10 choses que les prédicateurs réguliers doivent savoir

À une époque qui dénigre souvent la prédication et où beaucoup d’Églises la sous-estiment, nous devons protéger nos cœurs en cultivant la bonne attitude à l’égard de la prédication.

1. La prédication est un merveilleux privilège

La prédication est une annonce de l’Évangile, de ce que l’apôtre Paul appelle « les richesses incompréhensibles de Christ » (Ep 3.8). C.H. Spurgeon a indiqué à propos de ce verset que « tous les serviteurs réellement envoyés par Dieu ont expérimenté la profonde joie d’annoncer l’Évangile de Jésus, et il est naturel que ce soit le cas, puisque leur message est un message de miséricorde et d’amour« .

2. La prédication exige de la loyauté, envers Dieu et envers son peuple

Le poète romain Ovide a déclaré que « chaque amoureux est un soldat« . L’amour s’engage, l’amour prend des risques et l’amour entraine des sacrifices. Ainsi, chaque prédicateur montre son amour envers Dieu et son peuple en affichant une loyauté courageuse et éprouvée. En tant que prédicateurs, nous nous battons devant les difficultés et les tentations. Nous défendons notre point de vue, faisant de la prédication la priorité de notre vie parce que le Seigneur est honoré à travers elle, parce qu’elle permet aux perdus d’être gagnés à Christ et aux chrétiens d’être édifiés. Le sol sacré de la chaire n’est pas un tremplin vers quelque chose de plus grand. Le ministère de ce dimanche auprès du peuple qui sera présent ce dimanche exige un prédicateur dont le cœur lui sera loyal, ainsi qu’au Seigneur, par-dessus toute autre considération.

3. La prédication est un appel environné d’échec

L’apôtre Paul a été incompris, moqué, insulté, battu et emprisonné à cause de son ministère. Parfois, ce sont ses meilleures prédications qui ont produit le moins d’effet. Paul a enduré une grande solitude et a été délaissé par certains de ses amis les plus dignes de confiance. Il connaissait le coût et la difficulté de la prédication. Son affirmation « Et qui est suffisant pour ces choses? » n’est pas une invitation au désespoir, mais un appel ferme à regarder la réalité sans se leurrer. Votre prédication va parfois échouer… et vous aussi. Pourtant, au milieu de tous vos triomphes et de vos tragédies, le Seigneur œuvre pour le bien des auditeurs tout comme des prédicateurs.

4. Les prédicateurs ont besoin d’encouragement, peut-être même plus qu’ils ne le pensent

Le découragement dans le ministère est un mal qui vous brûle à petit feu. « Prédication » rime avec « pression ». Certes, les auditeurs vous jettent rarement quelque chose à la figure. Certes, peu de prédicateurs reçoivent des mails vicieux ou des lettres hostiles (bien que certains ont effectivement subi de tels abus). Et pourtant, travailler sans relâche à la prédication met à rude épreuve même les prédicateurs les plus doués et ceux qui portent le plus de fruits.

Paul avait besoin d’amis et les valorisait beaucoup. Jésus a envoyé ses ouvriers par deux. L’Église locale a été conçue pour être dirigée par une pluralité d’anciens, pas par un seul homme écrasé par le poids du ministère. Les encouragements sont essentiels. Avant toute chose, le prédicateur a besoin du soutien actif et des encouragements de toute la famille qu’est l’Église; de ses prières, de ses manifestations d’amour et de son aide. Si une communauté prétend aimer la Parole de Dieu prêchée mais exprime peu d’amour envers ses prédicateurs, quelque chose ne va pas.

5. L’assemblée suit les meilleurs prédicateurs à leur domicile

Chaque vrai prédicateur vit pour servir les besoins de ceux à qui il prêche, les portant dans son cœur. La prédication n’est jamais un devoir pour se dispenser de l’Église; l’assemblée sera dans l’esprit et le cœur du prédicateur tout au long de la semaine. La prédication n’est pas un travail, mais un appel à aimer des personnes saison après saison, derrière la chaire mais aussi en dehors.

6. Il n’y a pas de mal à garder un peu d’anonymat

Vous pouvez être appelé à venir derrière la chaire mais vous n’êtes pas appelé à y façonner votre image. Chercher à augmenter votre réputation grâce à la prédication peut avoir un précédent biblique (Ph 1.17), mais celui-ci n’est pas noble. Si la prédication vous enthousiasme à cause de l’attention que vous pensez pouvoir gagner à travers elle, prenez garde à la désapprobation du Seigneur: Il ne partagera pas sa gloire avec vous (Esa 42.8).

En tant que prédicateurs, nous pouvons (devons?) plutôt viser l’anonymat. Cela importe-t-il que nous ne soyons pas connus à court terme… ou même à long terme? La gloire appartient à Jésus, et la seule gloire qu’Il veut nous transmettre est celle qu’Il partagera avec nous dans le monde à venir.

