Un petit hommage à un grand serviteur de Dieu

Après avoir entendu parler de la mort de Jerry Bridges en mars dernier, je me suis assis à mon ordinateur et j’ai commencé à écrire. J’ai commencé à écrire sur les façons dont il m’a impacté à travers ses écrits. Très peu d’auteurs m’ont façonné plus que lui. Très peu de livres ont joué un rôle si important dans ma vie et ma foi. Mais les mots ne sont pas tout à fait bien sortis, et je n’ai pas tout à fait réussi à transcrire tout ce que je pensais et ressentais. Pourtant, considérez mon hommage – mon trop faible hommage – à l’un des fidèles serviteurs de Dieu.

J’ai rencontré Jerry Bridges une seule fois. Nous étions à la même conférence; lui pour parler et moi pour écrire. Un ami mutuel est venu me dire: « Jerry aimerait te rencontrer. » Nous avons trouvé une chambre à l’écart et avons parlé pendant quelques minutes. À vrai dire, je ne me souviens pas vraiment de notre conversation, mais j’en suis arrivé à deux conclusions.

La première me faisait me dire: « Il est vraiment ce qu’il est! » Je m’étais fait une image très positive de lui à travers ses livres et en l’entendant parler. La réalité correspondait à cette image. Il était gentil et plein de grâce. Il s’intéressait vraiment à moi, bien qu’il n’y ait pas de raison particulière pour que ce soit le cas. À un moment où il avait de bonnes raisons d’être distrait et d’avoir l’attention dirigée vers des gens bien plus remarquables, il m’a donné le privilège de me consacrer une partie de son temps et quelques mots d’encouragement.

Ma seconde conclusion me faisait me dire: « Je veux être comme lui. » En voyant son âge, je repensais au fait que j’avais vu des vieilles personnes sales, des vieilles personnes ivres, des vieilles personnes désengagées, mais trop peu de vieilles personnes pieuses. Bridges m’a immédiatement frappé comme étant un homme qui s’était engagé à la piété et qui l’avait poursuivie depuis longtemps, vraiment longtemps. Cela était manifeste chez lui, et j’ai réalisé combien je serais ravi de pouvoir montrer la grâce, la sagesse et la piété qu’il a montrées dans ses livres et dans cette petite pièce, où nous nous rencontrions dans le cadre de cette grande conférence.

Ça a été une brève rencontre, mais de celles qui ont compté dans ma vie. Et maintenant, en pensant à la vie de Jerry Bridges et à son impact sur moi, je pense à quatre leçons que j’ai apprises de lui.

Premièrement, la recherche de la sainteté est la meilleure des recherches que l’on puisse entreprendre. C’est l’objectif le plus élevé car ce n’est en réalité pas une chose que l’on cherche à atteindre, mais une personne. Rechercher la sainteté, c’est rechercher Dieu. À travers son livre Vers une vie sainte [The Pursuit of Holiness], l’auteur m’a enseigné que la sainteté, comme presque tout le reste dans la vie, est une chose vers laquelle je dois tendre. La sainteté est un don de Dieu et quelque chose qui ne peut être accompli en dehors de l’œuvre de l’Esprit. Pourtant, il est de ma responsabilité de la rechercher et de travailler à cet objectif. Bridges m’a mis au défi de chercher sérieusement à atteindre la sainteté.

Deuxièmement, je dois rechercher la sainteté sur une macro et une micro échelle. Grâce aux livres Vers une vie sainte et Pas si grave ? [Respectable Sins], j’en suis venu à la conclusion qu’une grande partie de ma recherche de la sainteté s’effectuait sur une macro échelle. J’ai vu des progrès à grande échelle. J’ai vu disparaître certaines habitudes pécheresses et certains mauvais désirs. Pour cela, j’en suis profondément reconnaissant et j’y vois l’œuvre de l’Esprit. Mais ces ouvrages m’ont aidé à comprendre l’importance d’examiner ma vie à une micro échelle aussi bien que je le fais à la macro échelle. En mettant en œuvre ce que j’avais compris, j’ai été étonné et déçu de ma propension à pécher même à travers de tous petits actes, et combien j’étais ambivalent à ce sujet. Bridges m’a mis au défi de lutter contre le péché même dans les petites choses, de haïr les petits péchés avec la même intensité que je hais les grands.

