Certains enseignent que Judas était en fait un héros. Il a trahi par amour, obéissance, devoir. Mais quelle est l'origine de cette théorie? Est-elle conforme à ce que dit la Bible?
Un pasteur vous répond: le podcast de Florent Varak qui t’aide à mieux comprendre la Bible, une question à la fois.
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Transcription:
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La question est posée, bonjour Florent merci pour tes exposés, toujours explicites, non moralisateur et toujours basée sur ce que dit la Bible avant tout, j'apprécie réellement. J'avais lu La nuit de feu d'Eric-Emmanuel Schmitt au sujet de sa conversion et la présence de Dieu si intense dans le désert. Il prétend avoir eu une deuxième présence qu'il a foudroyé à Jérusalem, d'où le livre le défi de Jérusalem. Le résultat de son expérience m'étonne et ne me satisfait pas vraiment, aussi je voudrais te poser une question au sujet de son exposé sur Judas, Iscariote, qui ne me paraît pas conforme à l'amour et la bienveillance de Dieu. De plus, ce n'est pas la première fois que je l'entends.
Il vilipende avec excès les apôtres qui ont eu peur et se sont sauvés à l'arrestation de Jésus, les traitant de rustres et autres qualificatifs indélicats. Au sujet de Judas, voici le texte: Ce n'est pas parce que sournois il s'apprêterait à le renier, mais parce qu'il a compris, lui, même l'Androgyne chéri n'y a vu goutte. Il parle de Jean se basant sur la scène de Léonard, Léonard de Vinci, cela me choque aussi. Jésus a demandé à Judas de le dénoncer, il a exigé de lui ce sacrifice, le sacrifice de sa réputation, le sacrifice de son intégrité, le spécialiste des écritures, le trésorier qui gère les soucis financiers du groupe, et etc. Il a reçu l'ordre de Jésus une injonction qui l'anéantit, il le fera par amour.
Pourtant, Christ a dit malheur à celui par qui le Fils de l'homme s'est livré, etc. Lisant la Bible depuis plus de quarante ans quotidiennement, il serait contradictoire de mon point de vue que Dieu se serve d'une personne sincère, aimante et fidèle pour le trahir, et ce n'est pas ce que dit la Bible au sujet de Judas. Voilà ma question Florent, je sais que tu prendras soin de nous donner des raisons bibliques au sujet de ces assertions, connaissant ton intégrité au sujet des écritures, étant certaine que l'Esprit de Dieu repose sur toi, je te remercie par avance et te souhaite une très belle journée. Waouh écoute, merci pour ta question, merci pour ta bienveillance à l'égard de ce que je peux faire dans ce podcast. Je suis reconnaissant si cela donne envie d'aimer Christ l'écriture malgré toutes les imperfections qui sont dans ces épisodes que je tente de traiter au fil des semaines.
En tout cas, merci pour cette excellente remarque et perspective au sujet de cet auteur à succès qui effectivement prend pas mal de liberté avec l'Ecriture, et il faut être d'emblée très clair. Jean 14.23-25 nous dit: Celui qui m'aime, il gardera ma parole, mon Père l'aimera, nous viendrons vers lui et nous ferons notre demeure chez lui. Celui qui ne m'aime pas ne garde pas mes paroles, et la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du père qui m'a envoyé. Je vous ai parlé de cela pendant que je demeure auprès de vous. Donc ce n'est pas parce que l'on a Jésus à la bouche, ou qu'on admire Jésus, ou qu'on se réclame du Christ que l'on est disciple du Christ.
Être disciple de Christ, c'est avoir une confiance exclusive en Jésus, en sa mort et sa résurrection, pour le pardon de ses propres péchés, et de faire pleinement confiance en sa parole écrite pour développer une vie humble dans l'obéissance aimante de Dieu et dans l'amour du prochain. Ça, c'est un chrétien. Dans certains milieux, faire référence à Jésus comme une source d'inspiration, c'est un petit plus spirituel, à condition de ne pas aller jusqu'à reconnaître sa qualité de Seigneur, et certainement pas de reconnaître dans l'Ecriture une norme spirituelle et humaine, une inspiration de l'Esprit. En tout cas, et pour revenir à ta question, l'art et la littérature se sont saisis du personnage de Juda pour faire de lui l'archétype du traître. Bien des peintres se sont évertués à représenter son visage pour susciter l'antipathie, et malheureusement parfois l'antisémitisme, ce qui est absolument stupide parce que Jésus et les apôtres sont tous bien entendu des juifs.
