Un pasteur vous répond

      Qu’est-ce qu’une vraie conversion? (Épisode 482)

      Doctrine du SalutFoi et repentanceVie chrétienneCombat contre le péché

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      Une internaute s’interroge sur l’authenticité de sa conversion. Élevée dans la foi chrétienne, elle a l’impression de s’être davantage appuyée sur son respect des Écritures que sur la foi, tout en considérant les autres comme de simples pécheurs à ne pas imiter. Ne serait-ce pas là l’attitude d’un pharisien? Le signe d’une mauvaise compréhension de la grâce, voire même la preuve d’une fausse conversion? Mais alors, qu’est-ce qu’une véritable conversion?

      Un pasteur vous répond: le podcast de Florent Varak qui t’aide à mieux comprendre la Bible, une question à la fois.

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      La question

      “Bonjour pasteur, voilà des années que j’écoute attentivement tes vidéos et tes podcasts, je te remercie, je rend gloire au Seigneur pour l'œuvre qu’il fait à travers toi pour tous les enseignements. Ma question concerne le sujet de la conversion mais pour ça je dois donner un peu de contexte. J’ai grandi dans une famille chrétienne, je me suis convertie à mes 16 ans et je me suis fait baptiser à mes 19 ans, maintenant j’ai 27 ans et j’ai réalisé très récemment que je n’ai pas cru de la bonne manière, je m’explique, je croyais que Dieu nous demandait de suivre une liste de choses à ne pas faire pour être sauvé. J’ai donc grandi en me mettant des règles strictes à suivre et finalement, maintenant que je me rend compte de ça, je me rend compte que jusqu’ici je ne vivais pas pour rendre gloire à Dieu dans ma vie, mais pour ma propre personne, de manière orgueilleuse pour être vu comme une bonne chrétienne. Je me suis aussi aperçu qu’avec les années en m’imposant cette liste de règles qui grandissait de plus en plus, je méprisait dans mon coeur toute les personnes non chrétiennes qui m’entouraient à cause de leur manière de vivre, et je me disais que moi je suis chrétienne, j’ai des lois et des principes qui feront que jamais je ne ferais de tels choses maintenant j’en ai terriblement honte et je me suis repenti de cela. Du coup mes questions concernant la conversion sont les suivantes: dans le cas où, comme le mien, on pense être converti puis on s’impose des lois à soi même en se basant sur des versets de la Bible, comme des pharisiens, on se fait baptiser puis des années après, on se rend compte du mensonge dans lequel on a vécu et on s’en repend, est-ce que la vrai conversion est la première où l’on vit ensuite comme un pharisien, ou la deuxième, où on abandonne nos lois à Dieu, et que l’on fait de lui seul notre sauveur et Seigneur. Finalement, qu’est-ce qu’une vraie conversion et comment vivre sans tomber dans le piège de la performance qui nous fait devenir des pharisiens. Je veux te remercier d’avoir lu ma demande, soyez tous abondamment bénis dans l’équipe de TPSG.”

      Je suis vraiment touché par la transparence de ta question. C'est tellement bien exprimé. Et effectivement, il y a une grande différence entre le moralisme et le christianisme. Avant de rentrer dans ta question, qui a beaucoup d'aspects et de tiroirs un peu sous-jacents, j'aimerais rappeler la plus belle histoire jamais racontée dans toute l'humanité.

      La plus belle histoire courte

      La plus belle histoire courte. Elle porte un très mauvais titre, mais elle est très connue et elle est souvent très mal comprise. On la trouve en Luc 15, et on la connaît sous le titre de la parabole du fils prodigue. C'est un mauvais titre parce qu'en réalité, cette histoire présente deux fils perdus, mais ils sont perdus de manière différente. Et en cela, cette histoire est super pertinente pour ta question. Je ne vais pas la lire, tu pourras la retrouver en Luc 15, mais je vais la raconter simplement en faisant quelques remarques. Il faut bien réaliser que c'est une histoire qui fait honte, tous les personnages font honte. Que ce soit le père, le premier fils, le second fils, nous sommes dans une culture d'honneur, aux codes de conduite hyper stricts et rien ne se passe comme il devrait se passer dans ce genre de monde et de civilisation.

