Quelle réaction biblique face aux gilets jaunes?

L’actualité est marquée par les gilets jaunes, un mouvement populaire de contestation de l’action du gouvernement.

Voici comment Wikipedia décrit l’émergence de ce mouvement:

Le mouvement des Gilets jaunes — du nom des gilets de haute visibilité de couleur jaune portés par les manifestants —, parfois désigné par le sigle GJ, est un mouvement de protestation, non structuré, apparu à la fin de l’année 2018 en France, dans la plupart des départements. Il s’est étendu, dans de moindres proportions, en Belgique et dans d’autres pays européens.

Au départ centrée sur la hausse des prix du carburant automobile (elle-même liée pour partie à l’augmentation de la taxe sur les produits pétroliers), la contestation s’élargit rapidement à d’autres revendications, portant sur le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires, notamment rurales et périurbaines, la démission ou encore la destitution du président de la République française, Emmanuel Macron.

source: Article Wikipedia

Petit à petit, ce mouvement a pris de l’ampleur et a rassemblé l’aval de plusieurs personnalités politiques, des râleurs et des casseurs.

Comment un chrétien évangélique, attaché à la Bible, doit-il réagir ? Comment se positionner ? Peut-il participer à un mouvement qui devient, parfois, violent ?

Il y a cinq textes fondamentaux à méditer lorsque l’on réfléchit à un engagement politique ou sociétal : Romains 13.1-7 (en notant aussi Rm 13.8-10) ; 1 Timothée 2.1-8 ; 1 Pierre 2.13-17 ; Actes 5.26-32 ; le sermon sur la montagne, en Matthieu 5 à 7, et plus particulièrement Mt 5.1-12 ; 7.12.

Ce vendredi, je dédie un podcast à cette question et je développerai davantage les points que j’énumère ici. Un chrétien devrait :

  1. accepter l’ordre politique établi comment venant du Seigneur (Rm 13.1s, 1 Pi 2.13s).
  2. respecter les dirigeants politiques qui le gouvernent (1 Pi 2.17).
  3. s’acquitter des taxes définies par son gouvernement (Rm 13.6s ; Lc 20.22-25).
  4. prier pour les autorités politiques dont il dépend afin que la liberté de conscience soit rendue possible ou soit préservée (1 Tm 2.2).
  5. refuser d’obéir à tout ordre contraire à sa conscience et accepter les conséquences de sa désobéissance (Ac 5.28-29).
  6. se caractériser par un esprit paisible, non colérique (1 Tm 2.8).
  7. focaliser son attention sur l’amour du prochain (Rm 13.8s).
  8. démontrer dans l’Église ce que serait une société basée sur des valeurs chrétiennes (1 Pi 2.11-12).
  9. ne pas être affilié à un parti au nom de son christianisme, tout en pouvant l’être à titre de citoyen (Mc 12.17)

Est-ce qu’il me manque des éléments de synthèse ? A vous de commenter – ce serait plus esthétique s’il y en avait 10 ! 

La synthèse que je vous livre ici me rend très frileux face aux gilets jaunes. Nous avons le privilège d’être en démocratie. Notre mécontentement peut s’exprimer dans les urnes et renverser un gouvernement qui n’aurait plus notre confiance – et ceci, à titre de citoyen français, en aucun cas en tant que chrétien évangélique. Notre mécontentement peut nous conduire à écrire à nos députés. Par ailleurs, la difficultés de certains de nos compatriotes peut nous motiver à être généreux et manifester de la compassion pour les plus fragilisés.

Mais notre mécontentement ne devrait jamais se manifester par des actes qui entravent la liberté de mouvement des autres, ou pire, par des démonstrations de violence qui détruisent des magasins et le gagne-pain de nos concitoyens.

J’ai été profondément attristé par la situation de cette femme, prise de panique alors qu’elle accompagnait sa fille chez le médecin. Elle a accéléré alors qu’une foule tabassait sa voiture, tuant une manifestante. C’est une tragédie qui touche la famille de la défunte. Mais c’est aussi inacceptable de terroriser une femme qui protège son enfant…

Pourrions-nous, nous les évangéliques, être connus pour encourager une démocratie paisible ? Ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée d’écrire un courrier apolitique aux forces de l’ordre et aux députés pour dire notre respect des lois, et notre reconnaissance pour une démocratie, certes imparfaite, mais qui permet de vivre la liberté de conscience.

J’ai le privilège de voyager chaque année dans une dizaine de pays où ni la police, ni le gouvernement ne sont dignes de confiance. De ces pays, le mouvement des Gilets Jaunes n’est guère compréhensible, nous qui avons une si grande liberté d’expression.

Bon, c’est un avis. A vous de commenter !

Pour réfléchir davantage, je vous propose de lire ce que Philippe Viguier et moi avons écrit sur les rapports entre le citoyen chrétien et l’Etat.

Florent Varak

Florent Varak est pasteur, auteur de plusieurs livres , conférencier, professeur d'homilétique à l'Institut biblique de Genève, enseignant à l'Ecole biblique de Lyon et nouveau directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass).

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