Tout récemment, dans la foulée du Da Vinci Code, on a retrouvé un document dont on connaissait l'existence, mais non le contenu, et qui a proposé une nouvelle perspective sur Judas, Judas l'Iscariote. Ce document s'appelle l'évangile de Judas, et en fait c'est de là que vient l'imaginaire qu'utilise Emmanuel Schmitt. Et donc avant de consulter le texte biblique, je voudrais un peu parler de ce pseudo évangile. Je me suis souvenu juste après l'enregistrement de cet épisode que j'ai écrit un livre sur les évangiles apocryphes, et si ce livre vous intéresse, il s'intitule Le mariage de Jésus, il est publié aux éditions Clay qui fait la gentillesse de le proposer au prix exceptionnel de deux euros suite à cet épisode. Allez sur le site des éditions Clé, le mariage de Jésus, vous tomberez dessus et il sera vôtre pour deux euros.
Merci, l'évangile de Judas. Il y a quelques années, on a fait beaucoup de bruit sur cette découverte ou redécouverte de ce fameux évangile de Juda. C'est un document de religion gnostique qui date de la fin du deuxième siècle après Jésus-Christ. Nous n'avions qu'une traduction copte datée du troisième siècle de notre ère. La première traduction de ce texte a été publiée en 2006, tu vois, c'est tout récent, à grand renfort de publicité, parce que bien sûr, dès qu'on trouve quelque chose qui souligne l'historicité de Christ, on n'en parle pas, mais dès que ça casse un petit peu l'image et les codes que l'on connaît du christianisme, alors là par contre, on en parle beaucoup.
C'est un document de treize pages en seize chapitres, qui présente un dialogue entre Jésus et Judas où lui seul, Judas, comprend exactement ce qui se passe. Alors ce récit nous apprend que Judas était en fait un sage, un sage qui aurait compris avant l'heure que la trahison de Jésus était nécessaire. Judas aurait accepté de Jésus le soin de le trahir, au prix bien sûr de grandes souffrances personnelles. C'est d'ailleurs en ces termes que Irénée, l'évêque de Lyon du IIe, troisième siècle, donc on est dans la même période, c'est lui qui parlait déjà de ce manuscrit, et il écrit, je cite, les Kahénites déclarent que Judas, le traître, était bien avisé de ces choses, et que lui seul, connaissant la vérité comme aucun autre, a accompli le mystère de sa trahison ou de la trahison. Ils ont produit une histoire fictive de ce genre, de ce genre qu'ils ont appelé l'évangile de Judas.
Avant d'aller plus loin, il faut savoir que les caïnites étaient une secte gnostique qui a le plus clairement développé l'opposition à l'évangile. Pour ce mouvement, proche d'ailleurs de certains mouvements ésotériques actuels, le mauvais dieu est le dieu de l'ancien testament et le bon dieu est celui qui nous libère des dix commandements et nous donne une pleine liberté. Ainsi, les caïnites encouragent à faire exactement l'inverse des dix commandements. Il faut bien réaliser que l'évangile de Juda naît du pétrin, d'une opposition frontale au Jésus de l'écriture et à l'écriture tout court. Ce faux évangile donc, comme je l'ai dit, présente un dialogue fictif où Jésus dit que Judas deviendra supérieur à tous.
Il est le plus grand des apôtres. Et je cite cette phrase devenue célèbre, tu surpasseras tous les autres, car tu sacrifieras l'homme qui me sert d'habit. Fin de citation, la grande idée de cette phrase, c'est que selon la pensée gnostique, le corps mauvais gardait captif le Jésus spirituel et grandiose. Jésus était donc en prison dans son corps, il fallait le libérer, libérer son âme en tuant le corps, et voilà que Judas rend ce service fabuleux à Jésus en le trahisant. Et donc Judas, c'est le vrai héros de l'histoire qui sacrifie sa réputation pour accomplir cette tâche.
Bien d'autres versions de Judas ont été créées. Dans l'imaginaire des auteurs, on a Jean Ferniau qui en fait un martyr dans Saint Judas, livre de 1984. Le livre se présente ainsi, traître par devoir, traître par obéissance, traître par amour. C'est Judas qui va tenir ce rôle, il devient le premier martyr, le premier saint de l'église, le corédempteur, rien que ça. On a Pierre Bourjade dans son roman Mémoire de Juda, 1985, qui lui fait accepter de livrer Jésus pour accomplir l'écriture.
