Les ténèbres du porno et l’espérance de l’Évangile

Le magazine TIME a publié l’une des plus tristes et des plus terrifiantes unes de couverture que j’aie jamais vues. Ce n’est pas terrifiant comme le carnage de la guerre. C’est terrifiant comme le carnage d’une culture qui est en train de se suicider à petit feu. Le reportage décrit une calamité civilisationnelle répandue à une échelle jamais vue jusqu’ici.

Voici le titre de l’article: « La pornographie, une menace pour la virilité », par Belinda Luscombe. Je ne mets pas le lien de l’article ici, tout simplement parce que la couverture du magazine et au moins l’une des photos dans l’article sont trop explicites pour être partagées. D’ailleurs, l’article lui-même est très explicite, et il ne conviendrait même pas qu’on le lise au travail. Cela étant dit, l’article se présente comme une analyse rationnelle et nonchalante de la manière dont les jeunes hommes utilisent aujourd’hui la pornographie, semblant ignorer qu’il est en train de décrire une crise civilisationnelle.

Au cœur de l’article, on trouve une affirmation selon laquelle il y aurait une violente réaction contre la pornographie du net parmi les jeunes hommes qui en ont été de gros consommateurs pendant leur adolescence et l’âge adulte. Luscombe écrit:

« Un nombre croissant de jeunes hommes est convaincu que leur désir sexuel a été saboté parce que leur cerveau a mariné dans la pornographie virtuelle durant leur adolescence. Leur génération a consommé des contenus sexuels explicites en quantité et variété comme jamais auparavant, grâce à des équipements électroniques rapides et discrets. Cela à un âge où leur cerveau était le plus malléable, plus ouvert au changement permanent qu’à n’importe quelle autre période de la vie. Ces jeunes hommes se sentent comme des rats de laboratoire piégés qui auraient été soumis à des expériences de conditionnement sexuel pendant toute une décennie. »

Le reste de l’article de Luscombe relate tout ce que ces jeunes hommes ont consommé pendant la dernière décennie et les conséquences que cela a eu dans leur relation d’adulte avec de vraies femmes. Beaucoup d’entre eux sont tout simplement incapables de ressentir un désir sexuel envers une « vraie » femme vivante. Seule la pornographie leur permet d’obtenir cette excitation. En fait, ils préfèrent la pornographie.

Mais c’est précisément là que le tableau devient vraiment sombre. La pornographie a été un élément omniprésent dans leur vie pendant une bonne décennie. À ce titre, il faut garder en tête deux dates. En 2007, plus de 50% des foyers américains sont équipés de l’internet haut débit. En 2013, plus de 50% de la population possède un smartphone. Cela signifie qu’à un moment autour de 2007, la majorité des Américains pouvaient accéder à un contenu pornographique, non plus seulement au travers d’images statiques, mais grâce à des vidéos gratuites, disponibles à tout moment et montrant des personnes prenant part à un acte sexuel. En 2013, la majorité des Américains pouvait accéder à des vidéos pornographiques en tout lieu et à tout moment grâce à leur smartphone.

La moyenne d’âge des jeunes qui sont exposés pour la première fois à la pornographie est de 11-13 ans. Cela signifie qu’un nombre incalculable d’adolescents ont eu accès à des vidéos pornographiques pendant une bonne partie de la dernière décennie. Pour beaucoup d’entre eux, tout ce qu’ils savent du sexe leur vient du porno. Leurs préférences sexuelles ont été façonnées par ce qu’ils y ont vu.

Qu’en est-il de ce contenu? Ce n’est pas un hasard si l’année dernière, le magazine Playboy a arrêté de publier des images de femmes nues. Il n’y a plus de marché pour cela. Et ce n’est pas simplement à cause des nouveaux moyens d’accès permis par internet. En fait, la raison principale vient du fait que les jeunes ne sont plus intéressés par de simples images de femmes nues. Leurs goûts sont bien plus sombres et pervers. Arrivée à ce point, ma conscience ne me permet plus de relayer certaines des informations données par Luscombe dans cet article. Il suffira de dire que les normes de Lévitique 18 sont totalement renversées par ceux qui sont imprégnés par la pornographie. Tout ce qui est interdit dans Lévitique 18 paraît possible et normal pour un grand nombre de jeunes hommes qui ont baigné dans le porno durant la dernière décennie.

L’un des aspects les plus frappants dans l’article de Luscombe, cependant, concerne l’absence totale de cadre moral. La grande question n’est pas de savoir si l’on devrait visionner du porno ou pas. C’est plutôt celle de savoir si l’utilisation de la pornographie relève ou non d’une « crise de santé publique ». En d’autres termes, le principal problème avec le porno n’est ni moral ni spirituel. Le souci vient plutôt du fait qu’il soustrait les hommes de la fornication avec un grand nombre de femmes. C’est la raison pour laquelle le titre de l’article est le suivant: « La pornographie, une menace pour la virilité ».

