L’évangélisation par l’expérience!?

Lors de son webinaire sur l'évangélisation relationnelle, Jean S'chott nous a partagé une réflexion sur les "nouvelles conversions" que l’on découvre aujourd’hui.


Lorsque j’étais étudiant, avec des amis nous avons réalisé des spectacles de rue pour partager l’Évangile de manière fun aux Lyonnais. Pendant plusieurs années, devant la gare part Dieu à Lyon, on se retrouvait avec le groupe un peu déjanté « Elam » et on faisait des danses, du rap, et des live-paintings

On essayait de faire un spectacle de qualité mais avec du recul, ce que les gens aimaient le plus, c’était l’excellente danse « I love Jesus » qui demandait très peu de préparation. Nous avons vécu des moments incroyables. Nous avions de supers discussions sur Dieu et nous pouvions prier régulièrement avec les gens dans la rue. Mais ce qui était très fort aussi, c’est que cette évangélisation nous rendait plus à l’aise pour parler de Jésus avec nos collègues de travail durant la semaine. 

Un fossé avec l’Église locale 

Nous avions une frustration tout de même: il était difficile de faire un pont avec l’Église locale. Comprenez-moi bien, je ne dis pas que cette technique d’évangélisation de rue est dépassée, en réalité je pense qu’elle a encore sa place. Mais ce qui nous frustrait, c’était que le fossé devenait trop grand entre une prière dans la rue et une rencontre de nos Églises locales. 

L’Église locale, le lieu pour devenir disciple 

Observez les chrétiens de vos Églises. Qui sont les nouveaux disciples de Jésus qui viennent de familles non-chrétiennes? Comment se sont-ils convertis? Comment sont-ils devenus disciples? Très souvent nous constatons que les « nouveaux convertis » commencent à « croire » bien après avoir vécu dans une communauté. Parfois ils « vivent » un miracle ou une expérience avec Dieu avant de « croire ». On ne peut que constater que des gens viennent à Christ différemment qu’à l’époque de nos parents. 

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Schéma tiré d’un cours de Daniel Liechti 

Nos amis doivent-ils commencer par CROIRE? 

Les grands réveils spirituels dans nos milieux évangéliques français ont été marqués, entre autres, par les campagnes d’évangélisation de Billy Graham dans les années 70 et 80. À l’époque, les personnes venaient à Dieu en répondant à une prédication donnée du haut de la chair.

La porte d’entrée dans la foi était « CROIRE »: on leur expliquait l’Évangile et on les invitait à se repentir tout en mettant leur foi en Jésus. Ils devenaient « chrétiens » sur un appel. Puis ils étaient invités dans une assemblée et ils commençaient à « APPARTENIR »: ils découvraient la famille des croyants et vivaient des rencontres régulières. Après quoi ils se sont mis à « VIVRE »: vivre des expériences avec Dieu, ils ont commencé à changer leurs priorités et ont traduit leurs croyances par des actes.

Mais depuis une vingtaine d’années, nous constatons que de plus en plus de « nouveaux convertis » ont d’abord commencé par « APPARTENIR », pour ensuite « VIVRE » puis finalement « CROIRE ». 

Appartenir, Vivre puis Croire 

Cela n’est pas tellement étrange puisque nous voyons ce phénomène aussi dans la Bible. 

En Jean 1.46 nous voyons que Philippe invite Nathanaël de cette manière:

Nathanaël lui dit: Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon? Philippe lui répondit: Viens, et vois.

Philippe n’a pas cherché à convaincre ni même annoncé l’Évangile en 4 points, il a invité à « APPARTENIR » et « VIVRE ». 

Ici « appartenir » ne veut pas dire « être membre de l’Église invisible du Christ ». Nous faisons partie de l’Église de Christ uniquement lorsque nous expérimentons la « nouvelle naissance ». Mais il est tout naturel que des personnes s’attachent à une communauté de disciples et se sentent « chez eux » puisqu’elle est censée refléter l’amour de Dieu gratuit et sans condition. 

Notre culture d’Europe francophone a profondément changé

Comprenez-moi bien: je ne veux pas dire que les gens viennent à Christ uniquement par l’étape « APPARTENIR ». Pour Dieu, rien n’est impossible. Il existe encore aujourd’hui des personnes qui viennent à Christ par l’étape « CROIRE », mais globalement notre monde occidentale a changé. Dans notre webinaire, nous partageons plusieurs causes qui semblent être à l’origine du fait que notre culture est de plus en plus sensible à « l’appartenance » et à « l’expérience ». Mais nous ne devons pas avoir peur de ces changements. L’Évangile répond concrètement au besoin d’appartenance et à l’expérience d’une vie transformée. 

L’apôtre Paul disait: « Je me suis fait tout à tous, afin d’en sauver quelques-uns » 1 Corinthiens 9.16-23 

Retrouver une communauté poreuse 

Le temps presse! Trop de gens se perdent loin de Dieu. Avons-nous pris le temps d’écouter notre culture pour espérer « en sauver quelques-uns? » Jésus a dit: 

Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée; et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. Matthieu 5.15-17

Nous pouvons toujours faire des spectacles de rue et prêcher l’Évangile dans la rue. Ce que nous devons penser aujourd’hui, c’est quel chemin nous pouvons offrir aux gens que nous rencontrons pour qu’ils puissent voir et expérimenter la chaleur de la « communauté de disciples » et la puissance des « expériences chrétiennes ». 

Pour cela, j’aimerais vous inviter à réfléchir à ces quelques questions:

  • Quand, pour la dernière fois, avez-vous dialogué avec un non-chrétien en essayant de comprendre pourquoi il pensait ce qu’il pensait? 
  • Si une personne en recherche venait dans votre Église, la majorité des personnes entrant en contact avec elle tenteraient-elles de la convaincre du premier coup ou prendraient-elles le temps du dialogue et de l’écoute? 
  • Comment pouvez-vous manifester de l’amour à des personnes qui souhaitent « appartenir » et « vivre » avant de croire? 
  • Vous sentez-vous à l’aise avec l’idée de créer une culture dans laquelle les gens peuvent « traîner », poser des questions, douter pendant des mois ou des années, tout en luttant pour trouver la foi? 
  • Avez-vous des espaces de dialogue où les personnes peuvent cheminer à leur rythme tout en créant des amitiés avec des disciples de votre communauté? 

Je crois que nos communautés doivent développer une évangélisation relationnelle et nous expliquons dans ce webinaire comment vous pouvez le faire avec notamment un nouvel outil que nous avons créé avec Yan Z’borowska, implanteur d’Église dans le val de Somme. 


Pour aller plus loin:

On t’invite à visionner le replay du webinaire: « Évangélisation relationnelle: la clé pour témoigner aujourd’hui? » enregistré le 13 Janvier 2022.

Ce replay de Jean S’chott et Yan Z’borowska qui nous parle des opportunités de témoignage qu’offre « l’évangélisation relationnelle » dans notre société, qui s’éloigne toujours plus du christianisme.

Jean S'chott

Jean S'chott est pasteur d’une implantation d'Église Perspectives à Lyon et graphiste de métier. Père de 4 enfants, il est également l’un des fondateurs du collectif d'artistes Majestart. Ses talents d'artiste et son cœur pour ses contemporains l'ont conduit à créer des ressources exceptionnelles autant par leurs graphismes que leur pédagogie. Il a notamment supervisé la réalisation de L’Evangile.net et des outils d’évangélisation Les 7 signes de Raphaël Charrier et La grande histoire de Florent Varak.

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