La préface de Marcel Palgnol, de sa pièce sur Judas, écrit la chose suivante, comme s'il y avait un mystère presque juridique sur le récit biblique. Pourtant, c'est un fait historique qu'il conduisit les soldats jusqu'à, jusqu'au campement de son maître, qu'il le dénonça par un baiser qu'il reçut pour prix de ses services trente deniers. Puis, après la réussite de sa trahison, il jette le prix du sang et va se pendre du point de vue policier. Des spécialistes, dont un juge d'instruction, m'ont dit, c'est une affaire qui ne tient pas debout, il doit y avoir autre chose. Fin de la citation.
Tu vois, ce que Emmanuel Schmitt avance n'a rien de nouveau, mais il éclaire à merveille ce qui se passe quand on se réclame du Christ de manière libérale, distante, sans comprendre qu'un disciple de Jésus a confiance dans les paroles de Jésus. Et je ne peux le souligner trop, Jean 8.47 nous dit celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu, vous n'écoutez pas parce que vous n'écoutez parce que vous n'êtes pas de Dieu, c'est le Christ qui parle. La foi en Christ, parole vivante, s'accompagne immanquablement d'un attachement à la parole écrite, inspirée de l'Esprit. Le verbe rédigé est toujours aligné avec le verbe incarné. L'Esprit qui a présidé à la rédaction de l'Écriture est aussi l'Esprit qui remplit le Seigneur et qui remplit le disciple authentique.
Alors venons-en maintenant à parler du Judas tel que l'écriture en parle. Qu'est-ce que nous y trouvons Alors j'aimerais dresser le portrait de une sorte de carte d'identité de Judas avant de regarder les textes les plus pertinents sur sa trahison. Qu'est-ce qu'on sait de lui C'est en réalité pas grand-chose, comme on ne connaît pas grand-chose des disciples, les autres disciples. On sait que c'est un fils de Simon, Jean 6.71, Il porte le même nom qu'un autre apôtre, c'est donc un nom assez populaire. Son surnom d'Iscariote est compris différemment, peut-être était-il originaire de Qériote, ce qui indique qu'il n'était pas galiléen mais judéen, et certainement que cela lui a donné des liens plus naturels avec l'intelligentia religieuse.
Il était connecté. Certains ont conjecturé que son nom pouvait peut-être refléter qu'il était un sicaire, un zélote, c'est-à-dire qu'il faisait partie de ces mouvements d'insurrection contre Rome. Et cela éclairait un peu sa déception de voir en Jésus qu'un sauveur spirituel alors qu'il l'attendait à un sauveur politique. Les trois premiers évangiles le mentionnent chaque fois dans la liste de ceux que Jésus choisit. Et tous les apôtres vont aimer Jésus jusqu'à la fin, tous sauf un, Judas.
Comment sait-on qu'il n'est pas sauvé Et bien dans son ultime prière, Jésus dit: Lorsque j'étais avec eux, je gardais en ton nom ceux que tu m'as donnés, je les ai préservés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l'écriture soit accomplie. Jean 17.12. Et donc on est devant douze personnes, dont une personne n'aimait pas réellement Jésus, et n'a pas été gardée dans sa foi initiale, qui était une foi superficielle, et qui s'est détournée de Christ. Est-ce que l'on peut mieux cerner son personnage Voilà ce que dit l'écriture. L'évangile nous dit très tôt que Jésus savait que Judas le livrerait.
Ce n'est pas tellement une sorte de choix déterminé. Jean 6.70 nous dit n'est-ce pas moi qui vous ai choisi, vous les douze, et l'un de vous êtes un démon. Lorsqu'il est dit que c'est un démon, c'est-à-dire que dès le début, le cœur de Judas était aligné avec le diable. Il ne voulait voir en Jésus que quelqu'un qui allait servir ses propres intérêts. Or, nous savons par l'écriture aussi que le diable est meurtrier et menteur dès le début, et en cela Judas reflète dès le début cette orientation.
