10 choses à savoir sur les théophanies

1. Le mot théophanie est une combinaison de deux mots grecs : Dieu et apparition.

Une théophanie est une apparition de Dieu. Plus précisément, c’est une démonstration de la présence et du caractère de Dieu, que les êtres humains peuvent observer. En voici quelques exemples : la spectaculaire manifestation sur le Mont Sinaï (Ex 19), le buisson ardent (Ex 3), les apparitions à Abraham (Gn 15.1, 17.1, 18.1), à Isaac (Gn 26.2), à Jacob (Gn 28.13), le nuage de feu dans le désert (Ex 14.19, 40.34, Nb 9.15-23), la vision accordée à Michée (1 R 22.19-22), à Ésaïe (És 6), à Ézéchiel (Éz 1), Jean qui voit Dieu sur son trône (Ap 4–5).

2. Les théophanies révèlent Dieu à partir d’intermédiaires terrestres.

Dieu se montre en utilisant des manifestations visuelles comme le feu, la nuée, ou parfois une forme humaine (Éz 1.26-27). Cela s’accompagne parfois d’éléments auditifs (tonnerre, voix, etc.) ou d’autres effets (Ex 19.18).

3. Dieu le Créateur ne se confond pas avec les intermédiaires terrestres qu’il utilise dans les théophanies. 

En même temps, il se montre dans ces éléments et il est présent dans et à travers eux. Puisque Dieu est distinct du monde, il n’est jamais capturé par le monde; on ne peut donc pas le voir sans intermédiaire. Mais en même temps, Dieu se fait réellement connaitre quand il apparait. Son apparence reflète qui il est.

4. Les théophanies dans l’Ancien Testament anticipent et annoncent la présence permanente de Dieu dans sa création, réalisée par l’incarnation du Fils.

 En s’incarnant, le Fils de Dieu adopte une nature humaine, tout en restant Dieu. Le Fils est l’apparition éternelle de Dieu parmi nous.

Comme Jésus a dit à Philippe :

« Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe! Celui qui m’a vu a vu le Père; comment dis-tu: “Montre-nous le Père?” »

Jn 14.9

L’incarnation est un événement unique dans toute l’histoire de l’humanité. Mais elle était déjà annoncée par les apparitions éphémères de Dieu. Toutes ces théophanies avant Jésus-Christ montraient, avant l’heure, quelque chose de ce que Dieu accomplirait plus tard, quand Christ viendrait en chair.

5. Il y a plusieurs sortes de théophanies.

Par exemple : un orage, un feu, un nuage, la gloire, une salle d’audience, un visage humain, un guerrier, un chariot. Chacune de ces choses souligne un aspect du caractère de Dieu et de son interaction avec nous. Chacune préfigure la venue du Christ. Chacune est reliée mystérieusement aux autres.

6. Dieu accomplit quelque chose au travers des théophanies. 

En règle général, les théophanies sont des événements qui servent à établir et entretenir la relation entre Dieu et le peuple

7. Au-delà des cas évidents de théophanies, on peut parler de théophanies plus discrètes. 

Au sens large, chaque rencontre entre Dieu et une personne a quelque chose à voir avec la théophanie. La présence de Dieu parmi nous est semblable à une théophanie. La révélation générale de Dieu à travers la création et la providence montre le caractère de Dieu (Rm 1.18-23); dans ce sens, elle ressemble à une théophanie (Ps 104.1-3).

8. Le principe d’une théophanie reflète la nature trinitaire de Dieu.

Dieu le Père se révèle au travers de la Parole dans la puissance et la gloire du Saint-Esprit.

9. La description la plus aboutie de la théophanie se trouve dans le livre de l’Apocalypse. 

L’apogée de la théophanie, c’est Dieu qui habite avec nous dans la nouvelle Jérusalem :

« Et j’entendis du trône une forte voix qui disait: Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux (…) Ils verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. »

Ap 21.3, 22.4

10. La théophanie, tout comme le sens plus général de la présence de Dieu, se trouvent dans toute la Bible. 

Ces thèmes trouvent leur plein accomplissement en Christ :

« Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit. »

2 Co 3.18

Merci à Cédric Jung pour la traduction de cet article.


Pour aller plus loin:

Vern Poythress

Vern S. Poythress (PhD, Harvard University; ThD, University of Stellenbosch), est professeur d'interprétation du Nouveau Testament au Westminster Theological Seminary à Philadelphia, Pennsylvania aux USA. Il y enseigne depuis presque ans. En plus d'avoir obtenu six diplômes universitaires, il est l'auteur de nombreux livres et articles sur l'interprétation biblique, le language et la science.

https://frame-poythress.org/

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