Sept raisons de lire des livres non-chrétiens (part. 2/3)

Soyons plus concrets ! On a donné un cadre général à l’intérêt de lire des livres non-chrétiens. Voici les quatre premiers points d’une liste de sept bienfaits de ces lectures, par Tony Reinke toujours. 

1. Décrire le monde, quelles lois le régissent, et comment le maîtriser

Il y a des penseurs non-chrétiens qui nous donnent un aperçu pertinent du fonctionnement de notre monde. Les chrétiens peuvent bénéficier de leurs recherches dans des domaines comme la science, la médecine, la chimie et les mathématiques. La capacité d’observer et de maîtriser la Terre est un don du Créateur à toute l’humanité (Gn 1. 26-31).

2. Mettre en évidence des expériences de la vie quotidienne

Spirituellement parlant, un incommensurable fossé sépare ce qui est racheté de ce qui ne l’est pas. Les chrétiens sont nés de nouveaux et Dieu en a fait les citoyens de son Royaume. Ceux qui ne sont pas rachetés demeurent sous le régime de la culpabilité pour leurs péchés et sous la colère de Dieu. La distinction est tout à fait claire.

Cependant, des similarités persistent. Tous les hommes partagent une commune expérience de la vie. Les croyants comme les sceptiques savent ce que c’est que de rire à une histoire drôle. Les deux connaissent la joie de tenir un nouveau-né dans les bras. Face aux vagues qui s’écrasent le long du littoral, les deux sont conduits à adopter un air méditatif. Nous sommes attristés par la mort de membres de notre famille ou de nos amis. Les amitiés rompues nous causent de la peine. Nos avons des passions qui nous motivent. Nous combattons côte à côté à la guerre. Nous sommes touchés par les mêmes maladies. Nous sommes soignés dans les mêmes hôpitaux. Dieu nous bénit tous avec la pluie et le soleil (Mt 5.45). Il donne de la même façon aux croyants et aux non-croyants la nourriture et la boisson pour réjouir le cœur et fortifier le corps (Ps 104.15 ; Ac 14.17). D’un point de vue moral, nous avons tous une conscience, et dans beaucoup de cas nous pouvons être d’accord sur ce qui est bien et ce qui est mal (Rm 2. 14-16).

Parce que cette expérience humaine les lie, les auteurs non-chrétiens ont le pouvoir d’entrer en contact avec les lecteurs chrétiens. A travers leurs écrits, ils nous transportent de la colère, aux larmes et aux rires. Sur ce plan humain, nous pouvons lire et apprécier la dimension humaine de la littérature non-chrétienne.

3. Dévoiler le cœur humain

La littérature non-chrétienne est souvent très franche au sujet du mal. Et, si cette littérature est réfléchie, elle peut nous donner une vision lucide de notre monde corrompu.

Cormac McCarthy en est un exemple. Avec The Road (2006), pour lequel il a obtenu le prix Pulitzer, McCarthy émet une hypothèse sur ce qu’il se passerait si les organisations humaines – sans parler de la majorité de la population – étaient dévastées et que chaque survivant était mu par son intérêt personnel. Le résultat est un enfer post-apocalyptique. Dans ce roman, j’ai pu voir une flamme d’espoir vacillante, mais pas de Sauveur. A travers le regard d’un auteur de fiction, j’ai eu clairement accès à la profondeur du péché dans le coeur humain.

Une littérature non-chrétienne de ce type profite à l’Eglise de deux façons. Premièrement, les livres qui mettent à nu des coeurs plein de péchés sont utiles pour la formation pastorale. Prenons l’exemple du conseiller en psychologie David  Powlison qui use du concept de « réalisme noir » dans ses séminaires. Les étudiants doivent lire des fictions non-chrétiennes comme Mort d’un commis voyageur de Arthur Miller, The Iceman Cometh de Eugene O’Neill, Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad, et La Peste de Albert Camus. Le cœur humain pécheur est compliqué mais des livres comme ceux-ci peuvent être bénéfiques aux pasteurs (et même à ceux qui ne le sont pas) quand ils étudient le cœur humain et se demandent comment prendre soin des autres (Jr 17.9).