Une deuxième chose que l'on doit noter, c'est que Judas aimait l'argent. Marie, soeur de Lazare et Marthe, versent un parfum d'un grand prix sur les pieds de Jésus, un élan d'amour élégant parce qu'elle comprend le drame qui se trame. Jésus va bientôt mourir et elle verse une sorte d'embaumement mortuaire. Et voilà que cela offense Judas. Judas douze nous dit, un de ses disciples Judas Iscariote savait celui qui devait le livrer et dit alors pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers pour les donner aux pauvres Il disait cela non qu'il se mit en peine des pauvres, mais parce qu'il était voleur et que tenant la bourse, il prenait ce qu'on y mettait.
L'argent est important pour lui et probablement qu'il voyait en Jésus une sorte de start-up politique, un vecteur d'ascension sociale, mais comme l'entreprise messianique vire au cauchemar, selon lui, il décide de trahir et d'essayer de sauver les meubles personnellement. Alors le récit nous est donné en Matthieu vingt-six, je vais prendre le temps de le lire et je ferai quelques remarques à ce sujet. Matthieu 26.14, alors l'un des douze appelés Judas Iscariote alla vers les principaux sacrificateurs et dit: Que voulez-vous me donner Et je vous le livrerai. Et ils lui payèrent trente pièces d'argent. Depuis ce moment, ils cherchaient une occasion favorable pour livrer Jésus.
Le premier jour dépeint sans levain, les disciples vinrent dire à Où veux-tu que nous te préparions le repas de Pâques Il répondit Allez à la ville chez un tel, et dites-lui le maître. Dit mon temps est proche, c'est chez toi que je célébrerai la Pâque avec mes disciples. Les disciples firent ce que Jésus avait ordonné, ils lui préparèrent la Pâque. Le soir venu, il se mit à table avec les douze, pendant qu'il mangeait il dit en vérité je vous le dis l'un de vous me livrera ils furent profondément attristés et chacun se mit à lui dire est-ce moi seigneur il répondit celui qui a mis avec moi la main dans le plat et celui qui me livrera le fils de l'homme s'en va selon ce qui écrit de lui mais malheur à cet homme-là par qui le fils de l'homme est livré mieux vaudrait pour cet homme n'être jamais né judas qui le livrait prit la parole et dit est-ce moi rabhi jésus lui répondit tu l'as dit et quelques versets plus tard comme il parlait encore juda l'un des douze arriva et avec lui une foule nombreuse armée d'épée et de pâtons envoyée par les principaux sacrificateurs et par les anciens du peuple celui qui le livrait leur avait donné ce signe celui à qui je donnerai un baiser c'est lui saisissez-le aussitôt il s'approcha de jésus en disant salut rabbi et il l'embrassa jésus lui dit ami ce que tu es venu faire fais-le alors ces gens s'avancèrent portèrent les mains sur Jésus et le saisirent.
On va lire d'autres sections de l'écriture, mais vous avez ici le récit très simple de ce qui s'est passé. Jésus est donc celui qui va cheminer avec Jésus, entendre sa sagesse, voir les miracles, observer tout ce qui se passe même dans la vie de ses co-apôtres, et il reste sur la touche. Qu'est-ce qui nous permet de comprendre son attitude? Matthieu commence avec un alors pour établir un contraste entre l'histoire de Marie qui offre à Jésus une année de salaire en parfum, en le répandant sur son corps, en brisant un flacon très cher qui le contenait, un acte émouvant d'adoration et qui reflète qu'elle a bien compris l'identité de Jésus et sa mission, et la trahison de Judas. Lui, il est outré de la perte de cet argent, et c'est probablement un indice qu'il y a une motivation financière, même si la somme de trente pièces d'argent, c'est une somme plutôt modique, quelques mois de salaire.
Dans la loi de Moïse, c'est le coût de dédommagement d'un esclave blessé par un taureau. Donc on imagine bien que dans son esprit Jésus ne vaut plus grand chose. Et pour quelqu'un qui volait dans la bourse, c'est probablement bien moins de ce qu'il avait dérobé déjà. Judas donc est profondément déçu et je crois qu'il attendait que Jésus lui donne plus et qu'il n'a pas reçu grand-chose, et qu'il voit donc que Jésus ne sert pas vraiment ses intérêts. Il est vraisemblable que lorsque la foule a voulu couronner Jésus pour avoir multiplié les pains, il s'est dit là, on est bien parti, je vais profiter de la couronne, je vais être ministre de l'économie et régner sur un royaume extraordinaire.
