Prédications TPSG

      04. L'ultime tentation (Matthieu 26.36-46)

      Combat spirituelSouffrances et la mort de ChristCombat contre le péché

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      Découvrez cette quatrième prédication de la série sur Matthieu 26.

      L’ultime tentation (Matthieu 26.36-46)

      Introduction

      Il est des événements qui semblent insignifiants à l’impact disproportionné.

      • Je vous présente Gavrilo Princip. Il faisait partie d’un groupe terroriste de 6 personnes qui voulait unir la Yougoslavie. Leur groupe s’était positionné pour tuer l’archiduc Ferdinand d’Autruche. Le groupe a lancé une grenade sur le convoi, blessant deux personnes. Gavrilo Princip fuit. Plus tard dans l’après-midi, il prend un croissant dans un café et voilà que par hasard, le conducteur de l’archiduc se trompe de route, passe devant. Princip se lève et tue cet homme à bout portant. L'Autriche déclare la guerre à la Serbie — et l'engrenage s'emballe, la 1ère guerre mondiale a commencé. Elle emportera 20 millions de morts.
      • Alexander Fleming était un médecin et microbiologiste écossais. Notre homme eut la mauvaise idée de partir en vacances, et il oublie de fermer une boîte de pétri, une culture de bactéries. A son retour, il découvre qu’une moisissure (Penicillium notatum)a colonisé la culture et tué toutes les bactéries autour d'elle. Fleming comprend ce qu'il voit. Il vient de découvrir le premier antibiotique, des molécules qui auraient sauvé la vie de plus de 200 millions d’individus.
      • 31 octobre 1517, un prêtre, enseignant à l’université, s’oppose aux indulgences en affichant 95 thèses à débattre dans l’université. Mais l’imprimerie vient d’être inventée 60 ans auparavant. Ses thèses se répandent rapidement, lançant le mouvement protestant, et sans le vouloir, les guerres de religions qui enflammeront l’Europe – mais aussi la modernité, la notion de vérité prélude à l’émergence de la science…

      Ces étincelles ont engendré des feux massifs. Ces événements ont bien entendu des causes plus profondes et le bois était sec, près de s’enflammer. Mais l’histoire retient surtout l’étincelle qui a tout lancé… C’est souvent un petit caillou qui déclenche de grandes avalanches.

      L’histoire que nous allons lire est l’une des plus discrètes de tout l’Évangile. Mais c’est l’une des plus conséquentes de toute la Bible. Jésus accepte d’accomplir jusqu’au bout sa mission, celle de mourir sur la croix pour nos péchés. Jésus choisit d’obéir au plan divin.

      Matthieu 26.36–46

      36 Là-dessus, Jésus alla avec eux au lieu-dit Gethsémané et il dit aux disciples : Asseyez-vous ici, pendant que je m’éloignerai pour prier. 37 Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commença à être saisi de tristesse et d’angoisse. 38 Il leur dit alors : Mon âme est triste jusqu’à la mort, restez ici et veillez avec moi. 39 Puis il s’avança un peu, se jeta la face (contre terre) et pria ainsi : Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas comme je veux, mais comme tu veux. 40 Il revint vers les disciples, qu’il trouva endormis ; il dit à Pierre : Vous n’avez donc pas été capables de veiller une heure avec moi ! 41 Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation ; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible. 42 Il s’éloigna une deuxième fois et pria ainsi : Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! 43 Il revint et les trouva encore endormis ; car leurs yeux étaient appesantis. 44 Il les quitta, s’éloigna de nouveau et pria pour la troisième fois en répétant les mêmes paroles. 45 Puis il revint vers ses disciples et leur dit : Vous dormez maintenant, et vous vous reposez ! Voici que l’heure est proche, où le Fils de l’homme va être livré aux mains des pécheurs. 46 Levez-vous, allons ; celui qui me livre s’approche.

