuve de prudence dans son emploi. Ils ont utilisé le mot sacrement à plusieurs reprises dans l’appendice de la confession de foi ainsi que dans leurs traités de théologie. En mettant cependant l’accent sur le mot "ordonnances", ils ont voulu souligner que les sacrements impliquent l’obéissance de celui qui les reçoit. Celui qui reçoit le baptême et qui participe au repas du Seigneur se soumet aux ordonnances du Seigneur, puisqu’un ordre exige l’obéissance de la foi.

      La deuxième différence concerne le contenu même du chapitre. Les cinq paragraphes qu’on retrouve dans les deux autres confessions n’ont pas été suivis par les baptistes. Ceux-ci ont préféré écrire leur propre introduction aux sacrements, car la théologie sous-jacente constituait pour eux un fondement distinctif. La simplicité de la sacramentologie baptiste est élégante. Elle est introduite par deux courts paragraphes: le premier définit la nature des ordonnances et le second présente leurs administrateurs. Nous exposerons donc ce chapitre en répondant aux deux questions suivantes:


      La communion des saints (confession de 1689, chap. 28)

      Par. 1: Le baptême et la sainte cène sont des ordonnances d’institution positive et souveraine prescrites par le Seigneur Jésus, le seul législateur, et doivent être perpétuées dans l’Église jusqu’à la fin du monde1.

      Par. 2: Ces deux ordonnances doivent être administrées seulement par ceux qui sont qualifiés et appelés à cette tâche selon le mandat de Christ2.


      Pascal Denault

      Pascal Denault est pasteur à l’Église réformée baptiste de St-Jérôme (Québec), il est marié avec Caroline et ils sont les heureux parents de quatre enfants. Pascal a complété un baccalauréat et une maîtrise en théologie à la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Il est également blogueur sur le site Un héraut dans le net et auteur de plusieurs livres dont Le côté obscur de la vie chrétienne et Disciple aujourd’hui.

      Ressources similaires

      webinaire

      Calvin, bon génie ou diable incarné?

      Qui était Jean Calvin? Quelle est la relation entre Calvin et le "calvinisme"? Pour répondre à ces questions, rejoins-nous le mercredi 11 mars à 20h (heure de Paris) pour une soirée autour de ce personnage incontournable dans le protestantisme.

      Orateurs

      R. Bellis