Votre théologie est-elle malade?

Le meilleur test pour connaître votre intégrité spirituelle

Nous n’expérimenterons pas la vraie vie, l’espoir et la joie sans une bonne théologie. Pourtant, à cause de nos cœurs fluctuants, nous aimons souvent ce que nous avons appris sur Dieu davantage que Dieu lui-même. Nous continuons souvent d’apprendre des choses sur Lui, mais sans Le rencontrer ou nous réjouir plus en Lui. Une déconnexion voit facilement le jour entre notre tête et notre cœur. Si elle n’est pas maîtrisée, elle peut grandir au fur et à mesure du développement de nos connaissances et de nos apprentissages.

Une connaissance accrue de Dieu – grâce à la théologie – peut remplir notre foi d’affection, de dévotion et d’émerveillement. Par conséquent, la théologie est précieuse. Mais lorsque l’orgueil, la cupidité et la peur s’emparent de la connaissance, cette même connaissance peut rendre aveugle, sombre et hautain (1Co 8.1). Au lieu de nous donner une définition plus claire de Jésus, notre connaissance de Lui, exercée avec le péché, nous donne envie de regarder autre chose. Nous changeons le canal de notre cœur. Quelque chose de plus centré sur nous, quelque chose qui nous fait nous aimer un peu plus nous-mêmes. La théologie peut donc aussi être dangereuse.

Chaque jour que nous vivons ici-bas devrait être consacré à nous permettre de mieux connaître notre Dieu grand, souverain et glorieux; autrement dit, à faire de la bonne théologie. Et tout ce que nous apprenons par ce biais devrait nous rendre un peu plus humble et amoureux de lui.

Le meilleur test

Si le fait d’en apprendre davantage sur Dieu nous conduit à moins prier, cela signifie que nous pouvons lire, apprendre et connaître, mais pas avec notre cœur. Une meilleure connaissance de Dieu (plus de prédications, plus de livres, plus de podcasts, plus de cours…) vous amène-t-elle à prier davantage?

Le test qui est probablement le plus sûr pour savoir si notre théologie est pleine ou vide consiste à savoir si elle produit une plus grande intimité avec Dieu dans la prière. Personne n’avait besoin de reprendre Jésus sur quoi que ce soit en ce qui concerne sa connaissance de Dieu, pourtant, sa connaissance n’a pas diminué son besoin ou son désir de prier. Marc écrit: « Vers le matin, pendant qu’il faisait encore très sombre, il se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert, où il pria » (Mr 1.35). Jésus a prié de plus en plus passionnément, pas de moins en moins avec désinvolture.

Dans son livre sur la prière, Tim Keller écrit:

« Le test infaillible de l’intégrité spirituelle, dit Jésus, est votre vie de prière privée. Beaucoup de personnes prieront face à des attentes culturelles ou sociales, ou peut-être par anxiété à cause de circonstances troublantes. Ceux qui ont cependant une relation véritablement vécue avec Dieu en tant que Père voudront prier intérieurement et même si rien à l’extérieur ne les presse de le faire » (traduction libre).

Plus nous connaissons et aimons ce Dieu, plus nous nous sevrons des choses de ce monde et centrons notre cœur, nos ambitions et nos aspirations sur Lui. Plus nous consacrons du temps et de l’énergie pour l’entendre et le voir, plus nous prions.

Est-ce que ce que vous savez de Dieu vous attire davantage vers Lui?

Les yeux de notre cœur

Si nous commençons à sentir une déconnexion entre notre tête et notre cœur – entre notre apprentissage et notre prière –, la solution n’est pas simplement de se remplir encore plus la tête. Lire davantage. Suivre plus de cours. Rechercher plus de définitions et d’explications. La connaissance de Dieu est importante, mais ce n’est pas la clé pour raviver notre cœur. C’est Dieu lui-même qui est la clé. La connaissance seule n’ouvre pas les yeux et les oreilles. Mais la connaissance de Dieu le peut.