      Jésus parle d'un homme qui a deux fils. Cet homme bien sûr, c'est le Seigneur. Le fils cadet lui demande sa part d'héritage avant la mort. C'est honteux, t'imagines demander à ton père: Donne-moi l'héritage qui me revient, mais avant que tu meurs. Le pire, c'est que, et le père fait honte en cela, il accepte. Et le pire encore, c'est que ce fils n'a aucune cervelle. Plutôt que d'investir cet argent en achetant un champ, un château, je ne sais pas, quelque chose pour le faire fructifier, il dépense en faisant des soirées, buvant, rendant visite aux prostituées qu'il doit payer pour cela. Et puis le jour vient où bien entendu, il n'y a plus d'argent. Il ne sait même pas comment manger parce qu'une famine a saisi le coin. Et finalement, il trouve un petit job à nourrir des porcs. Nourrir des porcs pour un juif, c'est vraiment le bas du bas. Et puis j'imagine que pour les auditeurs qui écoutaient la parabole que Jésus raconte, ils devaient se dire:

      “Enfin on commence à trouver une petite morale”

      . Le fils qui a tout gâché se retrouve dans la mouise.

      Mais voilà que ce fils réfléchit. Il revient vers son père en lui demandant pardon, en s'humiliant, en lui disant, je ne suis même pas digne d'être ton fils. Que fait le père? C'est encore la honte. Parce que déjà, il le voit venir, ça veut dire qu'il s'attendait à ce qu'il revienne, il le désirait. Quand il le voit, il court. Je ne sais pas si tu as déjà vu des hommes vieux au Moyen-Orient ou au Proche-Orient, mais je te garantis qu'ils ne courent pas. Et encore, s'ils couraient, ils avaient une djellaba en quelque sorte. Et donc, ils auraient dû remonter leur robe pour pouvoir courir, montrant leurs jambes. Ce n'est vraiment pas quelque chose de respectueux. C'est plutôt un spectacle, encore une fois, honteux. Et en plus de cela, plutôt que de le gronder, de l'ignorer, de le rejeter, il l'embrasse, il lui remet une bague de fils, il lui donne des sandales, le couvre d'une tunique. Bref, il le rétablit dans sa dignité de fils et il fait la fête. Toute la parabole est sous cette idée que Dieu fait la fête lorsqu'un pécheur se repent.

      On arrive au second fils qui est souvent mal compris parce que parfois on entend des réflexions du style le premier fils c'est le non-chrétien, le deuxième fils c'est le chrétien, mais pas du tout. Ce second fils, on va le voir, en réalité il est en dehors de la maison, il est en colère. Le verset 28 dit qu'il ne veut pas rentrer dans la maison et ça c'est un détail important. Il est en dehors de la maison, il ne connaît pas le père et voilà comment il se décrit:

      “Il y a tant d'années que je te sers, jamais je n'ai désobéi à tes ordres*.”

      • Luc 15.29.

      Vraiment? Un homme ou une femme peut-il ou peut-elle jamais dire:

      “Je n'ai jamais désobéi aux ordres de Dieu?”

      Un peu orgueilleux le fils aîné. Et quelque part je te retrouve dans cette description que tu fais avec tellement d'honnêteté, je suis très impressionné.

      Donc nous avons ici deux hommes: un homme terriblement pécheur, coupable d'immoralité, de vol, d'irrespect à l'égard de son père et de Dieu. Et puis un second, terriblement moral mais imbu de lui-même. Il est comme le premier fils, en dehors de la maison, en dehors de la fête, et quelque part avec ces deux hommes vous avez toute l'humanité représentée du pire pêcheur, au pécheur acceptable. Mais voilà la clé: tous deux sont à l'extérieur de la maison, tous deux sont pêcheurs! L'un par choix du rejet de Dieu, l'autre par la croyance erronée que s'il se comporte bien, il sera approuvé du père. Il se rapproche du père. J'ai dit que c'était un homme avec deux fils. Tu comprends bien évidemment que cette histoire pourrait concerner un homme et ses deux filles. Dans le sens où c'est l'humanité toute entière qui est représentée. Et quelque part j'imagine que nous sommes tous entre ces deux extrêmes. Le pécheur aux mains sales ou bien le pécheur en col noir avec une belle cravate, des apparences nickel, socialement bien intégré, bonnes études, bon mariage, bonne famille, bien sous tout rapport, BCBG, magnifique. Mais nous sommes tous entre ces deux extrêmes à l'extérieur de la maison du Père. Nous ne connaissons pas le Père dans ce qu'il est dans son cœur. Un cœur plein de compassion, de tendresse, de bienveillance. Un cœur qui veut accueillir les pécheurs.

