Noël est souvent perçu comme une fête de famille avant d’être une fête religieuse. Quand "famille" rime avec "blessures", cette période est particulièrement douloureuse. Mais avant la dinde et les décorations, il y a une autre histoire à découvrir: la généalogie de Jésus. Matthieu nous montre que, derrière chaque nom, Dieu a tissé sa fidélité et sa grâce, préparant la venue du Sauveur à travers des vies humaines imparfaites.
Version écrite de la prédication
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Dans l’histoire, beaucoup d’hommes se sont pris pour Dieu. Et d’une certaine manière, nous nous prenons tous un peu pour Dieu dans notre façon de vivre: nous aimerions être à sa place. Mais ce qui est incroyable, ce qui est sublime, ce qui dépasse même notre entendement, c’est que Dieu, lui, ait voulu devenir un homme.
Nous voulons être Dieu? C’est de la folie. Mais Dieu, dans sa sagesse, a voulu devenir un homme, parce que c’était son plan pour venir nous sauver et se révéler pleinement à nous.
Quand on réfléchit à Noël, on pense souvent à la crèche, à Jésus dans la mangeoire. Mais ce matin, je voudrais qu’on prenne un peu de recul et qu’on regarde, à travers un texte des évangiles, comment Dieu a préparé ce projet pour que son Fils vienne au monde. Je vous invite à ouvrir avec moi l’Évangile selon Matthieu, chapitre 1. Ce sont les premiers mots du Nouveau Testament que nous allons lire. Matthieu 1, versets 1 à 17:
Écoutez bien, car si vous cherchez des idées de prénoms pour vos futurs enfants, vous allez être servis! Certains d’entre vous pensent peut-être: “Oh non, une généalogie… On va lire des noms les uns après les autres, c’est ennuyeux!” Mais je vous invite à être attentifs aux noms qui vont être cités.
Voici la généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham. Abraham engendra Isaac; Isaac engendra Jacob; Jacob engendra Juda et ses frères; Juda engendra Pérets et Zérach de Tamar; Pérets engendra Hetsron; Hetsron engendra Aram; Aram engendra Aminadab; Aminadab engendra Nachshon; Nachshon engendra Salmon; Salmon engendra Boaz de Rahab; Boaz engendra Obed de Ruth; Obed engendra Isaï; Isaï engendra David. Le roi David engendra Salomon de la femme d’Urie; Salomon engendra Roboam; Roboam engendra Abija; Abija engendra Asa; Asa engendra Josaphat; Josaphat engendra Joram; Joram engendra Ozias; Ozias engendra Jotham; Jotham engendra Achaz; Achaz engendra Ézéchias; Ézéchias engendra Manassé; Manassé engendra Amon; Amon engendra Josias; Josias engendra Jéconias et ses frères, à l’époque de la déportation à Babylone. Après la déportation à Babylone, Jéconias engendra Shealthiel; Shealthiel engendra Zorobabel; Zorobabel engendra Abiud; Abiud engendra Éliakim; Éliakim engendra Azor; Azor engendra Sadok; Sadok engendra Achim; Achim engendra Éliud; Éliud engendra Éléazar; Éléazar engendra Matthan; Matthan engendra Jacob; Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qu’on appelle le Christ. Il y a donc en tout quatorze générations depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations depuis David jusqu’à la déportation à Babylone, et quatorze générations depuis la déportation à Babylone jusqu’au Christ.
C’est vrai qu’à Noël, on a plutôt l’habitude d’entendre parler de Jésus dans la mangeoire. Mais je vous propose ce texte, car on a souvent tendance à sauter ces généalogies, à les lire vite, en se disant: "Bon, ce n’est pas très intéressant, c’est juste une liste de noms." Pourtant, elles sont essentielles. Elles ancrent la venue de Jésus dans l’histoire. Matthieu a choisi de commencer par une généalogie pour planter le décor. C’est comme dans un film: si on rate le début, on ne comprend pas vraiment ce qui se passe ensuite. Matthieu veut poser le décor et nous rappeler que cette généalogie est essentielle.
Pourquoi commence-t-il par une généalogie, alors que d’autres, comme Jean, ne s’y intéressent pas? Que nous apprend-elle? Je crois qu’il y a deux grands rappels sur qui est Dieu et ce qu’il fait. Deux trésors qui vont nourrir notre foi quand nous plongeons notre regard dans cette généalogie.
Le premier grand rappel: Dieu est fidèle à ses promesses
Matthieu écrit cette généalogie avec un premier verset qui résume tout:
Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham.
