Obéir à Dieu avec sa créativité

Quel regard porter sur l'imagination et la créativité en tant que chrétien? Qu'en dit la Bible? John Piper vous répond dans cet article:

Le devoir chrétien de l’imagination

L’imagination est l’un des grands devoirs de l’esprit chrétien. Mais toutes les utilisations de l’imagination ne sont pas du ressort du chrétien. Certaines en sont exactement le contraire. L’imagination n’est pas non plus le seul devoir de l’esprit chrétien. Le mental est également chargé d’effectuer des tâches d’observation, d’analyse et d’organisation.

L’imagination se produit lorsque l’esprit va au-delà de l’observation, de l’analyse et de l’organisation de ce qui est concrètement devant lui, et qu’il imagine ce qui n’est pas, mais qui aurait pu être là,  et qui pourrait même expliquer ce que nous voyons (comme dans le cas de la plupart des recherches scientifiques). L’imagination se produit aussi lorsque l’esprit imagine une nouvelle façon de représenter ce qui existe déjà (comme dans le cas de l’écriture, de la musique et de l’art créatifs).

L’imagination détournée

Il existe une imagination incroyablement créative, mais trompeuse, voire pathologique.

Le livre des Proverbes dépeint de façon créative ce genre de créativité trompeuse. Par exemple, Proverbes 26:13-16 :

 Le paresseux dit: Il y a un lion sur le chemin,

Il y a un lion dans les rues! La porte tourne sur ses gonds, et le paresseux sur son lit.

Le paresseux plonge sa main dans le plat, et il trouve pénible de la ramener à sa bouche.

Le paresseux se croit plus sage que sept hommes qui répondent avec bon sens.

Ces versets pittoresques (imaginatifs !) pourraient être quatre proverbes distincts qui ne sont liés que par le fait qu’ils concernent le paresseux. Mais je soupçonne qu’il y a plus que cela dans ce regroupement d’idées.

L’imagination du paresseux bat son plein au verset 13. Il invente, de son cerveau merveilleusement imaginatif, une situation inexistante pour justifier son refus paresseux de se lever et de se mettre au travail : « Il y a un lion dans les rues ! » Il ne veut pas sortir. Ainsi, son imagination se met-elle en marche, et crée une situation dans laquelle il ne peut sortir. C’est trompeur. Il utilise sa propre fantaisie pour mentir.

Mais c’est peut-être pire que cela. Il pourrait même croire en son propre imaginaire. Les deux proverbes du milieu soulignent la profondeur de la fainéantise de cet homme. Il reste au lit.

La plus grande partie de son progrès vers un but productif est comme le mouvement d’une porte sur ses gonds. Mouvement. Mais aucun progrès.

La porte tourne sur ses gonds,

Et le paresseux sur son lit.

Quand il arrive à la table du petit déjeuner, il est si paresseux qu’il peut mettre sa main dans son plat, mais ne parvient pas à la retirer. Cet homme est sur le point de mourir de faim. « Ça ne marchera pas. Je ne peux pas manger », se dit-il.

Le paresseux plonge sa main dans le plat,

Et il trouve pénible de la ramener à sa bouche.

Le point est que la paresse mène à l’autodestruction.

Mais ensuite vient le foudroiement. Cet homme se croit brillant. Il est plus impressionné par la finesse de ses pouvoirs imaginatifs (« Il y a un lion dans les rues ! ») que par la vraie sagesse des sept sages.

Le paresseux est plus sage à ses propres yeux

que sept hommes qui peuvent répondre avec bon sens.

En d’autres termes, son pouvoir d’imagination a atteint un tel niveau de créativité et d’ingéniosité au service de sa paresse, qu’il a perdu contact avec la réalité, et vit dans sa propre cage de créativité magistralement conçue. C’est pourquoi j’ai dit que l’imagination peut être pathologique. Il ne s’agit pas ici d’un devoir chrétien, mais bien d’une défection de l’esprit chrétien. Le péché a détourné l’imagination et en a fait le serviteur de l’illusion de soi.

Les esprits, comme Dieu le veut

Passons donc de cet usage destructeur de l’imagination au devoir chrétien envers cette dernière.

Je dis que l’imagination est un devoir chrétien pour deux raisons. La première est que vous ne pouvez pas appliquer la Règle d’or de Jésus sans l’utiliser. Il a dit : « Tout ce que vous voulez que les autres vous fassent, faites-le aussi pour eux » (Matthieu 7:12). Nous devons nous imaginer à leur place et imaginer ce que nous aimerions qu’on nous fasse. L’amour compatissant, sympathique et serviable dépend beaucoup de l’imagination de celui qui la pratique.