      Ephésiens 2 nous dit que nous sommes des enfants de colère. Romains 3 que nous sommes privés de la gloire de Dieu. Privés de la maison, privés de la joie, privés de la fête qui se fait autour de Dieu, à cause de notre péché, qu'il soit immense, qu'il soit petit et innocent aux yeux de la société.

      Ce qui est désolant c'est le verset 28:

      “Son père sortit pour l'inviter à rentrer et à participer à la fête.”

      On sait que le premier a consenti d'être élevé au rang de fils à nouveau malgré son indignité. Et on voit que le second pensait trop hautement de lui-même pour se mêler à cet homme, son frère, qui était tellement indigne du père. Il ne connaît pas le père. Il ne connaît pas la tendresse du père.

      Ce qui est touchant dans cette histoire c'est qu'elle est inachevée. On ne sait pas ce que le fils, le second fils ici dans l'histoire, va prendre comme décision. Certains ont conjecturé qu'il représentait bien sûr les deux populations, ces deux enfants que l'on trouve en Luc 15.1-2. Les gens de mauvaise vie d'un côté, les pharisiens et les enseignants de la loi de l'autre. Et bien sûr, eux vont prendre une décision assez radicale dans quelques chapitres de l'évangile de Luc. Ils vont dire qu'il faut crucifier cet homme qu'ils estiment indigne de leur foi.

      En tout cas, tout le chapitre est centré sur cette idée. Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent. Qu'on soit un pécheur de la pire espèce ou que l'on soit quelqu'un de socialement respectable. Pour tous les deux il doit y avoir un stop, une conversion, une adoption du père.

      La conversion, qu’est-ce que c’est?

      Maintenant quels sont les mots qui expliquent ce qu'est une conversion et cela permettra de rentrer un peu plus dans ta question.

      Dans l'évangile de Matthieu au chapitre 18, voilà ce que dit Jésus, dans le quatrième des cinq discours que nous retrouvons dans l'évangile de Matthieu. Un discours qui est centré sur la vie communautaire, la vie de l'église que Jésus va bâtir. C'est là où on trouvera pour la deuxième fois le mot Église.

      À ce moment les disciples s'approchèrent de Jésus et dirent: Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux?

      Alors Jésus appela un petit enfant, le plaça au milieu d'eux et dit: en vérité je vous le dis, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux.” - Matthieu 18.1-3.

      On voit bien ici que la conversion est une nécessité, ce n'est pas un baptême en tant qu'enfant qui fait de toi un chrétien, ce n'est pas un baptême, une décision prise à un moment donné parce que tu vis et que tu le mérites qui fait de toi un chrétien. Non, ce n'est pas non plus une bonne éducation qui nous fait rentrer dans le royaume des cieux. Typiquement un enfant ne peut rien obtenir par lui-même, il est entièrement dépendant des adultes qui l'entourent, Jésus prend un enfant, le place au milieu de ses disciples et il dit: voilà le modèle, l'exemple, ce n'est qu'en se convertissant que l'on rentre dans le royaume de Dieu.

      Et Jésus utilise le verbe ‘strepho’ en grec qui signifie tourner, retourner, faire demi-tour, revenir. Plusieurs mots d'ailleurs désignent ce mouvement, on a également le mot repentance ou le verbe se repentir qui désigne un changement radical, un changement complet et profond de la mentalité qui engendre un comportement différent. Ce n'est pas évident de le dire en un seul mot mais on se rend compte qu'il y a la notion de demi-tour, déjà mental, et de cœur, qui engendre forcément un demi-tour de comportement.

