Que recherche-t-on (vraiment) dans la drogue?

La drogue c'est mal, Raph et Matt savent de quoi ils parlent! Dans cet épisode ils discutent de leurs expériences d'avant conversion, mais surtout ils nous montrent que la drogue est un substitut qui tente de compenser un mal bien plus profond, que seul l'Évangile peut combler!

Thématique

Dans cet épisode, Raph et Matt répondent aux questions suivantes:

  • Pourquoi les drogues attirent-elles tant?
  • En quoi sont-elles trompeuses et destructrices?
  • Comment la Bible répond au problème de la drogue?

Synthèse MM #18

Ce travail de synthèse est fait par un auditeur attentionné. Il ne retranscrit pas les propos exacts de l’épisode, mais vise à présenter le contenu.

Souvent, durant la période de l’été, les jeunes qui sont loin de leur vie quotidienne ont plus d’occasion de faire des expériences, notamment des expérimentations avec les drogues. Nous voulons les en dissuader le plus possible et de tout notre cœur. Il ne s’agit pas seulement de dire que c’est mal parce que c’est mal, mais essayer d’apporter une réflexion Memento Mori sur le sujet, essayer de comprendre pourquoi les drogues attirent tant, et comment une vision biblique du monde est la clé pour nous sortir de cette dépendance et changer notre regard.

Pourquoi les drogues attirent-elles tant?

Lorsque l’on n’a eu aucune addiction, que l’on n’a jamais testé de drogues et que l’on ne sait pas ce que c’est que d’être dépendant, il est difficile de comprendre pourquoi les drogues attirent tant. Si les drogues n’avaient pas en elles quelque chose de séduisant et n’offraient pas un plaisir réel (mais pervers et illusoire), cela ne marcherait pas. Si l’on devenait malade à chaque fois que l’on prenait un joint, personne n’en prendrait. Les drogues se nourrissent du péché originel qui pose le fondement universel du processus de séduction des drogues: la séduction d’un mensonge, comme on le voit dans la Genèse avec Satan qui tente, la séduction d’une illusion d’un manque et qu’en goûtant la drogue on va être comblé, la tentation de la transgression de la loi,… Tout cela enrobe la question de l’illusion du contrôle. Tous les drogués n’aspiraient pas à le devenir un jour mais tous ont voulu tester et s’amuser en passant du bon temps et en pensant qu’ils avaient le contrôle. Cela rejoint le mensonge du serpent qui promettait qu’Adam et Ève n’allaient pas mourir, qu’ils allaient être comme Dieu, cette promesse d’un bonheur illusoire alors que le résultat après-coup est la honte, la culpabilité, la peur, l’enfermement, etc.

Il y a également une dimension sociale, en particulier dans certains milieux sociaux (art, milieu de la nuit,…), qui participe à cette attirance.

Le but ici n’est pas du tout de faire croire que c’est anodin. Cette discussion se veut surtout dissuasive. Le but est la sainteté et de mettre en garde contre cette pratique. Il s’agit aussi de donner des clés pour ceux qui ont des amis qui sont dans la drogue et ceux qui sont dépendants et qui s’approchent de Christ.

On est dans une société qui est un terreau fertile pour les drogues, notamment à cause du marché qui est présent et qui est très accessible, le plus répandu étant celui du cannabis. Il y a une pression inconsciente, non pas la pression caricaturale du groupe, mais une pression à cause de ce que notre société génère comme stress et comme anxiété. Et notre société nourrit notre problème fondamental, celui de l’idolâtrie et qui voit dans un hédonisme l’expérimental. Dans cette société qui ne répond pas à nos besoins, on cherche des choses à côté pour décompresser, retrouver une satisfaction, ressentir ce que l’on ne ressent plus dans un monde gris où l’on ne parle que de choses anxieuses à longueur de journée.

Il y a aussi une banalisation du discours. A une époque, la personne qui consommait du cannabis était la pire personne qui existe. Mais aujourd’hui, il y a une consommation récréative qui n’existait pas. Auparavant, celui qui prenait de la drogue était le pire des parias mais maintenant, c’est presque normal, avec un regard presque sympathique sur ces personnes.