Mais l'histoire ne se termine pas bien, ceux qui veulent couronner Jésus sont en train de vouloir sa peau. Et vous savez quoi Les personnages qui deviennent les plus durs, ceux qui deviennent les pires adversaires du Christ ou de l'église, sont ceux qui étaient des faux membres de l'église. Ce sont souvent eux qui deviennent les personnes les plus endurcis à l'encontre de la foi, et qui ensuite deviennent extrêmement violents à l'égard de l'église. On ensuite deviennent extrêmement violents à l'égard de l'église. On l'observe dans l'histoire, on l'observe dans l'histoire de Judas.
Et finalement, je crois que Judas incarne la notion d'attente trompée. Lorsqu'on attend de Dieu qu'il nous donne tout ce qu'on attend de la vie et que cela ne vient pas, lorsqu'on attend de Dieu qu'il guérisse très vite ce qui nous encombre dans notre marche et qu'il ne le fait pas, lorsqu'on attend de Dieu qu'il valide nos choix immoraux et que l'on sait contraire à sa volonté et qu'il ne le fait pas, mais nous conduit plutôt à la repentance et à la sainteté, lorsqu'il n'incline pas les événements de la providence pour notre succès, Lorsqu'il ne fait pas de nous l'ami de tous, et bien il y a une sorte de deuil et de chute douloureuse où l'on réalise vraiment si on veut aimer Christ pour ce qu'il est, ou on veut aimer Christ pour les intérêts qu'il sert. Et en cela, l'histoire de Judas nous confronte à cette terrible réalité qu'on ne peut pas instrumentabiliser Dieu pour soi et pour nos propres bénéfices. Et là, dans la vie de Judas, il y a une terrible ironie. Judas démontre ici que Jésus est le Messie, messianité qu'il renie pourtant parce qu'il accomplit les écritures.
On remarque également que dans cette trahison, il y a une providence divine qui se manifeste, parce qu'il cherche une occasion de le trahir, mais l'occasion ne viendra qu'au bon moment, au moment où toute l'histoire de la rédemption et les prophéties bibliques pourront s'accomplir, c'est précisément au moment de la Pâque que Jésus doit mourir, parce qu'il accomplira les prophéties concernant l'agneau de Dieu, manifesté déjà avec l'agneau de la sortie d'Égypte. Et donc, on ne va pas détailler ce passage, ce message sortira un jour probablement sur TPSG à l'occasion, mais tout ce qu'il ne peut faire Judas, c'est rentrer dans la souveraineté de Dieu alors qu'il pense être celui qui règne sur cette décision. C'est-à-dire que dans son coeur il y a de la haine, dans son coeur il y a la volonté de trahir, mais il ne peut réussir son entreprise qu'au bon moment, moment où il accomplira tout ce que les prophètes de l'Ancien Testament ont dit. Et puis on a également, et on l'a lu, cette entrée en scène de Satan qui vient rentrer en lui. Ça doit être profondément bouleversant d'entendre l'un de vous me livrera.
Ils ont tous été attristés, probablement insécurisés par cette réalité, et vraisemblablement que certains ont voulu être rassurés, mais en même temps ils se disputeront d'ailleurs un peu plus tard, quelques instants plus tard pour savoir qui est le plus grand en Luc chapitre 22, et ça c'est consternant, et peut-être qu'ils sont en train de se dire mais s'il y a un qui nous livre, il y en a un autre qui est supérieur. Mais en tout cas, les propos de Jésus sont funestes pour Judas, le fils de l'homme s'en va selon ce qui est écrit de lui, mais malheur à cet homme-là, par qui le Fils de l'homme est livré, mieux vaudrait pour cet homme n'être jamais né. Et là, il y a une réalité où la souveraineté de Dieu marche avec une certaine forme de liberté humaine. Dans son cœur, Judas n'était pas aligné avec Dieu, il n'a pas cherché à servir Christ, il n'a pas cherché à servir Dieu en livrant Jésus. Il sert lui-même et sans réaliser qu'il sert même par son ouverture spirituelle, Satan.
C'est Judas même qui se trahit. Il pensait poser la même question que tout le monde, manière à ne pas se faire identifier. La réponse de Jésus est d'une sagesse remarquable, comme d'habitude. Tu l'as dit, c'est une phrase à code. Jésus aurait pu répondre à tous les disciples de cette manière, seul Judas pouvait ressentir la visée de sa réponse, et cela évite que les disciples un peu vifs ne cherchent à s'en prendre à Judas pour l'empêcher de le faire.
