Cette histoire est souvent comprise comme une parabole. Est-ce correct? Quel impact sur la leçon de ce récit? Florent nous emmène dans un enseignement riche au cœur de ce texte bien connu.
25 Un docteur de la loi se leva, et dit à Jésus, pour l’éprouver: Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle? 26 Jésus lui dit: Qu’est-il écrit dans la loi? Qu’y lis-tu? 27 Il répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée; et ton prochain comme toi-même. 28 Tu as bien répondu, lui dit Jésus; fais cela, et tu vivras. 29 Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus: Et qui est mon prochain?
30 Jésus reprit la parole, et dit: Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi-mort. 31 Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre. 32 Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l’ayant vu, passa outre. 33 Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit. 34 Il s’approcha, et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. 35 Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit: Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. 36 Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands? 37 C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit: Va, et toi, fais de même.Luc 10.25-37
Un pasteur vous répond: le podcast de Florent Varak qui t’aide à mieux comprendre la Bible, une question à la fois.
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Transcription:
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La question qui nous préoccupe pour ce podcast est la suivante:
Bonjour Florent. En relisant récemment la parabole du bon samaritain Luc 10.25 et suivant, je me suis fait la réflexion qu'après tout, rien ne permet d'affirmer qu'il s'agisse d'une parabole comme l'indique le sous-titre de ma Bible. Quand je lis un roman, je n'apporte pas la même valeur au récit selon qu'il s'agit de faits réels ou d'une fiction. Si le récit du bon samaritain est une parabole, donc une fiction, cela veut dire qu'aucun samaritain n'a jamais réellement montré cet amour désintéressé à des Juifs. Auquel cas, il me semble qu'on retire au message toute son exemplarité, donc toute sa force. Comment le Seigneur peut-il demander à son interlocuteur, docteur de la loi, d'imiter une attitude théorique purement imaginaire qui ne s'est jamais produite? A l'inverse, si les faits sont réels, ils sont d'autant plus exemplaires, et l'injonction du Seigneur a d'autant plus de force, même jusqu'à notre époque où le repli sur soi et le rejet de l'autre sont à la mode. Savoir qu'un homme a su dépasser son inimitié raciale et religieuse pour venir au secours d'un inconnu ne m'interpelle que parce que les faits sont avérés, sinon à quoi bon En m'avançant un peu, je fais l'hypothèse que Jésus relate une histoire vraie dont il a été le témoin avant son incarnation terrestre, puisque aucun des protagonistes n'a pu être témoin de toute l'histoire. Ton avis sur le sujet m'intéressera.
Écoute, c'est une très bonne question, et c'est une question intéressante parce qu'elle nous permet de réfléchir à ce que c'est qu'une parabole et à ce qu'elle apporte et la manière dont il faut la comprendre.
Et en fait, il n'est pas facile de discerner ce qu'est une parabole. Voilà ce que dit Trench à ce sujet dans un livre Les paraboles de notre Seigneur, il dit: Les auteurs qui ont cherché à définir la parabole ont trouvé que ce n'était point une tâche facile que de tenir compte de tous ces traits caractéristiques en laissant de côté ce qui est superflu et purement accidentel. Matthieu Sanders, dans son excellente introduction à l'herméneutique biblique, écrit: Les paraboles de Jésus, dont on pourrait relever divers types, ont ceci en commun: quelles sont des histoires fictives ayant pour fonction de communiquer un enseignement au moyen d'une illustration Fin de la citation que tu retrouveras page 193. Alors, il faut remarquer donc que tu as une histoire fictive, mais cela ne la prive pas d'une leçon à mettre en pratique. La leçon n'a pas besoin d'être réelle, refléter une histoire vraie, pour qu'elle s'impose à moi.
