La Bible et les tatouages – John Piper – TPSG

Le sujet des tatouages est dans le top 10 des discussions qui arrivent sur la table assez rapidement dans un week-end de jeunes. On en parle souvent, mais les arguments ne sont pas toujours bibliques. Nous avons repris (pas traduit mot-à-mot) un podcast de Ask Pastor John qui en parle justement.

Que dit la Bible sur les tatouages?

Il n’y a qu’une référence explicite au tatouage dans la Bible en Lé 19.28 : « Vous ne ferez point d’incisions dans votre chair pour un mort, et vous n’imprimerez point de figures sur vous. Je suis l’Éternel. »

Mais il y a au moins 2 raisons pour lesquelles ça ne résout pas la question :

  1. Parce que nous ne sommes plus sous la loi mosaïque (Rm 7 = vous êtes morts à la loi) Nous ne sommes plus sous la loi comme des règles qui nous rendraient favorables à Dieu. Rm 7.6 = Nous sommes libres par rapport à la loi.
  2. Dans cette situation, le tatouage ou la scarification n’apparaissent pas comme étant intrinsèquement mauvais, comme si la peau était parfaite et qu’on ne pouvait y toucher. Mais parce que ces pratiques étaient la marque d’un compromis avec les peuples environnants. Le problème n’était pas la peau, mais le signe d’un cœur qui n’était pas tourné vers YAHWE.

Voilà donc au moins 2 raisons qui nous empêchent de dégainer Lé 19.28 en pensant avoir résolu la question du tatouage.

Quelques principes chrétiens concernant le tatouage

De ces 2 observations bibliques, voilà quelques principes que je dresserais :

  1. Le tatouage en soi n’est pas intrinsèquement mauvais.
  2. Rm 7 dit que le moyen de décider quoi faire est de se demander si cela porte du fruit pour Dieu. On peut se demander : Est-ce que je fais cela parce que ma nouvelle relation avec Dieu en Jésus-Christ me pousse à faire cela pour refléter la Gloire de Dieu ? Est-ce que me faire tatouer portera du fruit pour Dieu ?
  3. D’autres questions que l’on peut se poser : Est-ce qu’il y a une partie de compromis avec le monde qui nous entoure dans le choix de se faire tatouer ? Est-ce que le monde ambiant influe sur notre décision de nous faire tatouer ? Est-ce que je veux ressembler à ceux qui m’entourent et qui n’aiment pas Dieu ?
  4. Regarder l’enseignement du Nouveau Testament sur les ornements. Par exemple, Paul insiste sur la manière de s’habiller, les bijoux etc. Être chrétien, c’est aussi marquer une différence dans notre manière de s’habiller, de se maquiller… Mais c’est aussi clair dans l’Ancien Testament, on trouve par exemple Dieu qui « orne Israël ».

Versets de l’ancien testament relatifs au tatouage

On lit par exemple dans Ez 16.11-13 : « Je te parai d’ornements: je mis des bracelets à tes mains, un collier à ton cou, je mis un anneau à ton nez, des pendants à tes oreilles, et une couronne magnifique sur ta tête. Ainsi tu fus parée d’or et d’argent, et tu fus vêtue de fin lin, de soie et d’étoffes brodées. La fleur de farine, le miel et l’huile, furent ta nourriture. Tu étais d’une beauté accomplie, digne de la royauté. »

On voit Dieu se réjouir de la manière dont il rend belle son épouse, Israël. Mais on voit aussi l’opposé, en Osée 2 où c’est négatif parce que les intentions d’Israël pour se parer étaient l’idolâtrie et l’orgueil.

Dieu dit, en Os 2.15 : « Je la châtierai pour les jours où elle encensait les Baals, où elle se parait de ses anneaux et de ses colliers, allait vers ses amants, et m’oubliait, dit l’Eternel. »

On voit alors que la même parure qui était positive dans un texte devient mauvaise dans un autre. Déjà dans l’Ancien Testament, on voit que suivre Dieu aura un impact dans la manière de s’habiller, de se coiffer, de se parer.

