Ce qui me préoccupe au sujet du livre « Un moment avec Jésus » de Sarah Young

Quelques pensées à propos de la suffisance de l'Écriture.

"Si quelqu'un écrivait un livre attribuant ses propres mots à Bill Gates, Tom Brady, Chuck Norris ou Julia Roberts, qu'est ce qui arriverait?"

Peu de livres chrétiens se sont si bien vendus et ont été partagés aussi largement que le livre de méditation quotidienne de Sarah Young Un moment avec Jésus. Il a inspiré de nombreux dérivés, incluant Jesus Lives, Dear Jesus, Jesus Calling for Little Ones, Jesus Calling Bible Storybook, Jesus Calling: 365 Devotions for Kids, et Peace in His Presence. Ensemble, ces ouvrages ont été vendus plus de 25 millions de fois à travers le monde.

Récemment l’association américaine des éditeurs chrétiens évangéliques a nommé Jesus always (la suite du livre Un moment avec Jésus) de Sarah Young comme le livre chrétien de l’année 2018. Étant donné l’influence très répandue des livres de cette auteure, qui ne fait que croître, il me semble être temps de mentionner quelques-unes de mes préoccupations. (Cet article est beaucoup plus long que mes articles habituels. Si vous souhaitez laisser un commentaire via Facebook ou envoyer un mail, lisez d’abord s’il vous plait l’article dans son ensemble pour avoir le contenu complet.)

Commençons par quelques clarifications

J’ai longtemps hésité à écrire à propos du livre Un moment avec Jésus, parce que je ne veux pas transmettre le mauvais message. Je ne dis pas que Dieu ne parle pas ou ne peut pas vous parler (à vous ou à d’autres personnes) à travers ce livre. Dieu peut parler à travers qui il veut, de la manière qu’il veut et quand il veut. Par exemple, beaucoup de personnes m’ont dit qu’elles avaient vraiment découvert l’amour de Dieu pour elles en lisant La Cabane. L’auteur met des mots dans la bouche même de Dieu, c’est un universaliste, et nie ainsi la réalité de l’enfer. Pourtant, je crois que Dieu peut utiliser un livre dans la vie des gens en dépit de sérieuses erreurs (lisez par exemple mes articles sur La Cabane et sur le livre de Paul Young Lies We Believe About God).

Mais comment discuter avec mes amis qui disent que Dieu a utilisé La Cabane pour approfondir leur marche avec Christ? Tout ce que je peux dire, c’est que je crois qu’il y a dans le livre des choses qui ne sont pas fidèles à la Parole de Dieu – et qu’il y a dans Lies We Believe About God (du même auteur) des choses qui contredisent assurément les Écritures.

Toutefois, mes réserves concernant Un moment avec Jésus ne veulent pas dire que je crois ce livre plein d’hérésies. Sans aucun doute, il y a beaucoup de choses qui sont valides et vraies. Cependant, je pense quand même que certaines mises en garde doivent être partagées. Ce qui me préoccupe, c’est le présupposé selon lequel quelqu’un retranscrit des paroles de Jésus qu’il croit réellement prononcées par Dieu, mais qui n’apparaissent pas dans l’Écriture (même si la plupart d’entre elles ne la contredisent pas). C’est sur quoi je vais me concentrer dans cet article.

Le problème le plus gênant concernant Un moment avec Jésus

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le format du livre, chaque entrée du recueil de méditations quotidiennes est un message écrit comme si Jésus parlait directement au lecteur, suivi d’une liste de références bibliques qui lui sont liées. (Quelques versions récentes incluent le véritable texte biblique, ce qui est une amélioration notable.)

Dans l’introduction du livre, Sarah Young écrit:

« J’ai commencé à me demander si je pouvais changer mon temps de prière en passant d’un monologue à un dialogue. J’avais écrit dans mes journaux de prière pendant des années, mais c’était de la communication à sens unique, ce n’était que moi qui parlais. Je savais que Dieu communiquait avec moi par la Bible, mais je voulais plus. De plus en plus, je voulais entendre ce que Dieu avait à me dire personnellement, un jour donné. Je décidai alors d’écouter Dieu stylo en main, écrivant ce que je croyais qu’il me disait. Je me sentis maladroite la première fois que j’essayai cette méthode, mais je reçus un message. Celui-ci était court, biblique et approprié. Il concernait des sujets actuels dans ma vie: la confiance, la peur, l’intimité avec Dieu. Ma réponse fut d’écrire dans mon journal de prière.