En fait, un récit n'a pas la force d'une prescription. On pourrait avoir ce récit réel sans en tirer une prescription pour nous. La prescription est intéressante, parce que Jésus la rend prescriptive dans l'attitude que nous devons avoir vis-à-vis de notre prochain. Revenons de nouveau sur la question de la définition d'une parabole. Généralement, une parabole des évangiles se reconnaît aux éléments suivants: premièrement, c'est une histoire courte, deuxièmement, c'est une histoire à morale, troisièmement, c'est une morale centrée sur un principe, et quatrièmement, souvent, c'est une histoire qui répond à une situation immédiate.
C'est l'une des manières de cerner ce que peuvent être les paraboles. Trench que j'ai citées tout à l'heure, en recense trente dans la bouche du Seigneur Jésus, et il liste la parabole du bon samaritain justement parmi ces trente histoires. A-t-il raison de le faire Nous allons lire Luc chapitre 10 à partir du verset 25, et on va essayer d'en tirer quelques remarques en lien avec ta question. Voici qu'un docteur de la loi se leva et lui dit, pour le mettre à l'épreuve Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle Jésus lui dit qu'est-il écrit dans la loi Qui lis-tu Il répondit tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même. Tu as bien répondu, lui dit Jésus, fais cela et tu vivras.
Mais lui voulut se justifier et dit à Jésus mais qui est mon prochain Jésus reprit la parole et dit Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups, et s'en allèrent en le laissant à demi mort. Par hasard, un sacrificateur descendait par le même chemin, il vit cet homme et passa outre. Un Lévite arriva de même à cet endroit, il le vit et passa outre. Mais un samaritain qui voyageait arriva près de lui, le vit et en eut compassion.
Il s'approcha et banda ses plaies en y versant de l'huile et du vin, puis il le plaça sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux deniers, les donna à l'hôtelier, et dit: Prends soin de lui, et ce que tu dépenseras en plus, je te le payerai moi-même à mon retour. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands Il répondit c'est celui qui a exercé la miséricorde envers lui. Jésus lui dit va et toi fais de même. Fin de la lecture du texte biblique.
A mon avis, c'est vraiment une parabole. Pourquoi C'est une histoire courte, et elle n'est pas introduite comme les éléments historiques, notamment dans la plume de Luc. Par exemple en Luc 13, même en Luc 12, chacun de ces sections narratives commence avec des éléments comme en ce temps-là, c'est alors, on a des indicateurs temporels que l'histoire reprend son cours et qu'il y a ici des balises qui rapportent un événement qui a eu lieu. Ces marqueurs sont absents, les marqueurs d'un récit sont absents. D'autre part, et c'est la troisième remarque que je ferais, Jésus répond précisément à une situation concrète ce jeune homme riche voulu se justifier.
Et ça c'est la porte grande ouverte à la capacité narrative extraordinaire de Jésus-Christ, qui rapporte une leçon morale en des termes que tout le monde peut comprendre. Et par ailleurs, on a la morale de cette histoire immédiatement, on n'est donc pas là dans un récit à mon sens, mais vraiment dans une histoire à morale. Alors, quelle est la leçon de cette histoire Est-ce que c'est une parabole qui me dit que je dois donner des pièces à ceux et celles qui me le demandent dans la rue Est-ce que je dois tout dépenser pour le bien de ceux qui ont des besoins Alors, l'une des règles d'or, c'est de considérer le contexte. Et voilà le contexte qui nous est donné aux versets 21 et 24. En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint-Esprit et dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants.
Oui, Père, parce que tel a été ton bienveillant dessein. Tout m'a été remis par mon Père, et personne ne connaît qui est le Fils, si ce n'est le Père, ni qui est le Père, si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. Et se tournant vers les disciples, il leur dit en privé heureux les yeux qui voient ce que vous voyez. Car je vous dis que beaucoup de prophètes et de rois ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu. Entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu.