      L'apôtre Pierre va utiliser ces deux verbes en appelant son auditoire à venir à Christ. Nous sommes en Actes 3.19, au tout début de la vie de l'Église, il invite ceux qui voient les miracles qu'il réalise, ceux qui voient la transformation extraordinaire qui a lieu grâce à l'Évangile, il leur dit:

      “Écoute bien, repentez-vous donc et convertissez-vous pour que vos péchés soient effacés.”

      • Actes 3.19.

      Donc la repentance et la conversion sont des expressions synonymes qui évoquent cette transformation radicale que Dieu veut réaliser. C'est le point de départ fondamental de la vie chrétienne. Et quelque part, quel que soit le point de départ, que ce soit une belle vie ou une vie moche, que ce soit en qualité de petit ou de grand pécheur, le passage obligé c'est la conversion ou la repentance.

      C'est d'ailleurs dommage qu'on ne prêche plus de façon si claire cette notion de conversion, de demi-tour, cette notion de repentance, de transformation radicale de la pensée sur la gravité de notre péché, de notre offense vis-à-vis d'un Dieu saint et aussi sur la foi, la confiance que Christ a porté ce qui est l'obstacle à notre communion à Dieu.

      L’oeuvre du Saint Esprit

      C'est vrai que les leviers de la conversion sont différents et tu vois, pour toi, le levier est différent que pour disons un ‘grand pécheur’. Quand je parle de levier, je parle de ce que le Saint-Esprit veut réaliser en nous alors que la foi naît en nous et nous fait réaliser plusieurs choses:

      • Elle nous fait réaliser que notre vie est brisée à cause de notre péché.
      • Elle nous fait réaliser que Jésus est celui qui nous aime, qui nous répare et qu'il a payé par son sacrifice.
      • Et que soudainement nous avons confiance en lui, nous avons foi en lui, nous savons que c'est par sa grâce seule, sans aucun mérite que nous pouvons être accueillis.

      Ça, c'est ce que le Saint-Esprit veut réaliser en nous et pour cela le Saint-Esprit nous accuse ou accuse notre conscience de péché parce que nous ne croyons pas en lui. Il ne nous accuse pas d'avoir commis des péchés mais de ne pas avoir confiance en lui. Et quelque part ce que tu évoques dans ton chemin est exactement ce que le Saint-Esprit veut réaliser dans une vie. Tu avais, avant, confiance en toi et à un moment donné tu as réalisé: Mais je ne peux pas avoir confiance en moi, c'est nul! Soudainement tu as déplacé ta confiance pour avoir confiance en Christ et en Christ seul. C'est précisément cela l'œuvre de conviction du Saint-Esprit qui mène à la conversion. Donc alors je ne connais pas ton cœur, Dieu seul le connaît, quelque part c'est moins important de savoir quand la conversion a eu lieu, que de réaliser qu'on a à un moment donné exprimé cette conversion.

      Alors je parlais des leviers de la conversion, ils sont multiples. D'un point de vue psychologique, Keller et Carson ont identifié plusieurs facteurs dans les Évangiles qui précèdent la conversion:

      • La peur du jugement et de la mort.

        Un des anciens de notre église, c'est clairement cela qui l'a conduit à Christ.

      • Le désir de se libérer de la culpabilité et de la honte qu'ils ont accumulées par une vie profondément immorale.

      • Une appréciation, un attrait de la vérité.

        Quelque chose les pousse vers le Dieu vrai, la beauté pure.

      • Une soif pour des désirs existentiels insatisfaits.

        C'est un peu ceux qui réalisent que ‘vanité des vanités, tout est vanité’, que tout leur file entre les doigts, et ils cherchent quelque chose de beaucoup plus profond, de beaucoup plus constant, de l'eau qui les rassasie, et ils viennent à Christ.

      • Résoudre un problème.

