8 choses que vous devez savoir sur le Symbole des Apôtres (1/13)

Si quelqu'un vous demandait ce que vous croyez en tant que chrétien, sauriez-vous lui répondre? Savez-vous ce qui distingue votre foi de celle des mormons, des témoins de Jéhovah ou même des musulmans? Si l'occasion vous en était donnée, pourriez-vous répondre à cette question de manière concise? Plutôt que d'essayer d'inventer notre propre formule, je vous en propose une écrite il y a des centaines d'années: le Symbole des Apôtres, le Credo. J'ai d'abord mémorisé le Credo en espagnol lorsque j'étais une jeune fille catholique qui se préparait à faire sa première communion. Je l'ai appris à nouveau en anglais lorsque j'étais étudiante dans une école secondaire catholique. Je l'ai mémorisé en français il y a deux ans pour l'enseigner à des enfants de cinq et six ans dans un camp de famille baptiste. Nous le récitons régulièrement avec nos enfants lors des dévotions familiales; je suis si reconnaissante pour les richesses de cette ancienne confession de foi! Voici 8 choses que vous ne savez peut-être pas sur le Symbole des Apôtres:

1. Le Symbole des Apôtres n’est pas l’Écriture Sainte

En tant qu’évangéliques, nous adhérons aux cinq Solas de la Réforme. Nous adhérons à Sola Scriptura, la conviction que l’Écriture (et non la tradition de l’Église) a l’autorité ultime sur le peuple de Dieu. Cependant, nous ne nous tenons pas à Solo Scriptura, une conviction affirmant « Je n’ai pas d’autre credo que la Bible ». Cette position, contrairement à Sola Scriptura, rejette nos credos, nos confessions et notre tradition comme n’ayant aucune autorité, et conduit souvent à une approche affaiblie et individualiste de l’interprétation de l’Écriture. Pourtant, loin d’être anti-confessionnels, les réformateurs ont enseigné les credos, et beaucoup ont écrit des catéchismes ou des confessions pour instruire leur peuple dans la saine doctrine. En fait, les Instituts de Calvin étaient une exposition du Symbole des Apôtres, des Dix Commandements et du « Notre Père ».

2. Le Symbole des Apôtres détient l’autorité ministérielle

Sola Scriptura signifie que les Écritures ont une autorité magistrale ou directrice. Nos credos et confessions, en revanche, détiennent une autorité ministérielle ou présomptive, ce qui signifie qu’ils sont fondés sur les Écritures, qu’ils les résument et qu’ils constituent une autorité secondaire (jusqu’à preuve du contraire). De même que la lune n’a pas de lumière propre, mais reflète la lumière du soleil, de même le Credo reflète la lumière de la Parole de Dieu. 

3. Le Symbole des Apôtres nous ancre dans la tradition apostolique

Le Credo est né de diverses déclarations de foi au deuxième siècle. Nous ne connaissons pas son lieu de naissance exact. Mais nous savons qu’il y avait plusieurs types de credos baptismaux datant de la période après les apôtres, de l’époque des persécutions, jusqu’à la conversion de l’empereur Constantin. Très tôt, un mythe s’est développé selon lequel chacun des douze apôtres aurait écrit une des douze lignes du Symbole des Apôtres. Bien que ce ne soit pas le cas, l’histoire reconnaît le lien étroit entre la foi transmise par les apôtres et ce que nous voyons dans le Credo.

4. Le Symbole des Apôtres nous aide à articuler notre foi

En tant que croyants, nous devrions être capables de résumer la foi chrétienne d’une manière vraie et concise. Et ce, tant pour le bien de nos propres âmes que pour celui de notre témoignage. Nos credos nous donnent des limites, des repères, une cohérence. La récitation collective d’un ensemble de croyances partagées est une pratique ancienne qui précède les premières confessions chrétiennes. En fait, dans les Écritures, nous trouvons des exemples de déclarations de foi similaires que le peuple de l’alliance a confessées à travers les âges. La plus ancienne se trouve peut-être dans Deutéronome 6.4-7. Connu sous le nom de Shema, il déclare: « Écoute, Israël! L’Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel… ». Les dix commandements eux-mêmes étaient probablement récités dans un but similaire. Dans le Nouveau Testament, il existe une myriade de déclarations qui ont donné à l’Église naissante le vocabulaire nécessaire pour articuler l’essence de la foi. Citons notamment Marc 12.29-31, 1 Corinthiens 8.6, 15, 3-4, Romains 10.9-10, 1 Timothée 2.5-6, 3.16, Philippiens 2.6-11, Colossiens 1.12-20, 2.9-15.