Et on arrive tout de suite après avec cette situation. On est donc là devant un contraste, un contraste intéressant qui perdure aujourd'hui entre d'un côté l'intelligencia religieuse, les gens qui sont bien-pensants, socialement intégrés, qui ont réussi dans leur vie, qui ont un certain prestige et reconnaissance sociale, et d'un côté donc, et les enfants, objets ici d'une révélation privilégiée de la part du Père. Et voilà qu'un homme, docteur de la loi, accoste Jésus. De quel côté est-il? Il est clairement du côté de cette intelligencia religieuse, et cela va illustrer le propos à la fois qui précède et qui le propos à la fois qui précède et qui s'oriente avec la parabole du bon samaritain.
C'est un grand homme cet homme, mais il veut mettre Jésus à l'épreuve, et c'est donc qu'il n'a rien compris, il n'a pas besoin de mettre Jésus à l'épreuve. La simple écoute du Christ dans sa sagesse, l'observation de sa puissance dans ses miracles, aurait dû suffire à le convaincre et le mener à une vie humble de repentance et d'adoration. Mais lui veut non pas placer sa confiance dans un Messie qui le sauverait, il veut placer sa confiance dans un passé qui serait comme un musée glorieux à sa propre gloire, qui lui permettrait un jour d'hériter la vie éternelle. La parabole, nous dit Trench, est une réponse à l'Esprit qui avait dicté la question du légiste plutôt qu'à cette question elle-même. Le Seigneur ajoute va et toi fais de même.
Il a voulu faire sentir à ce légiste l'abîme qui existait entre sa connaissance et sa vie. Et donc on est vraiment dans une histoire à thème et à morale qui est, enfin a accent avec un accent n'est-ce pas, ayant une morale qui permet de tirer justement un principe pour ce qui est de notre justification vis-à-vis de notre vie avec Dieu, de notre compréhension de ce qu'est notre prochain et de la manière dont le salut qui nous touche doit s'exprimer ensuite dans une forme de vie. Et tu as, totalement compris l'immense fossé qui séparait les Juifs et les Samaritains, le mépris, le rejet. Il paraît que les Juifs faisaient même le tour de la Samarie pour éviter de se contaminer au contact de ces gens qu'ils considéraient comme impur. La rivalité était très forte, c'est d'ailleurs une rivalité que l'on retrouve même encore dans l'église pendant un certain temps.
Actes 10 atteste de la manière dont le Saint-Esprit, avec beaucoup de sagesse, permet aux samaritains de réaliser que le salut vient des Juifs et que l'apôtre Pierre, avec les autres apôtres, va être le fondement de l'église universelle, y compris pour les samaritains. Et ça va permettre aussi à Pierre de réaliser que l'oeuvre de l'Esprit chez les samaritains est authentique, ce décalage entre leur conversion et la venue du Saint-Esprit unique dans le livre des Actes, se comprend et s'explique par la manière dont Dieu veut réaliser et faire réaliser à l'ensemble de son église qu'elle est un et unie autour de la personne de Jésus-Christ. Alors j'espère en tout cas t'avoir convaincu que c'est bien une parabole et notoirement compliquée à appliquer. Qu'est-ce que cela signifie Comment est-ce que l'on doit appliquer cette parabole Et moi je me souviens, on venait d'avoir un enfant avec mon épouse, on était jeune marié, on avait sept enfants à la maison et on se baladait dans les rues de Saint Jean il y a donc le vieux lion pour ceux qui connaissent la ville. Une sortie en amoureux à deux, un midi dans la semaine.
Et puis là, il y avait une jeune fille, je crois qu'elle avait quinze ans, seize ans peut-être, punk, qui était en train de délirer avec des plaies sur l'ensemble de ses bras, et puis qui appelait à l'aide. Et personne ne s'arrêtait, et on s'est évidemment souvenu de cette parabole, et on s'est dit il faut qu'on fasse quelque chose. Donc on l'a ramené chez nous, et puis on a fait venir un médecin qui a pansé ses plaies, on est allé à la pharmacie, on a fait tout ce que l'on pouvait faire, puis le soir on avait une réunion avec des gens qui s'intéressaient à notre église, et donc on lui a proposé très naïvement, très gentiment: écoute, reste à la maison, reste chez nous, on revient, on s'en va deux heures voir un couple et puis on arrive. Quand on est revenu de ce rendez-vous, elle nous a regardés en disant: vous êtes complètement fous. Et on lui a demandé pourquoi?