7. Personne dans l’Église, et peut-être même parmi les autres responsables, ne sait combien il est difficile de prêcher toutes les semaines

Les prédicateurs aiment prêcher. Ouvrir la Bible pour commencer à travailler sur un ou deux nouveaux passages chaque semaine est un frisson difficile à transmettre aux autres. Une fois de plus, se tenir devant une assemblée le dimanche et dire « Voici ce qu’affirme le Seigneur » est beaucoup plus difficile et épuisant que les prédicateurs veulent l’admettre (et il est difficile de le faire comprendre aux autres).

Je n’encourage pas ici à l’auto-apitoiement. Les prédicateurs sont des hommes privilégiés et la plupart d’entre nous aimons prêcher. Mais si vous sous-estimez ce que la prédication exige de vous, le désespoir va rapidement vous surprendre. Ne vous attendez pas à ce que les autres comprennent votre fardeau, ils ne le feront pas. Mais ne vous inquiétez pas; le Seigneur lui-même vous comprend.

8. Soyez assidus dans la prière

Les prédicateurs ont besoin de prier et besoin de la prière des autres. Ils sont dans la ligne de mire du diable, qui aime s’en prendre à eux avec la précision d’un sniper. Sans le bouclier de la foi et la prière continuelle par l’Esprit (Ep 6.16-18), lequel d’entre nous pourrait tenir?

De plus, qui peut s’attendre à porter du fruit derrière la chaire sans plaider pour que l’Esprit œuvre à travers la Parole prêchée? Dans l’un de ses ouvrages (voir la note n°1 en bas de l’article), Patrick Fairbairn écrit: « Il existe un lien étroit entre la mesure dans laquelle l’Esprit est donné et le degré de désir et de fidélité avec lequel il est recherché. » Notre génération le croit-elle? Nous humilions-nous nous-mêmes pour rechercher une plus grande puissance de la part de l’Esprit? Avec lui, tout devient possible.

9. Les prédicateurs font partie de la famille

Les prédicateurs ne sont pas des ouvriers salariés, payés pour dispenser la sagesse de Dieu puis partir. Les prédicateurs sont appelés à partager et se réjouir de la grâce avec ceux qu’ils servent. Ils n’ont pas moins besoin de grâce que quiconque d’autre dans l’Église, et souvent, ils en ont même bien plus besoin.

En tant que prédicateurs, le reconnaissons-nous en permanence? Nous avons besoin de la famille de l’Église. Nous avons besoin d’être invités dans les vies et dans les foyers des personnes que nous servons. Nous avons aussi besoin de leur ouvrir notre cœur et notre maison. Nous avons besoin de la communauté; de partager les rires, les pleurs, les repas et le besoin de soutien. Si nous ne parvenons pas à faire partie de la famille de l’Église, nous refuserons d’être honnêtes sur nos besoins en tant que personnes ordinaires. Pire encore, nous passons à côté des délices d’une véritable fraternité rafraîchissante pour l’âme. Le prédicateur a sa place en tant que membre à part entière de la famille qu’est son Église. Une place ni plus importante, ni différente que n’importe quelle autre.

10. Les prédicateurs aiment Jésus même quand ils se trompent

Nous aimons Jésus. Même quand nos sermons sont maladroits ou ennuyants, nous essayons par la grâce de partager notre amour pour le Seigneur à ceux à qui nous prêchons. Les prédicateurs enseignent le pardon, et ils doivent pouvoir s’attendre à être pardonnés pour leurs propres échecs. Le ministère est difficile, et nous allons parfois échouer.

Cependant, nous ne devons pas échouer dans notre appel à aimer Jésus. Il est la raison pour laquelle nous nous mettons à l’œuvre. Il est la perle de grand prix pour notre cœur. Alors que l’Esprit de Jésus travaille en nous, nous aspirons à Le connaître plus profondément et à proclamer tout ce qu’Il signifie pour nous avec une conviction renouvelée. L’amour pour Jésus (et un amour croissant pour les gens) doit être la marque de notre ministère. Si nos auditeurs arrivent à le discerner, ils découvriront le Christ dans notre prédication et leur joie (ainsi que la nôtre) se poursuivra tout au long des années.

(1) Patrick Fairbairn, Pastoral Theology: A Treatise on the Office and Duties of the Christian Pastor

Lewis Allen est pasteur dans une Église qu’il a implantée en Angleterre, après avoir été pasteur à Londres pendant 12 ans.

Merci à David Steinmetz pour la traduction de l’article.

Auteur invité

Nous publions régulièrement des nouveaux auteurs sur ToutPourSaGloire.com.

Articles pouvant vous intéresser

Formation gratuite:
Comment préparer ses prédications comme un chef?

Apprendre à enseigner de façon biblique, percutante et centrée sur l’Évangile.
JE M'INCRIS À CETTE FORMATION GRATUITE
close-link
Les cookies assurent le bon fonctionement de notre site internet. En utilisant ce dernier, vous acceptez l'utilisation des cookies. Lisez notre politique de confidentialité pour en savoir plus.
close-image