5. Le Symbole des Apôtres nous introduit à la théologie systématique

À une époque où les gens ne disposaient pas de leur propre exemplaire de la Bible, ne l’entendaient ou ne la lisaient qu’une fois par semaine à l’église, le Credo était un outil pratique pour aider les fidèles à conserver un solide corpus théologique. Et bien que le croyant moyen d’aujourd’hui soit alphabétisé et ait accès à une Bible, nous sommes toujours confrontés à un grand besoin d’alphabétisation biblique, c’est à dire d’initiation et de formation dans les doctrines fondamentales qui nous définissent en tant que chrétiens. Il n’en reste pas moins que les croyants d’aujourd’hui doivent être capables d’articuler les principes essentiels du christianisme. Le Credo y pourvoit en nous présentant la doctrine de la Trinité, avec un accent particulier sur la Christologie.

6. Le Symbole des Apôtres nous aide à faire des disciples

Que nous instruisions nos enfants dans la foi ou que nous enseignions à un groupe d’adultes, le Credo est un outil pédagogique utile. En particulier parce qu’il nous ancre dans le grand métarécit de la rédemption. Il s’ouvre sur la création – « Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre » – et se clôt sur l’achèvement – « Je crois… en la vie éternelle. Amen! » Ce faisant, il sert de boussole correctrice à nos histoires individuelles dépourvues d’espérance en Christ. En fait, c’était sa fonction dans l’Église primitive. Lorsqu’une personne mettait sa confiance en Christ pour la première fois, elle passait jusqu’à un an comme catéchumène, à étudier la foi qu’elle professait. Puis, lors de son baptême, on lui demandait: « Chrétien, que crois-tu? ». Il récitait alors l’une de ces premières formulations du Credo. Quelle ironie que nos frères et sœurs pédo-baptistes continuent de réciter le Symbole des Apôtres dans leurs services religieux, alors qu’il a été conçu pour que les nouveaux croyants le confessent lors de leur baptême!

7. Le Symbole des Apôtres nous garde contre les fausses doctrines

Le Credo a été formulé pour lutter contre certains faux enseignements. Le premier était le gnosticisme, qui enseignait que la chair est mauvaise, que Dieu n’a pas créé le monde et que Dieu n’a pas pris chair en la personne de Jésus-Christ. Le Credo établit clairement que Dieu est effectivement le Créateur et que le Fils est né, dans la chair d’une vierge. La deuxième hérésie à laquelle il s’attaquait était le syncrétisme, qui mélangeait la foi chrétienne avec des traditions païennes, notamment le culte de l’empereur. À notre époque, nous pouvons être confrontés à des faux enseignements différents, mais beaucoup d’entre eux s’enracinent néanmoins dans une attaque contre la personne de Jésus-Christ ou son exclusivité comme moyen de salut.

8. Le Symbole des Apôtres nous unit à l’Église ancienne et globale

Le Credo nous rappelle, en tant que croyants occidentaux du XXIe siècle, que nous faisons partie d’une famille qui traverse le monde et les âges. Lorsque nous récitons cette ancienne confession de foi, nous unissons nos cœurs aux saints triomphants (ceux qui nous ont précédés dans la gloire) et aux saints militants (ceux qui sont encore dans le combat de la foi). Cela nous montre aussi que, même si nous pouvons être en désaccord sur des doctrines secondaires, dans le fond, nous, chrétiens, faisons partie d’une grande et belle famille constituée des rachetés de toute nation, ethnie et langue. Quel cadeau de la grâce de Dieu!

Une invitation spéciale

Il y aurait encore beaucoup à dire sur le sujet du Symbole des Apôtres. Si vous souhaitez approfondir le sujet, Aurélie Bricaud et moi-même vous invitons à nous rejoindre sur notre podcast, Chrétienne, où nous réalisons une série d’épisodes sur chacune des douze phrases du Credo.


3 ressources pour aller plus loin


Angie Thornton

En équipe avec son mari Daniel, Angie a servi le Seigneur au Sénégal pendant 10 ans, dans la formation des leaders. Installés à Montréal avec leurs 2 filles depuis août 2017, ils servent à l'Église Baptiste Évangélique Emmanuel et dans l'AEBEQ. Angie est titulaire d'un MDiv de Moody Theological Seminary.
Depuis mai 2021, elle coanime le podcast Chrétienne, avec Aurélie Bricaud.
Découvre également sa chaîne YouTube par ici.

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