8 signes qui montrent que votre foi chrétienne est trop confortable

Dans de nombreuses régions du monde, il est aujourd’hui facile de vivre une vie chrétienne dans le confort. C’est très certainement le cas là où je vis, en Californie.  Mais est-ce une bonne chose? 

J’aimerais vous rendre sensible au fait que la vie chrétienne est intrinsèquement dénuée de confort. Être disciple de Christ, c’est aussi se renier soi-même (Mt 16 :24), prendre sa croix (Lc 14 :27), subir la persécution (Jn 15 :20; 2 Ti 3 :12), renoncer au confort d’un chez-soi (Lc 9 :58), reléguer au second rang l’importance de la famille (Lc 9 :59-62; 14-26), être prêt à céder tous ses biens matériels (Mt 19 :21; Lc 14 :33), connaître la crucifixion avec le Christ (Ga 2 :20). Et ce n’est que le début. 

C.S. Lewis a un jour dit:

« Je n’ai pas recouru à la religion pour trouver le bonheur. J’ai toujours su qu’une bonne bouteille de porto pourrait faire l’affaire. Si vous recherchez une religion qui vous fait gagner en confort alors je ne vous recommande certainement pas le christianisme. » (traduction libre) 

Mais, dans notre société consumériste, la recherche du confort est notre modèle par défaut si bien que nous nous retrouvons souvent dans une « chrétienté confortable » sans même nous en rendre compte. 

Quels sont les signes indiquant que notre christianisme s’est adouci, comme un bon porto, au lieu de subir le désagréable affûtage de la foi que prône le Nouveau Testament? 

Voici 8 signes montrant que vous vivez peut-être un christianisme trop confortable. 

1. Il n’y a absolument aucune friction entre vos croyances chrétiennes et vos penchants politiques 

Si vous êtes entièrement dévoué à un parti politique sans jamais ressentir la moindre  tension avec votre foi chrétienne, alors cela indique que votre foi est vécue dans le confort. 

Que vous soyez un partisan fidèle des démocrates ou un républicain invétéré, une foi chrétienne solide devrait normalement produire, tôt ou tard, une dissonance avec vos vues politiques. 

Une foi qui s’aligne trop parfaitement avec un parti politique est une foi qui ne se mouille pas et dont le témoignage prophétique fait défaut. 

2. Une théologie vide de tous paradoxes, tensions ou questions sans réponse 

S’il ne vous arrive jamais de vous casser la tête avec les concepts époustouflants de la théologie chrétienne (par exemple : la trinité, l’incarnation, la souveraineté de Dieu concomitante des actes humains, la présence du Saint-Esprit pour ne citer que ceux-ci), cela dénote probablement une foi trop confortable. 

La foi saine et inconfortable vous ébranle, vous pousse dans vos retranchements, et vous émerveille constamment. 

C’est le genre de foi qui vous met dans un état d’agitation et d’insatisfaction tant que vous n’avez pas saisi tout ce qu’il reste à saisir sur Dieu. 

3. Vos amis et collègues sont surpris d’apprendre que vous allez à l’église 

Un signe évident qu’une foi est trop commode se dégage clairement d’une personne dont la vie n’a rien qui caractérise un disciple de Jésus, au point où même ceux qui la connaissent bien sont incapables de dire si elle est chrétienne. 

Un chrétien dans le confort est un chrétien qui se fond aisément dans la masse, qui ressemble, agit et parle comme ses amis non croyants (et perdus). 

4. Le lundi, vous ne pensez jamais ou avez oublié le message du dimanche   

Si les prédications dans votre église sont à ce point ordinaires (ou plutôt si vous êtes à ce point désinvesti) que vous ne vous rappelez que rarement l’une d’elle après avoir quitté l’église, c’est que probablement votre vie chrétienne est vécue dans le confort. 