      Jésus démontre une dernière fois qu’il est l’Homme de toute obéissance, l’Agneau sans tache, seul capable de susciter une nouvelle humanité

      Jésus est l’Homme parfait qui engendre une nouvelle humanité.

      L’angoisse de Jésus

      36 Là-dessus, Jésus alla avec eux au lieu-dit Gethsémané et il dit aux disciples : Asseyez-vous ici, pendant que je m’éloignerai pour prier. 37 Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commença à être saisi de tristesse et d’angoisse. 38 Il leur dit alors : Mon âme est triste jusqu’à la mort, restez ici et veillez avec moi.
      Matthieu 26:36-38

      Jésus vient de terminer le repas de la pâque avec ses disciples. Judas a quitté la troupe pour trahir Jésus. Le Seigneur se retire avec ses disciples dans un petit jardin comportant des oliviers… D’un côté Jérusalem, sur le côté le mont des Oliviers, qui est en fait un gigantesque cimetière avec des dizaines de milliers de tombes.

      Il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean.

      • Dans toutes les listes des 4 évangiles, les apôtres sont toujours regroupés en 3 groupes de 4 personnes. Leur position au sein de ces sous-groupes de 4 est différente d’une liste à l’autre, mais ils font toujours partie de ces groupes.
      • Chaque groupe est mentionné par ordre d’intimité avec Christ. Cela va de Pierre le ‘premier’ à Judas le traître. Du premier groupe dont au connaît bien le parcours, au dernier groupe dont on ne connaît pas grand-chose.
      • Jésus prend ces trois plus proches amis ; ceux à qui il avait déjà révélé sa gloire lors de la transfiguration.

      C’est un moment touchant dans la vie de Christ. Il recherche le réconfort du Père alors que la mort s’approche. Certains sont déroutés par ce texte. (1) si Jésus est Dieu a qui prie-t-il ? (2) faiblesse psychologique de Jésus ?

      Nos amis musulmans ou TdJ ou les unitariens – qui nient la Trinité – se moquent des chrétiens et utilisent ce passage pour dire : en réalité, si Jésus est Dieu qui prie-t-il ? Ce que la Bible souligne c’est qu’il y un seul Dieu et que Dieu est Trois personnes. Ce n’est pas le moment de le démontrer ici, mais il y a 2 versets que j’aimerais souligner avec vous, et qui sera utile pour ce message :

      • Dieu est communauté aimante. « Dieu est amour » (1 Jn 4.8, 4.16).

        C’est certainement la description de Dieu la plus facilement citée. Les théologiens du passé l’ont noté : Dieu ne peut être amour s’il n’est pas trinitaire. Aucun monothéisme strict ne pourra détecter de l’amour chez un dieu qui passe l’éternité… seul. Que pourrait-il éternellement aimer ? Au mieux il pourrait ressentir le contentement d’exister, et il pourrait s’imaginer un jour aimer quand quelque chose rendrait possible une telle vertu. Ce dieu-là ne serait pas intrinsèquement amour. Il aurait besoin d’inventer l’amour. L’univers serait issu de l’ennui et du désir d’expérimenter l’amour.

      • Dieu est communauté glorieuse. « Glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût » (Jn 17.5)

        La première image que nous pouvons former de Dieu, avant les temps, est celle d’un Être glorieux qui célèbre sa gloire. Dieu a du poids, de la beauté. Cette gloire serait vide de substance si aucun témoin ne pouvait l’observer, la reconnaître, la célébrer. En réalité, elle vibre de vitalité et de beauté parce qu’observée, appréciée, partagée, de toute éternité par chaque membre de la trinité. Dieu exalte Dieu ! L’appréciation, l’admiration, la louange, l’émerveillement de l’autre fait intimement partie de Dieu – et cela fera donc intimement partie de l’univers qu’il créera.

