5 façons « chrétiennes » de gâcher sa coupe du monde

Nous sommes en plein dans la coupe du monde 2018, beaucoup ignorent que c’est une formidable opportunité pour les chrétiens. Sans plus attendre, voici donc 5 conseils pour être sûr de se gâcher la Coupe du monde:

1. Ne t’y intéresse surtout pas !

Ne te laisse pas souiller!
Trop de scandales ont sali le sport. Comment s’associer à un monde de business marqué par les dérives, les salaires indécents, le dopage, les multiples affaires de corruption? L’attribution de la prochaine coupe du monde 2022 au Qatar laisse de nombreux doutes sur les dessous du football, sans compter les dégâts collatéraux comme ces dizaines d’ouvriers népalais morts sur les chantiers.

Nous ne sommes en effet pas obligés de cautionner ces injustices mais ce n’est pas pour autant que nos contemporains les cautionnent aussi. La corruption n’est pas derrière chaque supporter qui s’intéresse à la coupe du monde.

Le foot fait disparaître les frontières. C’est un langage international. Dans mes voyages, cela a très souvent été une clé pour entrer en contact avec les gens. 3 noms de joueurs, quelques mots du pays suffisent à créer des liens d’amitié et permettent parfois de partager l’Évangile.

 « 3 noms de joueurs, quelques mots du pays suffisent parfois à créer des liens et partager l’Évangile. »

J’ai pu suivre la coupe du monde 2006 grâce aux résumés fidèles d’un népalais devenu aujourd’hui un ami. J’ai eu l’occasion de suivre la finale 2006 en compagnie d’un syrien dans un aéroport du Moyen-Orient. J’ai pu vivre plusieurs grands matchs de la coupe du monde 2010 avec des albanais. Le foot a été le point de départ d’une discussion qui a mené un jeune bosniaque à Christ.

Qui que je sois, sportif ou non, footeux ou basketteur, prof de sport ou ingénieur, je peux utiliser cet événement si populaire et créer des ponts avec mes semblables.

La coupe du monde de football est une grande fête entre les peuples de toutes origines. Ce n’est pas parce que l’homme a perverti cette activité que je dois m’en détourner. Au contraire, je peux rencontrer les autres et partager avec eux sans me compromettre.

Boîte à idées: la coupe du monde va alimenter de nombreuses discussions. Tous les médias vont relayer l’événement, impossible de passer à côté. Pourquoi ne pas s’intéresser à ceux qui s’y intéressent (ou pas!), les interroger sur ce qui les passionne ou les rebute et si possible, faire le lien avec l’Évangile? En s’intéressant aux gens et à ce qui les anime, les discussions dépassent rapidement le sujet original.

2. Critique ceux qui sont passionnés ! 

« Le foot est un sport de beaufs »
Le foot est une idole, l’opium du peuple des temps modernes qui abrutit et corrompt ceux qui y collent. À quoi ça sert de courir après une balle?
On dirait que le cerveau des footeux est en forme de ballon! Ils vivent foot, dorment foot, mangent foot, réfléchissent foot, ne parlent que de foot! On en voit partout, tout le temps, sans répit. La vie de certaines familles est organisée autour du seul sujet.
Alors, toi qui es chrétien, relève l’idolâtrie de ces fans écervelés!

La Bible nous enseignerait-elle à mépriser cette catégorie de population si ce sport avait existé à l’époque? Jésus aurait-il rejeté les footeux? Comment Jésus aurait appréhendé cet engouement populaire?

Les sujets et sollicitations qui gravitent autour du football sont légion. Dans le prochain mois, ce sujet envahira l’espace commun et de nombreuses discussions. Critiquer ceux qui sont passionnés risque juste de créer un fossé supplémentaire. Ne serait-il pas possible de s’en servir comme un véritable levier de témoignage?

Jésus est souvent parti de la vie quotidienne et de la réalité des gens pour illustrer les réalités du ciel.

