Pour cet épisode, Florent est accompagné de ses amis Myriam et Timothée, missionnaires au Togo, mariés et parents de quatre enfants, afin de partager leur témoignage et de répondre à une question que beaucoup de chrétiens se posent: comment devenir missionnaire? Quel appel avez-vous reçu? Par quoi avez-vous commencé, et quelles ont été les étapes?
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Un pasteur vous répond: le podcast de Florent Varak qui t’aide à mieux comprendre la Bible, une question à la fois.
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FlorentAlors pour cet épisode d'Un Pasteur Vous Répond, il n'y aura pas de questions, c'est moi qui vais poser les questions. Et je suis heureux d'accueillir et de vous présenter des amis qui me sont chers, Timothée et Myriam Deglon.
TimothéeBonjour Florent.
FlorentC'est super sympa d'avoir accepté d'apparaître sur Un Pasteur Vous Répond. Et j'aimerais que vous vous présentiez un peu, votre famille, et puis on va parler de mission, peut-être que ça a un lien avec votre parcours.
TimothéeOui, en tout cas bonjour, merci de nous accueillir Florent. Myriam et Timothée Deglon. On a quatre enfants de 16 ans à 9 ans qui sont avec nous dans la région de Lyon maintenant, installés là depuis quelques mois. On vient de rentrer du nord du Togo où on était en mission pendant une petite douzaine d'années. On est parti en 2013, on est rentré là au mois de mars. On essaye de s'adapter au froid, tant bien que mal, mais voilà.
FlorentC'est toi (Myriam) qui me disais que c'était difficile ici le froid ici, hein?
MyriamÇa me paralyse, même !
TimothéeOn est parti pour travailler avec une mission baptiste américaine qui a pour vision de faire des disciples, de former des leaders et d'implanter des Églises dans le nord du Togo et plus loin. On a été envoyés là-bas par la mission Ami-p qui nous a ‘prêté’ à cette mission pendant cette période.
MyriamEn fait, Timothée est ingénieur agroalimentaire de base, moi médecin. Et du coup, on est parti dans le cadre de nos métiers. Il y avait un ministère avec l'hôpital, où j'étais impliquée et Timothée travaillait plus dans un projet de ferme. Et le but, comme Timothée vient le dire, était vraiment l'implantation d'Églises, la formation des leaders.
FlorentAlors moi, ce qui m'impressionne quand j'entends ça, c'est que la vision que l'on a du missionnaire, c'est un peu le ‘geek’ théologie et Bible qui s'en va avec un sac à dos comme ça pour parler de Jésus. Mais en fait, vous êtes hyper qualifié, avec des compétences professionnelles que vous avez mises au service d'une œuvre en vue de non seulement utiliser cette vocation, mais de parler de votre foi.
TimothéeJe pense qu'effectivement, on part avec un bagage, mais en réalité, l'attitude vraiment qu'on doit avoir quand on arrive, en fait, c'est l'inverse. C'est vraiment de se mettre dans la position d'un apprenant, de quelqu'un qui découvre que finalement, il a tout à apprendre par rapport à la culture, la langue, les personnes avec lesquelles on travaille. Tant d'ailleurs, après, au niveau technique, plus médical que dans l'agronomie. Et puis, on a beaucoup appris et ça a été vraiment une grande joie.
FlorentOk, super. Alors, qu'est-ce qui vous a poussé, conduit à partir en mission?
TimothéeÇa, c'est une grande question. Déjà, je pense que la grande commission s'adresse à tous les chrétiens, tous les disciples.
FlorentOn parle du mandat missionnaire, hein ? De Matthieu 28.
MyriamOui. Je voulais ajouter, pour rappel, la grande commission, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un verset de la Bible, de partir, de faire de toutes les nations des disciples.
TimothéeC'est ça, et ça s'adresse à tous les disciples qui sont appelés à se multiplier, à faire d'autres disciples. Et puis, ça s'adresse à nous ici en France, ça s'adresse à ceux qui sont dans leur ville, puis ça s'adresse aussi à certains qui peut-être ont à cœur de partir.
Pour moi, le premier élément de réponse, c'est que quelque part, Dieu a incliné notre cœur, a travaillé notre cœur, pour partir.