Que veut-il nous dire en soulignant que Jésus est le fils de David et le fils d’Abraham? Ce passage résume en quelque sorte tout l’enseignement de l’Ancien Testament. Ces deux personnages ont joué un rôle charnière dans l’histoire de la rédemption, dans le projet de Dieu de racheter et de se faire un peuple.
David, le roi, est à l’origine de la royauté sur la nation d’Israël. Abraham est l’ancêtre de tous les Juifs, celui à qui Dieu a fait la première promesse. Quand on parle de David et d’Abraham, on pense aux deux plus grandes promesses de Dieu faites à son peuple.
Quand un Juif du Ier siècle ouvrait l’Évangile selon Matthieu et lisait "Jésus, fils de David, fils d’Abraham", il se disait: "Oh oui, Dieu a été fidèle à ses promesses!"
Fils de David
Matthieu rappelle la promesse faite au roi David, mille ans avant la naissance de Jésus. David était le plus jeune d’une fratrie, mais Dieu l’avait choisi, ce jeune berger rempli d’affection pour lui. Dieu l’a établi roi sur son peuple. David était un homme selon le cœur de Dieu, imparfait, mais qui L’aimait plus que tout. Malgré ses fautes, il est toujours revenu à Dieu. son rôle était d’être le représentant de Dieu auprès de son peuple, de diriger selon sa volonté et de rappeler ses commandements.
Dieu a fait à David une promesse extraordinaire, rapportée dans 2 Samuel 7:
Je ferai surgir après toi ton descendant, celui qui sera issu de toi, et j’affermirai son règne. Ce sera lui qui construira une maison en l’honneur de Mon nom, et j’affermirai pour toujours le trône de son royaume. Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils.
Plus tard, David chante dans le Psaume 89:
J’affermirai sa descendance pour toujours, et j’établirai son trône pour l’éternité.
Dieu avait promis à David qu’il y aurait toujours un roi de sa lignée sur le trône. Mais l’histoire d’Israël nous montre que, dès Salomon, le royaume s’est divisé, puis a été emporté par les déportations. À l’époque de Jésus, ça faisait quatre cents ans que Dieu n’avait plus parlé. Pourtant, il n’avait pas oublié sa promesse. Par le prophète Isaïe, il avait donné des indices précieux:
Un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et la souveraineté reposera sur son épaule. On l’appellera: Conseiller merveilleux, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix (Ésaïe 9.6)
Cet enfant, né de la postérité de David, serait Dieu lui-même, venu pour régner parfaitement et conduire son peuple à la perfection. Pendant des siècles, le peuple juif a cru que Dieu avait abandonné sa promesse. Mais Jésus, le fils de David, est venu accomplir cette promesse. Il est le Roi ultime, le Roi des rois, celui qui a toute autorité, et qui vient délivrer son peuple de sa condition, de son péché, et établir son règne sur lui.
Fils d’Abraham
Cette promesse remonte encore plus loin, à environ 2000 ans avant Jésus. Abraham était un homme lambda, un "Monsieur Tout-le-monde". Pourtant, Dieu l’a choisi, il s’est révélé à lui et l’a appelé à le suivre et à écouter ses promesses.
Dieu lui a fait une promesse inattendue:
Toutes les familles de la terre seront bénies en toi. (Genèse 12.3)
Toutes les nations de la terre seront bénies en ta descendance, parce que tu m'as obéi. (Genèse 22.18)
Dieu a promis à Abraham une descendance qui serait une bénédiction pour toutes les nations. Cette descendance a formé un peuple, préparant la venue du Messie, qui serait une bénédiction pour le monde entier.
Cette généalogie donne de la texture à la naissance de Jésus. Au Ier siècle, Israël était un peuple sans souverain, la lignée de David était sans roi, et la promesse faite à Abraham semblait lointaine. Pourtant, Matthieu conclut en disant qu’il y a eu quatorze générations d’Abraham à David, quatorze de David à la déportation à Babylone, et quatorze de la déportation à Babylone jusqu’au Christ. Il divise l’histoire en trois étapes, montrant que Dieu a dirigé tout pour que l’histoire aboutisse à l’incarnation de son Fils.
Le deuxième grand rappel: Dieu est un Dieu de grâce
Cette généalogie, c’est comme une photo de famille. Quand on fait une photo de famille, on choisit les plus belles images, on cache les membres dont on a honte, ceux qui ont fait du mal. Mais Matthieu nous présente l’album de famille de Jésus. Qui met-il en avant? On pourrait s’attendre à voir les plus grands héros d’Israël, les plus vertueux. Mais Matthieu attire notre attention sur d’autres personnages.