La prédication biblique ne devrait pas nous rendre apathiques ni nous laisser indifférents, sans que jamais nous ne nous sentions mis au défi. La Parole de Dieu est « vivante et efficace, plus tranchante que toute épée à double tranchant et pénétrant jusqu’au plus profond de l’être, jusqu’à atteindre âme et esprit, jointures et moelle, elle juge les dispositions et les pensées du cœur. » (Hé 4 :12) 

5. Personne ne vous agace dans l’église 

Si à l’église vous parlez et côtoyez uniquement les gens que vous jugez amusants, et de préférence en accord avec vos opinions, goûts et préférences, alors votre christianisme est trop confortable.  

L’une des glorieuses conséquences de l’évangile réside dans sa capacité à créer une nouvelle communauté à partir d’un groupe disparate d’individus qui, sans cela et dans la majorité des cas, veilleraient à ne jamais passer du temps ensemble. 

6. Vous ne vous sentez jamais défié, vous vous sentez toujours approuvé 

Si votre foi chrétienne ne fait pas la guerre à vos idoles et ne remet jamais en question vos habitudes malsaines, mais qu’au contraire elle se contente de vous conforter dans ce que vous êtes, c’est un signe indéniable d’une foi vécue dans le confort. 

Une foi en bonne santé ne se réjouit pas de la personne que vous êtes actuellement, mais cherche sans relâche à vous façonner à l’image de Christ. Ce qui, en soi, est un processus beau mais nécessairement désagréable. 

7. Vous n’avez jamais été tenu d’avoir une conversation à cœur ouvert avec un ami chrétien 

Il est parfois plus aisé de « vivre et laisser vivre » lorsqu’il y a un tort ou un péché qui doit être exposé. C’est tellement plus facile de hausser les épaules avec indifférence quand nous sommes témoins des mauvaises décisions des autres dans nos assemblées. 

Mais, ceci n’est pas le véritable amour chrétien. 

L’amour n’est pas opposé à la vérité, et si votre foi n’a pas en elle la capacité de dire les choses en face avec amour, alors votre foi est trop confortable. 

8. Personne dans l’Église n’est venu vous dire qu’il a vu en vous de quelconques progrès 

Croire dans l’évangile de Jésus Christ, c’est aussi croire au changement. Bien que rarement linéaire, la vie chrétienne devrait être caractérisée par la croissance, un élan vers l’avant, et un changement pour le mieux. 

Si vous êtes un chrétien qui a grandi si modérément que personne dans l’église ne saurait identifier ne serait-ce qu’un seul domaine d’amélioration, alors c’est que votre foi est trop confortable. 


Pourquoi est-il si important d’éviter de tomber dans le piège du christianisme de confort? Parce que le christianisme confortable est bien éloigné du chemin en forme de croix destiné aux disciples de Jésus. Un chemin semé d’embûches parfois lourdes de conséquences; un chemin difficile; un chemin qui met à mal nos idoles. 

Le christianisme de confort n’a pas vraiment son mot prophétique à dire à un monde consumériste qui aime le confort. 

Le christianisme de confort n’éprouve pas un sens de l’urgence pour la mission et se satisfait d’un potentiel de croissance dérisoire. 

Le christianisme inconfortable, lui, en revanche, conduit à une vie de transformation. Il nous pousse à dépendre de Dieu et non pas de nous-mêmes ; à servir plutôt qu’à être servis ; à vivre des vies reconnaissables par le sens du sacrifice. Il nous permet d’accomplir les choses difficiles, d’embrasser les vérités dures à avaler et de composer avec certaines personnalités pénibles pour l’intérêt et la gloire de Celui qui a accompli le plus dur. C’est probablement inconfortable mais cela en vaut la peine. La joie en Christ n’est jamais très loin du manque de confort. 


Merci à Ludovic Labbé pour la traduction de cet article.


Pour aller plus loin:

Brett McCracken

Brett McCracken est senior éditeur à The Gospel Coalition et l'auteur de plusieurs livres. Lui, sa femme et leur fils vivent en Californie. Ils appartiennent à l'Eglise Southlands Chruch, où Brett sert en tant qu'ancien.

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