Versets du nouveau testament relatifs au tatouage

Dans 1 Timothée 2.9-10 on lit: « Je veux aussi que les femmes, vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d’or, ni de perles, ni d’habits somptueux, mais qu’elles se parent de bonnes œuvres, comme il convient à des femmes qui font profession de servir Dieu. »

Et dans 1 Pierre 3.3-4: « Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu. »

Les questions qu’un chrétien devrait se poser sur le tatouage

Donc la question est pour les femmes – et pour les hommes aussi, par implication parce que les principes sont les mêmes : Est-ce que ce tatouage est l’expression de ces ‘bonnes œuvres’ ? Est-ce que c’est l’expression de ma piété ? Est-ce que ça traduit ma joie d’être au bénéfice de la bonté de Dieu ? Ce sont là les questions qu’un chrétien devrait se poser en songeant à se faire tatouer.

Mais ayant dit cela, si quelqu’un vient me voir en me disant qu’il voudrait un tattoo, j’essaierais de le convaincre de ne pas le faire. Et j’ai pour cela 6 raisons de ne pas le faire.

La suite… demain !

D’autres ressources:

John Piper

John Piper est le fondateur du ministère desiringGod.org et président du Bethleem College and Seminary. Pendant plus de 30 ans, il fut le pasteur de l'église baptiste de Bethleem à Minneapolis. Il est l'auteur de plus de 50 ouvrages dont Au risque d'être heureux.

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  • pepscafe dit :

    Bonjour, et merci pour cet article intéressante, sur ce sujet.

    J’attends la suite, mais j’aurai quelques remarques :

    Bien entendu, un seul passage ne suffit pas. Néanmoins, l’argumentation sur « ces raisons qui nous empêche(rait) de dégainer Lé 19.28 en pensant avoir résolu la question du tatouage » me paraît peu convaincante(de même que sur la partie sur les ornements-certes intéressante sur un plan pratique mais qui me paraît très éloigné du principe du tatouage-irréversible ?-ou de l’incision) :

    Si nous déclarons « que nous ne sommes plus sous la loi mosaïque (Rm 7 = vous êtes morts à la loi) » et que « Nous ne sommes plus sous la loi comme des règles qui nous rendraient favorables à Dieu », que dire alors de ces autres passages, dans le même chapitre 19 du Lévitique :
    « Vous ne déroberez point, et vous n’userez ni de mensonge ni de tromperie les uns envers les autres.Vous ne jurerez point faussement par mon nom, car tu profanerais le nom de ton Dieu. Je suis l’Éternel.Tu n’opprimeras point ton prochain, et tu ne raviras rien par violence. Tu ne retiendras point jusqu’au lendemain le salaire du mercenaire.
    Tu ne maudiras point au sourd, et tu ne mettras devant un aveugle rien qui puisse le faire tomber; car tu auras la crainte de ton Dieu. Je suis l’Éternel. Tu ne commettras point d’iniquité dans tes jugements: tu n’auras point égard à la personne du pauvre, et tu ne favoriseras point la personne du grand, mais tu jugeras ton prochain selon la justice.Tu ne répandras point de calomnies parmi ton peuple. Tu ne t’élèveras point contre le sang de ton prochain. Je suis l’Éternel.Tu ne haïras point ton frère dans ton coeur; tu auras soin de reprendre ton prochain, mais tu ne te chargeras point d’un péché à cause de lui.
    Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Éternel ».(19v11-19)

    Et des passages(Lévitique 19.31 ; Esaïe 8.19 ; 44.24-25 ; Michée 3.6 ; 5.11-12 ; Jérémie 29.8-9 ; 2 Rois 1.2-3 ; Actes 16.16) relatifs à et ceux de Deutéronome 18.9-14 relatifs à l’occultisme ?