Après, c'est une démarche, et puis il y a certainement aussi des graines qui ont été semées dans notre enfance ou bien dans notre parcours.
MyriamEffectivement, les deux, on a eu le privilège de naître dans des familles chrétiennes. Et pas seulement chrétiennes, mais même vraiment impliquées dans la mission. Et on a eu de ce fait le passage de missionnaire à la maison, on côtoyait à l'Église des missionnaires, des rapports, des comptes rendus qui venaient de pays autres qui nous intéressaient pas mal, chacun de son côté. Des histoires missionnaires à l'école du dimanche, je pense que ça jouait, donc tout ce contexte a joué.
Moi, à titre personnel, j'ai grandi dans une ville aussi où il y avait beaucoup de personnes d'origine africaine. Parfois, on souriait, j'étais la seule blanche dans le bus en revenant, etc. Alors, est-ce que ça a joué ou pas? En tout cas, pour moi, depuis toute petite, il y avait ce cœur pour l'Afrique.
Et on a beaucoup reçu. Je pense qu'on est vraiment de plus en plus reconnaissants pour l'héritage qu'on a eu de nos parents au niveau spirituel. Et je pense que c'est quelque chose qu'on voulait partager.
En voyant les besoins aussi, c'est vrai qu'on est dans un pays privilégié à beaucoup de niveaux et de partager tout ça avec d'autres.
Et après, c'est difficile de dire pourquoi nous on est partis. Parfois je pense au verset qui dit:
Jésus ayant regardé le jeune homme riche, l'aima”
Et est-ce que ça veut dire qu'il n'aimait pas les autres? Bien sûr que non. Mais est-ce qu'il a eu une affection particulière en regardant ce jeune homme? Je ne sais pas. Mais parfois, je me dis que Dieu nous donne un amour particulier pour telle personne, pour telle chose qu'on ne peut pas forcément expliquer. Moi, je ne peux pas expliquer pourquoi depuis toute petite, j'avais l'Afrique à cœur. Et ça a été en tout cas un point important.
FlorentJe le comprends tellement parce que moi, je n'ai pas grandi dans une famille chrétienne. J'ai découvert l'Afrique sur le tas. Maintenant, je suis dans un travail missionnaire et je suis souvent bouleversé par la beauté des personnes que je rencontre, leur courage, leur foi, leurs besoins, ça me touche. Donc je comprends.
MyriamLa façon de vivre, leur accueil, l'hospitalité... Après est-ce que l'on aurait fait le même travail ici que là-bas?
TimothéeMais en tout cas, sur la démarche globale, je pense que ce qui nous a marqués, en repensant au processus, on n'a pas reçu un message très clair où c'était écrit: “part au nord du Togo” Mais un petit pas qui nous conduit à un autre petit pas, on a eu ce sentiment que Dieu, pendant qu'on faisait ces petits pas, lui faisait des pas de géant pour nous pousser dans une direction claire. Et il a ouvert les portes comme ça.
FlorentIl y avait un petit désir ou un gros désir, puis après des petits pas et Dieu a conduit. Mais au départ, ce n'est pas une obsession lancinante, mais un désir fort qui est là. Alors maintenant, vous êtes rentré. Tu m'as dit combien c'était difficile de s'acclimater. Mais qu'est-ce qu'il vous reste de ces temps passés? Combien d'années vous avez passé au Togo?
MyriamOn est arrivé en novembre 2013 jusqu'en mars 2025. Ce qui reste, en tout cas pour moi, ce sont les personnes, les relations qui ont été tissées, le souvenir de vies transformées, au niveau physique, c'est vrai, mais aussi des vies transformées. Alors bien sûr, forcément, on aime parler ou se souvenir des fruits, même si on n'en a pas toujours vu. Plusieurs qu'on a accompagnées jusqu'au décès, mais qui nous restent en tête. Il y a des familles, des gens pour lesquels on peut continuer de prier, même à distance.
