Tornades, tsunamis et le mystère de la souffrance et de la souveraineté

Comment devrions-nous réagir aux différentes tornades et ouragans qui déferlent un peu partout dans le monde? Qu'est-ce que cela nous dit (ou pas) du monde et de Dieu?

Le théologien Sam Storms fait 7 observations.

Je suis enclin à penser que la meilleure manière de répondre à la tragédie qui frappe notre communauté aujourd’hui est simplement de ne rien dire. J’ai peu de patience pour ceux qui ressentent le besoin de « théologiser » de pareils évènements, comme si quelqu’un avait assez de sagesse pour discerner le but de Dieu. D’un autre côté, les gens vont inévitablement poser des questions et rechercher encouragement et réconfort. Quel est donc le meilleur moyen d’aimer et d’accompagner ceux qui ont terriblement souffert ?

Je ne suis pas certain d’avoir la réponse à cette question et j’écris ce qui suit avec une grande hésitation. Je peux seulement prier que ce que je dis soit ancré dans la Parole de Dieu et reçu dans l’esprit comme prévu.

La première fois que j’ai rassemblé mes idées sur ce sujet était lorsque le tsunami a frappé le Japon il y a quelques années. Maintenant, après qu’une tornade a frappé Moore et d’autres régions autour d’Oklahoma City, je prie que les mêmes vérités soient utiles pour d’autres. Laissez-moi faire sept observations.

1) Il n’en ressortirait rien de bon de nier ce que l’Écriture affirme clairement, à savoir que Dieu est absolument souverain sur toute la nature. Il peut lui-même envoyer la dévastation. Ou il peut permettre à Satan de provoquer des dégâts sur terre. Oui il peut, s’il le veut, intervenir et empêcher une tornade, un tsunami et tout autre désastre naturel. À la fin, nous ne savons pas pourquoi il choisit l’un ou l’autre. À la fin, nous devons, comme Job, rejoindre l’apôtre Paul et dire : « Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles ! Car qui a connu la pensée du Seigneur, ou qui a été son conseiller ? Qui lui a donné le premier, pour qu’il ait à recevoir en retour ? C’est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. À lui la gloire dans tous les siècles ! Amen ! » (Romains 11.33-36)

2) Dieu est souverain, pas Satan. Si ou dans quelle mesure Satan a peut-être joué un rôle dans ce qui s’est passé est une chose que nous ne pouvons savoir. Ce que nous pouvons savoir et ce que nous devons proclamer est qu’il ne peut rien faire en dehors de la permission souveraine de Dieu. En fin de compte Satan n’est pas souverain. Seul Dieu l’est.

3) Les grandes catastrophes naturelles ne nous disent rien du péché relatif de ceux qui en sont victimes. S’il vous plait, n’en concluez pas que les habitants de Moore en Oklahoma sont plus pécheurs qu’une autre ville qui n’aurait pas encore connu de pareilles dévastations. S’il vous plait, n’en concluez pas que nous sommes plus justes parce que Dieu nous a épargnés jusque là de tels évènements. La Bible ne nous laisse la possibilité d’arriver à aucune de ces conclusions. Ce que la Bible dit est que si nous continuons à vivre et à prospérer, ce n’est pas que nous le méritions mais seulement grâce à la miséricorde et à la patience de Dieu. La vie est un prêt de Dieu. Il ne nous doit pas l’existence et ce qu’il nous a donné dans sa miséricorde, il peut le reprendre à tout moment et de la manière qu’il le voudra.

4) De tels évènements devraient nous rappeler qu’aucun endroit sur terre n’est à l’abri et que nous allons tous mourir un jour (à moins que Jésus ne revienne avant). Que ce soit par une mort naturelle et douce à l’âge de 90 ans ou par une attaque cardiaque à 50 ans ou dans un accident de voiture à 15 ans ou dans une longue bataille avec le cancer à n’importe quel âge, nous allons tous mourir. Nous ne sommes pas immortels. À la fin, la seule place à l’abri est dans les bras de notre Père céleste, desquels aucune tornade ou aucun tsunami ou cancer ou accident de voiture ne pourra nous arracher.

5) Nous ne devrions pas, au vu de tels évènements, en conclure que la seconde venue de Christ et que la fin des temps sont proches comme nous ne devrions pas en conclure que la seconde venue de Christ et que la fin des temps ne sont pas proches. Ce que nous devrions faire est nous humilier devant le Seigneur et préparer nos cœurs pour le jour de son retour, à quelque moment que ce soit, que ce soit durant notre vie ou dans quelques siècles.

6) Nous devons apprendre à pleurer avec ceux qui pleurent. Nous devons prier pour eux, les servir, les aider, leur donner et faire tout ça de toutes nos forces pour alléger leur souffrance (même si cette souffrance est causée par Dieu). Nous n’avons pas à être d’accord avec eux sur le plan religieux ou politique pour les combler de l’amour de Christ. Jésus nous appelle à montrer de la miséricorde à ceux qui souffrent, même s’ils ne le méritent pas. Le fait est qu’aucun d’entre nous ne le mérite. C’est pour ça que la Bible appelle ça la miséricorde : c’est une bonté non méritée. Rappelez-vous Luc 6.27 quand Jésus dit : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent ».

7) Priez que Dieu utilise de tels évènements pour ouvrir les cœurs et les yeux d’une ville ou d’un pays plongé dans l’incrédulité et l’idolâtrie (et je n’ai pas seulement en tête l’Oklahoma, mais l’Amérique en entier), qu’ils voient l’Évangile du Seigneur Jésus-Christ et qu’ils se tournent vers lui dans la foi, de peur que quelque chose d’infiniment pire leur arrive : la condamnation éternelle. Une souffrance éternelle.

Pour aller plus loin :

Sam Storms

Sam Storms est le pasteur de Bridgeway Church à Oklahoma City (états-Unis).

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  • Richard H. dit :

    Très judicieuse entrée en matière de l’auteur, que de nous dire que « le mieux est de ne rien dire ». Ce qui n’empêche pas, bien sûr, de faire suivre cette remarque de sept observations, toutes fort justes. On peut regretter qu’il n’y en ait pas une huitième destinée à remercier les gars de la météo, ou si on préfère, remercier Dieu qui a rendu les prévisions météorologiques possibles dans certaines limites. Car enfin de nombreuses vies ont été sauvées par l’annonce de la catastrophe à venir.

    Donc les météorologues, avec leur petite connaissance à très courte portée, EUX ont quelque chose à dire sur les cyclones. Mais un théologien, quand bien même il s’appellerait Storms, n’ose pas nous dire si Dieu VEUT les tempêtes ou seulement s’il les PERMET. Parce qu’évidemment dans le premier cas, ça passerait mal dans l’opinion publique… et on ne comprendrait plus d’ailleurs le bien-fondé de la météo, ni son utilité.

    Ah ! mais une fois la tempête éloignée, les inondations résorbées, et les larmes des malheureux séchées, le théologien a comme par magie de nouveau quelque chose à dire. Calviniste haut de gamme et conseiller suffisamment intime du Créateur pour connaître toute Sa Pensée, il est prêt à vous jurer, que jamais, jamais, Dieu ne PERMET une chose : non il la VEUT ! c’est bien différent…

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