Troisièmement, À l’école de la grâce [The Discipline of Grace], un livre que j’ai lu et relu, m’a enseigné l’importance considérable de l’Évangile dans la vie chrétienne. De tous les ouvrages centrés sur l’Évangile rédigés depuis sa parution, je ne suis pas sûr que l’un d’entre eux ait si joliment saisi sa simplicité et sa centralité. « Se prêcher l’Évangile à soi-même […] signifie que vous faites continuellement face à votre propre cœur pécheur et que vous fuyez ensuite vers Jésus, par la foi, vers son sang versé et sa vie juste. Cela signifie que vous vous appropriez, de nouveau par la foi, le fait que Jésus a pleinement satisfait la Loi de Dieu, qu’il est votre propitiation et que la sainte colère de Dieu n’est pas dirigée contre vous » [traduction libre]. Bridges écrit plus tard: « C’est l’Évangile par lequel nous avons été sauvés, et c’est l’Évangile par lequel nous devons vivre chaque jour notre vie chrétienne. […] Si vous n’êtes pas fermement enraciné dans l’Évangile et que vous n’avez pas appris à vous le prêcher chaque jour, vous allez bientôt vous décourager et vous affaiblir dans votre recherche de la sainteté » [traduction libre]. Cela est manifeste pour tout chrétien. C’est grâce à l’influence de Bridges que j’ai commencé à prier l’Évangile pour commencer chaque journée, habitude qui perdure encore aujourd’hui.

Quatrièmement, je ne serai jamais assez saint de ce côté-ci de la tombe. Dans le livre À l’école de la grâce, l’auteur fournit une métaphore vraiment utile concernant un type habituel de complaisance. Il parle d’un christianisme « à régulateur de vitesse », et dit: « Nous appuyons sur la pédale d’accélérateur de l’obéissance jusqu’à ce que notre comportement ait atteint un certain niveau, une certaine “vitesse”. Ce niveau d’obéissance est le plus souvent déterminé par le comportement normal des autres chrétiens autour de nous. […] Une fois parvenus à ce niveau d’obéissance confortable, nous appuyons sur le régulateur dans notre cœur; nous nous relâchons et nous relaxons. […] Nous n’avons pas à regarder les signes de “vitesse limitée” dans la Parole de Dieu, et nous n’avons certainement pas à expérimenter la fatigue qui vient en cherchant à lui obéir de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre pensée » [traduction libre]. L’auteur fait ainsi l’opposition avec l’obéissance du « pilote de course », qui investit tout son cœur, toute son âme et toute sa pensée dans sa conduite, sans jamais rêver ou flâner. Et voici une application cruciale: « Dieu n’est pas impressionné par notre adoration le dimanche matin à l’Église si nous pratiquons l’obéissance “à régulateur de vitesse” le reste de la semaine. Vous pouvez chanter avec une grande révérence ou une grande ferveur émotionnelle, mais votre louange ne plaira à Dieu qu’à la hauteur de l’obéissance qui l’accompagne » [traduction libre]. Bridges m’a communiqué le désir de conduire la voiture de course de l’obéissance.

Enfin, Dieu souhaite que notre obéissance soit joyeuse. « Être comme Jésus, ce n’est pas seulement arrêter de commettre quelques péchés évidents comme mentir, tricher, ébruiter des rumeurs ou avoir des pensées impures. Être comme Jésus, c’est toujours chercher à faire la volonté du Père. C’est aller là où nous nous réjouissons de faire la volonté de Dieu, malgré les sacrifices ou les sensations désagréables que cela peut procurer, simplement parce qu’on sait qu’on fait sa volonté » [traduction libre]. Bridges m’a appris à mesurer la joie de faire la volonté de Dieu, à comprendre que l’obéissance à Dieu est le seul chemin sûr vers la joie durable.

