4 questions qu’un leader jeunesse devrait se poser à chaque rencontre

Tel un thermomètre, les rencontres jeunesses ou rencontres groupe de jeunes (GDJ) permettent aux leaders d’évaluer la santé de leurs jeunes. Dans cette perspective, voici 4 questions que je me pose pendant et après une rencontre. Le but final pour moi en tant que leader est de travailler à la croissance de l’évangile dans les vies.

L’Évangile était-il un élément central de la rencontre?

Notre bonne santé spirituelle est liée à notre obéissance à l’Évangile. Les vies ne sont transformées ni par nos programmes bien ficelés, ni par nos activités. D’ailleurs, nous mêmes, nous sommes incapables de sauver et de changer les cœurs. Dieu seul le peut, il le fait par l’Évangile, sa puissance pour sauver: « c’est la puissance de Dieu par laquelle il sauve tous ceux qui croient » (Romains 1.16). Il est donc primordial de maintenir et d’annoncer le message de l’Évangile lors de nos rencontres jeunesses. En effet, aussi bien les croyants que les non-croyants ont besoin de l’Évangile. Cela implique de se fixer des objectifs clairs. Par exemple, choisir des chants qui nous rappellent la Grâce, qui nous font contempler Dieu, qui soulignent notre besoin de lui. De même, les vies seront transformées si nous veillons à la profondeur de notre enseignement, un lien clair avec la personne et l’œuvre de Jésus, son caractère pratique pour les jeunes dans leur vie au quotidien. L’Évangile ainsi proclamé est notre seule garantie pour espérer voir des jeunes transformés. C’est notre responsabilité de veiller à le garder au centre.

Quels sont les jeunes présents ou absents à notre rencontre?

La présence régulière aux rencontres groupe de jeunes et aux cultes est un critère de fidélité. Les jeunes réguliers sont généralement les premiers sur qui nous comptons tout au long de l’année. Au fil des années, je me rends compte que ce sont eux qui s’impliquent le plus dans le service. C’est en les voyant servir qu’on découvre souvent de potentiels leaders, qu’on peut accompagner de façon spécifique par la suite.

Inversement, les absences récurrentes chez les jeunes sont souvent des signes d’alerte qui guident, orientent notre suivi pastoral. En effet, les brebis absentes du troupeau sans raison méritent notre attention, notre vigilance.

Se préoccuper de la présence régulière ou non de nos jeunes, nous permet de faire le tri entre les jeunes de passage, les jeunes dans le besoin et ceux qui s’impliquent. Au final on a une vision plus précise de qui sont les jeunes qui ont le plus besoin de notre attention. 

Pour effectuer ce suivi de façon intentionnelle, ma mémoire me fait souvent défaut. J’oublie systématiquement des personnes. Vous pouvez faire le test. Sur un papier, écrivez quels sont les jeunes absents à vos 3 dernières rencontres? En fonction de la taille de votre groupe, je parie que vous ne les listerez pas tous. Voilà pourquoi, je ne vois guère d’autres solutions qu’un suivi formel dans un fichier. Par exemple le fait de s’inscrire puis de répertorier les jeunes absents à la fin de chaque GDJ.  C’est faisable à l’échelle d’un groupe de jeunes.

Quels sont les jeunes qui ont besoin d’être encouragés? 

Les bergers connaissent leurs brebis. Avant le début de la rencontre, nous avons généralement connaissance de quelques personnes dont la croissance nous encourage ou qui ont besoin de notre attention, de nos prières. Cette connaissance nous permet d’établir des priorités en termes d’échanges durant la rencontre. Ceci dit, la rencontre elle-même est aussi un moyen pour mieux connaître d’autres jeunes. En effet, elle permet des échanges informels qui sont souvent riches, nous y faisons également la connaissance de nouvelles personnes. En somme, les rencontres jeunesses sont de vrais lieux d’encouragement pour les leaders qui souhaitent être plus intentionnels. 

En développant notre relation avec les jeunes lors de ces rencontres, en nous intéressant à leur parcours de vie, leur semaine, nous découvrons leurs besoins: matériels et spirituels. Notre connaissance de ces besoins personnels atteste que notre ministère est centré sur les vies. Tel un fardeau, ces besoins inclinent nos cœurs à la prière. Nous pouvons aussi réfléchir à des moyens concrets pour les aider : groupe de croissance, groupe de semaine (groupe de maison) accompagnement spécifique, délégation à une autre personne ressource. Par exemple, au début de l’année scolaire, nous accueillons plusieurs nouveaux étudiants dont des étrangers. Ils ont tous besoin d’être accueillis et intégrés à l’Église pour ensuite trouver leurs marques dans l’Église et dans notre ville.

C’est pourquoi nous les encourageons à vivre l’Église en participant aux groupes de semaine. Aussi, nous organisons des repas chez les familles de l’Église ainsi que des jeux dans notre ville de Grenoble.

Comment puis-je aider les jeunes suite à notre rencontre?

Les deux questions précédentes nous donnent un aperçu instantané de la vie des jeunes. Qu’est-ce qu’on en fait maintenant? Mon réflexe humain me pousse à trouver une solution concrète et à la mettre en œuvre. Ce n’est pas mauvais de passer à l’action; mon souci, c’est que j’agis plus que je ne prie. La prière n’est pas mon réflexe. 

Je me retrouve dans ce constat que Jon Onwuchekwa fait dans son livre sur la prière:

« La rareté de la prière est peut-être pire que son absence totale. Un peu de prières, c’est une façade, une action pour se soulager la conscience, une mascarade et une illusion. Le peu de crédit que nous accordons à la prière est mis en évidence par le peu de temps que nous y accordons »

Voilà pourquoi je me discipline à prier plus, pour réaffirmer à Dieu mon incapacité et lui redire que c’est avant tout lui qui peut vraiment changer les choses. C’est lui le véritable berger, je ne suis là que par délégation.  Dieu seul transforme les cœurs, Dieu seul sauve. C’est ce que Jésus nous rappelle dans Matthieu 9.38: « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. » En effet devant la foule des personnes dans le besoin, Il nous demande de prier pour que Lui intervienne, pas nous. 

Je termine en vous partageant une prière que j’ai faite en septembre 2018:

« Seigneur, nous te prions pour les jeunes que tu nous confies, tes enfants. Tu connais leurs cœurs, tu vois leurs besoins. Bénis-les, transforme leurs cœurs par ton évangile. Seigneur apprends-nous à prendre soin de ton troupeau.
Seigneur, X découvre la foi, elle a besoin d’être accompagnée, je pense à Y pour l’aider. Conduis les choses. Seigneur, Z débarque à Grenoble, il est étranger, il n’a pas de pied à terre à Grenoble. Permets qu’il trouve pleinement sa place dans l’église, aide-le à développer des relations à l’université. »

Voilà pour moi. Et vous, que faites-vous une fois vos rencontres jeunesse terminées? Comment vos rencontres vous aident-elles à mieux accompagner les jeunes que Dieu a mis sous votre responsabilité?

3 ressources pour aller plus loin:


Rolly Ngouala

Marié à Veronika, Rolly œuvre dans le ministère jeunesse depuis 10 ans. Dans son Église, il s'implique à l'enseignement, l'accompagnement pastoral. Il est également responsable d’un groupe de maison qui se réunit régulièrement pour interroger la Bible. Il aime cuisiner, il propose quelques recettes sur son blog culinaire. Il travaille en tant que Consultant en systèmes d'information.

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