3 difficultés que l’on peut rencontrer quand on implante une Église

Implanter une Église n’est pas une tâche facile. Ceux qui débutent dans l'implantation se demandent souvent par quels problèmes ou difficultés ils vont passer au cours de leurs premières années.

On pourrait facilement lister au moins une douzaine de difficultés connues, mais trois d'entre elles sont sans doute les plus critiques pour bon nombre de nouveaux implanteurs: un problème concernant les responsabilités, un problème concernant les émotions et un problème concernant les personnes à atteindre.

Être conscient de ces trois problèmes permet à l’implanteur d’éviter les frustrations qui pourraient le paralyser dans sa tâche, et de vivre les premiers mois ou les premières années plus sereinement.

1. Le problème avec les responsabilités: imposer les mains trop tôt

L’implantation d’Église demande beaucoup de dynamisme; du coup, bien des implanteurs sont surchargés et pressés de déléguer. Ils ont tendance à déléguer des tâches à la première personne volontaire: responsabilité auprès des enfants, enseignement dans les petits groupes, coordination de comités, conduite de la louange, supervision de l’évangélisation… Devant ces centaines d’heures de service disponibles – vitales pour l’Église locale –, l’implanteur sera tenté de diminuer ses attentes en laissant n’importe quelle personne de bonne volonté servir ou diriger.

Quand les implanteurs d’Église témoignent de leurs plus grandes erreurs, on entend souvent: « J’ai imposé les mains trop tôt. Même si j’étais conscient du grand risque que je prenais, je suis tombé dans le piège. »

Paul a mis en garde contre une installation trop hâtive des responsables: « N’impose les mains à personne avec précipitation » (1Ti 5.22, voir 3.6). Ce principe général s’applique à presque tous les niveaux de responsabilité. Plutôt que d’installer trop rapidement quelqu’un dans un poste de façon permanente, ralentissez! Confiez les tâches – et en particulier celles qui mettent quelqu’un en avant – à ceux qui ont déjà fait leurs preuves dans les plus petits services (Lu 16.10).

Envisagez des missions sur le court terme. Au lieu de dire: « Super, te voilà diacre du ministère auprès des enfants!« , dites plutôt: « Pour les trois prochains mois, pourquoi n’essaierais-tu pas de diriger le ministère auprès des enfants, pour que l’on voie comment ça se passe? »

2. Le problème avec les émotions: vivre avec des sentiments en dents de scie

Demandez à un implanteur comment il va, et vous pourriez entendre: « L’assistance au culte était en hausse dimanche dernier, ça m’a encouragé. Mais six familles n’étaient pas là, je suis inquiet qu’elles ne restent pas avec nous. »

La vie émotionnelle d’un implanteur d’Église variera, à des degrés divers, en fonction de son sentiment de réussite ou d’échec semaine après semaine. Ses émotions seront bien souvent liées à deux choses: l’assistance et les finances.

Il n’est pas facile d’éviter ce phénomène de dents de scie, mais trois rappels peuvent vous aider:

  • Souvenez-vous que votre appel n’est pas de réussir aux yeux du monde, mais de rester fidèle devant Dieu: « Ce qu’on demande des dispensateurs, c’est que chacun soit trouvé fidèle » (1Co 4.2). Paul ne nous demande pas d’être célèbres ou fantastiques, mais simplement d’être fidèles.
  • Réjouissez-vous de la présence de ceux qui sont là, et servez avec amour ceux que Dieu vous a confiés. Dans mes premières années, quand je prêchais devant 30 personnes chaque dimanche, je me suis souvent souvenu que ces 30 personnes étaient celles que Dieu me demandait d’atteindre aujourd’hui. Je m’étais décidé à leur prêcher fidèlement sa Parole, sans regret.
  • Reconnaissez que la source de votre joie n’est pas – et ne devrait pas être – basée sur le degré de réussite que Dieu vous accorde dans l’Église, mais plutôt sur le degré d’amour dont il vous comble. Que l’amour du Père soit répandu chaque jour dans vos cœurs, par le Saint-Esprit qu’il vous a donné (Ro 5.5).

3. Le problème avec les personnes à atteindre: faire des compromis pour rejoindre la culture ambiante

La préoccupation des implanteurs d’Église est d’atteindre de nouvelles personnes. Si vous voulez captiver l’attention d’un implanteur, commencez votre phrase par: « Nous avons vraiment commencé à amener des personnes à Jésus lorsque nous…« .

Je ne fais pas exception. Étant donné que j’aime voir des hommes et des femmes venir à Jésus et que j’aime l’Église, l’implantation d’Église a du sens pour moi. Mais un problème surgit lorsque nous nous sentons tiraillés entre la volonté d’atteindre ces personnes et le fait de compromettre les Écritures pour être entendu.

Au début de notre projet d’implantation, plusieurs couples vivant en cohabitation sans être mariés participaient au culte et aux petits groupes. Nous nous posions constamment la question: « Allons-nous les inviter à la repentance avant ou après qu’ils soient devenus chrétiens? »

Les questions autour du mariage entre personnes de même sexe ou concernant le concubinage sont souvent laissées de côté dans l’enseignement d’une implantation d’Église. Bien des pasteurs se sentent obligés de faire des compromis, en laissant de côté les sujets à controverse pour gagner en audience pour l’Évangile – ou tout simplement pour survivre.

Ce problème ne date pas d’hier. Pourtant, dans le Nouveau Testament, les implanteurs d’Église appelaient leur auditoire non seulement à comprendre l’amour de Jésus, mais aussi à se repentir et à croire (Marc 1.15).

Quand Paul a annoncé aux Athéniens que « le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite point dans des temples faits de main d’homme » (Ac 17.24), il se tenait dans l’ombre du Parthénon – le temple consacré à Athéna, la déesse de la cité – tout en proclamant que celui-ci était vide de tout vrai Dieu.

Et bien entendu, notre Seigneur lui-même n’a ressenti aucune tension entre l’appel à se repentir du péché et l’appel à le suivre. Comme il l’a dit à ce jeune responsable: « Il te manque encore une chose: vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis, viens, et suis-moi » (Lu 18.22).

Lorsque nous sommes tentés de compromettre la vérité divine pour en faire un message acceptable, souvenons-nous que nous œuvrons d’abord pour le sourire d’une seule personne: Jésus. Proclamez sa Parole fidèlement, et laissez le maitre de la moisson décider qui devra s’en aller tout triste et qui sera sauvé.

Se reposer sur les moyens de Dieu

Même si nous rencontrons des difficultés dans l’implantation d’Église, nous pouvons avoir l’assurance qu’en nous tournant vers Dieu et vers sa Parole, nous trouverons à la fois les directions et le courage d’implanter des Églises par les moyens que Dieu a lui-même institués.

En effet, c’est par sa Parole seule que nous sommes « accomplis et propres à toute bonne œuvre » (2Ti 3.17) – et que nous pouvons vaincre les obstacles à l’implantation de nouvelles Églises.

Thomas D. Hawkes est le fondateur et pasteur d’une Église aux États-Unis, ainsi que le directeur d’un centre de recherche sur l’implantation d’Églises.

Merci à Cédric Jung pour la traduction de l’article.

Auteur invité

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