      De toute éternité, Père et Fils se regardent, unis par l’Esprit Saint, déversant l’amour et la vie qu’ils possèdent, chacun débordant d’honneur, de déférence, d’amour et de satisfaction… Dieu regarde Dieu avec émerveillement, vie d’amour et d’unité. Mais très bientôt, cette danse va cesser, le regard du Père sur le Fils va changer.

      Jésus commence à sentir le poids de ce changement.

      • Il cherche la compagnie de ses plus proche amis, Pierre, Jacques et Jean.
      • Il commence à être saisi de tristesse et d’angoisse. Luc nous dit qu’il était « en proie à l’angoisse ». Marc nous dit qu’il était *« saisi d’effroi et d’angoisse.
      • La tristesse, un mot qui exprime parfois le désespoir.
      • L’angoisse, un mot qui désigne le tourment le plus profond. L’intensité est difficile à partager. Jésus est comme « hors de lui-même » dans le sens où cette émotion lui est totalement étrangère.
      • Luc, auteur du 3e évangile, qui était médecin de profession, nous dit que « sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre » (Luc 22.44). Une condition médicale connue sous le nom d’hematidrosis : quand le corps tout entier vit une telle angoisse ; les vaisseaux capillaires se rompent, et le sang pénètre dans les glandes sécrétant la sueur. La température augmente, et génère cette sudation d’un mélange de sang et de sueur. On rapporte que Charles IX, ce roi infâme et lâche à l’origine de la St Barthélemy, sur son lit de mort, a connu cette même condition.

      « Mon âme est triste jusqu’à la mort ». C’est peut-être la 2nde surprise… Jésus a tout au long de son ministère annoncé sa mort – pourquoi soudainement est-il effrayé par cette dernière ?

      • Matthieu 16.21 « Jésus commença dès lors à montrer à ses disciples qu’il lui fallait aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, être mis à mort et ressusciter le troisième jour. »
      • Matthieu 17.22–23 *« … Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes ; ils le feront mourir, et le troisième jour il ressuscitera.
      • Matthieu 20.17–19 « … le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort et le livreront aux païens, pour qu’ils se moquent de lui, le flagellent et le crucifient, et le troisième jour il ressuscitera. »
      • Matthieu 20.28 « C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. »
      • Matthieu 26.2 « Vous savez que la Pâque a lieu dans deux jours, et que le Fils de l’homme sera livré pour être crucifié. »

      Jésus étant omniscient, il savait qu’il y aurait un supplice effrayant. Les gifles des gardes, la couronne d’épines, l’humiliation de 2 procès, les mensonges des faux témoins, la mise à nue, le cri des foules, la flagellation de dizaine de coups de fouets, le manteau qu’on pose à vif sur la plaie pour l’arracher plus tard, les blasphèmes de la foule… et puis le bois à porter, et puis les clous dans les os de de la cheville, et dans le nerf médian… la lente agonie qui se termine par une tétanisation globale conduisant à l’asphyxie…

      On comprend mieux la crainte. En tout cas, nous allons voir que ce n’est pas la mort qui l’effraie. C’est un aspect beaucoup plus terrifiant de sa mort. On regarde ceci dans un instant.

      L’intercession de Jésus

      39 Puis il s’avança un peu, se jeta la face (contre terre) et pria ainsi : Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas comme je veux, mais comme tu veux.
      Matthieu 26:39

      Alors le Fils de Dieu, habitué à une communion parfaite et aimante avec son Père, communion portée par l’Esprit, intercède.

      Luc nous dit qu’il s’éloigne de quelques mètres, et il se met à genoux, recroquevillé, poitrine et visage contre le sol. Il prie « Mon Père ».

