Le vrai miracle: un cœur restauré

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      Il y a quelques années, un article paru dans le Wall Street Journal s’est intéressé à la révolution actuelle qui bouleverse le secteur technologique, en lien avec l’apparition des appareils intelligents. Voici le titre de l’article: “Les objets intelligents nous rendent-ils stupides?” L’article expliquait que les objets du quotidien (les voitures, les poubelles ou encore les théières) pouvaient désormais nous répondre et même influencer notre comportement.

      • Une machine à laver alerte son propriétaire en disant: “Vous utilisez trop d’eau. Espacez vos lessives!”
      • Un grille-pain s’insurge: “Du pain grillé? Vraiment? Ne devriez-vous pas réduire votre consommation de glucides?”
      • Même la poubelle de la cuisine peut vous culpabiliser: “Je vois que vous n’avez pas trié vos déchets. On en a pourtant déjà parlé.”
      • Et il y a aussi la balance de la salle de bain: “Vous avez déjà pris cinq kilos cette année. J’ai arrangé un rendez-vous avec votre coach sportif.”

      L’article n’était pas censé être humoristique.

      Il était plutôt écrit sur un ton sérieux, voire grave. Il citait des professionnels du monde des affaires, tels que le directeur financier de Google. Ce dernier affirmait d’ailleurs que les informaticiens de Google percevaient le monde comme un lieu totalement brisé1.

      Cette phrase m’a hanté. “Un lieu totalement brisé.”

      Nous vivons effectivement dans un monde brisé. Nous voyons des familles brisées, des cœurs brisés, des rêves brisés. Peut-être êtes-vous concerné. Peut-être certains domaines de votre vie ont-ils besoin d’être restaurés? Peut-être avez-vous besoin que certaines choses soient réparées?

      C’était certainement le cas pour [une] personne que Jésus a rencontrée. [Cette] conversation bouleversante a eu lieu avec un homme que nous appellerons Simon. Simon était paralysé. Nous ignorons comment il s’est retrouvé dans cet état. Quoi qu’il en soit, Simon devait compter sur les autres pour tout. Il devait compter sur ses amis pour le transporter d’un endroit à un autre sur son brancard. À cette époque, il n’y avait pas de fauteuil roulant, pas d’aide financière. Simon n’avait aucune autonomie. Il était brisé.

      Un jour, ses amis ont entendu parler d’un guérisseur et ils ont décidé d’aller voir de quoi il s’agissait. Après tout, ils n’avaient rien à perdre. Imaginez la scène: ils arrivent devant la maison, mais c’est le chaos. Des gens partout. La maison est bondée et dehors, c’est pareil. Impossible d’entendre le guérisseur, même en tendant l’oreille depuis la porte.

      Mais les amis de Simon l’ont amené jusqu’ici et ils sont bien déterminés à ne pas baisser les bras. L’un d’eux lève les yeux et aperçoit un escalier qui mène au toit en terrasse. Soudain, une idée surgit: une idée complètement folle, un dernier espoir.

      — Transportons-le là-haut, chuchote-t-il.

      Aussitôt, ils montent les marches, portant Simon sur son brancard. Ils sont essoufflés par l’effort. Puis ils se mettent à creuser. Leurs mains grattent l’argile sèche, tirent sur les branches et la végétation. Des morceaux de toit s’effondrent et atterrissent, dans la pièce, sur la foule stupéfaite. De la poussière partout. L’étonnement et la confusion règnent. Le trou s’élargit. Doucement et prudemment, ils font descendre Simon jusqu’au sol, devant Jésus.

      Tout le monde dans la pièce retient son souffle. Les amis observent la scène depuis le toit. Ils attendent le miracle. Simon attend.

      La foule attend. Enfin, Jésus dit:

      — Mon enfant, tes péchés te sont pardonnés.

      Des chuchotements parcourent la pièce. Qu’est-ce qu’il raconte, Jésus? Cela n’a aucun sens! C’est cruel et déplacé!

      Rien ne laissait penser que Simon était particulièrement coupable et qu’il avait besoin d’être pardonné. Il désirait ardemment que Jésus guérisse ses jambes, mais Jésus avait quelque chose de bien plus grand en tête. Il n’était pas indifférent au problème physique de Simon, mais il voulait guérir son cœur.

      Si on y réfléchit, les chefs religieux auraient dû être ravis de voir les péchés de cet homme pardonnés. Mais c’est tout le contraire. Leurs visages s’assombrissent. Ils critiquent et remettent en question les paroles de Jésus. Les murmures deviennent des accusations.

      — Qui peut pardonner les péchés, si ce n’est Dieu seul? disent-ils.

