« L’essence de l’humilité selon l’Évangile, ce n’est pas de penser moins de soi, c’est de penser moins à soi¹. » – Timothy Keller
Le 1ᵉʳ juillet dernier, ma femme m’a rappelé qu’il s’agissait de notre anniversaire de mariage à la mairie. Une date marquante dans notre vie de couple, et donc aussi dans nos vies individuelles. Pourtant, cela m’est sorti de la tête… et malheureusement, ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. Célébrer les dates significatives est important pour elle. Pour moi, ça l’est moins. Ainsi, quand j’oublie une date marquante, je transmets inconsciemment le message suivant: “Ce qui est important pour toi ne l’est pas pour moi.”
C’est un parfait exemple d’égocentrisme, alors que je devrais porter davantage d’intérêt à ma femme, en la plaçant en priorité.
Dans les domaines de la neuroscience et de la psychologie, le Réseau en mode par défaut (RMP) désigne, chez l’être humain, un ensemble de régions cérébrales qui s’activent lorsque l’on ne se concentre pas sur le monde extérieur2. En d’autres termes, lorsque notre cerveau n’est pas engagé dans une tâche spécifique, il traite des informations centrées sur soi: son identité, ses projets, ses relations, ses émotions, ses rêves, ses souvenirs, etc. Bref, un auto-centrage introspectif, ou un égocentrisme silencieux, où l’on ne pense qu’à soi-même. Rien de nouveau: c’est le propre de la nature humaine, conséquence directe de la chute.
Cependant, l’Évangile — comme très souvent — nous invite à faire l’inverse, à aller à contre-courant de ce que la société prône. Paul, dans sa lettre aux Philippiens, fait l’exhortation suivante:
Avec humilité, considérez les autres comme supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de regarder à ses propres intérêts, regarde aussi à ceux des autres.
Philippiens 2.3-4
Ici, il formule deux demandes de manière assez limpide:
Le tout, avec humilité. Car sans humilité, il est impossible d’adopter ces deux attitudes.
L’humilité est une valeur centrale de l’Évangile. Elle est également valorisée dans notre monde — notamment dans les domaines du travail ou du sport — souvent selon une définition réductrice, voire erronée.
Sentiment, état d’esprit de quelqu’un qui a conscience de ses insuffisances, de ses faiblesses et est porté à rabaisser ses propres mérites.
Comme si être humble revenait à se dévaloriser ou à se sous-estimer.
Avec cet état d’esprit, nous aurons la capacité de (1) considérer les autres aussi bien que soi, voire davantage, et, en conséquence, (2) regarder les intérêts des autres avant les siens, afin de se mettre à leur service — comme Jésus l’a fait pour nous.
Il a reconnu notre valeur en tant qu’êtres humains, sans pour autant dénigrer la sienne. Il a mis en priorité notre intérêt avant le sien. C’est pourquoi sa mort sur la croix est l’exemple ultime et la raison d’agir comme lui.
Arrêter de penser à soi est plus facile lorsqu’on travaille ou qu’on est en compagnie des autres. Mais lorsqu’on se retrouve face à soi-même, dans ses pensées, l’Évangile nous met au défi de penser aux autres et à leurs intérêts.
S’oublier soi-même est certainement l’une des choses les plus compliquées à mettre en pratique, mais elle reste à la portée de tous, par l’Esprit qui vit en nous.
Le 9 août a marqué un autre anniversaire — cette fois-ci, celui de notre mariage religieux. J’ai surpris ma femme en lui proposant ses activités préférées. C’était à la fois pour me rattraper de mon oubli précédent et surtout pour lui faire plaisir.
Considérer les autres avant soi. Placer leurs intérêts avant les nôtres. Penser aux autres. S’oublier soi-même. Tout un défi!
webinaire
Comment remporter le prix?
Découvre le replay du webinaire de Raph et Matt (Memento Mori) enregistré le 28 septembre 2020.


Orateurs
M. Giralt et R. Charrier
