5 grands pièges auxquels faire attention quand on enseigne la Bible aux enfants

Cet article fait partie d’une série sur l’enseignement biblique des enfants dont vous pouvez trouver le sommaire ici.

Pour définir l’objectif d’un enseignement biblique, quand on s’adresse à des enfants, on peut hélas très facilement tomber dans plusieurs panneaux qui nous écartent de la vérité du texte à transmettre…

Pour illustrer chaque piège, prenons l’exemple d’Exode 7-10 qui relate les neufs premières plaies d’Egypte.

Piège 1: Considérer qu’un passage biblique vise des enseignements différents selon l’âge de l’enfant

La tâche de l’enseignant serait alors de choisir (quelque peu arbitrairement) ce qu’il veut enseigner selon l’âge de son auditoire.

Voilà à quoi cela pourrait ressembler, par exemple pour Exode 7-10:

  • On constate qu’il y a une bonne collaboration entre Aaron et Moïse – comme les plus petits sont assez égocentrés je vais choisir comme objectif principal: C’est important de s’entraider!
  • Je vois bien que les moyens laissent très vite tomber, comme Moïse a persévéré devant le pharaon, l’objectif de cette séance sera: C’est important que tu ne laisses pas tomber: persévère!
  • Les grands commencent à être impressionnés par le regard des autres, je vais donc me servir de ce texte pour leur dire: N’aie pas honte de Dieu devant l’opposition

Piège 2: Faire d’un cas particulier un principe valable dans toutes les situations

On tombe dans ce piège à chaque fois qu’on isole une situation spécifique, que Dieu permet pour accomplir son grand plan, pour la transformer en vérité générale qu’on applique à tous.

Voilà à quoi cela pourrait ressembler, par exemple pour Exode 7-10:

  • Dieu a accompli de grandes choses à travers Moïse alors qu’il bègue – Tu peux être sûr que Dieu va accomplir de grandes choses à travers toi en utilisant tes faiblesses!

Piège 3: Focaliser exclusivement sur les personnages

C’est le cas quand on résume l’objectif de l’enseignement biblique à une liste de choses à imiter ou à réprimer. On cherche alors exclusivement des exemples et des contre-exemples confondant ainsi les figurants avec le personnage central de la grande histoire biblique.

  • Chaque exemple déjà cité en est l’illustration

Piège 4: Utiliser les textes bibliques pour en sortir des principes éducatifs / moralisateurs

Étant donné que naturellement on a envie d’avoir affaire à des enfants sages et gentils, on peut glisser dans ce piège facilement en essayant d’agir exclusivement et directement sur les comportements. Cela découle de la croyance selon laquelle la Bible serait une liste de choses à faire ou ne pas faire; ou en tout cas, ça le laisse entendre aux enfants.

Voilà à quoi cela pourrait ressembler, par exemple pour Exode 7-10:

  • Moïse a bien obéi à Dieu en suivant ses consignes: Il faut obéir!

Piège 5: Résumer l’enseignement à un transfert d’informations

Un moyen de vérifier si on est concernés est de s’interroger sur notre critère « d’évaluation » de la réussite d’un l’enseignement: S’il s’agit de la capacité des enfants à répéter les évènements et personnages cités dans le texte, on est en plein dedans! Ce piège est celui dans lequel les enfants eux-mêmes peuvent le plus souvent tomber: « Oh non: On connait déjà cette histoire. » À ce propos, je crois personnellement que le terme d’« école » du dimanche contribue à cette association entre enseignement biblique et apprentissage type « scolaire ».

Voilà à quoi cela pourrait ressembler, par exemple pour Exode 7-10:

  • Savoir lister les 9 plaies dans l’ordre!

En résumé: Le grand danger est, bien sûr, qu’en tombant dans ces pièges on peut faire dire au texte quelque chose qu’il ne dit absolument pas. C’est le moniteur qui choisit l’objectif et non pas l’auteur du texte. On prive ainsi les enfants de l’enseignement riche et pertinent qui devrait découler de ce texte.

Tous ces pièges découlent du fait d’utiliser un texte pour transmettre un enseignement qui n’en est pas issu.
Le remède est donc le même pour tous: Se soumettre à l’autorité du texte et rechercher de l’intention de l’auteur

En cherchant l’intention de l’auteur, cela permet d’apporter aux enfants:

  • Un enseignement centré sur Dieu et non sur nous (cf pièges #2 et #3)
  • Valable pour tous, il peut être appliqué de manière spécifique à l’auditoire (cf piège#1)
  • Et il vise le cœur en dépeignant une ou plusieurs des composantes de l’Évangile (cf pièges #4 et #5)

  Voilà à quoi cela pourrait ressembler, par exemple pour Exode 7-10:

L’intention de l’auteur me semble être d’exposer que Dieu montre qui il est par un puissant jugement: les évènements et les personnages servent à souligner combien Dieu est puissant, qu’il utilise sa puissance pour juger ceux qui ne le reconnaissent pas pour qui il est, et il montre à tous ainsi qu’il est l’Éternel.

  • L’enseignement est centré sur Dieu: il nous aide à mieux le connaître et à voir ce qu’il est en train de faire dans ce passage.
  • Des applications spécifiques aux situations des enfants peuvent découler de ce qu’on apprend de Dieu: la description d’un tel Dieu pousse à l’émerveillement face à sa toute puissance et souligne l’orgueil qu’on a de s’y opposer.
  • On peut ainsi souligner une composante de l’Évangile parce que cela nous dépeint à quel Dieu on a affaire et nous encourage à la foi et la confiance.

[NB: Cette question est développée dans la super introduction du très bon livre: Enseigner les récits bibliques aux enfants, de Walton Kim & John, Excelsis]


Pour aller plus loin:


Valérie Charrier

Mariée à David et mère d'un petit Matthieu, Valérie, initialement professeur des écoles, est responsable de l'enseignement des enfants au sein de l'Église les deux rives à Toulouse tout en continuant une formation théologique en ligne.

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  • David dit :

    Excellent article, merci beaucoup !

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