TimothéeEt puis beaucoup de joie aussi. Ce qui nous reste, ce sont ces relations, ces personnes avec lesquelles on a pu passer du temps, avec lesquelles on a pu se frotter, se pardonner, avancer ensemble. Pour moi, je le dis souvent: c'est une formation, qu'on a faite, qui a été un encouragement personnel et pour un certain nombre. Une formation de quatre ans dans laquelle, avec nos frères et nos sœurs, on a appris à interpréter, on a appris à exposer la parole de Dieu. Et ça, pour moi, c'était vraiment le point culminant, de grandir moi-même, mais de voir aussi mes frères et sœurs le faire avec moi. C'était fantastique.
MyriamVoilà.
FlorentAlors moi aussi, j'ai été dans cet hôpital où vous avez servi il y a quelque temps. Et j'ai essayé de vanter mon année de médecine parce que j'ai fait une année de médecine auprès d'un chirurgien et je lui ai dit que je pouvais le remplacer s'il voulait. Il n'a pas voulu, mais il m'a accueilli dans sa salle opératoire et j'ai eu le bonheur d'assister à des opérations. J'ai pris plein de films, plein de photos que je voulais montrer à mes amis et personne ne voulait les voir parce qu'ils trouvaient ça trop dégoûtant. Mais j'imagine tout l'impact médical magnifique qui a eu lieu, et le témoignage d'amour qui a été donné.
MyriamAvec le recul, ce n'est pas ce qui me reste le plus.
FlorentBien sûr.
MyriamAlors que je suis sûre que le témoignage médical a son importance, mais c'est vraiment les noms, plein de noms, plein de visages qui viennent en tête grâce à ce côté médical. En tout cas pour moi, c'est vrai que ça a ouvert beaucoup de portes.
FlorentTu as parlé de gens que tu accompagnais jusqu'à la mort. Peut-être certains ont embrassé la foi?
MyriamAlors au moins l'un ou l'autre, dont on est au courant, effectivement.
FlorentEt ça, c'est quelque chose de spectaculaire. Quand on pense à la difficulté qu'on a parfois de voir nos amis, nos proches rejeter l'image de Christ, mais se dire que certains font vraiment un pas de foi, qu'on les retrouvera pour toute l'éternité, c'est majeur.
MyriamEt le côté inverse aussi. Et ça, peut-être qu'on aurait dû être hyper spirituels, mais ce qui nous a motivé, c'était vraiment l'amour pour les âmes perdues. On ne l'a même pas dit, mais justement, d'accompagner certains et de voir autant de décès en se disant, où sont-ils aujourd'hui? Ça nous rappelle l'importance d'annoncer l'Évangile à qui on peut, où on peut, quand on peut parce qu'en fait parfois la mort vient et sans prévenir.
FlorentMerci. Alors de ces années-là, deux, trois leçons qui vous sont chères, que vous aimeriez partager?
TimothéeOui... beaucoup de leçons....
FlorentLe podcast est court, désolé...
TimothéeOui, ça pourrait paraître une évidence ici dans la vie de tous les jours aussi: on n'est vraiment jamais au contrôle de ce qui se passe, c'est Dieu qui est au contrôle !
FlorentOn a besoin de l'entendre en Occident.
TimothéeOui, c'est tellement vrai dans tellement de situations, tellement de plans qui finalement ne se passent pas comme prévu, etc. Et puis des fois Dieu qui agit tellement plus par ses propres moyens que ce que nous avions prévu. Donc vraiment on n'est pas au contrôle, ça nous met à genoux, on est souvent témoin de la mission plus qu'acteur de la mission. Dieu nous utilise quand même dans sa grâce. Mais ça nous invite aussi, et avec le recul je vois vraiment en tout cas le manque pour moi, un appel vraiment à prier, à la prière dans le ministère. Dieu fait beaucoup plus quand on prie.
MyriamOui, et je pense qu'il y a une phrase qui dit:
Quand je travaille, je travaille, mais quand je prie, Dieu travaille”
Et je pense que même dans nos églises, dans nos cultes, et pour nous aussi, missionnaires, c'est parfois un défi.
Voilà, on est peut-être un peu trop direct, mais à dire franchement: je pense que la prière pour moi reste un élément fondamental. Et Dieu a ses moyens pour nous le rappeler! En tout cas quelque chose qui m'a vraiment interpellé, ou qui m'a travaillé pendant ces années: il y a quand même des moments de solitude. On n'a pas forcément toujours un vis-à-vis ou la culture est différente et on ne voit pas toujours les fruits mais ça nous pousse dans les bras de Dieu! Et malheureusement, parfois, on ne le fait pas automatiquement, mais ça m'a aidé à développer mon intimité avec Dieu, en se souvenant que la prière, ce n'est pas une partie, mais c'est le ministère lui-même. La prière fait partie du ministère lui-même.