La notion de drogues dures et drogues douces est caricaturale par exemple. Le cannabis, considéré comme une drogue douce, est en réalité un véritable enfer pour ceux qui sont dépendants. Certes, il n’y a pas les mêmes phénomènes d’accoutumance liés au manque et au sevrage que pour l’héroïne par exemple. Mais il s’agit plutôt de pentes douces et de pentes raides; et selon la personne, la rencontre entre un produit stupéfiant et une personnalité, une fragilité, peut donner un cocktail mortel. Et on a souvent des poly-addictions, des addictions qui s’ajoutent les unes aux autres l’alcool, la cocaïne, la pornographie, etc.

Pourquoi alors, malgré tous ces dangers, tombe-t-on dans la drogue ?

Il y a un piège illusoire qui va nous attirer et nous enfermer. L’addiction est un processus en plusieurs étapes. Les psychologues en voient 4:

  • En premier, l’euphorie. C’est la construction de l’idolâtrie, c’est comme la rencontre avec un dieu. On en voit que du positif.
  • Puis c’est la phase du déni, la phase du ‘je gère’. Ce n’est plus un dieu mais une béquille. Cela aide à tenir la semaine, cela permet de tenir bon à l’école, au travail.
  • La phase du fond du trou: c’est lorsque l’on réalise que l’on ne s’en sortira jamais et que l’on est littéralement esclave. Si l’on nous offrait le choix entre 2 semaines de vacances avec tous nos amis, un budget illimité sur l’île de nos rêves, avec les activités les plus géniales, sans possibilité de fumer des joints, ou rester chez soi tout seul à fumer des joints, on choisirait de rester à la maison et de fumer des joints. Toute notre vie tourne autour de la drogue.
  • La dernière, que certains connaissent (mais pas tous), c’est la reconstruction, où la drogue devient un ennemi, quelque chose dont on veut se détacher. Certains arrivent plus ou moins à s’accommoder.

Au début, ce que l’on aime c’est l’euphorie et le fait de partager un trip avec les autres. Mais petit à petit cela mène à de l’isolement. Le sentiment de puissance se transforme en un sentiment de dépendance. On a un piège illusoire dans la drogue car elle propose de voir le monde différemment et d’atténuer les problèmes du monde que l’on vit. Elle promet du courage, du divertissement, de la hauteur, une réflexion plus profonde mais c’est un mensonge, comme les sirènes qui attirent les marins pour les piéger. On s’y retrouve à la fois comme victime parce que l’on est dépendant et comme coupable parce que l’on est responsable. Et il est très compliqué d’en sortir car on vit toutes les facettes de cette addiction.

Depuis l’extérieur, si l’on ne connaît pas, on aurait tendance à oublier la dimension victimaire du drogué et à les mettre dans le sac des coupables. Cela vaut pour tous les péchés et on peut aussi avoir tendance à oublier que l’homme est un être complexe et détacher le problème spirituel du problème physique dans un dualisme pratique et régler le problème spiritual avant de régler le problème physique. Il faut aussi rappeler la dimension de la grâce. Ce n’est pas quand le drogué n’est plus addict qu’il va s’approcher de Jésus mais c’est quand il s’approchera de Jésus qu’il ne sera plus addict.

En quoi sont-elles trompeuses et destructrices?

Par rapport à la doctrine de la création, la drogue nous ment. Elle veut nous aider à échapper à notre finitude en développant de nouvelles facultés, possibilités. Et ce n’est pas loin de ce que l’on recherche dans certains médicaments qui deviennent des drogues. Par exemple, dans le milieu de la musculation, on veut échapper à nos limites physiques et développer notre acuité.

La drogue nous donne aussi l’illusion d’échapper à notre condition. On ne veut plus vivre dans ces conditions, on veut anesthésier la douleur, la souffrance mais en réalité on remplace un problème par un autre. C’est un véritable drame. 

On peut aussi avoir du mépris face à ces personnes, en pensant que si l’on n’est pas dépendant, on est plus fort qu’elles. La première chose que l’on doit faire lorsque l’on se retrouve face à ces personnes, c’est de se rappeler que l’on aurait pu être à leur place. Et cela vaut pour toutes les personnes qui nous confient leurs péchés. Il ne faut pas oublier qu’il n’y a rien qui fait que l’on mérite de ne pas tomber dans une dépendance, un péché, etc. C’est une grâce qui rejoint la grâce commune déversée par Dieu. Il ne faut pas oublier que face au péché, on est responsables mais aussi victimes.

