Quel est exactement le sens de cette promesse de Jésus en Jean 14.12? S'agit-il de miracles? Florent Varak nous répond.
Un pasteur vous répond: le podcast de Florent Varak qui t’aide à mieux comprendre la Bible, une question à la fois.
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La question est posée :
Bonjour, dans un souci de clarté, j’aimerais savoir ce que le Seigneur a voulu dire dans cette déclaration : "En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père." Quelles sont donc ces œuvres plus grandes?
Écoute, merci pour ton désir de clarté sur ce passage absolument magnifique. Le texte en question se trouve dans l’Évangile de Jean, chapitre XIV, et nous lisons à partir du verset 12 ce que Jésus dit :
11Croyez-moi: je suis dans le Père et le Père est en moi. Sinon, croyez[-moi] au moins à cause de ces œuvres! 12En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera même de plus grandes, parce que je vais vers mon Père. 13Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que la gloire du Père soit révélée dans le Fils. 14Si vous [me] demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. 15Si vous m'aimez, respectez mes commandements.
Jean 14.11-15
Et tu sais que, à TPSG, on aime beaucoup regarder le contexte. Quel est le contexte ?
Nous sommes ici dans le discours ultime que Jésus adresse à ses disciples dans la chambre haute, discours que l’évangéliste Jean rapporte. Et lorsque les disciples perçoivent que Jésus va partir, il cherche à les rassurer. Verset 1 du chapitre XIV : « Que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père. Je vous prépare une place. Vous serez avec moi. »
Et puis Thomas lui dit : « Seigneur, on ne sait pas trop comment ça va se passer, où est-ce que tu vas, comment y aller ? »
Et Jésus répond : « Mais moi, je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. »
Il est vraiment le réparateur, celui que le Père envoie pour réparer le péché des hommes, l’égoïsme des hommes. Il est celui qui mourra bientôt en sacrifice expiatoire, pour que des hommes et des femmes qui placeraient leur confiance en lui aient un plein pardon et une nouvelle relation avec Dieu, et que la colère de Dieu soit détournée d’eux, mais qu’au contraire ils soient touchés par son amour.
Bref, Thomas ne comprend pas, Jésus le rassure : « C’est moi le chemin. Je suis capable de vous emmener directement dans la présence du Père. »
Philippe comprend cela, mais en même temps : « Ça me suffirait juste de voir le Père, ce serait magnifique de voir le Père », sans réaliser que sa question était très problématique.
Et Jésus le rassure : « Celui qui m’a vu a vu le Père. Tu n’as pas besoin de plus. Je suis là, la révélation suffisante de Dieu. Je suis l’incarnation de Dieu sur terre. C’est suffisant pour que tu saches. »
Jésus conclut : « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis ne viennent pas de moi-même. Le Père qui demeure en moi accomplit ses œuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père et le Père est en moi ; sinon, croyez à cause de ces œuvres. »
Et le mot ici, « œuvres », n’est pas défini, mais dans le contexte de l’Évangile de Jean, il est clair que les œuvres du Christ sont une attestation de sa personne. Carson, qui est un spécialiste du Nouveau Testament, va dire dans son commentaire : « Les miracles sont des panneaux indicateurs christologiques non verbaux. »
Il y a dans les miracles du Christ une attestation de qui il est. Lorsqu’il multiplie le pain, lorsqu’il transforme de l’eau en vin, lorsqu’il marche sur l’eau, lorsqu’il calme la tempête, il se présente non pas comme quelqu’un qui fait simplement des miracles — même si ce serait déjà immense — mais comme celui qui est le Créateur. Tout a été créé par lui et pour lui, nous dit Colossiens, et nous le trouvons présent avec sa parole agissante en Genèse, chapitre 1.
Il est vraiment le Créateur du monde, et il le démontre par des miracles sur la nature. Ils attestent de cette réalité, réalité aussi qui anticipe la recréation d’une nouvelle humanité pour ceux et celles qui lui font confiance, et la recréation, un jour, d’une nouvelle terre et de nouveaux cieux. Et il le démontre justement par ces miracles.