FlorentAlors moi, je réalise que dans les films qui parlent de mission, de missionnaires, ils sont souvent des gens un peu étranges et des gens bizarres. On l'assume aussi en tant que chrétien. On est un peu une tribu à part. Mais c'est quoi être missionnaire?
TimothéeJe pense que c'est être qui on est dans notre relation avec Dieu auprès des peuples vers lesquels il nous envoie.
FlorentIl y a bien une notion d’envoyé et d'être témoin malgré la frontière transculturelle qui représente une complexité particulière.
MyriamOn m’a répété plusieurs fois:
Si tu n’es pas missionnaire, tu es démissionnaire.”
MyriamEt je pense que tout chrétien en tout cas est appelé à être missionnaire là où il est dans le sens de faire des nations des disciples, les différentes nations sont parfois à notre porte, en tout cas mon prochain, c'est celui que je côtoie. Et après, c'est vrai qu'on parle plus de mission pour partir à l'étranger. Mais déjà là où je suis.
FlorentAlors justement, l'Église dans tout ça. Parce que c'est vrai que souvent c'est un peu un point complexe, l'articulation entre l'Église locale et le travail missionnaire. Comment voyez-vous les choses? Quelle est la place de l'Église dans la mission?
TimothéeJe pense que c'est central ! C'est l'Église qui est en mission en réalité. Ce n'est pas juste un ministère pour une partie de l'Église ou bien encore un projet ponctuel, un voyage ou un tableau au fond de la salle de culte. C'est l'Église qui est à l'œuvre dans la mission auprès et au loin.
MyriamSi on reprend Abraham dans l’Ancien Testament:
Tu seras une source de bénédiction et je te bénirai”
MyriamLe peuple de Dieu était appelé à être une source de bénédiction pour tous ceux autour, et aujourd’hui par l'Église, son rôle est d'être missionnaire elle-même, et pas forcément d'avoir une scission Église-Mission, mais vraiment de travailler ensemble.
TimothéeEt en ça, être une source de bénédiction, c'est un privilège. On a pu le voir dans le quotidien, dans certains exemples, certaines situations vécues, où nos Églises d'envoi ont pu être partenaires dans certaines situations, et ont pu voir dans une lettre de nouvelles une famille avec problème de santé, ils ont pu s'investir dans la prière pour cette famille, ont pu même soutenir d'une manière particulière, et puis voir les fruits aussi. On a été réjouis de voir ce que Dieu peut faire au travers de la prière des Églises d'envoi et de leurs actions aussi. C'est un privilège et une source de bénédiction.
MyriamJe pense qu'il y a vraiment un aspect de vision aussi, certains n'ont pas grandi, nous on a eu ce privilège de grandir dans l’Église et ils ne connaissent pas trop. Et je pense que l'Église a vraiment un rôle d’information en organisant des rencontres de prières, des réunions d'information sur tel ou tel ministère, de susciter une vision, peut-être d'encourager des gens à s'engager, que ce soit à 100%, que ce soit ici, que ce soit là-bas, d'accompagner.
Et puis concrètement aussi, on a parlé de la prière, mais aussi financièrement, nous on était bien contents qu'il y en ait qui travaillent ici pour qu'on puisse partir. Et on sait que c'est parfois des sacrifices, et ça vraiment on est très reconnaissant à tous ceux qui nous ont permis d'être là-bas.
Et finalement, l'accueil des missionnaires, quand on revenait régulièrement, c'est vrai qu'on n'a pas de logement, donc les gens qui nous ont accueillis, logés, c'est une façon aussi pour l'Église de servir.