      • Jésus distingue toujours le rapport qu’il entretient au Père et le nôtre. « Moi et le Père nous sommes un » (Jean 10.30). ce ne sera jamais notre cas.
      • En Marc il est dit que Jésus emploie le terme araméen Abba, Papa…
      • L’intensité du désarroi du Christ est soulignée par cette intercession trois fois répétée…

      Alors quelle est cette prière ? « que cette coupe s’éloigne de moi ». Que signifie « coupe » ici ? C’est une image pour évoquer ce que l’on doit boire mais qu’on ne veut pas boire. L’expression équivalente serait « avaler la pilule », accepter quelque chose avec difficulté. La coupe dans l’AT, n’est pas seulement le symbole de la mort mais surtout un symbole de jugement :

      • « Car il y a dans la main de l’Éternel une coupe, Où fermente un vin plein de mélange, Et il en verse : Tous les méchants de la terre sucent, boivent jusqu’à la lie. » Psaumes 75.9
      • Ce qui effraie Christ, ce n’est pas seulement la douleur physique et psychologique inimaginable qui l’attend. C’est le changement de regard de son Père.

      Dans quelques heures, voici ce qui va se passer.

      • Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous – car il est écrit : Maudit soit quiconque est pendu au bois – afin que, pour les païens, la bénédiction d’Abraham se trouve en Jésus-Christ et que, par la foi, nous recevions la promesse de l’Esprit (Galates 3.13–14)
      • Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. (2 Corinthiens 5.21)
      • Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, lui aussi, d’une manière semblable y a participé, afin d’écraser par sa mort celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et de délivrer tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans l’esclavage (Hébreux 2.14–15)

      Le théologien français Henri Blocher:

      Le Fils a souffert la seconde mort, ou son équivalent. Le plus affreux de la coupe qu’il n’a pas été possible d’épargner à Jésus a été la souffrance spirituelle du jugement divin qui l’a frappé. Puisqu’il portait nos péchés, il a été traité comme un coupable, il a senti peser sur lui la juste colère du Dieu saint (et lui-même s’éprouvait infiniment sale, dégoûtant, abominable, avec ces péchés sur lui – ainsi pouvons-nous imaginer) ; l’Écriture va jusqu’à dire qu’il est devenu malédiction pour nous (Ga 3,13). Cette souffrance était pour lui absolument étrangère, il l’a subie avec une sensibilité suprêmement affinée ; c’est par elle, sans doute, que la Croix dépasse et englobe toute douleur humaine. (La doctrine du Christ, p. 200-201)

      Ce qui se joue ici n’est rien de moins que la réussite de notre salut. Imaginez que j’ai un frère jumeau. Mais un jumeau parfait – moi je ne le suis pas. Imaginez que je commette un crime – et même plein de crimes ! Imaginez qu’on m’attrape on fasse un procès, et qu’on me condamne à mort.

      Imaginez maintenant que j’écrive à mon frère jumeau en lui disant, « toi qui a toujours été parfait, toi qui est toujours aimant et gentil, tu voudrais pas prendre ma place ? personne n’y verra que du feu – tu es mon frère jumeau ! »

      Et le frère jumeau dit « oui, je le ferai ». Et même, le juge est d’accord. Il faut que quelqu’un paye pour les crimes de Florent. Soit lui, soit un autre, mais le paiement est dû…

      Jésus est mon frère jumeau. Il est le vôtre si vous prenez refuge en son sacrifice. Il paye de sa vie nos infidélités à sa loi. Toutes. Hébreux 9.12 nous dit qu’il est entré dans le temple de Dieu « avec son propre sang. C’est ainsi qu’il (nous) a obtenu une rédemption éternelle. »

      Du même coup, on en apprend beaucoup sur la prière. J’aimerais ceci, mais pas ma volonté. Je suppose qu’on a beaucoup de liberté dans nos prières, même à demander des choses dont on est pas sûr qu’elles soient légitimes. Dieu entend. Dieu filtre. Ce qui compte c’est que nos mains soient ouvertes, et que nos cœurs restent malléables à un Seigneur dont la volonté est meilleure que la nôtre.

