Quelles missions pour la femme dans l’Église?

Les démographes font le pronostic que nous dépasserons bientôt les 8 milliards d’habitants sur la planète. Actuellement, 50,4% de la population mondiale sont des hommes et 49,6% sont des femmes. Parmi ces près de 4 milliards de femmes, combien fréquentent votre église? Trouvent-elles leur place dans la maison de Dieu? Dans une société où les mouvements féministes foisonnent et où nous nous éloignons constamment des repères bibliques, quelques rappels sur la mission de la femme dans l’église s’imposent.

1. La femme a été créée pour Dieu

A son époque, Paul Tournier disait que nous vivions dans un monde « des choses », au détriment de la personne[1]. Un monde fait par les hommes et pour les hommes. Un monde où le plus fort gagne, où le faire passe avant l’être. La tendance actuelle voit arriver une féminisation de la société. Les rapports de forces s’inversent de plus en plus, et l’avenir sociétal s’oriente drastiquement vers un monde à dominante féminine. Nous passons d’un extrême à un autre, et traitons comme ringards, ou désuètes, tous les repères que Dieu nous a donné pour nous aider à vivre ensemble.  Il n’en est pas ainsi, car l’homme et la femme ont été créés par Dieu et pour Dieu.

« Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme. »

Gn 1.27

Nous avons été créés homme et femme à l’image de Dieu, dans le but de refléter sa gloire. Ce but s’envisage obligatoirement en associant le féminin avec le masculin. Nous pouvons voir en chaque femme, une personne à part entière, créée pour Dieu, d’égale valeur à l’homme, et qui porte en elle un échantillon de Dieu. Néanmoins, elle ne se suffit pas à elle-même. Elle a besoin de l’homme, comme l’homme a besoin de la femme pour faire connaître Dieu et répandre la bonne nouvelle de l’Evangile autour d’elle. 

Ne nous conformons pas au monde présent, en voulant faire des églises hyper masculines, ou par riposte, des églises ultra féminines. Ne tombons pas dans les extrêmes où il est question de domination malsaine ou de l’ultra-libéralisme. Nous avons une double cause à défendre avec sagesse, équilibre, et bienveillance.

2. La femme est membre du royaume de Dieu

Notre société occidentale a vu naître une nouvelle génération de femme: carriéristes, cheffes d’entreprise, présidentes, pasteures, etc… 

Aujourd’hui, une femme bien vue est une femme libre de faire ce qui lui plaît. Cela lui procurerait bonheur, estime de soi, et épanouissement maximal. Mais, une femme chrétienne, née de nouveau, consciente de sa raison d’être, a une cause bien plus noble à défendre!

En tant que fille de roi, elle est à la fois héritière et ambassadrice d’un royaume éternel. Sa mission est donc de représenter, de porter, de démontrer les valeurs de ce royaume. C’est pour cela que la Parole de Dieu mentionne avec insistance que la femme doit veiller avec rigueur et sérieux sur sa tenue vestimentaire et sur ses paroles. Ce n’est pas à elle de choisir comment elle souhaite honorer Dieu, mais c’est le roi qui dicte les règles de conduite.

Nous pouvons nous savoir heureuse d’avoir un bon roi au-dessus de nous! Il est généreux et bienveillant car il nous donne des dons, et nous donne le cadre dans lequel l’exercer. Les femmes peuvent donc mettre leur don en application (enseignements, soins pastoraux, prière, discernement, foi, etc…) mais pas n’importe comment ni n’importe quand.

Pour honorer son Dieu, la femme devrait veiller à se vêtir avec décence, à servir avec fidélité, foi et droiture. Quoiqu’elle fasse, qu’elle vise ce que Dieu demande, et qu’elle l’accomplisse comme Dieu le demande. C’est difficile, mais par la grâce et le soutien indéfectible de Christ, nous progresserons.   

« Les femmes, de même, doivent être honnêtes, non médisantes, sobres, fidèles en toutes choses. »

1 Tm 3.11

3. La femme marche à la suite de Christ

David Powlison explique que dans nos relations, nous occupons des places particulières « soit celle de serviteur-leaders, ou celle de serviteurs-soumis »[2]. Qui que nous soyons, selon les situations, nous pouvons être à une place où à une autre, en étant avant tout des serviteurs en action pour la gloire du même maître.

Christ est venu nous montrer le Père, et nous montrer comment aimer, servir, honorer Dieu et comment marcher selon l’Esprit Saint, en luttant contre les œuvres de la chair. Si nous croyons que la Parole de Dieu est encore vraie et applicable pour nous aujourd’hui, nous voyons que des passages comme celui de 1 Timothée 2, distribue des rôles différents, d’importance égale, aux hommes comme aux femmes. On peut trouver injuste que la femme n’est pas la première place dans l’Église, comme on pourrait se demander pourquoi Dieu n’a pas d’abord créer la femme et ensuite l’homme n’est-ce pas? Mais Dieu est un Dieu d’ordre et il a donné des instructions claires, justement orchestrées et sages. 