TimothéeOui. On pourrait donner beaucoup de témoignages sur la manière dont Dieu nous a surpris. Et puis c'est vrai que la tâche semble énorme, et c'est vrai quand on voit, il y a beaucoup de missions aussi, il y a beaucoup de champs missionnaires, beaucoup de possibilités, tellement de peuples non atteints encore par l'Évangile. La tâche est grande. Ça peut être d'un côté décourageant, mais je pense que c'est vraiment la démarche de se mettre devant Dieu en tant qu' Église et de lui demander de nous utiliser. Il n'y a pas besoin d'être d'une grande Église finalement pour faire des grandes choses. On a été souvent encouragé d'entendre le témoignage de petites Églises qui avaient vraiment dans leur ADN dès le début de leur implantation cette vision pour la mission, pour être une source de bénédiction auprès, mais aussi au loin. Et ça c'est tellement encourageant.
FlorentOui. Je me souviens du pasteur d'une grande Église qui disait une lumière qui brille fort, brille loin. Et donc il n'avait aucun problème à voir que son témoignage local devait avoir un impact global. Et je pense que les Églises doivent vraiment veiller à ne pas être centrées sur leur témoignage local seulement, de projeter aussi la beauté et l'amour de l'Évangile au loin. Ça c'est important que les pasteurs l'entendent, soutiennent financièrement, soutiennent dans la prière, valorisent le travail, encouragent les vocations. Et moi je sais qu'en tant que jeune chrétien, alors je n'ai pas eu ce privilège, je suis débarqué dans la foi, j'avais 18 ans, mais j'ai lu des biographies qui m'ont fait pleurer et qui ont préparé mon cœur à m'engager. Que ce soit les classiques, Hudson Taylor, Charles Studd, Bruce Olson \[...\]
Myriam...Mary Slessor, Amy Carmichael ! Moi j'ai lu les femmes ! (rires).
Timothée...James Fraser.
FlorentExcellent! Jai moins lu ces biographies là.
MyriamC'était mon rêve d'avoir un orphelinat avec plein d'enfants, des petits enfants africains.
FlorentC'est vrai? Alors comment ça se fait... (Tu n'en es toujours pas là?)
MyriamBen, je suis encore là et on sait pas.
FlorentEh bien, c'est la prochaine étape.
Myriam(À Timohée) Regarde, c'est une prophétie! (rires)
FlorentJe suis connu pour lancer des prophéties de ce genre ! (rires) Écoute, en tout cas c'est formidable d'en parler. Un individu comme ça qui cultive ce rêve, cette idée, cette ambition de partir en mission, c'est quoi la première étape? Qu'est-ce qu'il doit faire? Qu'est-ce qu'il doit regarder? J'espère que ça va concerner certains de ceux qui nous voient et nous écoutent.
MyriamJe pense que déjà la première chose en tant qu'individu à titre personnel, c'est de s'engager dans son Église. Parce que c'est facile de dire j'aimerais partir en mission et puis d'attendre ou de se projeter et de rien faire localement. L'amour pour les autres ou le don de service entre guillemets ne viendra pas à une fois partie.
FlorentJe ne peux pas soutenir plus ce que tu viens de dire. C'est tellement important. Et moi dans un poste de recruteur parfois, je demande à la personne qui veut devenir missionnaire, je dis mais tu fais quoi maintenant? Parce que s'il ne le fait pas dans son environnement, il ne le fera pas à l'étranger.C'est encore plus difficile.
MyriamEt je pense vraiment que c'est un point. Après, moi quand j'étais dans mes études, puis on avait deux jeunes enfants, et j'étais dans l'internat, etc., on ne s'engage pas forcément de la même façon, le temps est ce qu'il est, mais d'être fidèle, d'être vraiment engagé fidèlement dans l'Église, et ce n'est pas forcément d'être dans toutes les activités, je parle d'un engagement du cœur déjà, et puis après qu'il se manifeste comme on peut à l'extérieur.
TimothéeOui, et puis de se placer devant Dieu, vraiment de lui demander, Seigneur, qu'est-ce que tu veux que je fasse? Est-ce qu'il y a une direction particulière? Enfin, d'être disponible en tout cas, d'avoir cette attitude-là régulièrement. Je pense que vraiment l'Église a vraiment son rôle à jouer pour discerner les dons, pour susciter une vocation particulière aussi, ça a vraiment un rôle très important, l'Église locale.