L’autre raison pour laquelle je dis que l’imagination est un devoir chrétien, c’est que lorsqu’une personne parle, écrit, chante ou peint au sujet d’une vérité stupéfiante de façon ennuyeuse, c’est probablement un péché. La suprématie de Dieu dans la vie de l’esprit n’est pas honorée quand Dieu et son monde merveilleux sont vraiment observés, dûment analysés, clairement organisés, mais sont pourtant communiqués de manière ennuyeuse.

L’imagination est la clé pour tuer un tel ennui. Nous devons imaginer des façons de présenter la vérité pour ce qu’elle est vraiment. Et elle ne provoque pas l’ennui. Le monde de Dieu – et tout ce qu’il contient– résonne de merveilles. L’imagination fait appel à de nouveaux mots, de nouvelles images, de nouvelles analogies, de nouvelles métaphores, de nouvelles illustrations, de nouveaux liens pour exprimer une vérité ancienne et glorieuse – qu’elle vienne du monde ou de la parole de Dieu. L’imagination est la faculté de l’esprit que Dieu nous a donnée pour embellir la communication de sa beauté.

Il se peut que l’imagination soit le travail le plus ardu de l’esprit humain. Et ce peut être l’oeuvre qui ressemble le plus à Dieu.

C’est ce qui nous rapproche le plus de la création à partir de rien. Quand nous essayons d’exprimer une belle vérité, nous devons penser à un agencement de mots, peut-être similaire à un poème. Nous devons concevoir quelque chose qui n’a jamais existé auparavant, et qui n’existe dans aucun esprit humain. Il faut penser à une analogie, une métaphore ou à une illustration qui n’a pas d’existence actuelle. Quand elle n’est pas là, l’imagination doit s’exercer pour qu’on la voit en esprit. Nous devons créer des combinaisons de mots, de musique et de formes visuelles qui n’ont jamais existés auparavant. Tout cela, nous le faisons parce que nous sommes à la ressemblance de Dieu et parce qu’il est infiniment digne d’expressions verbales, musicales et visuelles toujours nouvelles.

Composer et chanter un cantique nouveau

Un collège – une église ou une famille – qui s’engage à la suprématie de Dieu dans la vie de l’esprit cultivera beaucoup d’imaginations fertiles, et quelques unes de grande envergure aussi. Oh! Comme le monde a besoin d’esprits épris pour Dieu qui puissent exprimer ses grandes oeuvres, chanter ses grandes réalisations et les jouer d’une manière qui n’a jamais été dite, chantée ou jouée auparavant.

« Dieu est infiniment digne d’expressions verbales, musicales et visuelles toujours nouvelles.»

L’imagination est contagieuse. Lorsque vous êtes en présence de quelqu’un (vivant ou mort) qui l’utilise beaucoup, vous avez tendance à l’attraper. Je vous suggère donc de fréquenter des personnes contagieuses (mortes ou vivantes) qui débordent d’imagination pour exprimer les choses. (La Bible est peut-être le livre de prose le plus imaginatif au monde. Non pas parce qu’elle crée une réalité qui n’est pas là, mais parce qu’elle la met dans tant d’expressions surprenantes.)

L’imagination est aussi comme un muscle. Elle devient plus forte à mesure qu’on la fléchit. Et vous devez la fléchir. Généralement, elle ne s’actionne pas d’elle même. Elle attend la volonté. Je vous encourage à exercer ce muscle dans votre esprit. Faites des efforts conscients pour exprimer la précieuse vérité de façons frappantes et utiles. Trouvez une nouvelle façon de dire une vieille vérité. Dieu en est digne. « Chantez à l’Éternel un cantique nouveau » (Psaume 96:1 ; 33:3 ; 98:1 ; 144:9 ; 149:1 ; Esaïe 42:10) – Utilisez pour Lui une image, un poème, ou une figure de style nouveaux. Fuyons ensemble le péché d’ennuyer les gens avec Dieu,  ses œuvres étonnantes et ses voies.

Merci à Gary Clermont pour la traduction de l’article.
Article traduit avec autorisation. ©2019 Desiring God Foundation. Site web: desiringGod.org

John Piper

John Piper est le fondateur du ministère desiringGod.org et président du Bethleem College and Seminary. Pendant plus de 30 ans, il fut le pasteur de l'église baptiste de Bethleem à Minneapolis. Il est l'auteur de plus de 50 ouvrages dont Au risque d'être heureux.

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