 Ma méditation était passée d’un monologue à un dialogue. Très vite, des messages ont commencé à couler plus librement, et j’ai acheté un carnet spécial pour noter ces paroles. Cette nouvelle manière de communiquer avec Dieu est devenue le point culminant de ma journée. Je savais que ces écrits n’étaient pas inspirés comme l’est l’Écriture, mais ils m’aidaient à grandir en étant plus proche de Dieu.

 J’ai par la suite continué de recevoir des messages personnels de Dieu alors que je méditais sur lui.« 

Le plus gros problème avec le livre Un moment avec Jésus est très simple: Jésus n’a pas dit ces mots. S’ils étaient ses mots, alors Un moment avec Jésus serait l’Écriture, qui est par définition la parole de Dieu. Donc si ces mots ne sont pas (et c’est le cas) sur un niveau d’inspiration et de fiabilité aussi élevé que l’Écriture elle-même, alors il fait une fausse revendication. En fait, sans même regarder s’il semble biblique ou non, le livre est entièrement construit sur un mensonge.

L’influence du livre God calling

Sur son blog, Tim Challies aborde le fait que dans les premières éditions de Un moment avec Jésus, Sarah Young reconnait sa dette profonde envers les « Two Listeners » (deux auditrices) qui ont écrit le livre God Calling [l’appel de Dieu]. Cette mention a maintenant été retirée de l’introduction, mais cela ne change rien au fait que God Calling a profondément influencé Sarah Young. Et voici un des nombreux passages troublants de God Calling:

« Trop souvent les mortels se précipitent, pour être aidés, auprès d’amis terrestres qui, pourtant, ne disposent que de moyens très limités, alors que leurs amis libérés des entraves de la chair pourraient les aider d’une façon tellement plus efficace, les comprendre mieux, les protéger plus sûrement, s’occuper de leur avenir et même intercéder plus efficacement auprès de Moi pour eux.« 

En d’autres termes, tournez-vous vers les morts pour recevoir de l’aide et du conseil. Je me souviens très bien de l’effet négatif que God Calling a eu dans les Églises. Comme Tim le note: « Ce livre [God Calling] n’est pas orthodoxe à la fois dans son écriture et son contenu, et il ressemble à bien des égards plus au mouvement New Age qu’au christianisme orthodoxe. Pourtant, Young dit qu’il “est devenu un trésor pour [elle]”. »

Le fait que ce livre a eu un impact si profond sur elle est préoccupant.

Prononcer des mots « venant de Dieu »

Quand Sarah Young écrit: « Je décidai “d’écouter” stylo en main, écrivant ce que “j’entendais” dans mon esprit« , elle perçoit subjectivement que Dieu lui parle et elle croit que ses paroles pour les lecteurs sont réellement, dans un sens, Parole de Dieu. C’est mettre des paroles dans la bouche de Dieu, et c’est incroyablement dangereux. C’est comme le livre La Cabane à cet égard, où différents membres de la Trinité sont cités comme disant des paroles spécifiques. Mais alors que Paul Young reconnait au moins qu’il écrit de la fiction, Sarah Young semble affirmer que ses mots lui sont donnés par Jésus.

Elle continue et explique: « J’ai écrit de la perspective de Jésus, pour aider le lecteur à se sentir plus connecté à lui de manière personnelle. Ainsi, la première personne du singulier (“Je”, “Moi”, “Mon”, “Mien”) renvoie toujours à Jésus et “tu” renvoie à vous, le lecteur. »

L’auteure essaie de contrebalancer ce processus en écrivant: « La Bible est, bien sûr, la seule Parole de Dieu inerrante; mes écrits doivent être cohérents avec cette norme immuable. » J’apprécie cette précision, et j’affirme évidemment que c’est le cas pour n’importe quel auteur, moi y compris. Nous devrions tous être comme les Juifs de Bérée, évaluant ce que nous lisons avec l’aide de l’Écriture (Actes 17.11). Nous, les auteurs, écrivons logiquement ce que nous pensons être à la gloire de Dieu et ce qui est conforme à sa Parole. Toutefois, nous devrions toujours être conscients qu’inévitablement, nous dirons des choses qui ne sont pas ce que Dieu aurait effectivement dit. Pourquoi? Parce que nous sommes défaillants et imparfaits et que nos mots ne sont pas inspirés par Dieu, comme l’est l’Écriture.