Alors voilà le contexte. Et c’est vrai que l’on passe des miracles de Jésus, les œuvres miraculeuses ici, verset 11, à cette promesse gigantesque : « Celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que moi je fais, et il en fera de plus grandes. »
Alors faut-il le comprendre dans le même sens, œuvres miraculeuses, ou faut-il y voir un autre sens ?
Quelques remarques pour essayer de mieux comprendre ce texte.
D’abord, le mot « œuvre » est basique, un basique de chez basique. Il s’agit des actions, des œuvres, des actes, du travail, de la production. On trouve 169 utilisations de ce mot dans 157 versets, pour te donner une idée.
Quand on cherche à classer l’utilisation du mot, on trouve une première catégorie qui est celle des miracles. Actes 7.22 : « Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Égyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres. » Ici, il s’agit d’œuvres miraculeuses.
Jean 10.25 : « Jésus leur répondit : Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi. » Clairement, il est question ici de miracles.
Mais l’écrasante majorité de l’emploi de ce terme désigne simplement les actions des humains. Matthieu 5.16 : « Que votre lumière brille ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux. »
Matthieu 23.3 : « Faites donc et observez tout ce qu’ils vous diront, mais n’agissez pas selon leurs œuvres, car ils disent et ne font pas. »
Jean 3.19 : « Voici le jugement : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont aimé les ténèbres plus que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. »
Donc on voit que ça peut simplement décrire les actions des hommes. Et dans cette catégorie, on a l’action missionnaire des hommes.
Dans Actes, chapitre 13, verset 2, nous lisons :
« Pendant qu’ils célébraient le culte du Seigneur et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. »
Et ici, l’œuvre dont il est question, c’est une œuvre missionnaire qui va révolutionner et transformer l’ensemble du monde. L’Évangile va passer d’Israël à toutes les nations. Et nous sommes là devant l’une des plus grandes œuvres, en termes d’impact, de tous les temps.
Alors revenons à notre texte. Qu’est-ce que Jésus promet ? Que l’on sera capable de faire de plus grands miracles que lui, ou que l’on sera capable de faire de plus grandes œuvres missionnaires que lui ?
Je penche pour la deuxième explication, et voici les raisons.
Première remarque : les apôtres ont fait des miracles avant et après la résurrection du Christ. Or, leurs miracles n’ont jamais été de qualité supérieure à ceux de Jésus. Ils ont participé à des guérisons, ils ont chassé des démons, ils ont participé à des résurrections, mais ils n’ont jamais réalisé de miracles sur la nature — transformer de l’eau en vin, par exemple. Ce n’est jamais enregistré nulle part.
Donc on voit que la qualité des miracles des apôtres, avant comme après la résurrection, demeure inférieure à ceux de Jésus.
Il y a un indice intéressant : Jésus dit : « Il en fera même de plus grandes encore, parce que moi je vais vers le Père. »
Donc la qualité supérieure de ces œuvres dépend de son ascension au Père. Ce n’est que parce qu’il sera monté vers le Père, dit Jésus, que les œuvres plus grandes auront lieu.
Alors on se dit : quelles sont donc ces œuvres plus grandes qui ont eu lieu après la mort et la résurrection de Jésus ? Et peut-être que justement, c’est la dimension missionnaire qui nous montre que ce que Jésus avait en tête, c’était quelque chose de bien plus grand.
Par exemple, Jésus, en contraste saisissant, n’a travaillé que pendant trois ans, en se préoccupant d’un peuple et d’un territoire. Les apôtres, par contraste, ont eu des années de ministère, ont parcouru des milliers de kilomètres, ont influencé des milliers, si ce n’est des dizaines de milliers de personnes, et des dizaines de nations ont été impactées par leur ministère. Quelque chose de bien plus grand que ce que Jésus a fait.
Et donc, cette montée au ciel a été déterminante pour que des œuvres plus grandes soient réalisées. Et moi, je suggère que les œuvres plus grandes dont il est question sont vraiment des œuvres missionnaires.
