Ne priez plus en disant “Seigneur, sois avec…”

En tant que créature déchue et limitée par le temps, je passe très souvent à côté de ce qui est spirituel et éternel. C’est pour cette raison que les sujets qui occupent mes prières sont si souvent absents des prières de Paul, et qu’à l’inverse, les prières de Paul sont remplies des choses qui manquent aux miennes. Paul a son regard fixé sur l’éternité. Ses prières sont spirituelles. Ainsi donc, nous aussi, nous devrions imiter son exemple dans nos prières.

Pour ce faire, j’aimerais effacer deux mots qui rendent la plupart de nos prières inefficaces. Les voici :

“Sois avec …”

Si quelqu’un enregistrait mes prières, j’ai bien peur qu’on entende un bon nombre de “sois avec” :

“Seigneur, je prie que tu sois avec Tom sur le chemin du travail, et sois aussi avec Marie qui se fait arracher les dents de sagesse le mardi, et sois avec untel et sois avec unetelle et sois avec nous tous. Amen

Ces prières manquent cruellement d’imagination. Elles sont limitées. Elles ne sont manifestement pas spirituellement ambitieuses comme l’étaient celles de Paul. En fait, je crois même qu’elles sont inutiles. En effet, Jésus a dit “Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde” (Matthieu 28:20 trad. Louis Segond)

Il a promis d’être avec Tom et Marie.

C’est un peu dommage que la requête principale de ma prière pour eux soit la chose que Jésus a promis qu’il ferait. Chose qu’il a d’ailleurs déjà commencé à faire.

Cherchez dans les Ecritures et vous verrez que nulle part dans la Bible, vous ne trouverez une prière qui demande à Dieu qu’il “soit avec” son peuple. Les prières des saints renferment des sujets bien plus glorieux et autrement plus spirituels. Allez voir dans Néhémie. Dans la première partie du livre (dans un contexte d’exil), alors qu’il est au service du roi de Perse en qualité d’échanson, Néhémie apprend que les murs de la cité de Dieu, Jérusalem, sont démolis et que les portes de la ville sont brûlées par le feu.

Ce qui se déroule là-bas est un désastre total. Néhémie a le cœur brisé par cette nouvelle et il décide d’agir. Mais, bien évidemment, il est convaincu par les vérités exposées dans le chapitre précédent de ce livre (NDT: Cet article est extrait du livre “Pray big”, d’Alistair Begg). Voilà donc la réaction de Néhémie : 

“Lorsque j’entendis ces choses, je m’assis, je pleurai, et je fus plusieurs jours dans la désolation. Je jeûnai et je priai devant le Dieu des cieux, et je dis…”

Néhémie 1.4-5, LSG

Ô Éternel, s’il te-plaît, sois avec ton peuple à Jérusalem…

Non, il ne dit pas ça du tout!

Il dit (je paraphrase, vous pouvez lire sa prière dans Néhémie au chapitre 1): « Ô Éternel, Dieu des cieux, Dieu grand et redoutable, qui règnes sur l’univers. Nous, ton peuple, nous prosternons devant toi et te confessons nos péchés et nos manquements. » Voyez-vous ce qu’il est en train de faire ? Il se focalise sur l’aspect spirituel des choses avant d’en arriver au côté pratique. Il sait bien que le problème des murs de Jérusalem est en réalité une métaphore de la vraie condition spirituelle dans laquelle se trouve le peuple. Si le mur s’est écroulé, s’il est brisé, c’est à cause des besoins spirituels de leurs cœurs. Néhémie prie d’abord au sujet de ce qui compte le plus à ses yeux :

“Éternel, je dois te confesser nos péchés. Éternel, je dois reconnaître notre totale dépendance envers toi. Éternel, que nous puissions tourner nos regards sur les choses importantes, car nous avons complètement perdu le sens de la réalité des choses.”

Je suis poussé à l’humilité quand je regarde la vie de Paul et la vie de Néhémie. Je remarque à quel point mes prières sont petites, étroites d’esprit et polluées d’innombrables “sois avec”.

Mon expérience personnelle m’a montré que les parents parmi nous sont particulièrement susceptibles d’adopter cette attitude quand il s’agit de leurs enfants. Si vous êtes parents, je vous soumets ce test qui vous permettra de diagnostiquer si vous prières sont trop terre à terre et insuffisamment spirituelles. Par exemple, que demandez-vous à Dieu dans vos prières pour vos enfants (si tant est que vous priez pour eux)? Ces prières révéleront-elles que nous accordons plus d’importance à leur condition spirituelle qu’à  leur bien-être financier, relationnel ou vocationnel? Ces prières reflèteront-elles le fait que leur statut en Christ compte infiniment plus que leur réputation à l’école, à l’université, au bureau ou dans la société en général? Tout sujet qui compte pour nous mérite d’être porté à Dieu, mais nous devons toujours  lui apporter les sujets les plus importants en priorité.


Merci à Ludovic Labbé pour la traduction de cet article.


Pour aller plus loin:

Alistair Begg

Alistair Begg est pasteur principal à l'église Parkside de Cleveland dans l’Ohio aux États-Unis. Il enseigne la Bible à l’émission Truth For Life, diffusée à la radio ainsi qu’en ligne dans le monde entier. Il est diplômé du Collège de théologie de Londres et a servi dans deux églises en Écosse avant de déménager dans l’Ohio. Il est marié à Susan et ils ont trois enfants adultes.

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  • Moyo dit :

    Je suis d’accord avec ce message d’exhortation, c’est vrai je me retrouve dans cette façon de prier… Merci de nous mettre en lumière comment nous devons ramener nos prières auprès du Père. Merci de votre dévouement envers nous le peuple de Dieu. Soyez bénis et inspiré par le Saint Esprit au nom de notre Seigneur Jésus-Christ.

  • Bernard Henin dit :

    La prière est une conversation avec D.ieu, elle ne nécessite aucune qualité intellectuelle, elle vient du coeur! D.ieu sait ce que l’on va lui demander, que Sa Grâce nous suffise!

  • DAUMAIN dit :

    J’apprécie cet article
    Dans le même ordre d’idée il y a l’expression « puisses-tu » or rien n’est impossible à notre Dieu! Jésus a répondu à celui qui lui disait « mais si tu peux … » réponse « si tu peux ! Tout est possible à celui qui croit »

    Pourquoi refusez-vous mon adresse mail que j’utilise depuis x années
    patdaum@hotmail.com ?

    • David Brazda dit :

      Hello,
      Merci pour ton commentaire!

      Oui, personnellement j’ai également beaucoup aimé ce court passage, et la réaction de cet homme face à Jésus: «Je crois, viens au secours de mon incrédulité!» Autrement dit : « Je manque de foi, aide-moi! »
      Ça montre que Jésus a été plus favorable à une petite foi accompagnée d’une grande humilité qu’à l’inverse…

      Sinon, je suis désolé pour ce problème, il n’y a pas de raison qu’elle soit « refusée »… J’ai transmis l’info à la personne concernée, on va voir ça de notre côté! 🙂

      Merci encore, et à bientôt!

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