        Ils se sentent empêtrés dans un conflit dont ils n'ont pas la solution, que ce soit un conflit conjugal ou autre. Ils sont dépassés par un problème, ils ont besoin de la puissance de Dieu dans leur vie, et c'est cela qui les conduit à la foi.

      • Être aimé.

        Un monde qui prêche l'amour si souvent, mais où l'amour est tellement absent. La vérité, c'est que les gens sont tellement seuls, et soudainement, la réalité de l'amour de Dieu, ‘Dieu qui a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle, et qu'il ne périsse pas, mais qu'il ait la vie éternelle’. Ce désir d'être aimé trouve un accomplissement magnifique en la personne de Christ.

      On voit que chacun est attiré à Christ différemment. Mais à un moment donné, quel que soit les chemins qui mènent à cela, la personne va verbaliser sa confiance et dire:

      “Je crois que tu es mort pour moi, pour mes péchés. Je reconnais mes fautes pour lesquelles je te demande pardon, et auxquelles, par ton esprit saint en moi, je renonce et veux vivre différemment.”

      Et ce qui est extraordinaire, c'est la richesse du vocabulaire qui décrit ce qu'est la conversion et son impact. On parle de

      • Justification, où Dieu nous déclare juste, nous qui étions coupables.
      • Rédemption, nous étions esclaves et maintenant nous sommes libres, libres du péché.
      • Réconciliation, nous étions ennemis de Dieu et nous le savions, et soudainement nous sommes amis de Dieu.
      • Pardon, nous étions endettés et maintenant nous sommes riches. Dieu a payé la dette insolvable qui était la nôtre.
      • Adoption, nous étions étrangers et Dieu a fait de nous des héritiers, co-héritiers de Christ.

      Tout ceci sont des éléments qui pèsent sur le facteur de conversion. En réalité, nous sommes au bénéfice d'un sauvetage extraordinaire que le Seigneur donne. Il le donne et ne le vend pas, dans le sens où il l'a payé à la croix. L'échange qui se fait c'est: je lui donne ma crasse, mon péché, et lui me donne sa justice. Extraordinaire. Aucun phénomène au monde, aucune transaction au monde ne permet de le comprendre et de l'illustrer. C'est vraiment ça, la Grâce de Dieu.

      Instantanée et progressive

      La conversion est à la fois instantanée et progressive, ça semble contradictoire, mais je vais m'expliquer avec quelques exemples.

      Ma conversion date du 12 juillet 1984, 23h. C'était instantané. Ce jour-là, Dieu m'a déclaré juste, ma vie a changé. J'ai lu le Nouveau Testament en une semaine, j'avais envie de prier, ce que je n'avais jamais fait puisque je n'étais pas élevé dans le christianisme ni dans une religion particulière. J'avais envie de parler de Jésus. Je le faisais mal, mais avec passion. J'étais un peu dégoûté de certaines choses que je faisais avant et je voulais changer. Et tout ceci, c'est ce qui se passe dans une conversion. Le contraste pour moi était saisissant.

      Et il y a beaucoup de conversions radicales. Bien sûr, souvent on les met en avant dans les milieux évangéliques. C'est un peu dommage d'ailleurs, je reviendrai là-dessus dans un instant.

      Le week-end dernier, j'étais à une réunion de Juifs pour Jésus Europe et son directeur, Aaron Abramson, évoquait une interview récente réalisée pour le compte de Christianity Today, c'est un magazine chrétien mondial en anglais. Ils ont envoyé un photographe pour l'article qu'ils voulaient produire. La photographe qui est arrivée était une jeune femme toute tatouée avec des trous de piercing partout, mais sans les piercings. Alors, un peu intrigué par le personnage, il lui demande son histoire. Elle raconte qu'elle était photographe de la scène artistique britannique et notamment de la scène musicale britannique. Elle était non binaire, rasée, tatouée. Et puis, c'est elle qui le dit ainsi: Jésus a dit, toi tu es à moi! Aujourd'hui, elle lit du C.S. Lewis et parle philosophie et christianisme. Et elle dit qu'il y a des dizaines de jeunes maintenant qui étaient totalement étrangers à la fois, qui viennent à Christ. Je crois que le mensonge que ‘la liberté libère’, que l’on peut faire n'importe quoi et être heureux, ça commence à rattraper tout le monde. Et on se dit que finalement vomir son vin le lendemain, ce n'est pas forcément la meilleure manière de passer ses soirées. Il y a tout un réveil de réflexion sur ce qu'est la vie, la vraie.