Je n’ai rien contre le fait que Sarah Young, ou qui que ce soit d’autre, tienne dans un journal ce qu’il croit que Dieu lui dit alors qu’il lit l’Écriture. Mais je ne suis pas favorable à la publication de ce journal pour que d’autres croient qu’il s’agit des mots de Dieu pour eux. Si quelqu’un écrivait un livre attribuant ses propres mots à Bill Gates, Tom Brady, Chuck Norris ou Julia Roberts, qu’est ce qui arriverait? En plus de poursuites judiciaires, personne ne ferait confiance à l’auteur.

Si les pronoms personnels attribuant les mots de l’auteur à Jésus n’étaient pas utilisés, et qu’à la place, Sarah aurait dit: « Ce sont des pensées que Dieu m’a mises à l’esprit », alors vous pourriez évaluer ce qu’elle a écrit à la lumière de l’Écriture. Mais Un moment avec Jésus est simplement écrit de la perspective de Jésus, comme si ses pensées étaient des citations directes de lui, ce qui est radicalement différent. Et quand des gens lisent le livre, beaucoup d’entre eux l’interprètent en fait, même si c’est inconsciemment, comme si elles ETAIENT les paroles mêmes de Jésus.

J’ai une amie qui aime Un moment avec Jésus et qui dit qu’elle le lit simplement comme elle lirait un livre de moi ou de quelqu’un d’autre, réalisant que les mots sont ceux de Sarah Young, et non les mots parfaits de Jésus. Mais évidemment, quand c’est prétendument Jésus qui prononce les paroles du livre, de nombreux lecteurs qui ne sont pas bibliquement enracinés vont naturellement penser: « c’est Jésus qui parle, alors je dois croire à ce qu’il est en train de dire. »

Certes, certaines personnes ont indubitablement conscience que ces mots ne sont pas ceux de Jésus. Mais il est facile de l’oublier quand le principe de base consiste à dire que c’est réellement Jésus qui parle (l’utilisation du pronom personnel en est la preuve), et pas simplement un auteur humain imparfait.

Vraiment peu d’auteurs chrétiens prétendent retranscrire des mots directement de Dieu, et s’ils font cette allégation, nous sommes en droit d’être prudents. Bien sûr, chaque écrivain partage son interprétation particulière de ce que Jésus a dit (moi y compris). Mais Sarah Young semble faire une plus grande allégation en disant « Moi » et « Mien » et « Je » comme si elle était un réceptacle direct de Jésus, plutôt que de citer ses paroles de la Bible.

Il est bon d’avoir des enseignants qui disent: « Voilà ma compréhension de ce que la Bible dit. » Cela peut être utile, tant que nous veillons à utiliser le discernement et à évaluer l’enseignement en prenant appui sur l’Écriture. Mais en ce qui concerne notre ouvrage, il est question de considérer quelque chose d’autre que la Bible comme étant parole de Dieu, en faisant une sorte d’autre enseignement de Jésus. Ainsi, peu importe l’intention de l’auteur, ce processus devient égal à la Parole de Dieu, ou même un substitut à celle-ci.

Dieu nous avertit sévèrement: « Vous n’ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n’en retrancherez rien; mais vous observerez les commandements de l’Éternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris » (Deutéronome 4.2).

Apocalypse 22.18-19 dit: « Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre: si quelqu’un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre; et si quelqu’un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l’arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre. »

La « prophétie » n’est pas simplement une prédiction, c’est « toute parole qui vient de Dieu » (ou ce que le prophète affirme être des paroles de Dieu). Comment ajoutons-nous quelque chose à la Parole de Dieu? Un moyen de le faire est d’affirmer que les mots que nous disons sont les siens. Qu’importe ce que nous pourrions dire d’autre, si nous allons plus loin que citer l’Écriture, et disons d’autres choses que nous affirmons venir de Dieu, alors nous les assimilons avec l’Écriture, et par là même nous ajoutons quelque chose à la Parole de Dieu. En réalité, nous nous éloignons aussi de l’Écriture en niant sa suffisance et en rabaissant son autorité exclusive.