      Souvent, c’est la dissonance entre nos désirs et ce que Dieu permet dans nos vies qui endurcissent nos cœurs, nous éloigne de Dieu parce que nous devenons amers à son égard, et nous éloigne de l’Église parce que nous ne trouvons pas ce que nous voulons…

      « Jésus, je voudrais cela… mais pas ma volonté ». C’est cela la foi. Une foi confiante que moi je ne vois pas toujours bien, que mes désirs sont foireux et souvent égoïstes. Je les exprime – mais toi, tu sais mieux que moi ce qui est bien et je m’abandonne à toi… Jean Calvin, l’un des premiers leaders protestants remarque sur ce texte :

      Car dans leurs prières les fidèles ne montent pas toujours à la considération des secrets de Dieu, ou n’ont pas le loisir de regarder tout à l’aise ce qui peut se faire, mais quelquefois ils sont entraînés hâtivement par l’affection ardente de leurs souhaits.

      L’instruction de Jésus

      40 Il revint vers les disciples, qu’il trouva endormis ; il dit à Pierre : Vous n’avez donc pas été capables de veiller une heure avec moi ! 41 Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation ; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible.
      Matthieu 26:40,41

      Le seul moment où le Christ cherche le réconfort de ses proches… Au verset 38 Jésus avait dit : « Mon âme est triste jusqu’à la mort, restez ici et veillez avec moi. » Jésus, dans la faiblesse de son incarnation, voulait s’appuyer sur un petit réconfort…

      … Ils dorment. Incapable de veiller une heure et de prier avec Jésus ! Cette scène trois fois répétées révèle à la fois la profondeur du désarroi de Jésus et la faiblesse désarmante des disciples…

      Luc précise que les disciples se sont endormis de tristesse (Lc 22.45). Les grandes douleurs font l’effet d’un anesthésique. Il est dit que généralement les criminels condamnés à mort dorment profondément la nuit avant leur exécution.

      Le conseil de Jésus est d’autant plus important qu’il venait de les prévenir en Luc 22.31–32

      31 Simon, Simon, Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. 32 Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas, et toi, quand tu seras revenu (à moi) affermis tes frères.
      Matthieu 26:40,41

      • Parmi les centaines de prophéties que nous trouvons dans l’AT, plusieurs annonçaient que tous abandonneraient le Messie.
      • Jésus prévient les disciples à plusieurs occasions qu’ils feront défection.

      Il y a des vents contraires quand on devient Chrétien.

      • Parfois le monde persécute les chrétiens – dans beaucoup de pays être chrétien engendre la prison, la torture ou la mort.
      • Parfois le diable s’acharne pour tenter, pour calomnier, pour écraser ou pour accabler.
      • Parfois la lutte est intérieure, contre le péché, ce que Jésus décrit ici par « la chair est faible ». La chair c’est l’être humain pécheur, avec une nature héritée d’Adam, avec des habitudes de péché et d’égoïsme profondément ancré en lui.

      Jésus commande ici : « Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation ». Deux exhortations associées d’une conséquence :

      • « Veillez » : c’est surveiller. Etre conscient de ses points faibles. Le pire serait de se croire fort. On ne l’est pas. D’ailleurs, je ne sais de quoi je suis fait que dans le creuset de l’épreuve et de la tentation. C’est dans la mise à l’épreuve que je vois combien je suis faible. Veiller, c’est aussi naviguer dans la sphère de l’Esprit. Méditer l’Écriture chaque jour, même quand c’est dur. Passer du temps avec mes frères même quand c’est dur dans ma vie. Veiller c’est aussi regarder d’où vient l’adversaire qui peut nous renverser. C’est une conscience aigüe que tout peut basculer… Comme ce sera le cas bientôt de Pierre, et des autres apôtres.
      • « Priez » C’est reconnaître combien nous sommes dépendants. « délivre-nous du mal » nous enseigne Jésus dans le notre Père. C’est vivre à genoux souvent. Et vivre les bras levés au ciel souvent. Maintenir une vie devant Dieu faite de confession de nos péchés, autant que de joie du pardon que Christ nous offre. C’est choisir de se délecter de sa présence et de son pardon, et déclarez toutes les vérités dont nous profitons en Christ.
      • Colossiens 4.2 « Persévérez dans la prière, veillez-y avec actions de grâces. »

      Certains théologiens ont compris que l’Esprit Saint était disposé à nous venir en aide. La lecture est improbable. C’est plutôt l’esprit humain qui a la volonté de faire le bien, mais qui n’y arrive pas souvent.

