Survivalisme: doit-on se préparer à la fin du monde?

Voulez-vous survivre à l'apocalypse? 2 solutions: enfermez-vous dans un bunker américain et attendez... ou écoutez cet épisode. Raph et Matt analysent ce mode de vie et vous livrent leurs conseils pour vous préparer à la fin du monde. Certifié Bear Grylls compatible.

Thématique

Dans cet épisode, Raph et Matt répondent aux questions suivantes:

  • Présentation du mouvement
  • Évaluation: forces et faiblesses
  • Les chrétiens doivent-ils se préparer à la fin du monde?

Synthèse MM #13

Ce travail de synthèse est fait par un auditeur attentionné. Il ne retranscrit pas les propos exacts de l’épisode, mais vise à présenter le contenu.

Introduction

Les survivalistes sont des individus isolés qui se préparent à une catastrophe économique, écologique, naturelle ou nucléaire, tout ce qui pourrait mener à une apocalypse. Les survivalistes se préparent à vivre et à survivre après ce bouleversement, qu’il soit sociétal ou cataclysmique. De nombreux films se basent sur ce thème, comme par exemple The Revenant où l’on suit un héros qui cherche à survivre en étant seul au monde. La grande différence entre ces films « survival » et le survivalisme c’est que dans ces films, les personnages se retrouvent catapultés dans des situations invraisemblables sans y être préparés, alors que les survivalistes ont pour but de se préparer. Aux Etats-Unis, ils sont d’ailleurs appelés les « preppers ».

Présentation du mouvement

Les préoccupations de ce mouvement sont souvent les mêmes: la peur d’une catastrophe nucléaire (IEM), l’inflation économique, une inversion des pôles. Ils se préparent, dans des milieux différents, à survivre. Les survivalistes ont souvent une vision pessimiste mais réaliste si l’on pousse jusqu’au bout. Dans la plupart des cas, on n’a pas affaire à des illuminés. Les enjeux qu’ils envisagent sont liés à leur environnement qui est affecté par des catastrophes naturelles et ils y sont confrontés depuis des générations et des générations. C’est une réalité tout à fait possible.

Il y a différentes manières de se préparer qui peuvent être identifiées.

Souvent il s’agit d’être autonome et de pouvoir évacuer l’endroit ou de faire un campement de survie sur plusieurs années. Dans le premier épisode de Familles Apocalypse sur Netflix, les gens ont un immense terrain sur lequel ils ont créé un édifice avec des containers en acier résistant aux balles. Cet édifice a la forme d’un mini-château fort et est complètement autonome en eau potable et en énergie, a un système d’évacuation d’urgence, des caches d’armes, etc. Ils s’entraînent aux tirs et accumulent de la nourriture. Ils peuvent survivre à 20 pendant 15 ans. Et il y a une certaine excitation malsaine dans cette préparation.

La défense est également un élément qui revient souvent. Une tension règne et à la fin de chaque épisode, des experts donnent la probabilité que les évènements, que les survivalistes craignent, aient lieu. Et à chaque fois, ces scientifiques affirment que cela n’arrivera jamais. La tension qui règne tout au long de l’épisode est désamorcée à la fin par la télé.

Évaluation: forces et faiblesses

Les faiblesses:

  • Le survivalisme est une nouvelle forme de matérialisme. La survie est dans leur matériel. On cherche dans tout ce qu’on possède, la sécurité, l’épanouissement, la valeur. C’est une autre forme de matérialisme mais cela en est une tout de même. S’il faut vraiment être survivaliste, il faudrait aller dans des pays comme la Syrie ou un pays qui a été dévasté par un tsunami. Les peuples survivalistes vivant dans des zones extrêmes sont des gens qui arrivent à survivre en composant avec leur environnement et sont beaucoup plus simples. C’est très occidental de penser que notre salut est dans la technique et dans la technologie, et non dans l’adaptation.
  • Un deuxième point est que dans leur façon de faire ce n’est jamais assez. Ils sont toujours face à l’échec (si une bombe atomique explose à 1 km, ils auront beau faire le plus gros bunker de la terre, ils vont tout de même mourir), ne peuvent se parer à toutes les éventualités, et ils doivent vivre dans une paranoïa et une crainte constante.
  • Le danger du retrait est une autre faiblesse. Ce qui est paradoxal, c’est que plus ils se préparent, plus ils seront des cibles pour les autres car ils auront toutes les ressources. Il y a donc une posture de retrait, de séparatisme, qui va faire que la première chose dont ils vont s’assurer c’est soit d’être entièrement barricadés, ou d’être le plus loin possible et de partir le plus vite possible. Cette posture de retrait mène à l’égoïsme. Ils pensent la survie en dehors de la société: ‘La société pourrait s’effondrer mais moi je survivrai.’ Ils ne sont pas en train d’œuvrer pour le bien commun mais n’œuvrent que pour eux-mêmes.

