LIVRE : Devant la souffrance

Quelle est notre réaction quand la souffrance pointe le bout de son nez dans nos vies ?

Je t’ai attendue et j’ai été préparé à ton arrivée. Je savais que tu étais en route, parce que ce monde déchu est gorgé de sentiments de ta sorte. J’ai été préparé par la grâce de Dieu et par la Parole de Dieu à Le glorifier alors que je t’éprouve.*

Euh, non, pas vraiment.

Pourtant, nous n’avons pas à nous attendre à autre chose sur cette terre, même si d’aucuns diront que Dieu n’a rien à voir là-dedans. «Dieu est tout-puissant, tout-puissant en amour, c’est tout », me disait quelqu’un un jour. Le premier mérite de Duncan dans son livre (en anglais, Does grace grow best in winter?), c’est bien de nous rappeler que Dieu est toujours souverain. Il veut nous apprendre à dire «Qu’es-tu donc en train de faire dans le monde, Seigneur ?», plutôt que «Je ne peux pas interroger Dieu, il n’a rien à voir dans cette affaire cruelle. Je suis seul.»

Puis, si nous savons que vivre, c’est souffrir, la question est : allons-nous souffrir d’une façon qui honore le Christ ? Dieu a un plan quand nous souffrons et Il ne veut pas que nous gâchions notre souffrance – aussi dérangeante que l’affirmation puisse paraître.

Souffrir bien, souffrir en disciple. Duncan retient cinq points de ce que la Bible nous enseigne pour souffrir en disciple. (1) Nous devons apprendre à souffrir d’une manière que Christ soit grand à nos yeux et aux yeux de ceux qui nous verrons souffrir ; (2) d’une manière qu’Il deviendra plus précieux pour nous qu’avant ; (3) en ayant sans cesse à l’esprit que Dieu est pour nous, à 100%, dès le moment où notre vie est en Christ ; (4) en restant attaché à un salut acquis pas la seule grâce (Satan peut user de notre souffrance pour nous faire insinuer que notre salut en est le résultat) ; (5) en épousant la souffrance joyeusement.

Dieu veut faire quelque chose de notre souffrance. « Qu’est-ce que Dieu trame », le deuxième chapitre, rappelle que Dieu, à travers nos épreuves, entend nous faire rechercher et chérir la connaissance éternelle de Jésus-Christ, et estimer à leur juste valeur les trésors de ce monde. Des choses sans doute déjà entendues (quoique développées avec beaucoup de pertinence). Mais, Duncan ajoute un point souvent oublié : nos souffrances ne nous appartiennent pas, ou pas qu’à nous du moins. Nous sommes les membres d’un corps et nos souffrances sont pour édifier tout le corps. Souffrons les uns avec les autres.

Grandir par la souffrance. C’est l’objet du troisième et sans doute meilleur chapitre, «Comment pouvons-nous profiter de la souffrance?».   Rappelons-nous que Job n’avait pas le livre de Job à lire ! Tout ce que Job pouvais faire était de  placer sa confiance en Dieu. Dieu veut rediriger notre attention de « pourquoi » vers « qui ». Alors que nous nous complaisons à nous demander pourquoi nous souffrons, interrogeons-nous sur Celui qui est mystérieusement au travail dans nos souffrances, cherchons à Le connaître.

Et les souffrances de Jésus, quel regard y porter ? Duncan explique bien comment Jésus compatit à notre douleur, la comprend mieux que quiconque, lui qui a aussi souffert. Mais, il explique aussi combien notre souffrance, aussi profonde soit-elle, n’est pas la même que la sienne. Jésus est la seule personne au Ciel à savoir pleinement ce que cela signifie de voir le Père lui tourner le dos, le laisser seul. Précisément pour que nous ne soyons plus jamais seuls. Il n’est pas seulement venu dans ce monde pour pouvoir s’identifier à nous ! Il est venu pour porter nos souffrances. Le moyen de gérer notre souffrance n’est pas de la minimiser, mais de prendre conscience de la profondeur, de la nature autre, de celle de Jésus. Une telle attitude conduit inéluctablement à l’adoration.

Enfin, Jésus était un homme de compassion, souffrant mais n’ayant de cesse de manifester sa compassion. Dans et par notre souffrance, si elle nous rend plus compatissant envers le prochain, d’autres verrons en nous la gloire du Christ.

Does grace grow best in winter ? est un livre que je recommande vivement, que vous souffriez maintenant ou non.

* Ligon Duncan, Does grace grow best in winter ?, P&R Publishing, 2009, p. 12

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Myriam J.

A fait une licence d'histoire à la Sorbonne. Elle était une contributrice régulière au blog durant plusieurs années.

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