Est-ce que mes « bonnes habitudes » sont encore motivées par l’amour de Dieu?

Un vieil adage dit "C'est en forgeant que l'on devient forgeron".

Récemment, mon fils est revenu de l’école en me disant: « Maman, tu savais quand on pratique quelque chose régulièrement, ça devenait permanent »? Il m’a alors expliqué ce que son professeur lui avait dit: si vous apprenez à faire quelque chose de la mauvaise manière (et que vous continuez à le faire mal), vous obtiendrez de mauvaises habitudes ancrées, qui auront probablement de mauvaises conséquences.

J’ai retourné cette phrase quelques fois dans ma tête, et j’ai réalisé qu’elle s’appliquait à bien des domaines de la vie. J’ai décidé d’utiliser cette affirmation pour enseigner à mes enfants les mauvaises habitudes que nous pouvons prendre dans la vie spirituelle, dans nos pensées et dans nos relations.

Quelles sont nos habitudes à la maison?

Quel est notre but en enseignant à nos enfants les bons comportements et les bonnes habitudes? Je crains que souvent, nous visons uniquement le comportement extérieur. Notre éducation est centrée sur le quoi (ce qu’il faut faire), le quand (quand le faire), mais sans réelle connexion avec le pourquoi (pourquoi il faut le faire).

En fait, toutes les actions de nos enfants devraient découler d’un amour pour Dieu et pour les autres. (J’aime ma sœur, donc je la laisse choisir le film; j’aime Dieu, donc je range ma chambre avec reconnaissance pour tous les objets qu’il m’a accordés.)

Nous voulons enseigner à nos enfants à faire de bonnes choses, mais pour des raisons qui honorent Dieu. Ceci nous apprendra à voir les intentions qui se cachent derrière notre comportement, ainsi que l’attitude que nous adoptons pour réaliser nos tâches.

Qu’est-ce qui devient durable?

Mon souci est le suivant: les bonnes habitudes, les bons comportements — et même les disciplines spirituelles – peuvent devenir des sortes de rituels, qu’on accomplit uniquement par devoir. On oublie alors que ces bonnes habitudes devraient provenir d’une décision d’amour. La mise en garde est sérieuse: la vie et la foi peuvent devenir un devoir dénué d’amour. On voit seulement « la bonne chose à faire ».

Pensez à ces actions de la vie courante: faire le pain, se brosser les dents, donner à manger au chien, ranger la cuisine, trier des documents, travailler son violon, bien étudier pour l’école. On peut aussi parler de ces tâches religieuses: prier, fréquenter les réunions de l’Église, lire la Bible. Si nous faisons toutes ces choses uniquement parce que nous “devons” les faire, elles deviendront une simple routine obligatoire. Peut-être même qu’elles perdront complètement leur sens, étant déconnectées de toute relation d’amour personnelle avec Dieu.

Un exemple à propos de la prière: comment enseignez-vous vos enfants sur ce sujet? J’ai rencontré beaucoup d’enfants qui savaient que face à une difficulté il fallait prier. Mais en creusant un peu, je me rendais compte qu’ils n’avaient pas ou peu d’attente que cela change quelque chose au final. Pour eux, c’était une habitude artificielle, vide de toute relation; ils ne croyaient pas que Dieu était vraiment présent à l’autre bout.

Si nous n’y prenons pas garde, ces enfants grandiront avec l’idée que puisque la prière ne change pas toujours les circonstances, alors elle ne fonctionne pas du tout.

Nous devrions plutôt parler de la prière en termes relationnels. Puisque Dieu est notre Père et Jésus notre frère ainé, la prière en temps de crise est comme un appel à l’aide auprès de notre famille divine: nous lui demandons d’être avec nous et de nous fortifier. Ce genre de prière change vraiment quelque chose: cela construit notre relation avec Dieu et déborde même dans d’autres relations, dans d’autres situations.

Que devons-nous mettre en pratique?

Voici la solution: nous devons résolument enseigner à nos enfants (et nous le rappeler à nous-mêmes) que dans tout ce que nous faisons, nous devons décider de le fonder sur notre amour pour Dieu. Ceci concerne aussi bien les « grands » services que les petites tâches de tous les jours. C’est sur la base de cette conviction que nous choisissons de servir notre famille, de renoncer à nos désirs personnels par amour pour notre prochain, d’obéir au Seigneur.

En enseignant cette vérité —toute vie est vécue devant Dieu— nous imprimons dans l’esprit de nos enfants une autre façon de penser; une logique différente de la vie, qui leur sera d’un grand secours quand leur motivation humaine viendra à baisser.

Que Dieu nous aide à forger et vivre une relation heureuse avec lui; c’est mon espoir pour vous et vos enfants. Que cette relation bâtisse des convictions divines, des habitudes divines et nourrisse une vision divine de la vie. Voilà une excellente habitude qui devrait devenir durable dans nos foyers.


Merci à Cédric Jung pour la traduction de cet article.


Pour aller plus loin:

Julie Lowe

Julie Lowe est une conseillère chrétienne auprès des femmes, des enfants, des familles. Elle est régulièrement invitée pour parler des abus sexuels sur les enfants. Julie et son mari Greg ont six enfants et servent comme famille d’accueil.

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