Tout est permis, vraiment?

"Tout est permis, mais tout n'est pas utile" dit Paul (1 Co 10.23). Comment cela se manifeste-t-il concrètement dans la vie chrétienne? Pouvons-nous dire tout ce que l'on pense? Pouvons-nous utiliser les réseaux sociaux comme bon nous semble? Ou parler de tout avec tout le monde? "Oui et non" répondrez-vous. Mais où placer le curseur, et sur quoi baser nos choix?

Dans ce billet, je vous propose 3 fondements que Paul nous enseigne pour vivre la permission divine à la gloire de Dieu. 

Aimes-tu vraiment Dieu?

Imaginez un enfant qui vient demander à un parent s’il peut avoir un bonbon. L’enfant se dit: « Comme je sais que mes parents m’aiment, ils devraient m’accorder cette permission. » Malheureusement, si les parents disent non, la frustration ne se fait pas attendre: « C’est pas juste! ». Nous fonctionnons exactement de la même manière avec Dieu. Nous pensons que son amour ne peut rien nous refuser de telle sorte que la frustration spirituelle est devenue un scandale.

Dieu a-t-il vraiment dit: « Vous ne mangerez aucun des fruits des arbres du jardin? » – Gn 3.1

Depuis le jardin d’Eden, nous remettons en question les interdictions de Dieu pour nous. Une raison évidente à cela: nous nous aimons plus que Dieu. Nous accordons bien plus de valeur à ce que nous voulons, à ce que nous espérons et possédons qu’à Dieu. Moi, encore moi, toujours moi.

Quand Paul dit « Tout est permis », il ne nous donne pas un chèque en blanc pour vivre selon notre bon plaisir. Il nous dit que seules les actions qui découlent de notre amour et de notre crainte révérencielle pour Dieu sont permises. C’est-à-dire que l’intention doit être centrée sur Dieu et pas sur nous. Il nous dit aussi que nous devons chercher sa faveur et non un vulgaire passe-droit. 

Quand nous aimons quelqu’un, nous apprenons à connaître ce qui lui plaît et ce qui ne lui plaît pas. Tout ce que Dieu aime est consigné dans la Bible. Si nous aimons Dieu plus que tout autre chose, nous passerons plus de temps à méditer sa Parole, à connaître ses affections et à soumettre notre volonté à la sienne. Nos désirs se porteront sur ce qu’il aime, veut et réjouit son cœur. La réponse à notre question: « est-ce permis? » coulera de source.

Ne considérons pas la Bible comme un manuel de bonne conduite en classant les versets dans la catégorie des choses possibles ou impossibles, mais voyons-là plutôt comme un guide qui nous aide à aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre pensée et de toute notre force (Mc 12.30). 

Imites-tu vraiment Christ?

À plusieurs reprises, Jésus a renoncé à faire ou dire des choses qu’il était en capacité de faire. Il aurait pu changer des pierres en pain (Mt 4.3) ou encore répondre à la provocation des passants et descendre de la croix (Mt 27.40). Christ n’a pas fait tout ce qui lui était permis, malgré le fait que son autorité était totale et sa toute-puissance indiscutable. Il a parfaitement accompli tout ce qui était nécessaire à sa mission sur terre. Il a parfaitement vécu le « tout m’est permis, mais tout n’est pas utile » dont Paul a parlé.

Concrètement, comment pouvons-nous imiter Christ? En nous attachant à notre appel de tout notre cœur. Au lieu de penser à la permission, pensons au devoir que nous avons à accomplir. Au lieu de penser aux privilèges, pensons aux responsabilités que nous devons remplir. Je crois que nous avons tous, en tant que chrétiens, un premier devoir universel. Annoncer une bonne nouvelle dans un monde ténébreux. Il nous incombe aussi plusieurs responsabilités en tant que membre d’une Église locale vis-à-vis de nos frères et sœurs. Nous avons aussi le devoir d’être sel et lumière dans le cadre familial, professionnel ou encore social.

Une vie utile n’a rien à voir avec une vie permissive. Une vie utile pour le royaume consiste à suivre Jésus et à travailler avec zèle pour la gloire de Dieu alors qu’une vie permissive cherche son propre intérêt et s’enfle d’orgueil.

Devenez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés; et marchez dans la charité, à l’exemple de Christ, qui nous a aimés, et qui s’est livré lui-même à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur. – Ép 5.1-2

Édifies-tu vraiment les autres?

Dans le chapitre 10 de la première épitre aux Corinthiens, nous voyons plusieurs exhortations à pratiquer le plus grand des commandements. Aimer Dieu et aimer son prochain en fuyant l’idolâtrie et en recherchant les intérêts des autres. Nous sommes loin des philosophies actuelles qui nous poussent au nombrilisme, invitent à s’aimer soi-même ou encore à booster sa confiance en soi.

Quand Paul dit: « Tout est permis, mais tout n’édifie pas », il invite ses lecteurs à prendre conscience que tout ce qu’il fait, et même des choses bibliquement légitimes ont un impact significatif sur les autres. Paul nous exhorte à agir d’une manière qui encourage nos frères et sœurs à progresser dans leur sainteté, à s’approcher de Christ et à glorifier Dieu.

Le principe général auquel l’apôtre nous amène ici est résumé dans l’épître aux Corinthiens:

Bref, quoi que ce soit que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. Mais que rien, dans votre comportement, ne soit une occasion de chute. – 1 Co 10.31-32

Concrètement, cela veut dire que tout ce que nous faisons, tout ce que nous postons sur les réseaux sociaux, tout ce que nous affirmons publiquement, toutes nos pratiques doivent servir une seule cause, la gloire de Dieu

Glorifier Dieu fait naître l’adoration et la reconnaissance au seul qui en est digne. Cela nous contraint aussi à courber nos têtes, et à ne pas attirer les regards sur nous. Ce qui compte, ce n’est pas nous, ni quoique ce soit que nous fassions, ce qui compte c’est d’aimer Dieu et de montrer Christ.

Quand Jean-Baptiste a été questionné sur son identité, il s’est définit comme une voix (Jn 1.23) qui annonce Christ, et sa conscience de la sainteté du Messie qu’il annonçait était telle qu’il se disait indigne de délier la courroie de ses souliers (Jn 1.27). Que cet exemple nous inspire dans toutes nos actions. Tout nous est permis oui, mais à condition que cela glorifie Dieu. 

Pour aller plus loin:

Aurélie Bricaud

Depuis plusieurs années, Aurélie est engagée dans un ministère auprès de la jeunesse. Après s’être formée à l’accompagnement spirituel, elle souhaite encourager les chrétiens à persévérer dans une vie de piété qui contient des trésors insoupçonnés. Elle est mariée à Sylvain, ils ont deux enfants, et ensemble ils dirigent Teen Ranch, un centre de vacances chrétien.
Depuis mai 2021, elle coanime le podcast Chrétienne, avec Angie Thornton.

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