Musiciens: 4 clés d’une louange d’exception

La louange fait partie de ce qui compose la réputation d’une Église. Beaucoup de gens vont à l’église selon le format qu’elle revêt. Bon nombre d’entre nous désirent proposer une louange de qualité. Mes 20 ans d’expériences dans le domaine m’ont montré que la réussite ne dépend pas uniquement du niveau technique des musiciens, mais de qualités qui ne s’apprennent pas au conservatoire.

1. L’authenticité

« L’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur. » 1 Sa 16.7

Le ministère de louange est parmi l’un des plus voyants. Il comporte en cela de nombreuses tentations. La première concerne le danger de vouloir paraître. Soigner son style, son image, comme à la manière des musiciens du monde qui cherchent à susciter l’émotion chez ceux qui les écoutent. En tant qu’adorateur, ou conducteur d’adoration, nous devrions nous rappeler sans cesse cette parole de Dieu: notre Seigneur ne regarde pas au spectacle visuel de nos prestations artistiques, il regarde à notre cœur.

Il y a beaucoup de risques à vouloir codifier nos louanges, à se professionnaliser, sans s’occuper d’abord du cœur des musiciens. Nous nous retrouverons avec une belle musique, vide de tout ce qui fait l’essence d’une adoration qui plaît à Dieu: un cœur authentique, qui cherche à plaire à son maître, et non aux hommes.

Un musicien ne devrait pas aller à l’église en comptant sur ses capacités, mais en reconnaissant ses faiblesses, et en ayant besoin de s’approcher de Dieu..

2. La sainteté

« Approchez-vous de Dieu et il s’approchera de vous. Nettoyez vos mains, pécheurs; purifiez votre cœur, hommes partagés. » Ja 4.8

Jouer de la musique passe par nos mains. Ces mêmes mains qui, jour après jour, ne sont pas toujours utilisées au profit de la gloire de Dieu. Pourtant, nous adorons en assemblée, comme nous adorons dans l’intimité. Si nous pensons que notre job consiste à aligner quelques accords, et à se faire plaisir, nous nous trompons, et nous trompons Dieu. L’équipe de louange a une grande influence sur la communauté, pas uniquement sur la manière de louer Dieu, mais surtout le sens de notre louange: encourager à progresser dans la sanctification.

Un musicien investi dans la louange doit donc veiller sur sa sainteté. Le problème majeur, c’est que peu de personnes vont lui poser cette question, et peu de systèmes de redevabilité sont mises en place au sein des groupes de louange. Je crains que notre négligence réduise nos églises à de simples lieux où la musique est sympa. Si nous voulons être des communautés d’adorateurs qui glorifient Dieu, selon sa volonté et ses prescriptions, nous devons encourager et accompagner les musiciens dans la voie de la sanctification.

Une équipe de louange devrait investir autant d’énergie dans la piété que dans la technique musicale..

3. La fidélité

« Ainsi la foi vient de ce qu’on entend et ce qu’on entend vient de la parole de Dieu. » Rm 10.17

Paul nous dit que notre foi vient de la parole de Dieu. Notre louange est l’expression de notre foi. Le point de départ de notre adoration, ce n’est donc pas nous, mais Dieu, et ça change tout. Il en est de même pour l’objet de notre adoration, c’est Dieu. Nous louons Dieu par lui et pour lui, et Dieu, dans sa grâce, utilise cela pour faire grandir notre foi.

Cela fait baisser la pression qui pèse parfois sur les épaules des musiciens. En tant qu’adorateurs, nous ne sommes pas le point de départ de la louange. Nous sommes juste des messagers. C’est pour cela qu’il est important de connaître le message, d’étudier la Parole et de se délecter des richesses de Dieu. Nous sommes porteurs d’un message d’espérance, d’amour, de paix, de justice, de gloire. C’est pourquoi, la Bible devrait être la centralité de notre louange. Nous devrions nous soucier d’avoir une louange qui est fidèle aux Écritures, et d’être des musiciens qui s’inquiètent de la conformité de leurs chants à la parole de Dieu.

Un musicien engagé dans la louange devrait étudier la théologie pour louer Dieu de la bonne manière et pour de bonnes raisons.

4. L’humilité

« Car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde. » 1 Jn 2.16

L’orgueil est peut-être le plus grand danger qui guette une équipe de louange. Il s’installe sournoisement, et avec le temps, il enfle en silence. A coup de compliments répétés, de prises d’assurance, on peut ouvrir la porte à un mal dévastateur. L’orgueil, c’est croire qu’on est meilleur que les autres, indispensable, que l’Église ne peut pas se passer de nous. Ça n’arrive pas du jour au lendemain, mais petit à petit, les membres de l’Église, les responsables, et parfois même les autres musiciens, nous aident à glisser tout doucement dans cette dérive.

Voici un dernier conseil pour tous les musiciens qui aspirent ou servent dans un ministère de louange: N’oubliez jamais d’où vient votre don. Vous avez sûrement travaillé dur, très dur, des années durant pour arriver à maîtriser votre instrument. Vous êtes peut-être passé par les meilleures écoles de musique, conservatoires, ou professeurs particuliers. Mais quel que soit votre parcours, n’oubliez jamais que ce don-là, cette aptitude de départ, et l’appel qui vous a conduit à la mettre au service du peuple de Dieu, ne vient pas de vous, mais de Dieu. En tant que bon serviteur, vous avez fait fructifier votre don, et c’est une excellente chose. Sachez que Dieu ne vous l’a pas donné pour votre propre gloire, mais pour la sienne. Il faut que Dieu grandisse dans votre adoration, et que vous vous effaciez pour que sa gloire soit éclatante.

Une équipe de louange devrait persévérer dans la bonne humilité au profit de la gloire de Dieu.

Voilà 4 leçons fondamentales que le Seigneur m’a mis à cœur de vous partager. Soyez de bons influenceurs, soumis aux conducteurs de votre Église, en recherchant toujours un peu plus la gloire de Dieu. Désirez susciter une adoration authentique des frères et sœurs que notre bon berger vous a donnés pour marcher fidèlement à sa suite.
Je vous laisse ce dernier encouragement issu du livre « Chantons » de Keith et Kristyn Getty: « Lorsque nous chantons, c’est un cri de ralliement plein d’espoir pour tous ceux qui sont blessés, fatigués ou perdus. Chantez Jésus. Chantez votre Seigneur et Sauveur, et votre plus grand Ami. Chantez pour vous fortifier. Chantez pour fortifier l’Église. Venez et chantez. »


3 ressources pour aller plus loin

Aurélie Bricaud

Depuis plusieurs années, Aurélie est engagée dans un ministère auprès de la jeunesse. Après s’être formée à l’accompagnement spirituel, elle souhaite encourager les chrétiens à persévérer dans une vie de piété qui contient des trésors insoupçonnés. Elle est mariée et mère de deux enfants.

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