Prenons Abraham, Isaac et Jacob, les trois grands patriarches d’Israël. Leur histoire est marquée par des manquements: manque de courage, d’intégrité, conflits familiaux, stérilité, trahisons. Pourtant, c’est cette famille dysfonctionnelle que Dieu a choisie.
Matthieu mentionne aussi Juda, qui a eu Pérets et Zérach de Tamar. Tamar, belle-fille de Juda, veuve, s’est déguisée en prostituée pour séduire son beau-père. Scandale! Pourtant, c’est d’elle que descendra Jésus.
Puis il y a Rahab, une prostituée étrangère de Jéricho, qui a aidé Israël à conquérir la ville. Elle a été intégrée au peuple de Dieu, et c’est elle que Dieu a choisie pour être dans la lignée de Jésus.
Il y a aussi Ruth, une étrangère moabite, qui a épousé Boaz et est devenue l’arrière-grand-mère de David.
Et que dire des rois? Salomon, fils de David et de Bethsabée, née d’un adultère et d’un meurtre. Roboam, qui a divisé le royaume. Manassé, si méchant que Dieu l’a maudit. Josias, l’un des rares bons rois, mais même lui n’était pas parfait.
Matthieu ne cache rien. Il montre que la grâce de Dieu ne dépend pas de la vertu des hommes. Il a choisi des personnes imparfaites, pécheresses, parfois méprisables, pour accomplir son plan.
Don Carson résume cela parfaitement:
La grâce ne coule pas dans le sang, mais la providence de Dieu ne peut être trompée ou déjouée.
Dans cette généalogie, on voit que ce n’est pas une chaîne de vertus qui se transmet, mais la grâce de Dieu qui s’impose malgré les fautes.
Dieu a choisi cette famille pour Jésus, non à cause de leurs qualités, mais parce qu’il a choisi d’aimer des gens qui ne le méritaient pas. S’il a été fidèle, génération après génération, c’est pour conduire l’histoire jusqu’à la venue d’un Sauveur.
Cette généalogie nous rappelle que l’homme, même quand Dieu se révèle à lui, même quand il lui fait les plus grandes promesses, n’est pas capable de les tenir. Il faut que Dieu lui-même accomplisse ses promesses.
Dieu le Père aurait pu faire naître Jésus dans une famille riche, puissante, respectée. Mais il a choisi cette famille, avec ses scandales, ses trahisons, ses faiblesses. "On choisit ses amis, mais pas sa famille", dit l’adage. Mais Dieu, lui, a choisi cette famille-là.
En devenant homme, Jésus s’est humilié. son abaissement ne commence pas à la crèche, mais bien avant, par tous ces ancêtres imparfaits. Il a tout partagé de notre humanité, jusqu’à ses pires traits. Il a connu une famille dysfonctionnelle, comme beaucoup d’entre nous.
L’apôtre Paul écrit dans Philippiens 2.6:
Lui qui est de condition divine n’a pas regardé son égalité avec Dieu comme un butin à préserver, mais il s’est dépouillé lui-même en prenant la condition de serviteur, en devenant semblable aux êtres humains. il s’est humilié lui-même, faisant preuve d’obéissance jusqu’à la mort, et la mort sur une croix.
La naissance de Jésus était son entrée dans un long couloir de souffrance et de mort. Toute sa vie, il a vécu dans ce couloir, menant une vie parfaite, accomplissant les promesses du Père, révélant son cœur. Cette vie a conduit à une mort unique: un choix, une décision prise avant la fondation du monde, un cadeau pour porter la condamnation de quiconque croirait en lui.
Jésus a dit:
Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. (Matthieu 20.28)
L’apôtre Paul ajoute:
Il s’est donné lui-même pour nous afin de nous racheter de toute faute et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié et zélé pour de bonnes œuvres. (Tite 2.14)
La venue de Jésus, son identification totale à notre humanité, sa mort et sa résurrection donnent de l’espoir à toutes les familles de la terre. La bonne nouvelle, c’est que Dieu veut adopter des personnes de toutes les familles dans la sienne. Aucune famille n’est trop sombre, aucun fardeau trop lourd pour que la grâce de Dieu ne puisse agir.
Dieu veut faire de nous ses enfants. Il a rendu cette adoption possible en envoyant son propre Fils mourir pour nous réconcilier avec lui. Quiconque place sa foi en Jésus fait partie de cette famille.
Cette généalogie nous rappelle que Dieu a protégé souverainement la postérité d’Abraham et de David, pour accomplir au moment fixé sa promesse de sauver quiconque croit en lui, parmi toutes les nations.
C’est pour cela que Matthieu commence par une généalogie: pour nous rappeler que les promesses de Dieu et sa grâce sont valables pour tous.