Les forces:

  • Il y a un retour vers l’essentiel. Les survivalistes ne veulent pas vivre dans un monde où il n’y a jamais de problème. Il y a un côté écologique qui est intéressant, l’idée de prendre soin de son environnement pour survivre. Il y a ce côté survie avec le fait que la vie est une aventure qui nous rend vivants.
  • Le rapport à la débrouille, l’apprentissage de nouvelles compétences, est marqué dans le survivalisme. Ils arrivent à transformer, à cultiver la terre, à recycler l’eau, à produire de l’énergie, à trouver des moyens de communication… Cela nous place dans notre dépendance totale au système et eux veulent vivre dans une indépendance totale du système. Comment ferait-on dans notre contexte pour survivre si une guerre se déclarait? Dans tous les cas on se rend compte que l’on est dépendant de tout et on compte seulement sur notre argent. Et cela pose la question: « Si on a plus accès aux biens, aux commerces, comment se débrouille-t-on? »» Il y a ce côté aventure qui est très attirant.

Les chrétiens doivent-ils se préparer à la fin du monde?

Si l’on se replace dans une vision biblique du monde et que l’on reprend une visée biblique apocalyptique, quelle lecture peut-on faire du survivalisme?

De toute évidence il faut s’y préparer parce que Christ l’a ordonné. Et contrairement à des survivalistes athées qui ont différentes hypothèses sur ce que pourrait être une fin du monde, et cherchent le salut dans la technique et la compétence, nous avons une vraie certitude: c’est le jugement dernier et le retour de Christ. On a aussi la certitude que toute la technique, tout le matériel, toutes les sciences humaines ne vont pas nous préparer à cela. Attachée à cette fin du monde, il y a une espérance et une espérance vivante. Notre vie doit être une préparation à la rencontre avec Dieu. On n’est pas appelés à vivre en dehors du monde mais dans un monde que l’on sait plus abîmé que certains ne le pensent. Notre rôle n’est pas de nous préparer pour survivre égoïstement mais d’hâter la venue de Christ en annonçant l’Évangile à toute personne sur terre. De toute façon, c’est de l’orgueil de penser que l’homme peut se préparer et éviter la fin du monde. Mais il y a une fin du monde, aucune âme n’y échappera. C’est une illusion de se cacher derrière ce faux espoir.

Quoi qu’il arrive, le survivaliste va mourir. Quand bien même il y a une inflation, une catastrophe, il va mourir à la fin. Et il y a plus à craindre du jugement de Dieu et de la destinée éternelle, que d’un dérèglement de la terre comme eux l’entendent. Quand on voit la fin du monde telle qu’elle est annoncée dans la Bible, aucune préparation ne pourra soustraire l’homme au jugement de Dieu. On ne peut pas pour autant rester indifférents car le jugement arrive. C’est la réponse aux faux prophètes de 2 Pierre. Seule la croix peut nous faire traverser le jugement divin.

Dans le texte de Rm 13, il y a une exhortation à la sainteté parce que le monde sera bientôt jugé et que Christ reviendra. Ces 2 éléments reviennent toujours: la sainteté d’une part, et le témoignage et l’annonce de l’Évangile d’autre part. Le temps et l’énergie que ces familles survivalistes (en particulier les familles chrétiennes) passent à se préparer à la fin du monde, les rendent d’autant plus égoïstes car durant ces temps, beaucoup de nos contemporains et nos voisins n’entendront pas le message de l’Évangile et périront. Préférer sa propre survie matérielle à la survie spirituelle, au salut des âmes de ceux qui nous entourent, est terrible.

C’est à l’exact inverse de ce que Jésus a fait. Il a quitté le confort ultime, la communion dans la Trinité, son ciel de gloire, pour venir au milieu de nous, pour se dépouiller et se sacrifier pour nous.

La fin du monde ne doit pas être un moteur pour s’enfermer sur nous-même mais au contraire pour aller vers les autres et annoncer la bonne nouvelle au plus grand nombre. L’esprit survivaliste manifeste de la peur. Ce sont des gens qui vivent dans la peur et non dans la confiance en Dieu.

Ce qui est frappant dans l’Apocalypse, c’est d’une part l’inévitabilité du jugement de Dieu, et d’autre part, qu’en attendant, même dans la persécution, dans l’affliction, les chrétiens sont appelés à veiller à leur témoignage dans leur manière de vivre et dans leur manière de partager l’Évangile. Ce qui empêche Dieu de déverser sa colère sur les méchants, c’est que l’Évangile n’est pas encore prêché à toutes les nations.

Merci à Victor Hui pour son travail de synthèse.

Pour aller plus loin

Dans cet épisode on a parlé de:

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Memento Mori

Memento Mori, c'est le podcast hebdomadaire de Raphaël Charrier et de Matthieu Giralt, qui parle du présent en prenant la fin comme point de départ.

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