Il a dit: mais j'aurais pu détruire votre appartement. Et pourtant vous êtes parti. Je dis: oui, on n'y a pas trop pensé. Elle dit: tu sais, vous savez pourquoi je ne l'ai pas fait? Parce que vous êtes les premiers à m'avoir fait confiance.
Alors ça nous a beaucoup touchés, et c'est une parabole bien sûr qui nous touche aujourd'hui comme étant un élément qui a un peu orienté notre vie à un moment. Alors on n'a pas l'habitude d'accueillir comme ça des gens chez nous, je ne voudrais pas que vous ayez cette image, que c'est assez fréquent. On l'a fait une fois, et on l'a fait une fois, on a pensé vraiment que c'était nécessaire, et je ne pense pas que ce soit une leçon absolue de faire constamment ce genre de choses. Alors, comment est-ce qu'on applique correctement cette parabole Premièrement, en cessant de croire qu'on est comme cet homme qui se croit juste. C'est-à-dire qu'il faut essayer de sortir de cette idée que l'on fait suffisamment pour que Dieu, un jour, nous accueille.
Et la confrontation, elle vient de là, cette parabole elle est donnée pour montrer à cet homme qu'il est en fait, de façon inacceptable, centré sur lui-même, incapable d'aimer son prochain, et donc bien éloigné de ce que Dieu attend d'un de ses disciples. Deuxièmement, reconnaissant que notre attitude à l'égard du prochain est fondamentalement égoïste. Il faut nous repentir de cela, et justement chercher la grâce et le pardon qui vient de Dieu. Et puis enfin, et c'est une application évidente, de maintenir une sensibilité et une empathie et une compassion à l'égard de nos prochains qui sont dans de véritables besoins. Mais toute cette parabole, elle a pour ambition de répondre à cette question, mais à qui Dieu il se révèle?
Manifestement, il ne se révèle pas forcément à ceux qui ont une grande capacité sociale, mais il se révèle à ceux qui sont sensibles aux petites choses qui leur arrivent sur leur chemin, un peu comme des enfants qui s'émerveillent de tout, et c'est là que Dieu se plaît à révéler son évangile, et révéler le besoin que l'on peut avoir de se repentir et d'avoir confiance en Jésus-Christ. Donc cette parabole, elle est un miroir de notre égoïsme, et je n'aurais peut-être pas dû citer cet événement où on n'a pas été égoïste, mais je dirais que c'est une fois sur des années où on l'a été très souvent. Donc je ne veux pas encore une fois ni mettre ni Laurie ni moi en avant par rapport à cela, mais dans le moment, c'était une nécessité de le faire, on le ferait peut-être aujourd'hui différemment, mais c'était une nécessité de le faire. Bref, cette parabole est un miroir de notre égoïsme, et donc elle doit nous conduire à réaliser que l'on a besoin d'un pardon, que l'on a besoin de grâce, et que l'on a besoin de nous repentir de cette indifférence à l'égard du prochain qui atteste vis-à-vis du monde, pour ceux qui ne sont pas chrétiens, de leur besoin d'un sauveur.
Et bien sûr, elle a comme application que tous les êtres humains sont d'un même rang, comme le soulignent tous ceux qui s'intéressent à l'évolution de la pensée, notamment de l'évolution de la pensée occidentale. La notion de droit des hommes vient de Genèse chapitre 1 et chapitre 2 où nous sommes créés à l'image de Dieu, hommes et femmes, et que nous portons en nous-mêmes une étincelle de divinité, même si cette étincelle a été étouffée, amochée par la chute et fait que nous avons besoin de rédemption. Et cette parabole nous enseigne cela. J'espère que cela vous a ou a répondu à ta question et je termine là-dessus. Cet épisode vous a édifié Alors merci de le liker ou de le partager pour que d'autres puissent en profiter.
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