Nous sommes tous des ambassadeurs de Christ

Qu'est-ce qui vous vient à l'esprit lorsque vous entendez le mot "ambassadeur"? Peut-être vous imaginez-vous un dignitaire respecté qui représente les intérêts de son pays à l'étranger. Lorsque j'étais enfant, mes parents avaient un certain nombre d'amis qui servaient dans le corps diplomatique, et j'étais attirée par l'idée de vivre à l'étranger comme une émissaire de ma patrie. Puis je suis venue à la foi en Christ à l'adolescence, et je suis tombée sur 2 Corinthiens 5.20:

Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous; nous vous en supplions au nom de Christ: Soyez réconciliés avec Dieu!

Notre nouvelle identité

Du jour au lendemain, c’était devenu mon verset de vie. Le plus beau, c’est que ce n’est pas une chose que nous devons attendre ni à laquelle nous devons aspirer. En tant que croyants, c’est cela notre identité: nous sommes tous des ambassadeurs de Christ! Mais pour saisir pleinement le poids de ce titre, nous devons le comprendre dans le contexte de 2 Corinthiens 5.17-21.*

Une nouvelle création

Au verset 17, Paul qualifie toute personne en Christ de « nouvelle création ». Cela comprend chaque croyant, et non pas seulement un groupe d’élite composé de pasteurs, d’anciens, de diacres/diaconesses, ou de missionnaires outre-mer. Il s’agit plutôt d’un titre qui convienne à chacun d’entre nous pour qui « les choses anciennes sont passées » et pour qui « toutes choses sont devenues nouvelles » (v. 17). Mais quelles sont ces choses anciennes? Notre culpabilité et notre condamnation, notre ancien mode de vie lorsque nous étions contrôlés par la chair. Et quelles sont ces choses nouvelles? Nos dispositions, nos priorités, notre vision du monde. Cela ne signifie pas que nous ne continuons pas à pécher, mais plutôt que nous ne prenons plus plaisir à notre péché de la même manière qu’auparavant. Lorsque nous trébuchons et tombons, nous trouvons notre joie en nous tournant vers notre Sauveur pour qu’il nous pardonne et nous restaure. 

Christ nous a réconciliés avec lui-même

Le verset 18a nomme ensuite la source de cette métamorphose: « Tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ… » Nous étions en inimitié avec Dieu à cause de notre péché. Par son œuvre de réconciliation, Christ a mis fin à cet éloignement. Nous verrons comment il l’a fait au verset 21. Ce qu’il est important de noter, c’est que cela a eu lieu à l’initiative de Dieu. Il est l’agent initiateur. Aucun acte de volonté humaine n’aurait pu y parvenir. 

Christ nous a donné le ministère de la réconciliation

Il ne s’est pas seulement contenté de nous réconcilier. Il nous a ensuite engagés comme ses artisans de paix. Il nous a « donné le ministère de la réconciliation » (v. 18b). Paul réaffirme cette notion dans le verset 19:

Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n’imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation.

Ayant assuré notre réconciliation, Christ fait de nous les messagers de la grande opération de réconciliation de Dieu. Cela nous amène au cœur de cette discussion au v. 21. À la lumière de notre transformation d’ennemis de Dieu en alliés, Paul fait cette déclaration: « Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ… » Ce n’est pas une invitation ou une suggestion. C’est une réalité. L’apôtre poursuit: « … comme si Dieu exhortait par nous ». 

Pourquoi nous?

Cette phrase soulève deux questions importantes: tout d’abord, pourquoi Dieu choisit-il de faire appel à nous? Il aurait pu choisir les anges pour être ses ambassadeurs. À un moment donné, Dieu a même donné à un âne une voix pour parler (Nombres 22.28), et à une autre occasion, Jésus a dit que si les enfants ne le louaient pas, les pierres mêmes crieraient (Luc 19.40). Néanmoins, dans son infinie sagesse, le Seigneur a désigné des hommes et des femmes rachetés pour témoigner aux nations de sa croix, de sa résurrection, de son ascension et de sa gloire à venir. 

Pourquoi devons-nous supplier?

La deuxième question qui se pose est la suivante: pourquoi devons-nous supplier, appeler, implorer? Si Dieu est souverain, les perdus ne parviendront-ils pas à la foi sans de tels efforts? La réponse se trouve dans l’état de nos cœurs. Les êtres humains sont par nature hostiles à Dieu, qu’ils en soient conscients ou non. Ils aiment leur péché et ne souhaitent pas l’abandonner. Notre proclamation de l’Évangile devrait donc exalter la beauté et la valeur suprême de Christ au-dessus des plaisirs bas et éphémères de ce monde. Il nous incombe donc de faire preuve d’exégèse à la fois de nos Bibles et de notre culture, afin de lancer l’appel le plus attrayant possible, tout en confiant nos efforts à notre Dieu souverain. Ce passage expose ainsi magnifiquement l’œuvre de collaboration qu’est la réconciliation: Dieu réconcilie en Christ, et au nom de Christ nous supplions.

Le grand échange

Paul conclut ce passage en v. 21 par l’un des versets les plus théologiquement riches du corpus paulinien: 

Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu.

Sur la croix, Jésus a porté dans son corps la sentence de mort que nos péchés méritaient. Le Père a traité son propre Fils comme s’il avait commis nos péchés, afin qu’il puisse à jamais nous considérer comme si nous avions vécu sa vie parfaite. En d’autres termes, nous portions autrefois des haillons putrides de péché et de honte. Et Jésus n’a pas seulement lavé la souillure du péché qui nous collait à la peau, il nous a aussi revêtus de la robe royale de sa justice. C’est ce grand échange que les théologiens appellent l’expiation par substitution pénale.

Jésus a du travail pour nous

En Christ, Dieu nous a réconciliés à un grand prix. Et il l’a fait pour que nous soyons ses ambassadeurs de la réconciliation. Jésus a du travail pour nous. Voyager à travers le monde en tant que diplomate étranger pour son pays d’origine peut sembler être un travail sympa. Mais représenter notre grand Seigneur et Sauveur ainsi que son royaume éternel dépasse de loin toute mission terrestre de ce type. Adoptons notre identité de nouvelles créatures et d’ambassadeurs de la réconciliation, pour le bien des perdus, la joie de nos âmes et la gloire de Dieu.


* Certains commentateurs pensent que dans le contexte de la défense de l’apostolat de Paul dans 2 Corinthiens, l’utilisation du titre d’ambassadeur lui est exclusive. D’autres chercheurs, en revanche, estiment que l’apôtre parle de chaque chrétien. Étant donné qu’il utilise le mot « nous » tout au long de ce passage, en se référant à tous les croyants en tant que « nouvelles créations » (v. 17) et pour qui Christ « est devenu péché » (v. 21), je crois qu’il est raisonnable et orthodoxe d’affirmer qu’il se réfère aussi à tous les croyants lorsqu’il utilise le terme « ambassadeurs ».


3 ressources pour aller plus loin


Angie Thornton

En équipe avec son mari Daniel, Angie a servi le Seigneur au Sénégal pendant 10 ans, dans la formation des leaders. Installés à Montréal avec leurs 2 filles depuis août 2017, ils servent à l'Église Baptiste Évangélique Emmanuel et dans l'AEBEQ. Angie est titulaire d'un MDiv de Moody Theological Seminary.
Depuis mai 2021, elle coanime le podcast Chrétienne, avec Aurélie Bricaud.
Découvre également sa chaîne YouTube par ici.

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