La question centrale n’est pas de savoir si j’aime ou déteste ce sport, mais de m’assurer que j’aime les personnes comme Jésus, même si elles sont fans de foot et qu’elles supportent une équipe adverse. Parfois, cela passe par le simple fait de les rejoindre là où elles sont.

Je me souviens bien plus de super moments et de belles discussions d’après-match que des matchs eux-mêmes. Lors d’une rencontre, qui est pourtant un moment peu propice pour témoigner, je me souviens que le joueur chrétien Kaka s’était fait expulser injustement. Tout le monde avait été surpris par son calme malgré l’injustice, comment ne pas parler de la foi qui l’anime et que je partage dans un moment pareil?

Boîte à idée: si quelques-uns de tes amis vont vivre l’événement comme s’ils y étaient, pourquoi ne pas les rejoindre? Et si tu n’aimes pas le foot, c’est tout de même une bonne occasion pour passer de bons moments avec eux.

Tu auras sans doute du mal à parler de Jésus pendant le match mais lorsque les discussions d’après-match s’engagent, les occasions s’enchaîneront sans doute. En tous cas, ils sauront qu’ils sont plus importants à tes yeux que les sujets qui vous séparent.

Je suis personnellement impressionné par le témoignage de Marco Ceara. En tant que joueur professionnel, il a fait de sa foi une priorité. Ce défenseur est pour moi un des meilleurs buteurs de tous les temps, non pas à cause du nombre de buts marqués sur le terrain mais pour le nombre de personnes qu’il a atteintes en partageant sa foi.

3. Ferme les portes de ton église

Un ballon de foot n’a pas sa place dans les bâtiments de l’église car ce lieu est saint!
Il vaut mieux préférer un local vide que rempli de supporters abrutis qui pourraient crier des noms d’oiseaux au détour de chaque action. Pourquoi se risquer à salir les locaux et à y laisser entrer des inconnus du quartier?

Nous développons bien souvent une confusion entre l’Église (les chrétiens rassemblés) et le bâtiment (l’église avec un « é » minuscule). Je suis surpris de voir combien nous pouvons être frileux pour ouvrir les portes des églises qui deviennent alors des frontières avec notre environnement. Un événement comme la coupe du monde est une réelle opportunité de faire tomber les murs. Ça peut permettre à nos voisins de franchir un cap: entrer dans le bâtiment de l’église!

Boîte à idée: pourquoi ne pas organiser une soirée pizza-retransmission? La plupart des églises sont équipées et il n’est pas très difficile de trouver le moyen de capter la TNT. Une église qui ouvre ses portes pour une retransmission de match, ça interpelle non?

4. Regarde les matchs tout seul pour éviter d’être parasité 

Si tu aimes le sport et le football en particulier, reste paisible à la maison ou entre chrétiens.
Le témoignage demande de vrais efforts, alors j’ai bien le droit de me détendre un peu. Pourquoi m’encombrer à organiser une soirée là où je pourrais juste me détendre pieds en éventails avec une petite mousse à la main. Et puis après tout, je veux que ma sphère privée reste intacte. Je veille à bien séparer évangélisation et vie personnelle.

Le sport suscite de vraies passions, nous n’avons pas à créer la motivation, elle est là en elle-même. Si nous défendons aussi l’idée de l’évangélisation comme un mode de vie alors il devrait y avoir forcément des points de rencontre entre ces deux mondes.

Boîte à idées: organiser une soirée sympa à la maison avec une poignée d’amis chrétiens qui peuvent y inviter leurs amis. Vous pouvez vous fixer des objectifs adaptés… Par exemple, s’assurer que chacun ait eu la chance d’identifier la foi qui vous réunit. Parler du témoignage d’un joueur professionnel croyant…

A l’inverse, ceux qui développent une allergie au football peuvent vivre de grands moments de solitude lors des grands matchs. Si tu n’aimes pas trop ce sport, tu peux utiliser cette occasion et organiser une soirée pour ceux qui n’aiment pas le foot!