Cet article est encore une preuve de notre incapacité grandissante à considérer le sexe dans des termes moraux. Nous en sommes au point où la moralité sexuelle a été réduite au simple consentement mutuel. Notre société a embrassé une liberté sexuelle totale. Si quelqu’un propose une norme morale au-delà du consentement, il sera immédiatement traité de puritain et de réactionnaire répressif. C’est pourquoi l’article de Luscombe – même après en avoir détaillé les conséquences dévastatrices – se garde bien de condamner la pornographie en tant que problème moral. C’est bien là ce qui est si décevant dans cet article. Il fournit les preuves d’un réel problème dans notre culture, mais il n’a presque rien à proposer pour y remédier.

Je n’exagère pas lorsque je dis que la pornographie est une catastrophe civilisationnelle. La révolution sexuelle nous a promis plus de sexe et plus de plaisir. Elle a effectivement donné naissance à une génération d’hommes qui pensent que les femmes sont des objets dont on peut user et abuser pour son plaisir sexuel. Elle ne nous a pas donné des hommes qui savent ce que sont la vertu et l’honneur. La révolution sexuelle n’enseigne pas aux hommes à trouver leur joie dans un amour sacrificiel et à rester sexuellement fidèles à une femme pour toute la vie; elle enseigne au contraire aux jeunes hommes à utiliser les femmes pour le sexe et ensuite, à les jeter lorsqu’elles deviennent réticentes ou qu’elles ne les intéressent plus. Cela signifie qu’elle nous a donné une génération de jeunes hommes qui ne sont vraiment pas préparés pour le mariage et la paternité.

Le problème n’est pas tant que les jeunes hommes ne sont pas préparés pour le mariage. En fait, ils ne sont même pas préparés pour passer une soirée romantique. Nous avons semé le vent et avons récolté la tempête, en particulier pour nos filles qui ont toutes les peines du monde à trouver un homme qui n’ait pas été corrompu par la pornographie.

En tant que chrétien et pasteur, j’éprouve un fardeau pour cela. Je sais que l’utilisation de la pornographie représente le défi pastoral de notre génération. Cette désolation est partout autour de nous et parmi nous. C’est le tourment de bien trop de jeunes assis sur nos bancs. Je ne connais pas un autre problème qui ait autant contribué à subvertir l’identité masculine et le mariage que la pornographie. Elle est en train de nous tuer.

L’article du TIME se termine avec les mots poignants d’un adepte du porno depuis de longues années:

« Quand j’y pense, j’ai perdu des années de ma vie à chercher un ordinateur ou un téléphone portable qui puisse m’apporter quelque chose qui était incapable de me satisfaire. »

Il a raison sur ce point. La pornographie ne peut pas tenir ses promesses. Elle ressemble aux loukoums que la sorcière blanche utilise pour attirer Edmund, dans les Chroniques de Narnia de C.S. Lewis. C’est bon sur le moment, mais ça laisse le jeune homme vide et affamé. Ça n’apporte pas la joie, mais un mécontentement, un désir insatisfait, une faim qui ne peut jamais être assouvie. Si vous continuez à y retourner, elle vous tuera à la fin.

La seule façon de riposter aux ténèbres est d’utiliser la lumière de la vérité. Nous n’avons pas été faits pour du sexe illicite. Nous avons été créés pour Dieu. Ce que tant de personnes cherchent dans les plaisirs sexuels illicites ne peut jamais être trouvé. Peu importe jusqu’où vous vous enfoncez dans les abîmes du porno, vous ne trouverez pas le « truc » que vous cherchez. Vous deviendrez juste un pâle reflet de ce pour quoi Dieu vous a créés. En poursuivant les ténèbres, vous deviendrez ténèbres.

La seule voie pour en sortir, c’est de réaliser que Dieu nous a créés, ainsi que notre sexualité, pour un objectif. Dieu nous a faits pour lui-même, pour le connaître et pour être connus de lui. Il veut que nous passions la pornographie par le prisme de l’ordre moral qu’il a lui-même créé, à savoir la considérer comme un terrible mal qui ne peut être détruit que par la puissance de l’Évangile.

Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver des pécheurs – y compris les utilisateurs de porno. Il offre le pardon des péchés par sa mort sacrificielle sur la croix. Il offre la vie éternelle en vertu de sa propre résurrection d’entre les morts. Et il promet la victoire sur la pornographie grâce au Saint-Esprit qui demeure dans le cœur du croyant. Là où cette puissance prévaut, la pornographie doit s’enfuir. Voilà le renouveau moral et spirituel dont nous avons tant besoin. Et ma prière est que cela se réalise pour chaque personne en train de lire ces lignes.

Denny Burk est pasteur assistant et professeur d’études bibliques aux États-Unis.
Article traduit avec autorisation. Merci à Clément Tsyboula pour la traduction.

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