La Parole de Dieu est suffisante

Sarah Young écrit dans son introduction: « Je savais que Dieu communiquait avec moi par la Bible, mais je voulais plus. De plus en plus, je voulais entendre ce que Dieu avait à me dire personnellement, un jour donné. »

« Je voulais plus » semble indiquer que ce que Dieu a révélé dans sa Parole inspirée n’est pas assez. Et ce n’est pas non plus assez pour les lecteurs, sinon, ils n’auraient pas besoin de venir à elle pour entendre ce que « Jésus » dit.

Toutefois, la Parole de Dieu n’a pas de substitut. Elle est suffisante, d’une nature différente de quoi que ce soit d’autre. « Jésus répondit: “Il est écrit: ‘l’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu’” » (Matthieu 4.4). « Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice » (2 Timothée 3.16).

Tim Challies écrit:

« James Montgomery Boice a dit un jour que la vraie bataille de notre époque ne serait pas l’inerrance ou l’infaillibilité de l’Écriture, mais sa suffisance (allons-nous nous appuyer sur la Bible ou soupirerons-nous continuellement après d’autres révélations?). Cette affirmation est vraiment valable pour Un moment avec Jésus. Young enseigne que bien que la Bible soit inerrante et infaillible, elle est insuffisante. La Bible n’était pas assez pour elle et, implicitement, elle enseigne qu’elle ne peut pas être assez pour nous. Après tout, ce n’est pas la lecture de la Parole qui est devenue sa plus importante source de discipline spirituelle, mais cette pratique de l’écoute, cette réception des messages du Seigneur. Ce n’est pas l’Écriture qu’elle nous sert, du moins pas premièrement, mais ces messages de la part de Jésus.« 

Le danger avec ce genre de livres est que les lecteurs pourraient penser: « Lire et étudier la Parole de Dieu n’est pas aussi dynamique, intéressant ou personnel que lire ce que Sarah écrit. » Pourtant l’Écriture nous encourage à aller en profondeur en étudiant et contemplant la Parole de Dieu, et à trouver notre plus grand plaisir en elle:

« Désirez, comme des enfants nouveau-nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez pour le salut. » (1 Pierre 2.2)

« J’ai recueilli tes paroles, et je les ai dévorées; tes paroles ont fait la joie et l’allégresse de mon cœur. » (Jérémie 15.16)

Le Psaume 1 parle de l’homme juste qui prend un grand plaisir dans la loi de Dieu. De même, nous devons nous assurer que notre principal plaisir est dans l’Écriture; non dans un écrivain, un pasteur ou un enseignant particulier. Un bon test pour les lecteurs d’Un moment avec Jésus est: « Suis-je motivé à passer plus de temps ou moins de temps dans la Parole de Dieu après avoir lu cela? » Autrement dit, ce livre vous conduit-t-il vers l’Écriture de manière profonde et plus sérieuse, ou vous laisse-t-il comme si vous aviez entendu ce dont vous aviez besoin de la part de Dieu et reçu toute l’inspiration et la paix dont vous avez besoin pour votre journée?

Pour être clair, je ne vois rien de mauvais dans les livres de méditation quotidienne (j’en ai moi-même écrit un certain nombre), pourvu qu’ils pointent vers la Parole de Dieu comme notre principale source de force, d’encouragement, de correction et de direction. Par ailleurs, il y en a plein de merveilleux, des classiques comme Les rendez-vous du matin ou Dans le calme du soir de Charles Spurgeon aux livres modernes comme A spectacle of Glory de Joni Eareckson Tada et Les psaumes de Jésus de Tim Keller. Pour les anglophones, Le ESV devontional Psalter est un autre excellent choix, qui associe chacun des 150 Psaumes avec un texte de méditation écrit par Dane Ortlund.

Toutefois, ces recueils de méditation sont distinctement différents d‘Un moment avec Jésus, en ce qu’ils n’affirment jamais être les paroles de Jésus, sauf quand ils citent directement l’Écriture. Les commentaires de l’auteur, comme les miens dans tous mes livres, ne sont en aucun sens présentés comme les paroles mêmes de Dieu.