Deuxièmement, les livres qui dévoilent avec honnêteté le péché peuvent secouer nos coeurs en faveur des perdus. Trop souvent, nous nous retrouvons protégés dans notre bulle chrétienne : ça rend difficile de se rappeler le désespoir que nous avons expérimenté en dehors de la vie en Christ.

4. Nous prodiguer sagesse et leçons de morale très utiles

Chaque civilisation attache une grande valeur à ses sages. Même l’Ecriture fait preuve d’un degré de respect à l’égard des hommes sages des cultures païennes. Les prophètes de l’Ancien Testament sont prompts à maudire prêtres païens et magiciens, en revanche, les sages païens à l’esprit affûté sont traités avec plus grand soin et respect. Vous devriez vous rappeler que « Moïse fut instruit dans toutes les sciences des Égyptiens et devint un homme influent par ses paroles et ses actes. » (Ac 7.22). Les écrits, la pensée, et les qualités de leader de Moïse se sont épanouis dans une culture polythéiste. Sa formation païenne lui a fourni une base instructive. De même, Daniel a été instruit dans la « littérature et la langue des Chaldéens », lui qui plus tard est devenu supérieur en sagesse à tous ses camarades de classe (Dn 1.4, 20). Il semble que dans les cas de Moïse et de Daniel, la sagesse païenne ait participé à leur développement personnel.

Toutefois, sans doute qu’aucun personnage de l’Ancien Testament n’a été plus familier avec une si large part de la sagesse du Proche-Orient que Salomon. Sa sagesse dépassait de loin celle des sages païens. Elle attirait jusqu’à son palais des foules de visiteurs et celui-ci était devenu un centre de la sagesse dans le Proche-Orient Ancien ( 1 R 4. 29-34).

L’histoire de l’Eglise est riche d’autres exemples d’ouverture d’esprit. En témoigne, par exemple, l’utilisation par Martin Luther des Fables d’Ésope, des histoires morales grecques écrites entre 620 et 560 avant J.-C. (pensez à la tortue et le lièvre).  Ces histoires sont encore populaires de nos jours. Luther attachait du prix à la sagesse développée dans les Fables d’Ésope et il avait projeté de toutes les traduire en allemand  après qu’il aurait fini la Bible. En réalité, bien qu’il n’ait traduit que quatorze des fables, Luther a dit que juste après la Bible il chérissait les fables pour leur valeur morale dans l’éducation les enfants.

Bien sûr que la sagesse d’Ésope, comme celle que nous pouvons trouver dans beaucoup de livres contemporains de non-chrétiens, ne va pas nous sauver. Ça ne peut pas nous ouvrir la voie à une vie spirituelle. Ce n’est pas l’Evangile.

Mais, ça ne nous donne pas non plus l’autorisation de boucher nos oreilles. Il y a une sagesse dispensée dans les livres non-chrétiens qui est compatible avec l’Ecriture et utile pour vivre sagement.

À travers l’histoire, les chrétiens ont apprécié des pages de la sagesse non-chrétienne. Cela non parce qu’ils avaient une haute idée de ce que pouvait produire l’esprit humain, mais parce qu’ils avaient une reconnaissance élevée de Dieu, le Donneur, qui est la source de toute bonté morale perçue dans la conscience d’un auteur païen (Rm 2. 14-16).¹

Rendez-vous la prochaine fois pour découvrir les trois derniers bienfaits.

¹ Adaptation en français d’extraits de Tony Reinke, Lit ! : a Christian guide to reading books, chapitre 5, « The Givers’s Voice, Seven Benefits of Reading non-christian books.

Pour aller plus loin :

Myriam J.

A fait une licence d'histoire à la Sorbonne. Elle était une contributrice régulière au blog durant plusieurs années.

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