L’apôtre Paul prie ainsi: « Je ne cesse de rendre grâces pour vous, faisant mention de vous dans mes prières, afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation, dans sa connaissance, et qu’il illumine les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu’il réserve aux saints » (Ep 1.16-18).

Paul ne dit pas de laisser de côté la révélation de Dieu, de négliger la théologie ou les apprentissages sur Dieu, ou d’ignorer les questions et les difficultés bibliques. Non. Il prie simplement que Dieu embrase toutes nos pensées pour que notre cœur brûle pour lui dans la connaissance de qui Il est.

Dieu ne veut pas que vous vous sentiez coupable d’avoir lu des livres, d’avoir suivi (ou donné) des cours ou d’avoir mémorisé la Bible. Mais Il n’est pas honoré par notre connaissance sur Lui, sauf si notre connaissance est remplie d’amour pour Lui. Paul écrit: « [Quand j’aurais] la science de tous les mystères et toute la connaissance, […] si je n’ai pas la charité, je ne suis rien » (1Co 13.2). Tous les mystères et toute la connaissance… et rien. Le but de notre théologie n’est donc pas la connaissance en soi, mais la connaissance de Dieu et notre amour pour lui.

Des cœurs plus larges, une joie plus profonde

Si nous prenons vraiment au sérieux la réalité et l’éternité, nous ne voulons pas lire la Bible pour dix nouvelles années pour finir par trouver Dieu de plus en plus ennuyant. Nous ne voulons pas simplement nous asseoir sur notre siège à l’église dimanche après dimanche, en souhaitant secrètement être ailleurs ou faire autre chose. Nous ne voulons pas nous tourner vers Dieu dans la prière et avoir l’impression d’accomplir un devoir plutôt que de passer du temps avec notre Père céleste qui nous aime. Nous ne voulons pas en apprendre davantage sur « la mission de l’Église dans le Nouveau Testament » tout en continuant d’ignorer l’âme perdue à côté de chez nous. Nous ne voulons pas comprendre un passage difficile de plus, ou être en mesure d’expliquer une autre doctrine ardue, tout en ayant un peu moins de crainte et d’émerveillement devant Dieu.

Nous voulons que notre théologie soit saine et vivante. Nous voulons que chaque chose que nous allons apprendre de Dieu cette semaine, et pour le reste de notre vie, élargisse un peu plus notre amour pour lui. Intensifie un peu plus notre joie en Jésus. Brise un peu plus notre cœur sur le péché. Et augmente un peu plus notre compassion envers les autres.

Les pharisiens (dans le Nouveau Testament et aujourd’hui dans nos Églises) savent quoi lire et quoi dire, mais la vérité est perdue pour eux – la bonne théologie est extraite de leur cœur. Ce que les pharisiens ne voient pas, c’est que les Écritures ont été données pour nous aider à aimer Jésus. Jésus leur a dit: « Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle: ce sont elles qui rendent témoignage de moi » (Jn 5.39). Nous devons regarder plus en profondeur – en nous-mêmes, dans la Bible et dans notre grand Dieu – ce que les pharisiens n’étaient prêts à faire. Si nous ne recherchons pas plus Jésus quand nous creusons la Bible ou étudions la théologie, nous sommes à côté de la plaque. Nous ne perdons pas juste notre temps, c’est bien pire que cela.

Apprenez pour aimer. Lisez pour Le connaître Lui. Étudiez pour vous réjouir en Lui. Mémorisez pour l’aimer Lui. Tout ce que vous faites, faites-le pour l’immense privilège de Le connaître Lui.

Marshall Segal est rédacteur en chef du site DesiringGod.org. Il est aussi auteur.

Article traduit avec autorisation. ©2018 Desiring God Foundation. Site web: desiringGod.org
Merci à David Steinmetz pour la traduction de l’article.

Auteur invité

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