La souffrance n’est pas une compétition

      SouffrancePuritainsThéodicée
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      La Bible ne nous appelle pas à nous comparer les uns aux autres dans les souffrances que nous vivons. Faire cela, c’est tomber dans des "comparaisons odieuses", comme le dit le puritain Thomas Boston.

      En trois articles (celui-ci et les deux prochains), je vais partager quelques encouragements précieux concernant la souffrance que Boston met en avant.

      Un mot sur le titre: The crook in the lot

      Le thème du livre est bien résumé par le titre, mais difficilement traduisible en français: The crook in the lot. Qu’est-ce que cela signifie?

      • Le "lot" désigne notre portion, c’est-à-dire la part que Dieu nous a assignée dans la vie. C’est notre condition souverainement ordonnée par Dieu.
      • Le "crook" désigne ce qui est tordu, ce qui ne se passe pas comme on souhaiterait. C’est une référence à la souffrance et à l’adversité, sous diverses formes.

      Dans ce livre, Boston veut nous amener à réfléchir à la souffrance que nous traversons. Comment réagir quand notre chemin semble "tordu"? Comment réagir quand la souffrance nous visite de manière imprévue? Le sous-titre ajouté par les éditeurs résume bien le but de ce livre: “Que croire lorsque notre part dans la vie n’est pas faite de santé, de richesse et de bonheur?”

      La souffrance nous concerne tous

      Une première chose à comprendre est que la souffrance concerne chaque être humain sur cette terre. Personne n’y échappe. Boston explique qu’il “y a quelque chose de tordu dans la part de chacun dans ce monde” (p. 4). Même si c’est à différents degrés et de manières différentes, tout le monde est touché par la souffrance.

      La Bible est claire à ce sujet et ne laisse aucune place à un soi-disant "évangile de la prospérité", selon lequel avoir la foi nous permettrait d’échapper à la souffrance pour vivre la prospérité et la santé. Non, les chrétiens comme les non-chrétiens vivent dans un monde qui est esclave de la corruption (Rm 8.20-21). En fait, la Bible dit même que les chrétiens vont souffrir plus que les autres, de par leur attachement à Jésus (Jn 15.20; Rm 8.17; 1P 4.12-13).

      Si la part de chacun contient quelque chose de tordu, Boston précise aussi que la part de chacun contient certains éléments qui sont "droits", c’est-à-dire qui vont bien1. Il est facile d’ignorer cela lorsque nous souffrons et de nous concentrer uniquement sur ce qui ne va pas. Mais pour chacun de nous, même dans la souffrance, nous pouvons voir la bonté et la grâce de notre Dieu dans certains aspects de nos vies, qui ne nous traite pas selon ce que nous méritons. De manière suprême, ne voyons-nous pas cela dans le salut que Dieu nous donne en Christ, qui est nôtre même si nous venions à tout perdre ici-bas?

      Éviter les "comparaisons odieuses"

      En mettant cela en avant, Boston vise à éviter les "comparaisons odieuses", par lesquelles nous transformons la souffrance en une compétition: je souffre plus qu’untel, donc je mérite plus de compassion (p. 4). Ou alors, penser qu’untel a une belle vie facile, parce que sa vie a l’air bien "droite", alors que nous ne voyons pas les éléments difficiles qui nous sont cachés.

      Ces comparaisons n’ont pas lieu d’être. La réalité est que nous souffrons tous. La souffrance est ce que nous avons en commun, et il faut plutôt s’entraider pour savoir comment faire face à cette souffrance.

      Comment faire face à la souffrance? Dans les deux prochains articles, nous verrons les vérités que Boston met en avant pour nous encourager.


      Benjamin Eggen

      Benjamin est marié à Jessica, papa d'une petite fille, et pasteur de l’Église Réformée Baptiste de Bulle, en Suisse. Il a fait ses études à l’Institut Biblique de Bruxelles, où il enseigne ponctuellement. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont Soif de plus? et Qu’est-ce que tu crois?.

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