MyriamDieu nous met quelque chose à cœur parfois, ou c'est juste une pensée, parfois ça peut commencer même par une insatisfaction de sa vie actuelle, une volonté de plus et de se mettre vraiment devant Dieu. Passer du temps dédié pour le jeûne, la prière, passer du temps dans la parole, et Dieu se révèle au travers, parce que nos pensées fluctuent, les émotions, mais passer par le fil de la parole, parler avec les gens autour de soi, les gens en qui on a confiance, les encouragements spirituels. “Le salut est dans le grand nombre de conseillers”, nous dit le livre des Proverbes.
FlorentExcellent. Moi j'ai une dernière question, il existe pas mal de missions, alors il y en a moins en France qu'il y en a aux Etats-Unis, par exemple, en Amérique du Nord ou en Angleterre, un jeune qui se dit: “mais comment connaître les missions qui existent? Où aller? Toi maintenant tu es un des responsables de la mission Ami-p, je crois, qu'est-ce que tu dirais à ce jeune qui voit toutes ces missions, il fait quoi?
TimothéeJe pense qu'il pourrait commencer en passant par peut-être des responsables de son Église. Au-delà de s'informer au travers de salons qui existent comme Propulsion une fois par an. S'engager, peut-être, dans un voyage découverte pour découvrir un champ missionnaire en particulier, ça se fait dans une démarche globale avec les responsables d'église, des hommes sages qui peuvent conseiller aussi.
FlorentLes expériences court terme, ça peut être organisé par une église, Opération Mobilisation, en propose souvent, la SIM en propose également.
TimothéeVoilà, ça c'est des voyages découvertes qui existent déjà, il peut y avoir des voyages d'accompagnement, il y a pas mal d'opportunités diverses qui peuvent exister.
MyriamParfois simplement de se renseigner sur les différents besoins sur Connect Mission par exemple. Si quelqu'un veut partir avec son métier, il peut regarder le type de métier qu'il demande, d'autres ont peut-être déjà une idée du continent, en sachant que Dieu peut changer ça aussi, mais ça donne une idée en tout cas de ce qui est recherché. Et puis continuer, poser les questions, effectivement, visiter au besoin.
FlorentExcellent. Alors, de façon très prosaïque, ma femme avait 20 ans, elle était vraiment dans le monde, le Seigneur l'a touché, et puis elle était tellement attirée par la mission, -elle est américaine- et quand elle est allée voir le pasteur qui s'occupait des déploiements missionnaires dans son Église, c'était une très grande église, il lui a dit: “Tu as appris des langues à l'école?” Elle a dit: “J'ai fait un an de français” Ok. “Tu aimes le chaud ou tu aimes le froid?” , “Je ne supporte pas le chaud.” Ok. ce ne sera pas l'Afrique, ce sera la France.
Ça fait des dizaines d'années maintenant qu'elle est en France et je me dis, ce n'est pas très spirituel comme orientation, mais en fait, Dieu va utiliser des choses très communes finalement pour orienter nos vies parce qu'il règne sur nos circonstances.
MyriamC'est pour ça que j'attends qu'il me renvoie en Afrique, où il fait un peu plus chaud. (rires)
FlorentUn dernier mot?
Non, simplement demander au Seigneur jour après jour de nous diriger dans cette direction-là où il veut qu'on le serve et il le fera !
MyriamMoi, je pense que clairement, il se révèle à ceux qui le cherchent, pas comme on l'attend, pas toujours comme on le souhaite, mais clairement, il voit le cœur qui veut le servir et il ouvre les portes. Clairement, il voit le cœur qu'il veut servir et il ouvre les portes.
FlorentMerci, moi ce que je vous encourage à lire, c'est le livre de David Giles, l'ancien directeur de notre mission. Il a rapporté l'histoire du fondateur de notre mission en Afrique et il l'a fait de telle sorte qu'il y a plein de petites questions de réflexion. Donc ça s'appelle “Une vie consacrée, une nation transformée” publié aux éditions Clé. Mais ça peut être une lecture à la fois qui met au défi, mais aussi une lecture qui va permettre de réfléchir sur certaines questions de ce processus.
Un immense merci à vous d'avoir accepté de parler sur cet épisode et je prie qu'il y ait uneimmense moisson d'hommes et de femmes qui se lèvent pour être des témoins au-delà des cultures qui sont les nôtres.
Timothée & MyriamAmen. Merci Florent.