      Autre exemple, très différent. Lori et moi, nous avons trois enfants qui ont baigné dans la foi chrétienne. Ma fille Mélissa était à peine sortie de l'hôpital qu'elle était à l'église avec son frère d'un an et demi. Tous les trois ont grandi dans l'église. Ils ont participé à plein de camps, les activités de jeunesse. Et leur conversion a eu bien des étapes à leurs yeux. Souvent, ils ont craint de ne pas s'être convertis correctement. Je pense que tu peux t'identifier avec cette remarque. Ils ont pris des décisions quasiment dans tous les camps de ski et les colonies d'été. Et c'était toujours une source d'anxiété, ou pas d'ailleurs, avec cette idée: ‘Mais est-ce que vraiment je suis chrétien? J'aimerais bien avoir une histoire.’

      Mais à un moment donné, ce qui s'est passé, c'est qu'ils avaient une conscience sereine: ils étaient pécheurs, les événements de la vie leur avaient donné cette conscience, mais finalement, ils avaient confiance en Jésus. Jésus avait porté leur péché à la croix et ils avaient confiance en lui seul. À leurs yeux, leur conversion était progressive, il y a eu bien des étapes, comme d'ailleurs il y en a eu avant que je vienne à la foi, ou que je manifeste cette conversion en juillet 1984. Mais aux yeux de Dieu, il y a eu un instant, un instant T que lui seul connaît, où ils sont devenus des enfants de Dieu.

      D'ailleurs, je voudrais faire une petite remarque. De ma perspective, c'est un plus grand miracle quand un jeune issu de famille chrétienne se convertit. Pourquoi? Parce qu'il a grandi dans une famille chrétienne imparfaite. Hélas. Il a fréquenté une église imparfaite. Aucune n'est parfaite. Mais il ou elle a fait le choix de croire en celui qui est parfait. Et en cela, c'est quelque chose d'extraordinaire et de magnifique. Il a regardé au-delà des hommes pour voir Christ.

      J'espère que maintenant tu peux voir quand vraiment a eu lieu ta conversion et que ça t'éclaire. On remarque à différentes reprises que l'écriture nous confronte à des gens bien. C'est le cas de l'apôtre Paul lorsqu'il arrive à Éphèse en Actes 19, où il rencontre des disciples. Il y a quelque chose qui ne devait pas marcher, dans la conversation qu'il a avec eux parce qu'il leur pose la question:

      “Avez-vous reçu l'esprit quand vous avez cru? Et ses disciples lui répondent, nous n'avons même pas entendu dire qu'il y a un Esprit Saint. Il dit, mais quel baptême avez-vous donc reçu? Ils répondirent, le baptême de Jean. Alors, Paul dit, Jean a baptisé du baptême de repentance. Il disait au peuple de croire en celui qui venait après lui, c'est-à-dire en Jésus. Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus. Paul leur imposa les mains et le Saint-Esprit vint sur eux. Ils se mirent à parler en langue et à prophétiser. Tous ces hommes étaient au nombre de douze environ.”

      • Actes 19.2 - 6.

      Ces gens-là n'étaient pas des chrétiens, ça se voit très clairement par le fait qu'ils étaient disciples de Jean-Baptiste. Et donc, ils ne savaient même pas qu'il y avait un Saint-Esprit. Et pour Paul, l'indice d'une conversion authentique, c'est la présence du Saint-Esprit. Quelque part, c'est un peu comme la question que pose Jésus à Nicodème. On voit dans cette discussion que sans nouvelle naissance, sans naissance venant de l'Esprit-Saint, sans naissance d'en haut, il n'y a pas de conversion et il n'y a pas de christianisme.

