Trouver l’idée centrale d’un texte biblique en 9 étapes simples

Phil Campbell donne dans son livre “Saving Eutychus” (cf ma recension du livre ici) sa méthode pour découvrir l’idée centrale d’un passage biblique. J’ai trouvé utile de résumer ici ses 9 étapes pour étudier un texte de la Bible.

Préparation

1. Diviser une feuille blanche en deux colonnes inégales: deux tiers/un tiers environ.

2. Recopier le texte biblique à la main dans la colonne de gauche (ça aide à “digérer” le texte).

Pendant qu’on écrit

3. Arranger les phrases et les paragraphes en fonction de la logique du passage (comme on fait dans la programmation informatique)¹.
MÀJ 17-10-13: Suite à vos remarques, voici un exemple d’un arrangement d’un passage en fonction de sa logique interne:Colossiens 2:5-8

4. Mettre dans la colonne de droite tout ce qu’on trouve important et étonnant. Si on va puiser dans les définitions des mots en hébreux ou grecs, profiter aussi de cette colonne pour noter ses découvertes.

5. Résumer chaque paragraphe, ou progression de pensée, toujours dans la colonne de droite, et travailler également un résumé global du passage.

Après avoir recopié le texte

6. Souligner les mots et idées qui se répètent avec des crayons de couleur, et tracer au crayon les liens entre eux. Pour Phil, c’est ici la clé, remarquer les mots et phrases qui se répètent est le moyen le plus courant et le plus évident pour trouver l’idée centrale du passage. Tout comme nous, un auteur biblique va souvent répéter une idée importante s’il veut qu’on la remarque!

7. Regarder si le texte fait allusion à d’autres passages bibliques. S’il y a une citation d’un texte de l’Ancien Testament, lire plusieurs chapitres autour du texte de l’AT cité pour comprendre le contexte de celui­-ci, car l’auteur lui l’avait en tête!²

8. Pour un texte dans l’AT, regarder les “passages piliers”, comme l’alliance abrahamique (Genèse 12), la restauration des promesses (Deutéronome 30). Les thèmes et promesses dans ces passages sont le fondement de toute la théologie de l’Ancien Testament.

Dernière étape: la récompense pour son travail

9. Une fois fini, et après une tasse de café³, regarder à nouveau sa feuille et retracer la logique du passage. Résumer tout le passage en regardant tous les mots et les idées qui sont soulignés. Essayer de tout résumer en une phrase qui va décrire la structure grammaticale du passage.

Ainsi maintenant, vous avez intégré le passage dans votre tête, vous pouvez le méditer à tout moment de la journée et quel que soit l’endroit! A partir de cela, l’étape de la rédaction du sermon peut commencer.

Et vous? Avez-vous une méthode pour dégager l’idée principale d’un texte de la Bible?

¹­ Indenter tout ce qui suit des « parce que » ; « puisque » ; « ainsi » pour montrer comment cela découle de la clause principale. Grouper les affirmations « si » ; « alors » pour mettre en lumière les connections. Mettre en lumière les formes grammaticales qui se répètent en les alignant

² C’est une découverte qui m’a marqué lors de mes études de théologie. Souvent, un verset biblique cité va servir de “lien hypertexte”, comme sur le web. Parfois, on ne comprend pas trop pourquoi tel verset de l’AT est cité, mais l’auteur fait référence bien souvent à tout le contexte qui est derrière ce verset. Si bien que le fait de lire les chapitres de l’Ancien Testament autour du verset cité va nous aider à comprendre pourquoi cette citation a été faite!

³ L’auteur conseille une tasse de thé mais le café me semble plus approprié :­)

Jonathan Porteous

Jonathan est chrétien, marié, technicien dans l'industrie. Membre actif d'une jeune église de la région parisienne (La Garenne-Colombes), il a étudié la théologie à la Faculté Jean Calvin (Aix en Provence).

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  • Merci pour cet article. Un facsimilé d’un exemple serait-il possible?

    • Jonathan dit :

      Bonjour,
      Il y a une photo dans le livre, mais trop flou pour que çela vaille la peine de la reproduire. On ne distingue pas les mots.

  • pepscafe dit :

    Bonjour !

    Merci pour ce partage-que je partage !
    J’ajouterai que ce qui est aussi important, dans la lecture et l’interprétation du texte, et dans la recherche de cette idée centrale, ce sont aussi les silences, les « absences », ce que le texte ne dit pas…qui invitent à l’interprétation.
    Un niveau de nature allusive, que les Rabbins appellent « Rémèz »(« allusion »), je crois.

    Un exemple amusant : dans Gen.18, accueillant ses trois visiteurs, « Abraham alla promptement dans sa tente vers Sara, et il dit : Vite, trois mesures de fleur de farine, pétris, et fais des gâteaux. Et Abraham courut à son troupeau, prit un veau tendre et bon, et le donna à un serviteur, qui se hâta de l’apprêter. Il prit encore de la crème et du lait, avec le veau qu’on avait apprêté, et il les mit devant eux. Il se tint lui-même à leurs côtés, sous l’arbre. Et ils mangèrent. »(v6-8)
    Question : Abraham apporte bien le veau apprêté à l’attention des visiteurs, avec de la crême et du lait, et il mit le tout devant eux. Mais où sont passés les gâteaux ? 😉

    Un autre exemple plus « sérieux » serait le passage relatif à l’appel de Matthieu(Matt.9v9-13)-notamment ce que le Seigneur ne dit pas au collecteur d’impôt lorsqu’il l’invite à le suivre.
    Passage à rapprocher de la généalogie de Jésus(dans le même évangile de Matt.1) et à la conclusion en Matt.9v12-13.