Les apôtres vont éclairer le monde avec l’Évangile comme nul n’a pu le faire avant eux. Et il est possible de faire des œuvres plus grandes.
Carson, de nouveau, dit : « Il s’ensuit que beaucoup plus de convertis se rassembleront dans la communauté messianique, l’Église naissante, que Jésus n’en avait attiré durant son ministère terrestre. Le contraste ne se limite cependant pas au nombre brut, mais repose sur la puissance et la clarté qui apparaîtront à l’entrée de l’ère eschatologique, lorsque le jour nouveau sera levé. »
Fin de la citation.
Ce qu’il veut dire par là, c’est que non seulement le nombre de convertis est plus grand, mais aussi la lucidité, la clarté de ce mystère qu’est l’Église, rassemblant Juifs et non-Juifs en un seul corps uni. Ce mystère-là est éclairé de façon très puissante par le ministère des apôtres.
Et enfin, je remarque quelque chose d’important : le contexte de réalisation de ces œuvres est la prière. Jésus dit : « Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, pour que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »
On n’est donc pas dans le registre de l’accomplissement de miracles « au nom de Jésus » au sens technique. Quand un miracle a lieu au nom de Jésus, la personne, en quelque sorte, s’approprie les droits et les privilèges de Jésus. Il agit comme si Jésus agissait. C’est ça que ça veut dire : comme si Jésus était là. Je fais selon le mandat qui m’a été donné au nom de Jésus.
Un peu comme quelqu’un qui est arrêté par un gendarme qui lui dit : « Au nom de la loi, je vous arrête. » Je ne suis pas certain que la formule soit encore appropriée, mais tu vois ce que ça signifie : « au nom de la loi », c’est par l’autorité d’un tiers.
Quand un apôtre faisait un miracle au nom de Jésus, c’était par l’autorité de Jésus. Or ici, il n’est pas question de cette autorité, mais plutôt de la prière, que Dieu intervienne et sauve.
Et effectivement, dans l’histoire de l’Église, il y a eu des mouvements d’une puissance extraordinaire. Je pense au ministère de Jonathan Edwards, je pense au ministère de John Wesley, je pense à des ministères comme ceux-ci, qui ont été des miracles missionnaires de telle importance que l’on ne peut que s’émerveiller de la puissance qui s’est manifestée.
Et ce n’est pas seulement dans cette période de l’histoire. Il y a eu d’autres périodes de l’histoire qui l’indiquent.
Je pense donc que le sens du mot « œuvre » en Jean, chapitre XIV, est à rapprocher de Jean, chapitre 6, verset 29, où Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »
Alors j’espère que c’est ton cas, que tu crois en celui qu’il a envoyé, que tu crois que Jésus est celui qui t’a réparé de tes péchés par son sacrifice à la croix, celui qui te pardonne, qui t’établit dans une relation nouvelle, qui répare le déshonneur que tu as infligé au nom de Dieu par ton propre comportement, le déshonneur dont tu t’es couvert par ton péché, mais que tu crois que Jésus est celui qui a couvert ta nudité devant Dieu et qui te place maintenant dans une relation filiale avec lui.
C’est un grand miracle.
Et que, fort de cette nouvelle relation que tu as avec lui, si tu es disciple — puisque le texte commence en disant : « Celui qui croit en moi » — donc si tu es disciple, que tu crois en Jésus, que tu crois en ce qu’il est, en ce qu’il a fait pour toi, eh bien que tu puisses te placer dans la prière dans cette perspective : que Dieu peut utiliser cela pour changer des nations, que Dieu peut utiliser cela pour témoigner de Jésus-Christ au-delà de ton monde et de ton cercle.
Et qu’effectivement, du volant, tu pourras être amené et conduit à faire de plus grandes œuvres que celles que Jésus a faites, dans le sens d’amener l’Évangile à un plus grand nombre d’individus, à de plus nombreuses nations, et que la connaissance de Christ se répande encore plus puissamment grâce à ton ministère.
C’est en tout cas ma prière pour toi, et ma prière pour chacun d’entre nous. Merci pour ta question.