Dans une interview dans le New York Times, Sarah Young affirme: « Je suis d’accord que la révélation a cessé dans le sens que la Bible est complète. Toutefois, ce que je fais, c’est de l’écrit dévotionnel, et je le fais en demandant à Jésus de guider mon esprit alors que je passe du temps avec lui – pour m’aider à penser ses pensées. » Cela semble pour moi être comme si Sarah voulait affirmer l’unicité de la Bible, tout en croyant pourtant en même temps écrire les pensées de Dieu avec une telle assurance qu’elle peut mettre ses mots dans la bouche de Jésus.

Pourquoi tout cela est-il important?

Nous vivons à une époque où le niveau d’alphabétisation biblique est au plus bas. Le prochain livre que liraient les adeptes de Un moment avec Jésus et qui se revendiquerait comme étant les paroles de Jésus pourrait être essentiellement faux, non vrai. Certains vont probablement avoir le discernement de voir où il contredirait la Parole de Dieu, mais beaucoup, ou même la plupart des gens, ne l’auront pas. Tristement, très peu de personnes aujourd’hui sont profondément immergées dans l’Écriture. C’est la raison de ce qui me préoccupe.

Un autre sujet de préoccupation est que le « Jésus » présenté par Sarah dans son livre n’a très souvent qu’un message partiel. Cela peut laisser les lecteurs avec une vision déséquilibrée de Jésus, qui ne rend pas pleinement compte de la profondeur de son caractère. Et consciemment ou non, les messages que nous lisons dans les livres façonnent notre vision de Dieu et du monde.

Dans sa recension du livre, Kathy Keller, femme du pasteur et auteur Tim Keller, écrit:

« Mme Young dit, vers la fin de son introduction: “j’ai trouvé que le thème de Sa paix devenait de plus en plus proéminent dans mes écrits. Je suis sûre que cette tendance reflète mon besoin personnel. Quoi qu’il en soit, quand j’apprends à connaitre les gens, je trouve que la plupart d’entre eux désirent aussi le baume de la paix de Jésus.” Sans doute.

Mais est-ce tout ce que Dieu veut que nous entendions de lui? Uniquement des messages de paix et de confort? Mme Young le pense (et le dit dans son introduction), et ses messages sont constamment remplis de ce thème. Pourtant, si vous prenez même un plan de lecture de la Bible en un an très simple, comme celui conçu par Robert Murray M’Cheyne, vous allez vous retrouver devant un Dieu complexe et transcendant, qui est saint, mystérieux et juste – pas un Dieu apprivoisé. Il promet certes sa paix, intensément et avec profondeur, mais il y a plusieurs autres choses que Dieu a dit que nous avons besoin d’entendre, sinon il ne nous aurait pas donné toute la Bible.« 

Nous devrions croire tout ce que la Bible dit à propos de Jésus; que ce soit acceptable et que cela ait du sens pour notre petit esprit fini ou non. Il est tout ce que la Bible révèle qu’il est, incluant un juge, un ami, un berger et un maître. Ses attributs ne sont pas un buffet où nous pouvons choisir ce que nous voulons et laisser ce qui ne nous plaît pas.

Jésus a prononcé certaines paroles de condamnation parmi les plus dures de l’Écriture. Le Jésus doux et compatissant est aussi le Jésus qui a chassé les marchands brigands hors du temple et qui a prononcé une condamnation contre les chefs religieux sûrs d’eux-mêmes et hypocrites. Ses qualités moins populaires ont tellement outragé les gens qu’ils l’ont cloué sur une croix.

Nous devons regarder l’intégralité de Jésus révélé dans l’Écriture, sans quoi nous le refaçonnerions à notre image, ne gardant que ses attributs d’amour ou de paix. En le voyant dans sa sainteté et son amour, sa vérité et sa grâce, nous apprendrons à voir la plénitude de sa beauté.

Ainsi, que vous soyez d’accord ou non, il y a des lacunes et des dangers avec le livre Un moment avec Jésus. Mettons-nous tous d’accord de creuser profondément l’Écriture, la faisant notre source première de délice, de joie, de force, d’encouragement, et oui, de paix. Alors, et seulement alors, nous aurons le discernement pour lire d’autres livres comme secondaires et faillibles, et seule la Parole de Dieu comme primaire et infaillible. Si vous souhaitez citer Jésus (et j’espère que vous le ferez!), utilisez les mots qu’il a réellement dits, et non les mots qu’il aurait prétendument prononcés dans Un moment avec Jésus, ou n’importe quel autre ouvrage.