À bien des égards, nous sommes les livres que nous lisons. Les livres de Jerry Bridges ont laissé une marque indélébile dans ma vie et je rends grâces à Dieu pour sa vie et son ministère. Ce n’était pas un homme connu pour ses diplômes ou ses réalisations dans le monde. Il était connu pour sa sainteté, sa piété et son désir d’enseigner aux autres ce que le Seigneur lui avait enseigné. Il était un cadeau pour l’Église. Je prie de pouvoir être trouvé un jour aussi fidèle, aussi pieux, que Jerry Bridges.

Article traduit avec autorisation. Merci à David Steinmetz pour la traduction.

Tim Challies

Tim est pasteur d'une église à Toronto et l'auteur de Challies.com, l'un des sites évangéliques les plus populaires au monde.

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3 thoughts on “Un petit hommage à un grand serviteur de Dieu

  1. Bonjour Beaumann,

    Merci pour ta visite sur mon blog! Malheureusement, le livre n’existe pas encore en français. Je relance régulièrement mon éditeur préféré (http://blfstore.com ) pour qu’ils le traduisent!

  2. Laurent Robitzer dit :

    Bonjour Stéphane.
    L’affirmation de J.Piper au point n°10 est effectivement étonnante et sans doute qu’il faudrait lire toute la section du livre concernant ce point pour bien comprendre. Les théologiens de la doctrine classique de la dépravité totale reconnaissent généralement aux non-croyants des « élans de bonté » qui sont certes le fait de la grâce commune de Dieu mais néanmoins réels.
    C’est par exemple, ce que souligne Jésus en Luc 6.33 lorsqu’il dit que les pécheurs font du bien à ceux qui leur font du bien ou lorsqu’il dit que les pères savent donner de bonnes choses à leurs enfants, si mauvais soient-ils … (Luc 11.13). Paul également, rappelle que les païens savent faire ce que prescrit la loi bien que n’ayant pas la loi (Rm 2.14).
    On peut aussi citer Calvin qui disait :  » Quand nous voyons aux écrivains païens cette admirable lumière de vérité, laquelle apparaît en leurs livres, cela doit nous admonester que la nature de l’homme, bien qu’elle soit déchue de son intégrité, et fort corrompue, ne laisse point toutefois d’être ornée de beaucoup de
    dons de Dieu » (Insti. II, 2.15) ou l’article de Sam Storms que tu avais mis en ligne :

    http://www.samstorms.com/enjoying-god-blog/post/10-things-you-should-know-about-total-depravity

    Autant les 9 points précédents sont clairs, autant le 10ème me paraît étrange parce que je ne vois pas ce qu’il veut dire par « aucune bonne chose ne demeure en nous » (sauf si évidemment il a une compréhension différente de la dépravité totale ou de la grâce commune). Mais peut-être le met-il en lien avec le salut, non
    accessible par les « bonnes oeuvres » ???

    1. Bonjour Laurent, merci pour ta visite!

      J’ai voulu traduire le début de la section n°10 justement pour prévenir les incompréhensions. Mais apparemment, c’est pas encore assez clair.

      Perso, je suis satisfait de l’explication de Piper (cf. ma note de bas de page) quand il dit: « L’affirmation « qu’aucune bonne chose ne demeure en nous » n’a de sens, que si nous avons la conviction que toute bonne chose créé et soutenue par Dieu est ruinée quand elle n’est pas faite en s’appuiant sur la grâce de Dieu et pour la gloire de Dieu. » Par là, Piper ne dit pas que les non-régénérés ne font pas des bonnes choses aux yeux de la société, ni même de la notre, mais toutes nos œuvres n’étant pas faites pour la gloire de Dieu ne sont pas réellement bonnes.

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