      Ils ont parfaitement raison. Seul Dieu peut pardonner les péchés. Mais ils accusent Jésus de blasphémer, d’offenser Dieu. À leurs yeux, il n’est qu’un charpentier venu de Galilée qui prétend faire ce que seul Dieu peut faire.

      Jésus sait ce qu’ils pensent. Il se tourne vers eux:

      — À votre avis, leur dit-il, qu’est-ce qui est le plus facile à dire: “Tes péchés sont pardonnés” ou “Lève-toi et marche”?

      Bien entendu, il est plus facile de dire: “Tes péchés sont pardonnés.” On peut simplement énoncer la phrase, mais qui peut en vérifier le résultat? Personne ne peut prouver que ces paroles ont eu un quelconque effet. Mais si vous demandez au paralysé de se lever et de marcher, tout le monde saura immédiatement si vous avez le pouvoir de l’accomplir.

      — Alors, poursuit Jésus, afin que vous sachiez qui je suis et que je vous dis la vérité, je te l’ordonne: prends ton brancard et marche.

      En fait, il le dit mieux que cela. Il dit:

      — Afin que vous sachiez que j’ai le pouvoir de pardonner les péchés [...] Lève-toi. Prends ton brancard et retourne chez toi.

      Le silence règne. Puis un mouvement se produit. Une force envahit les jambes de Simon. Il se lève.

      Des exclamations fusent dans la foule. Simon se baisse, prend son brancard et se met à marcher. Il marche!

      Jésus ne fait pas preuve d’arrogance lorsqu’il prétend pouvoir pardonner les péchés. Il n’exagère pas, il ne fanfaronne pas. Jésus sait qu’il est le Dieu tout-puissant qui a le pouvoir de pardonner.

      Voici ce qu’il affirme: “Permettre à un homme de marcher à nouveau? Je peux faire mieux que cela! Je vais lui offrir quelque chose de bien plus grand. Je lui offre le plus grand des cadeaux. Je lui pardonne ses péchés. Car s’il marche jusqu’à la fin de ses jours, mais qu’il entre dans l’éternité sans être pardonné, il sera tout de même perdu pour toujours.”

      Que fait Simon ensuite? Je n’en sais rien, mais j’imagine qu’il rentre chez lui. Il a dû faire sensation! Son enfant regarde par la fenêtre, les yeux écarquillés:

      — Hé, je vois papa. Il remonte l’allée.

      — Avec ses amis? demande sa mère.

      — Non... tout seul.

      — C’est impossible. Il ne peut pas marcher.

      — Mais si! Il marche.

      Et puis le voilà, debout devant la porte. Sa femme n’en croit pas ses yeux; elle le regarde, incrédule.

      — Mais qu’est-ce qui t’est arrivé?

      — J’ai rencontré Jésus, dit-il en souriant. Je pensais qu’il pourrait guérir mes jambes. Mais il a fait bien plus. Il a pardonné mes péchés.

      Nous pensons parfois que, si nous pouvions juste régler deux ou trois problèmes dans notre vie, tout irait mieux. Un meilleur emploi. Une relation plus solide. Plus d’argent. Plus de temps. Moins de stress. Nous recherchons des solutions dans l’espoir de réparer nos vies brisées. La technologie peut être utile, nos propres efforts peuvent aider, les études sont importantes, mais rien de tout cela ne peut changer notre cœur.

      Si des années plus tard, nous avions demandé à Simon ce qui avait été le plus important pour lui ce jour-là, il aurait peut-être répondu:

      — Je me suis rendu dans cette maison avec mes amis, dans l’espoir que mes jambes soient guéries. C’est ce que je désirais le plus au monde, pouvoir marcher jusqu’à la fin de mes jours, obtenir un travail, prendre soin de ma famille.

      Je l’imagine marquer une pause.

      — Mais il m’a donné quelque chose de bien plus important. C’est merveilleux. Il a pardonné mes péchés et m’a donné accès à une relation avec Dieu. L’homme dans la maison m’a guéri pour toujours.

      Alistair Begg

      Alistair Begg enseigne la Bible sur Truth for life, une émission quotidienne diff usée dans le monde entier à la radio, en podcast, sur YouTube et en ligne sur truthforlife.org.

      Depuis son lancement en 1995, Truth for life a rendu accessibles les prédications qu’Alistair donnait à Parkside Church, où il a été pasteur principal entre 1983 et 2025.

      Reconnu pour son expertise dans le domaine de la théologie biblique, Alistair est régulièrement convié en tant qu’orateur à des conférences internationales, où il encourage les pasteurs et les responsables d’Église à proclamer fidèlement l’Évangile. Il est l’auteur de nombreux livres, dont plusieurs ont été traduits en français.

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