Certains fréquentent l’Église sans trop s’y engager. D’autres ont été déçus par l’Église. D’autres encore s’y investissent à corps perdu, jusqu’à l’épuisement. Dans son livre Aimer l’Église, Jonathan Meyer partage son expérience pastorale et invite les chrétiens à renouveler leur amour pour l’Église. Sa conviction: malgré ses imperfections, l’Église demeure le chef-d’œuvre de Dieu.
Peut-être vous y sentez-vous comme un spectateur au théâtre. Vous avez payé votre place, vous appréciez votre Église, vous y trouvez des relations agréables, vous y passez de bons moments d’adoration et l’enseignement est de qualité. Mais vous préférez ne pas trop vous y engager. Vous allez de temps en temps au culte, mais ça s’arrête là.
Peut-être vous y sentez-vous comme un cheval de course dans son box avant le départ. Vous êtes très enthousiaste et vous vous impliquez à fond dans une multitude d’activités. Les responsables vous ont repéré et vous confient de plus en plus de responsabilités, mais vous manquez de patience et aimeriez en faire davantage. En plus, il vous semble parfois que les responsables en place ne sont pas assez efficaces, vous avez le sentiment que vous feriez mieux qu’eux.
Peut-être vous y sentez-vous comme un pompier, toujours en train d’éteindre des incendies. Vous passez votre temps à régler des problèmes et à accompagner des personnes qui vont mal, mais qui ne progressent pas. Vous êtes amer et désillusionné en constatant le faible engagement des membres.
Peut-être vous y sentez-vous comme un citron pressé. Vous subissez de la pression de toutes parts. Certains membres vous critiquent, vous vivez des désaccords théologiques, vous ne parvenez pas à tout faire, vous avez le sentiment de ne pas être à la hauteur. Vous êtes si fatigué que vous êtes tenté de tout laisser tomber.
Je vous comprends, j’ai moi aussi vécu tous ces états d’âme. Laissez-moi vous raconter mon expérience de l’Église.
Je suis né dans une famille super. Mes parents étaient géniaux. Deux sœurs sont nées après moi, tout aussi géniales. Ma famille m’a transmis beaucoup d’excellentes choses et je leur dois en grande partie ce que je suis aujourd’hui. Toutefois, nous n’allions pas à l’Église. Mes premiers souvenirs de l’Église, en tant qu’enfant, sont liés aux quelques fois où j’ai assisté au culte dans des Églises évangéliques avec d’autres membres de ma famille élargie. Plus tard, j’ai eu l’occasion de suivre le catéchisme1 à l’Église réformée de mon village, Église que j’ai fréquentée de loin. Un jour, un ami m’a invité à venir à son groupe de jeunes dans une Église évangélique qui se réunissait dans une grange dans la campagne de Genève. J’ai peu à peu découvert cette Église plus en profondeur. J’ai commencé à participer au groupe de jeunes, puis je me suis mis à assister au culte. J’ai alors été comme un spectateur au théâtre. J’aimais bien les gens, mais je ne me sentais pas impliqué.
Avec les années, Dieu a travaillé mon cœur et mon attitude a changé. Je suis passé de spectateur à cheval de course dans son box avant le départ. Les anciens m’ont proposé de devenir responsable du groupe de jeunes, puis de présider des cultes, puis de prêcher. J’étais à fond, je voulais tout faire. Souvent, je dois bien l’avouer, j’ai été immature et arrogant, j’ai manqué de grâce et j’étais frustré en pensant que les responsables n’étaient pas assez efficaces (si vous me lisez, chers frères, je vous demande pardon et je vous remercie pour votre patience envers moi malgré tout. Vous m’avez construit sur le plan spirituel comme peu d’autres hommes).
Plus tard, je me suis formé dans un institut biblique et j’ai eu le privilège de faire deux années de stage dans une Église de la région parisienne, puis une année de stage dans une Église à Annecy. J’ai découvert que le ministère pouvait souvent ressembler au travail de pompier. Il y avait tant de choses à faire, tant de gens qui allaient mal, tant d’enseignements à donner, tant de changements à opérer. J’avais l’impression d’être comme un pompier muni d’un simple seau pour faire face à un feu de forêt.
Et puis, je suis devenu pasteur à l’Église de la Servette à Genève. J’ai continué d’être un cheval de course et un pompier par moments, mais j’ai découvert un nouvel état d’âme: le citron pressé. J’ai découvert que, parfois, le ministère pouvait être dur. Honnêtement, je n’ai aucun reproche de fond à adresser à l’Église au sein de laquelle je suis devenu pasteur. Les gens sont bien impliqués, bienveillants et patients. J’ai commis des erreurs, et ils m’ont pardonné. J’ai été inefficace, et ils ont été patients. J’ai été insuffisant, et ils m’ont encouragé. J’ai manqué de courage, et d’autres ont eu du courage à ma place. Mais malgré tout, il y a eu des moments où le ministère a été épuisant. À travers ces différentes phases, j’ai été tenté de baisser les bras, de claquer la porte et de tout quitter. J’ai été tenté de chercher la facilité pour faire baisser la pression. Par la grâce de Dieu, même si je me suis par moments senti comme un citron pressé, j’ai globalement été un pasteur heureux. Je suis passé régulièrement par des hauts et des bas, mais ces états d’âme n’ont jamais été permanents et je peux affirmer que j’aime l’Église et que je la trouve magnifique, malgré mes imperfections et celles des autres. En fait, j’ai découvert que l’Église, avec toutes ses imperfections, est le chef-d’œuvre de Dieu.
À l’occasion de la sortie de son livre, rejoins-nous le 22 janvier à 20 heures (UTC+2) pour notre webinaire gratuit et en direct avec Jonathan Meyer. Il t’aidera à redécouvrir l’Église telle que Dieu la voit, au-delà de ses imperfections. Clique ici pour plus d’infos.
webinaire
Est-ce que ma vie chrétienne est "normale"?
Ce replay du webinaire de Dominique Angers a été enregistré le 21 Octobre 2021.

Orateurs
D. Angers