Pour aller plus loin

Voici quelques articles qui offrent ce que je pense être des avertissements valides. Je ne suis pas d’accord avec tout ce que chacun d’entre eux dit (et certains d’entre eux se chevauchent avec d’autres), mais dans l’ensemble je pense que la majorité de leurs préoccupations sont significatives.

10 graves problèmes avec le livre Un moment avec Jésus

Un moment avec Jésus

Si vous lisez l’anglais, d’autres ressources sont disponibles dans l’article original.

Commentaires post-publication

Certains commentaires sur Facebook m’ont demandé si je ne pense pas que Dieu nous parle encore aujourd’hui. Je crois absolument que Dieu parle à son peuple. Je crois qu’il me parle chaque jour, même si ce n’est jamais avec une voix audible. Premièrement, il me parle à travers sa Parole. Il me parle aussi à travers d’autres personnes. Il me parle à travers sa création, qui témoigne de ses attributs. Et même s’il ne l’a jamais fait, il est certainement capable de me parler de façon audible, avec une voix venue du ciel.

Mais cela n’est pas en lien avec ce qui me préoccupe concernant Un moment avec Jésus. Je ne dis pas du tout que Dieu ne parle jamais à son peuple aujourd’hui. Ce que je dis, c’est que moi et les autres personnes sommes imparfaits, et notre compréhension de ce que Dieu nous dit vraiment à travers sa Parole, les autres, la création et les circonstances de la vie peut être bien différente de ce que Dieu dit réellement. La Bible est inspirée d’une façon dont les « livres et semons inspirant » ne le sont pas. Elle est totalement unique. Et je soutiens que nous devrions nous souvenir de cela.

Beaucoup de personnes ont mentionné le fait que les pasteurs, quand ils prêchent, utilisent des mots pour enseigner aux gens ce que Dieu pense et dit. C’est vrai à un certain degré, mais les prédicateurs basent ou devraient baser leurs arguments sur les paroles mêmes de Dieu révélées dans le texte biblique qu’ils prêchent. Leurs paroles, lorsqu’ils interprètent l’Écriture, est distinctement différente de la Parole de Dieu elle-même.

Ainsi, afin de comparer des pommes avec des pommes au lieu de les comparer avec des oranges, comme c’est le cas entre les prédications et le livre Un moment avec Jésus, supposez que votre pasteur dise: « Chaque mot que je vous dis est de Jésus, donc chacun est absolument vrai et infaillible. » Ne contesterions-nous pas à juste titre ce principe? Si après avoir partagé leurs opinions, certains pasteurs disaient (et heureusement, ils sont peu nombreux): « Ainsi parle le Seigneur », nous objecterions également.

Supposez que votre pasteur dise: « Pendant les prochaines 40 minutes, tout ce que je vais dire n’est en fait pas de moi, mais ce seront les mots de Jésus qu’il m’a révélés cette semaine. Ainsi, quand je vais vous parler, je vous communiquerai les propres mots de Christ. Je parlerai à la première personne de la part de Jésus. Commençons dès à présent: “Je t’aime, je te pardonne, et je t’accepte. Je ne suis pas là pour te juger, mais pour te prendre dans mes bras. Je…” »

Comment réagiriez-vous?

Je pense que si vous comprenez ce que je veux dire, vous réaliserez qu’il n’y a vraiment aucune comparaison possible entre des pasteurs et des écrivains qui donnent leurs interprétations et Un moment avec Jésus de Sarah Young. 99% des pasteurs et écrivains parlent en leur propre nom au sujet de Jésus. Sarah Young parle au nom de Jésus lui-même.

Merci à Pierre-Yves Koenig pour la traduction de l’article.
Note de TPSG: toutes les traductions du livre de Sarah Young dans cet article sont des traductions libres, le traducteur n’ayant pas pu se procurer l’ouvrage. Il peut donc y avoir quelques différences entre notre traduction et la traduction « officielle«  de l’ouvrage.

Randy Alcorn

Randy est mari, papa et grand-père. Après avoir implanté une église et été pasteur de nombreuses années, il est aujourd'hui auteur, ayant écrit plus de 40 livres, dont Le principe du trésor, et Le choix de la pureté. Ses livres ont été traduits dans plus de 30 langues.

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