  • sourire dit :

    Allier les méthodes de math et de français ! Super méthodes conjointes !
    Par contre, vouloir en retirer UNE seule idée me semble périlleux.
    Les algorithme informatiques et le français, et surtout la bible, arrivent rarement à une idée. Le français arrive toujours à plusieurs chants lexicaux et plusieurs fonctions découlent d’un algorithme.

    Les premiers chapitres des Éphésiens et Thessaloniciens, par exemple, donnent une très bonne base de ‘travail’ sur le salut.
    Le salut ‘saute aux yeux’ de tout lecteur sans avoir besoin de ‘plancher même 3 minutes’ sur ces chapitres, par contre, trouver leur algorithme est plus qu’intéressant … mais ces différents points ne se résumeront pas en UNE seule phrase … bien que …

    L’épitre aux hébreux est très intéressant aussi à ‘conceptualiser’ en algorithme …

    J’utilise ‘instinctivement’ ces méthodes depuis bientôt 7 ans, je ne savais pas qu’elles avaient été définies mais elles m’ont été sans cesse d’une immense utilisé dans mes recherches …
    Soyez tous bénis ! 🙂
    Sandra

    • Jonathan dit :

      Bonjour,
      Je crois qu’on est d’accord sur le fond.
      Je tiens quand même à préciser ce que j’entend par « comme dans la programmation informatique » au point 3, pour ne pas effrayer les lecteurs.
      Il s’agit simplement de mettre en lumière la logique grammaticale du passage, en indentant les clauses subordonnées.
      Je viens de mettre à jour l’article avec en exemple: Colossiens 2:5-8.

      Je ne suis pas vraiment doué en grammaire, mais cette méthode qui est très visuelle permet de mieux s’imprégner de la logique du texte et ainsi de mieux comprendre ou l’auteur veut en venir.

    • sourire dit :

      Bonjour Jonathan,
      Merci pour l’exemple.

      La grammaire française est ‘simple’ en comparaison avec la grec ! 🙂

      Peut-être aussi souligner que bien souvent les ‘mots de liaison’ ont été ajoutés en français et qu’un ‘kai’ par exemple peu vouloir dire bien d’autres choses que ‘et’ ?

      … en programmation, les algorithmes sont conçus pour être transformer en ‘fonction’ … fonctions qui permettront de faire ‘un travail’. Juste pour dire, que trop de ‘gilles de lecture’ fait mourir la lettre au lieu de la rendre puissante ! 😉
      … grand risque qui guète chaque lecteur de la bible …
      Soit béni
      Sandra

    • sourire dit :

      Pour la grammaire, je transposerais en cause=affirmation/conséquence=action (on peut appeler ‘les choses’ comme nous le souhaitons, une fois sorti de l’école ! 🙂 )

      Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, (clause d’affirmation)
      marchez en lui, (clause principale) (ACTION)
      (…)
      – abondant en actions de grâce. (ACTION conséquente à … = comme nous marchons en lui, nous abondons en actions de grâce … car nous avons reçu = car nous avons été enseigné par Lui ? ??? )

      (De mon coté, j’ai une grande facilité à lire (à comprendre) à synthétiser, analyser, aller à l’essentiel et j’ai beaucoup de peine à réaliser que tous ne voient pas ‘ce que je vois’ d’un point de vue ‘français’. Par contre, je ne sais pas aligner 3 mots de suite sans fautes ! Tu as dû le remarquer ! 🙂 (Je vois mes fautes le lendemain … cela me garde humble 😳 )

      Mais car il y a un très grand mais, depuis que je lis la bible, si souvent, je la comprend ‘par l’esprit’ et donc je vois ‘tout autre chose’ d’une lecture à l’autre.
      Exemple : la ceinture de la vérité (une des ‘arme’ d’éphésiens 4) à ma toute première lecture, je venais de me convertir, je l’ai compris comme ‘dire la vérité en toute chose’, la deuxième, je venais de lire une explication sur l’habit romain, comme ‘la vérité de l’évangile’ fait tenir l’ensemble … à ma troisième : Jésus est la vérité et fait tenir le tout.
      Tu ne le trouveras dans aucun livre. Car chacun a son propre cheminement et Dieu nous parle par La Bible, tantot d’une façon, tantot d’une autre, l’essentiel étant de ‘marcher en Jésus ! Comme le disent Paul et Timothée aux Corinthiens …
      L’évangile (oral ou écrit) est compréhensible des enfants, des ‘non-instruits’ et ceux qui apprennent à lire avec la bible pour unique livre s’en sortent très bien ! 🙂 La plus grande supercherie du catholicisme, a été de faire croire à beaucoup, qu’ils seraient incapables de la comprendre et ils ont réussi (est-ce une réussite ?) à se rendre indispensables … ce qui nous manque au 20ème siècles, c’est surtout de ne souvent pas réaliser l’environnement des écrivains de la bible, d’avoir connaissance de leur ‘culture générale’ et de leur façon de penser (non-dualiste). Je ne sais pas si tu as connaissance de ‘l’énigme de Stanford’ mais elle est à relire souvent, souvent, durant notre marche chrétienne ! 🙂
      Soit béni
      Sandra

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