    D’autre part, l’auteur passe ensuite aux « questions que l’on peut se poser : Est-ce qu’il y a une partie de compromis avec le monde qui nous entoure dans le choix de se faire tatouer ? Est-ce que le monde ambiant influe sur notre décision de nous faire tatouer ? Est-ce que je veux ressembler à ceux qui m’entourent et qui n’aiment pas Dieu ? »

    Si l’on part du principe que les pratiques dénoncées en Lévitique 19v28 « étaient la marque d’un compromis avec les peuples environnants » et que « le problème n’était pas la peau mais le signe d’un cœur qui n’était pas tourné vers YAHWE », alors on peut bien utiliser ce passage de Lévitique comme argument pratique, actualisable pour nous aujourd’hui.
    Où est donc le problème avec ce passage ? Aucun ! Il est donc bien applicable aujourd’hui.

    D’autre part, il me semble, au contraire, que dans cette situation, le tatouage ou la scarification apparait bien comme « mauvais » sur un plan spirituel, dans le sens où il nous lie à des puissances démoniaques : l’article souligne que ces pratiques étaient en rapport avec certains rites anciens pratiqués par les Cananéens pour exprimer le deuil lors de funérailles. On se souvient également des prêtres de Baal (face à Elie)qui se faisaient des incisions avec des épées jusqu’à ce que le sang coule sur eux. Ne serait-ce pas lié à une croyance comme quoi l’effusion du sang permettait d’apaiser les esprits maléfiques ou d’établir une communion avec les morts ?
    Sans parler de Deutéronome 14v1 qui interdit cette pratique mentionnée ci-dessus, pour réprimer toute tentation de vouloir diviniser les morts ou de leur rendre un culte.

    Autre tatouage, mais cette fois dans le NT : celui du nom de la Bête, qui sera inscrit sur la main ou le front de ses adeptes (Ap 13v16-17). Un tatouage qui marque donc une adhésion(consciente ou non).
    De même, peut-on aujourd’hui se graver impunément sur le corps des figures de démons, de dragons ou des têtes de mort, de serpents, et autres figures… ? Déjà pour un non-croyant. Mais aussi pour un chrétien, que « notre corps est le temple du Saint-Esprit ».

  • pepscafe dit :

    Désolé pour la faute en fin de phrase ! Je voulais écrire : Mais aussi pour un chrétien, dont « le corps est le temple du Saint-Esprit » !

    Et merci par avance pour votre réponse.

    Fraternellement,

    Pep’s

  • sourire dit :

    Bien ce sujet. En tant que mère, j’ai dû « faire face » à mes ados qui vivant en pleine mode des piercing du nombril, TOUUUUUTES les filles de leur école s’en faisaient faire et donc … puis ce fut les ‘signes chinois’ … et entre deux, ou avant, les piercings à la langue … et il y avait bien d’autres mode ‘sympa’ , comme par exemple, à 14 ans, puis même avant pour les plus jeunes, était de regarder des films de terreur toute la nuit, dans les ‘soirées pyjamas’ …
    Aujourd’hui, ce qui est à mes yeux le plus préoccupant pour les très jeunes, ce sont les films pornos qu’ils regardent toujours plus jeunes (les tous, tous, petits dans la cours de récréation)
    En Osée 2:15, je ne lis pas que les bijoux sont mauvais en soi, mais de se parer pour une mauvaise pratique : ‘les rituels de la sexualité sacrée, des temples païens » et c’est cela qui est vu mauvais. Sortir des versets de leur contexte, et sans ‘explication historique’ permet de faire dire à la Bible tout et n’importe quoi.
    Pour revenir aux piercing et autre tatouage, nous vivons dans une époque de buzz, et si la pression ‘de la mode’ est E-N-O-R-M-E et que soudain, tous-mes-amis-ont-un-tatouage-sauf-moi-et-je-dois-en-avoir-un-demain-sinon-je-vais-perdre-tous-mes-amis, elle est souvent de courte durée. C’est à dire, que la mode passe très vite et la pression est soudain sur autre chose. Faire attendre un certain âge, et espérer que cela ne sera plus la mode, est parfois, l’unique moyen de pression inverse des parents. Bien que chez nous, cela a moyennement fonctionné, puisque l’un de nos ados c’est fait tatoué le jour de ces 18 ans ……………. Mais bon, une fois ce petit pied de nez fait aux parents, pour en fait un beau et léger tatouage, il n’y avait plus de raisons d’en faire un deuxième ! Et bon, faut relativiser, avec ‘tout’ ce qui peut arriver à nos ados, en drogue, anorexie, raquette, accident de la route, alcool, ‘sexualité’, etc, etc, un tatouage, c’est ‘gentil’. (si le motif est compréhensible … les signes chinois dont on nous dit : cela veut dire ‘amour’ … qu’en savons-nous réellement ?)