5. Fais du foot la plus grande de tes priorités !

Dans tes réactions, oublie qui tu es et ce que tu crois pour mieux mépriser l’arbitrage et les adversaires…
Les joueurs gagnant tant d’argent, et le foot étant si corrompu, j’ai le droit d’être exigeant envers eux et de réclamer la perfection de leurs prestations. En plus, quelle fierté de défendre les couleurs de ma nation, de vibrer au son de l’hymne national et de voir la suprématie de mon équipe dominer la planète football!

N’oublie pas que le football n’est que du sport. Ton cœur de disciple est appelé à influencer ton cœur de supporter et non l’inverse. Les tribunes de supporters constituent un excellent cas d’étude pour les sociologues qui s’en sont inspiré pour observer les mouvements de foule. Bien souvent, la force collective l’emporte sur la volonté individuelle, pour le meilleur et pour le pire.

« Ton cœur de disciple est appelé à influencer ton cœur de supporter et non l’inverse. »

N’oublie pas où est l’enjeu lorsque tu regardes un match ou même que tu te retrouves sur un terrain. Le score du match s’oubliera, celui de notre vie restera marqué à jamais.

Boîte à idée: garder la tête froide pendant les matchs et manifester un désir de changement en cas de dérapage.

Le fait de se concentrer sur ce qui est positif dans le match peut faciliter les choses (apprécier les gestes techniques et les actions des deux équipes, valoriser les bonnes décisions d’arbitrage, respecter mes amis même lorsqu’ils sont supporters de Saint-Etienne…).

Comment vas-tu te servir de la coupe pour faire connaître Jésus ? Partage tes idées stp!

Thierry Mirone

Thierry est marié à Valérie et père de 3 garçons. Ils ont d'abord exercé un ministère jeunesse à Champfleuri et au département jeunesse de France Mission. A la suite de ces ministères, Thierry éprouve une grande joie à accompagner plusieurs protégés. Aujourd'hui, ils participent à un projet d'implantation d'églises à Aix-les-Bains et sa région. Thierry est aussi touché par la missionnite avec International Teams France, un virus qui l'emmène régulièrement aux 4 coins du monde.

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4 thoughts on “5 façons « chrétiennes » de gâcher sa coupe du monde

  1. Peps Cafe dit :

    Bonjour ! Intéressante contribution, merci.
    Sinon, voici quelques « foireux liens » à propos d’une « foireuse coupe » : http://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/06/11/foireux-liens4-le-mondial-battra-t-il-sa-coulpe/
    Et au-delà, quel engagement ou témoignage chrétien, à l’occasion de cet événement ? Effectivement.

  2. Gabriel Huguet dit :

    Super article Thierry ! Ça aide à mettre en perspective cet événement qui de prime abord rimait plutôt avec les inégalités sociales tellement flagrantes au Brésil, des priorités financières des gouvernants, des injustices, de la déshumanisation du pauvre… Ça m’apprend à laisser Dieu exercer sa justice et à m’occuper de construire son Royaume là où je suis avant de m’insurger (justement certes mais bon…) parfois inutilement.
    Une émission à regarder aussi :
    http://www.arte.tv/arte_vp/index.php?json_url=http%3A%2F%2Farte.tv%2Fpapi%2Ftvguide%2Fvideos%2Fstream%2Fplayer%2FF%2F049873-000_PLUS7-F%2FALL%2FALL.json&lang=fr_FR&config=arte_tvguide#.U5haIczBWrM.facebook

  3. Nicolas Maalouf dit :

    Merci Thierry pour ton point de vue et tes idées ! J’espérais justement que quelqu’un qui aime à la fois Jésus et le foot (toute proportion gardée 🙂 ) se lève pour écrire ce genre d’article. MERCI 🙂

  4. Vivement la coupe d’Europe !! 🙂

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