Comment la Bible répond au problème de la drogue?

La première question à se poser c’est celle de nos motivations. Pourquoi je veux prendre de la drogue? La réponse renvoie à ce que l’on a évoqué: vouloir échapper premièrement à notre création, à la manière dont Dieu nous a créés, c’est-à-dire faire mieux que Dieu; et deuxièmement, à notre condition, c’est-à-dire pallier au problème du péché mais sans la croix.

La deuxième question c’est celle du danger. D’abord le danger physique: est-ce que cela rentre dans la manière dont Dieu veut qu’on prenne soin de notre corps dont on est le locataire et non le propriétaire? On peut aussi se demander si cela affecte notre piété, la relation que l’on a avec Dieu.

Il y a 2 axes: le premier est la question de la maîtrise de soi qui est peu évoquée dans nos Églises. Cette question est souvent en contraste avec l’ivresse. C’est un aspect du fruit de l’Esprit qu’il est important de rappeler et de pratiquer. Le deuxième axe porte sur la dimension eschatologique. Est-ce qu’au ciel il y aura de la drogue? Non, car notre joie sera complète en Christ. La question de la joie est centrale à la question de la drogue. Finalement, la motivation de tout homme est la recherche du bonheur, et c’est ce que recherchent les drogués. D’un point de vue eschatologique, notre bonheur est en Christ. Ce qui amène les gens aux drogues, à l’addiction, c’est aussi la volonté d’être de plus en plus heureux parce que l’on n’est jamais satisfait. Et ce qui est extraordinaire, c’est que ceux qui sont en Christ seront pleinement satisfaits au ciel et on sera de plus en plus satisfait. Notre satisfaction sera non seulement parfaite, complète mais toujours plus forte.

3 facettes de Memento Mori dans la question de la drogue:

  • La facette du jugement de Dieu: il faut traiter l’addiction à la drogue comme un péché. On a la liberté non pas de faire ce que l’on veut mais de n’être asservi par rien (1 Co 6). Jésus nous demande d’être radical avec le péché. On est créé pour être sous le contrôle de quelque chose. En ayant rejeté le contrôle de Dieu, on est sous le contrôle d’autre chose. Et par la repentance, on est libéré de la culpabilité, et Dieu sait que lié à la dépendance, il y a une notion de la culpabilité qui est énorme. En nous approchant de Christ, on est libéré de la condamnation du péché.
  • Et par la présence du Saint-Esprit Dieu va nous aider à nous rééduquer et c’est la deuxième facette: le Saint-Esprit nous rappelle que l’on a été créé pour être dépendant et que l’Évangile est une puissance qui va nous permettre de changer notre vision du monde et c’est en recherchant un bonheur qui est plus grand et plus fondamental que l’on va apprendre à prendre plaisir en Dieu. Il s’agit de contrer le plaisir du péché par un plaisir qui lui est supérieur: le plaisir en Dieu.
  • La troisième facette c’est que dans tous les cas on a cette assurance que l’on sera libéré du péché. La crainte lorsque l’on est dépendant c’est de ne jamais s’en sortir. Mais on a une espérance déjà présente: avec l’aide de Christ on peut déjà s’en sortir aujourd’hui. Pour certains, c’est instantané, pour d’autres cela prendra plus de temps. Les conséquences de la chute que l’on cherche à anesthésier par la drogue ne seront plus vécues. On sera dans une perpétuelle euphorie. Dans cette joie de la vie éternelle, les drogues ne seront clairement pas existantes car le bien-être que l’on cherche tant, éviter les souffrances, sera quelque chose que l’on vivra en permanence.

Si vous êtes dans une situation de dépendance, parlez-en autour de vous à des personnes de confiance. La drogue se nourrit des ténèbres et de l’isolement. Mettez cela en lumière, criez à l’aide à Dieu et il vous répondra notamment au travers des relations fraternelles qui rappelleront la grâce et l’Évangile.

Merci à Victor Hui pour son travail de synthèse.

Pour aller plus loin

Dans cet épisode on a parlé de:

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Memento Mori

Memento Mori, c'est le podcast hebdomadaire de Raphaël Charrier et de Matthieu Giralt, qui parle du présent en prenant la fin comme point de départ.

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