    Nos enfants sont déjà chrétiens. Ce qui signifie (pour les nôtres en tout cas) : ils font partie d’une drôle de secte et c’est déjà très difficile à porter sans encore ajouter des tas de ‘lois chrétiennes’. Les non-chrétiens nous voyent déjà bien assez comme étant ‘des religieux qui n’ont pas le droit de bouger’ etc, etc.

    … ne pas les mettre à part inutilement et de leur donner des lois qui ne feront que les séparer ‘du monde’ sans les amener à Dieu pour autant … et sans en amener d’autres à Dieu pour autant …

    Il me semble que c’est un point d’accroche, quel témoignage donner aux non-chrétiens ? Dans le sens, est-ce utile pour le salut du plus grand nombre de se faire un tatouage ? A qui cela va démontrer l’amour de Dieu ?
    Et cela commence par : pourquoi es-tu chrétien ? Répondre à cette question répond à toutes les autres. Essayer de faire ‘respecter une loi’ car elle serait dans la bible à un ado qui n’a pas réaliser la grandeur de Dieu, et qu’être chrétien ce n’est pas ‘suivre le culte du dimanche matin pour faire plaisir aux parents’ est vain et inutile. Par contre, on peut lui parler des buzz de la mode …
    S’ils ont depuis tout petit pris l’habitude que ce n’est pas car toute l’école a une chose, que c’est forcément ‘la chose à avoir’, cela commence avec avoir les basquettes de telle marque à 4 ans et demi, la même poupée, le même bidule électronique que ‘tous-mes-copains’ en passant par manger des sucreries tous les jours, sinon-on-ne-va-plus-m-aimer, à avoir la même quantité d’argent de poche, et cela va jusqu’à sortir en boite, etc, etc
    Dans notre éducation générale, qu’avons-nous mis en avant ‘globalement’ ? Des interdits ? Des car-c-est-écit-dans-la-bible-tu-ne-peux-pas ? Ou bien avons-nous diriger nos ados vers LE CŒUR de Dieu ? La loi sera alors écrite dans leurs cœurs et ils auront à cœur le salut du plus grand nombre et non pas de savoir si un tatouage ferait joli.
    Un jour que j’avais une grande tablée d’ado à la maison, j’avais posé cette question : j’aimerais connaitre combien chacun ici gagne d’argent de poche par mois, par semaine. Si vous ne voulez pas le dire devant les copains, dites joker. Bon, ils étaient sans cesse à la maison et donc libres de parler et quel ne fut pas ma surprise de découvrir qu’ils gagnaient en fait pas autant d’argent de poche que je ne pensais. Un des plus «riche » devait s’acheter lui-même son abonnement de bus, ses sandwich pour plusieurs repas, etc, etc, donc il n’était pas si « riche » que cela. Mais mes enfants s’étaient bien gardés de me le dire ! Pensons que ‘toute-l-école-le-fait-sauf-moi’ reflète rarement la réalité.

  • davidjbondo dit :

    Reblogged this on David J. Bondo and commented:
    un point de vue que je partage.

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