Ce sont les autres évangiles qui évoquent le rôle de Satan. Jean 13.27: Dès que Jésus eut reçu le morceau, Satan entra en lui. Jésus lui dit: Ce que tu as, ce que tu fais, fais-le vite. Luc 22.3 Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des douze, et c'était déjà anticipé dans la citation de Jean non seulement les attentes trompées, mais également le rôle du diable, et puis on voit cette tragédie maintenant se réaliser. Tragédie, mais aussi cette, par le sacrifice de Christ, il y a évidemment la rédemption qui s'accomplit.
Alors, je dois conclure ce podcast, cet épisode qui est déjà un petit peu plus long. Judas arrive, il n'a même pas le courage de sa dénonciation, il aurait pu dire Jésus, tu n'es pas le roi que j'attendais, si sa motivation était politique, ou bien il aurait pu dire Jésus tu es un imposteur, un faux messie, si sa motivation était religieuse, ou bien Jésus tu es un loser d'avoir gâché l'opportunité de régner, si sa motivation était messianique, ou bien, Jésus tu as ruiné mon mon mariage, parce qu'il est possible que sa motivation était conjugale. Alors ce n'est pas moi qui le dis, c'est un autre texte apocryphe, et je ne résiste pas à la tentation de le citer. Je cite donc: Quand des fois, Judas s'en retournait à la maison, ayant des sommes entre les mains, elle, son épouse, avait coutume de se réjouir de ce qu'il avait fait. Et quand il n'avait rien, elle avait coutume de le tourner au ridicule.
De cette façon donc, par suite de l'insatiabilité et du mauvais œil de cette femme, elle lui conseilla cette grande chose si terrible, à savoir: Voilà que les Juifs poursuivent ton maître, lève-toi donc et livre le leur. On te donnera beaucoup de richesses, et nous les mettrons pour nous dans notre maison afin d'en vivre. Il se leva, le malheureux après avoir écouté sa femme, de la même manière qu'Adam écouta sa femme jusqu'à ce qu'il devint étranger à la gloire du paradis, et de telle façon que la mort domina sur lui et sa race. Fin de citation, ce n'est évidemment pas dans l'écriture, mais c'est pour vous montrer toutes les inventions que l'on peut faire quand on ne respecte pas l'écriture. Inventions que l'on peut faire quand on ne respecte pas l'écriture.
Finalement, Judas, c'est l'exemple même de Hébreux chapitre dix. Car si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifices pour les péchés, mais une attente terrifiante du jugement et l'ardeur du feu prêt à dévorer les rebelles. C'est quelqu'un qui marche avec Jésus de l'extérieur, qui apprécie Jésus pour un temps de l'extérieur, mais qui ne veut pas prendre sa croix, mourir à lui-même, placer sa confiance en Christ et le suivre. Parce que Jésus doit mourir comme l'agneau libérateur, le serpent devait mordre le talon de la descendance de la femme Genèse 3.15. Les nations devaient se lier contre le Messie, Psaume 2.
Le Père devait satisfaire l'exigence de la justice. Esaïe 53 Jésus est mort pour tes péchés, Jésus est mort pour nos péchés et il attend de nous une confiance simple, complète, exclusive, où nous nous repentons par la foi en le plaçant à ses pieds, la culpabilité, la honte qui est nôtre en disant je n'ai que toi comme espoir, je crois que tu es mort pour moi, pour expier mes fautes, et je place ma confiance en toi. Voir Jésus aimer Jésus de l'extérieur, et puis concocter une histoire qui n'a rien à voir avec l'évangile, c'est se placer en dehors de la personne de Christ, et c'est certainement ne pas comprendre ce qui est au centre et au coeur de l'évangile. Un sacrifice expiatoire qui invite à cheminer dans la confiance avec lui. Voilà, j'espère avoir répondu à ta question.
Merci. Cet épisode vous a édifié, alors merci de le liker ou de le partager pour que d'autres puissent en profiter. Pensez aussi à vous abonner à la chaîne d'un pasteur vous répond pour ne marquer aucun des prochains épisodes. Enfin, si vous avez une question à poser à Florent Varak, écrivez-lui directement sur contact@toutpoursagloire.com.
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