      Nous avons là des disciples de Jean-Baptiste, des hommes rigoristes et sérieux, mais qui ne connaissaient pas Dieu. La question devient très pertinente. Avez-vous reçu le Saint-Esprit quand vous avez cru? Car finalement, c'est cela la conversion. C'est le Saint-Esprit qui fait naître de nouveau:

      • Romains 8.9 nous dit que celui qui n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas.
      • 1 Corinthiens 12.13 nous dit que le baptême de l'Esprit, c'est le privilège de tous ceux qui ont rejoint le corps de Christ, c'est-à-dire qui sont des disciples de Christ.

      Alors, à quoi on reconnaît la présence du Saint-Esprit?

      Déjà par une réorientation de la vie, avec notamment:

      • Un amour pour Dieu
      • Un rejet du péché
      • Un amour du prochain.

      Oui, je sais, c'est une répétition.

      Deuxièmement, avec la manifestation du fruit de l'Esprit, l'amour, la joie, la paix, la patience, etc. Il y a neuf fruits de l'Esprit. On doit sentir un peu cela dans la vie. C'est progressif, c'est certain, mais ça doit commencer.

      Et puis troisièmement, il y a la **manifestation de servir.** Ici, il est question des langues et de la prophétie. Je ne développe pas dans cet épisode mes convictions là-dessus. Tu pourras les retrouver sur le livre Saint-Esprit et don spirituel que j'ai écrit. Mais de façon plus générale, il y a le désir de servir. Parce que, et c'est la quatrième expression, on a envie de participer à la vie de l'Église. Le salut a une dimension collective. Je ne dois pas vivre ma vie seule et isolée des frères et sœurs avec lesquels Dieu m'a placé pour que je puisse grandir avec eux et les faire grandir par ma contribution.

      Et puis enfin, cinquièmement, la vie dans la cité. Nous avons tous une vocation qui peut être familiale, professionnelle. Et là, on a un témoignage à donner par la qualité de notre vie, de notre travail, de notre engagement, et en parlant de la foi qui est la nôtre.

      Tous ces éléments attestent, parfois petitement, parfois grandement, que nous avons réorienté par la puissance du Saint-Esprit notre chemin.

      Alors écoute, je vais te lire un passage pour conclure cet épisode qui parle de conversion dans des termes qui sont absolument magnifiques. C'est Paul qui écrit à Timothée, qui est pasteur sur l'île de Crète. Il supervise un certain nombre d'églises. Et moi, ce qui me touche dans ce passage, c'est qu'on a l'impression que Paul revient au ba.-ba pour un pasteur. C'est un peu surprenant. Il écrit:

      “Car nous aussi nous étions autrefois insensés, désobéissants, égarés, asservis à toute espèce de désir et de passion, vivant dans la méchanceté, dans la vie odieuse et nous haïssant les uns les autres. Mais lorsque la bonté de Dieu, notre Sauveur et Son amour pour les hommes ont été manifestés et nous a sauvés, non parce que nous aurions fait des œuvres de justice, mais en vertu de sa propre miséricorde, par le bain de la régénération et le renouveau du Saint-Esprit. Il l'a répandu sur nous avec abondance par Jésus-Christ, notre Sauveur, afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions héritiers dans l'espérance de la vie éternelle.”

      Tite 3. 3 - 7.

      C'est la bonté de Dieu, son amour pour les hommes et les femmes qui, lorsqu'ils ont été manifestés en Christ, nous permet d'être sauvés. Il nous sauve par le bain de la régénération, le renouveau du Saint-Esprit. Cette nouvelle naissance, c'est le Saint-Esprit qui l’a réalisé en nous. C'est ça qui atteste de la conversion. Et il l'a répandu avec abondance par Jésus-Christ, notre Sauveur, afin que, justifiés par sa grâce, pas par mérite mais par sa grâce, à cause de son œuvre, nous devenions héritiers dans l'espérance de la vie éternelle.

      J'espère avoir répondu à ta question, mais waouh, quel bonheur de savoir qu'une conversion est possible, qu'elle est réelle, elle est fondée sur une rencontre, une rencontre avec Christ, par le Saint-Esprit, une rencontre qui nous plonge aussi dans la contemplation d'un Père qui nous a aimé de toute éternité!

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