      Bien entendu, notre résistance au péché est parfois faible. Voilà ce que nous rappelle Hébreux 4.15 « Car nous n’avons pas un souverain prêtre incapable de compatir à nos faiblesses ; mais il a été tenté comme nous à tous égards, sans commettre de péché. »

      Nous pouvons venir à Jésus, qui recouvre nos fautes, notre honte, nos peurs, de son sang…

      L’obstination de Jésus

      42 Il s’éloigna une deuxième fois et pria ainsi : Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! 43 Il revint et les trouva encore endormis ; car leurs yeux étaient appesantis. 44 Il les quitta, s’éloigna de nouveau et pria pour la troisième fois en répétant les mêmes paroles.
      Matthieu 26:42-44

      Jésus impose violemment à son cœur l’obéissance d’aller jusqu’au bout. Cette obstination est la marque des serviteurs de Dieu comme Paul qui dit :

      « Mais je n’attache aucune valeur à ma vie, comme si elle était précieuse à mes yeux, pourvu que j’achève ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus: rendre témoignage à la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu. » Ac 20.24.

      Au début du monde, Dieu avait dit au serpent, au diable, qu’un enfant né d’une femme l’écraserait. J’imagine que lorsque Satan a vu Jésus naître, il a tout fait pour faire dérailler le Fils de l’homme. Avec deux stratégies : soit le tuer avant l’heure, soit le faire pécher pour qu’il ne soit pas l’Agneau de Dieu sans péché, sans tache.

      • A sa naissance
      • Dans le désert
      • Tentative de meurtre après sa 1ère prédication à la synagogue.
      • En Galilée
      • Devant la prostituée
      • Devant Pierre *« tu n’iras pas à la croix
      • Et ici… devant le Père.

      Constamment constamment Jésus a été tenté, malmené. Satan a tout fait, jusque dans ce jardin, pour que Christ abandonne sa mission.

      Si vous avez vu le film la Passion de Mel Gibson, vous avez vu ce rendu saisissant de la scène de Gethsémané, où Jésus agonise, entouré d’un serpent…

      L’obéissance de Jésus

      45 Puis il revint vers ses disciples et leur dit : Vous dormez maintenant, et vous vous reposez ! Voici que l’heure est proche, où le Fils de l’homme va être livré aux mains des pécheurs. 46 Levez-vous, allons ; celui qui me livre s’approche.
      Matthieu 26:45-46

      Voilà. C’est fin. Jésus a supplié le Père trois fois. Luc 22.43 nous dit qu’un ange vint le fortifier. Jésus est prêt à affronter le supplice.

      Jésus avait souligné :

      17 Le Père m’aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. 18 Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même ; j’ai le pouvoir de la donner et j’ai le pouvoir de la reprendre ; tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père.
      Jean 10:17-18

      Conclusion

      Un modèle ?

      Très certainement, même si ce n’est pas le centre.

      • Nos prières peuvent exprimer des désirs avec la conscience que les voies de Dieu sont meilleures.
      • Il y a une instruction, un modèle face à la tentation. Veiller et prier.

      La perfection du Christ

      Dans le premier jardin, « Non pas ta volonté, mais la mienne »* a transformé le Paradis en désert et a conduit l’homme de l’Éden à Gethsémané. Aujourd’hui, « Non pas ma volonté, mais la tienne »* plonge dans l’angoisse celui qui la prononce, mais transforme le désert en royaume et conduit l’homme de Gethsémané aux portes de la gloire.