Dans la souffrance, nous sommes tentés de fuir la doctrine de la souveraineté de Dieu. Thomas Boston montre qu’au contraire, c’est là que se trouve l’encouragement dans l’épreuve.
L’un des buts principaux de Boston dans ce livre est de montrer que ce qui est tordu vient nécessairement de Dieu, car il est souverain.
Cela entraîne toutes sortes de questions concernant le lien entre la souveraineté de Dieu et le mal qui arrive dans ce monde. Boston ne répond pas à tout, mais met clairement en avant le fait que Dieu “ne met pas le mal dans le cœur de quiconque, ni n’incite à le faire” (p. 19). Ce qui est tordu vient de Dieu dans le sens où:
Cet aspect mériterait un article à part. Pour notre but ici, il est suffisant de garder en tête que Boston met en avant le fait que Dieu est la cause première de ce qui est tordu, sans que cela remette en cause la pureté de Dieu, et sans que cela ne remette en cause la réalité de causes secondes. Comme il l’exprime:
Quelle que soit la nature de l’action des créatures dans la formation de ce qui est tordu (litt. "our crook"), quoi qu’elles aient fait ou n’aient pas fait à cet égard, c’est lui qui est le ressort qui met en mouvement toutes les roues créées, lesquelles, s’il cessait d’agir, s’arrêteraient toutes; bien qu’il soit toujours infiniment pur dans son action, aussi impures soient-elles dans la leur.
p. 58
Si Boston met cela en avant de manière si claire, c’est parce qu’un autre de ses buts est de montrer que c’est dans le fait que Dieu soit souverain sur ce qui nous arrive que se trouve l’encouragement. C’est surprenant, n’est-ce pas?
Souvent, lorsque nous sommes confrontés à la souffrance, nous sommes tentés de fuir cette vérité ou de l’atténuer. Nous pensons que reconnaître la souveraineté de Dieu sur ce que l’on vit serait une mauvaise nouvelle. Nous cherchons alors une autre cause plus grande, une autre explication, venant à penser que Dieu est probablement un peu passif par rapport à ce que l’on vit: il voudrait tellement ordonner les choses différemment, mais il en est empêché par quelque chose de plus grand que lui-même.
Boston dit le contraire: c’est dans le fait que Dieu est souverain sur ce que l’on vit (sans pour autant être coupable de péché) que se trouve l’encouragement! Il n’y a pas de cause plus grande que Dieu lui-même. Il n’est pas dépassé. Ce n’est pas son plan B qui est en train de s’accomplir. Savoir et se rappeler cela dans la souffrance est la source du réconfort. Boston dit que c’est un "remède" que nous devons régulièrement utiliser (p. 58, sans pour autant être le seul remède dans la souffrance, voir p. 59).
Comment savoir que ce qui nous arrive vient de Dieu nous encourage? Boston mentionne plusieurs éléments.
D’abord, c’est encourageant parce que cela signifie qu’il y a un dessein (c’est-à-dire un but) derrière la souffrance, qui vise notre bien (on peut penser à Romains 8.28-29 à ce sujet). Boston écrit:
Quelle que soit la difficulté qui se présente dans votre vie, elle vient de Dieu; vous pouvez donc la considérer avec bienveillance. Puisque c’est votre Père qui l’a faite pour vous, ne doutez pas qu’elle comporte un dessein favorable à votre égard.
p. 34
Ensuite, la souveraineté de Dieu sur ce que l’on vit nous encourage, car cela veut dire que Dieu peut redresser ce qui est tordu.
Faites-leur savoir qu’il n’y a rien de tordu dans leur condition qui ne peut être redressé; car Dieu l’a fait, et il peut certainement le redresser. Lui seul peut rendre droit ce qu’il a rendu tortueux, alors que nul autre ne le peut.
p. 35
Pour autant, reconnaître que Dieu est souverain sur ce qui nous arrive n’entraîne pas un certain fatalisme. Boston est clair qu’il n’est pas mauvais de désirer que notre situation change, ni de faire des choses pour viser l’amélioration de notre condition. C’est au contraire tout à fait normal et très humain1. Personne n’aime souffrir! Boston parle par exemple d’une personne qui “fait tout son possible pour se débarrasser” de la difficulté qui se trouve dans sa condition. Il écrit que “si les moyens utilisés sont conformes à la loi, et qu’on ne s’y fie pas aveuglément, mais qu’on les utilise en gardant Dieu à l’esprit, la tentative n’est pas pécheresse, qu’elle aboutisse ou non” (p. 41).
Ne négligeons donc pas de trouver refuge en Dieu dans la détresse (cf. Ps 46.2). C’est là que se trouve l’un des remèdes pour nous aider à la traverser.
Est-ce le seul remède? Non, dit Boston. Dans le prochain article, nous verrons d’autres remèdes, qu’il ne faut également pas négliger!