Dieu attend que nous lui rendions un culte public qui répond à ses attentes, et pour cela, il a envoyé Christ pour nous montrer l’exemple parfait, pour être le chef de l’Église (Ép 5.23). Chaque célébration publique est le moment où l’homme est invité à remplir un mandat de serviteur-leader avec amour et où la femme endosse un rôle de serviteur-soumis avec respect. Ensemble, nous sommes un témoignage vivant de qui est Jésus et donc de qui est Dieu. 

4. La femme a une obligation d’instruction

Bien souvent, nous traitons 1 Tm 2.11 et 1 Co 14.35 comme des passages qui musellent les femmes. Pourtant, ces textes soulignent 2 vérités:

a. La femme ne doit pas endosser un rôle d’enseignante pendant le culte

Dit autrement, cela donnerait « Si une femme souhaite exprimer un désaccord, ou qu’elle a à cœur de partager un autre enseignement, même si tout ce qu’elle a à dire est pertinent, vrai, et édifiant, elle n’a pas à le faire pendant le culte« . Pourquoi? Parce que nous devons privilégier l’obéissance à la compétence. Cette réalité ressemble étrangement à:

L’Eternel Dieu donna cet ordre à l’homme: tu pourras manger de tous les arbres du jardin; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras.

Gn 2.16-17

Dieu cherche des cœurs soumis, obéissants, aimants et il a horreur des cœurs orgueilleux, querelleurs, et rebelles. 

Ce que Paul dit n’est ni plus ni moins un rappel que tout ce que nous faisons a une résonnance spirituelle dans le royaume de Dieu. Paul nous invite à viser l’essentiel: être revêtue de l’humilité du Christ, choisir l’obéissance au Père sans discuter. Eve aussi a été distraite, et a choisi de faire ce qui lui semblait bon au lieu de respecter la Parole de Dieu. Elle a regardé son intérêt au lieu de rechercher celui de son maître. Elle a accompli sa volonté, et a négligé les commandements de Dieu. Son péché a été de choisir l’indépendance au détriment de l’obéissance. Les conséquences ont été dramatiques.

b. La femme doit s’instruire paisiblement

Dans ces deux textes, Paul invite la femme à concentrer son énergie sur son instruction. Aujourd’hui, nous pourrions y voir un appel à se former, à questionner la Parole de Dieu avec sagesse et à choisir de bons instructeurs. Les 2 textes précités mentionnent que l’instruction doit être:

  • Paisible: elle doit être dépouillée de présomption, d’orgueil, d’autojustification. L’objectif n’est pas d’obtenir les arguments nécessaires pour prouver que nous avons raison, mais de laisser la Parole de Dieu pénétrer nos cœurs, et façonner nos vies.
  • Respectueuse: elle témoigne d’une soumission à la Parole de Dieu, et d’un respect des responsables de l’église, ou de son mari pour celles qui sont mariées à un homme de Dieu.
  • Obligatoire: elle n’est pas une option. Chaque femme aura des comptes à rendre sur sa propre vie. Ce n’est ni son pasteur, ni l’ancien de son église, ni son mari, ni son père qui devra répondre de ses actes. Ce sera elle et elle seule, devant le tribunal de Christ.
  • Motivée: elle vise l’objectif d’être un outil plus affuté, plus malléable dans les mains de Dieu. L’instruction sert à devenir une servante un peu plus fidèle, un peu plus obéissante, un peu plus aimante, un peu plus humble. Elle nous fait plier le genou devant un Dieu merveilleux.
  • Utile: elle sert à être partagée aux personnes que le Seigneur place sur notre route (amis, enfants, jeunes, etc…)

En résumé, la femme a donc une raison d’être (créée pour Dieu), une mission (défendre les valeurs du royaume), un moyen (suivre Christ), un devoir (se former). Nous savons que cette mission est difficile, qu’elle amène des oppositions et des discordes parfois violentes, mais nous sommes tous en chemin, et nous pouvons avoir l’assurance que par la foi, Dieu nous soutiendra et nous donnera tout ce dont nous avons besoin pour que sa gloire se manifeste dans nos vies et dans nos églises. 

Chères sœurs, ne vous laissez pas décourager par des esprits dominateurs, dénigrants ou violents. Vous êtes des filles de roi, et le Seigneur a choisi de vous utiliser pour que vous soyez une bénédiction pour votre génération et celle à venir. Servez le Seigneur avec joie, honorez-le avec fidélité, et revêtez-vous d’humilité en progressant dans votre attachement à la Parole de Dieu.


[1] La mission de la femme, Paul Tournier Editions Delachaux et Niestlé Neuchatel Paris p.18
[2] Vers une relation d’aide renouvelée, David Powlison Editions Impact p.94


Pour aller plus loin:

Aurélie Bricaud

Depuis plusieurs années, Aurélie est engagée dans un ministère auprès de la jeunesse. Après s’être formée à l’accompagnement spirituel, elle souhaite encourager les chrétiens à persévérer dans une vie de piété qui contient des trésors insoupçonnés. Elle est mariée à Sylvain, ils ont deux enfants, et ensemble ils dirigent Teen Ranch, un centre de vacances chrétien.
Depuis mai 2021, elle coanime le podcast Chrétienne, avec Angie Velasquez Thornton.

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