Tuez votre évangélisation en répondant « non » à l’une de ces questions

« Évangélisation » est un mot qui fait peur à un grand nombre de chrétiens. Que ce soit parce que nous avons peur d’être rejetés, parce que nous nous sentons peu qualifiés ou parce que nous ne sommes pas à l’aise avec l’idée de proclamer une vérité dans une culture pluraliste, nous nous tenons souvent à l’écart de l’évangélisation. Nous nous réfugions alors dans la sphère du témoignage personnel ou nous évitons purement et simplement toute conversation d’ordre spirituel.

Notre pasteur, Mike Lee, a récemment prêché sur l’évangélisation, en proposant cinq questions auxquelles ceux qui cherchent à être fidèles au grand mandat missionnaire (Mt 28.19-20) étaient appelés à répondre. J’ai repris ici ces questions et en ai ajouté une sixième. Je vous les recommande, parce qu’elles enlèvent une à une les pensées défensives que nous avons érigées contre l’évangélisation et nous aident à voir ce qui a besoin d’être bien établi avant que nous puissions être des messagers confiants, joyeux et efficaces de la Bonne Nouvelle.

Répondez « non » à l’une de ces questions et votre passion pour l’évangélisation prendra un sérieux coup.

1. La question de la compassion: Nous sentons-nous concernés par le fait que les gens meurent sans avoir placé leur foi en Jésus-Christ?

Avant d’espérer être de bons messagers de la Bonne Nouvelle, nous devons être transformés par elle dans la compassion et l’amour pour les gens. Si nous croyons que sans Jésus ils sont réellement perdus – dans ce monde-ci et celui d’après – alors la compassion sera un moteur pour notre évangélisation.

À retenir: Nous témoignons parce que nous nous soucions des autres..

2. La question culturelle: Comprenons-nous pourquoi les gens rejettent l’Évangile?

Quelles sont les objections les plus utilisées par les gens pour refuser de croire en Jésus ? Quelles sont les tendances culturelles qui rendent difficile de croire, que ce soit intellectuellement (l’existence de Dieu, la réalité des miracles), moralement (l’objectif de Dieu concernant la sexualité) ou empiriquement (l’incapacité à accepter le pardon de Dieu)?

Il parait qu’on a un jour demandé à Francis Schaeffer comment il s’y prendrait pour partager en une heure l’Évangile à quelqu’un. Il répondit qu’il passerait 55 minutes à écouter et 5 minutes à parler, parce que c’est seulement par ce moyen qu’il serait en mesure de savoir comment présenter l’Évangile en surmontant les objections de son interlocuteur.

À retenir: Les bons missionnaires connaissent leur culture et écoutent les gens.

3. La question du contenu: Connaissons-nous la Bonne Nouvelle que nous partageons?

Je suis particulièrement soucieux d’aider les gens à savoir comment répondre à cette question. C’est pourquoi j’ai écrit les livres Counterfeit Gospel et Gospel-Centered Teaching. Nous ne pourrons pas être des messagers efficaces de la Bonne Nouvelle si nous ne sommes pas au clair sur ce qu’elle est vraiment. Les distorsions thérapeutiques et moralisantes de l’Évangile abondent dans notre culture inondée par un « déisme moraliste et thérapeutique« . Comment présentons-nous l’Évangile d’une manière fidèle à l’Écriture?

À retenir: Les évangélistes doivent connaître l’Évangile qu’ils proclament.

4. La question de la confiance: Croyons-nous que Dieu sauve vraiment les pécheurs?

La meilleure façon de combattre votre sentiment d’impuissance à évangéliser n’est pas d’améliorer votre confiance personnelle ou vos techniques de persuasion, mais de grandir dans la confiance en l’Évangile qui a le pouvoir de sauver ! Les personnes qui doutent de la réalité de la conversion ont peu de chance de partager l’Évangile. Les gens qui partagent leur foi croient que Dieu peut utiliser leur présentation bancale ou imparfaite de l’Évangile. Ceux qui voient Dieu changer des vies sont plus susceptibles d’être enthousiastes pour évangéliser. La puissance se trouve en l’Évangile, pas en nous.

À retenir: La confiance dans le pouvoir de la Bonne Nouvelle est ce qui nous motive à la partager.

5. La question de l’engagement: Croyons-nous que Dieu nous a donné la responsabilité d’évangéliser?

Croyez-vous que Dieu vous a personnellement donné cette responsabilité? Croyez-vous que la proclamation de sa Parole est le moyen par lequel il sauve les perdus?

Si au plus profond de vous-même vous êtes un « inclusiviste », qui croit que Dieu peut utiliser d’autres moyens pour sauver les gens, alors vous resterez silencieux concernant l’Évangile. Si, au plus profond de vous-même, vous êtes un « hyper-calviniste » qui croit que Dieu sauvera les gens peu importe que vous partagiez votre foi ou non, alors vous resterez silencieux concernant l’Évangile. La question ici nous parle d’engagement: croyez-vous que vous avez reçu cet énorme privilège et cette lourde responsabilité, et que le Saint-Esprit vous utilisera pour conduire les personnes à Dieu?

À retenir: Nous ne partagerons pas l’Évangile tant que nous ne comprendrons pas le privilège et la nécessité de l’évangélisation.

6. La question de l’appel: Êtes-vous prêt à demander à quelqu’un de se repentir et de croire, et d’en faire ensuite un disciple dans la foi?

Parfois, nous parlons de Jésus mais nous n’arrivons jamais au point d’inviter la personne à se repentir de ses péchés et de mettre sa foi en Christ. Nous passons du temps à semer mais sommes réticents à moissonner la récolte. Peut-être avons-nous peur que cette personne dise non, mais peut-être avons-nous aussi peur qu’elle dise oui! Si quelqu’un reçoit Christ, nous avons maintenant la responsabilité de l’amener dans la communauté des croyants par le baptême et de l’ »enseigner à obéir à tout ce que le Christ a prescrit ».

À retenir: Nous n’appellerons pas à la conversion tant que nous ne serons pas consacrés aux personnes que nous évangélisons.

Article traduit avec autorisation. Merci à Clément Tsyboula pour la traduction.

Trevin Wax

Editeur chez Lifeway. Il dirige le projet The Gospel Project, un matériel d'enseignement pour les églises. Trevin est marié et papa de trois enfants.

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