« Dieu s’est fait homme »… Quoi??

Ok, attendez un instant. Je sais que nous sommes tous occupés, et que cette période de l’année crée toutes sortes de responsabilités supplémentaires et de distractions. Mais quel est le titre à nouveau? « Dieu s’est fait homme »? Hum… vraiment?

Noël est le seul moment de l’année où le monde entier est forcé de reconnaître que quelque chose d’étonnant et de significatif s’est produit. Oui, je sais que la plupart des histoires de Noël ne concernent pas ce que nous appelons l’incarnation, mais la vérité est que l’incarnation elle-même a tellement changé l’univers que même le plus grossier commercialisme est obligé de rendre le tablier de son cynisme. Des mots comme « espoir », « paix » et « amour » apparaissent sur les sacs à provisions. Partout, les consommateurs fredonnent des chants exaltant la naissance obscure d’un bébé apparemment illégitime. Tout à coup, même les Scrooge [note du traducteur: personnage riche et radin du conte de Charles Dickens A Christmas Carol] les plus endurcis parmi nous se souviennent de leurs amis et famille, et ont hâte de revenir à un moment où ce qui compte vraiment, c’est le foyer, la foi et l’altruisme. Quelque chose d’étonnant s’est produit: Dieu s’est fait homme.

Maintenant, si les non-chrétiens répondent ainsi à l’incarnation, on pourrait supposer que les chrétiens, qui comprennent la réalité qui se cache derrière la fête, seraient transformés au quotidien par la vérité de l’incarnation… Mais le sommes-nous vraiment? Sommes-nous interpellés lorsque nous voyons le bébé dans la mangeoire? Secouons-nous la tête avec émerveillement? Ou avons-nous laissé derrière nous l’incarnation et ce qu’elle a accompli, pour nous concentrer sur les autres activités que nous avons à faire? Si tel est le cas pour vous, voici quelques pensées pour vous aider à vous rappeler ce que l’incarnation signifie pour vous, et pour lui:

  • L’incarnation nous montre combien nous sommes faibles. Après tout, qu’a donc un enfant comme influence et comme pouvoir? Pourtant, il est le Sauveur dont nous avions besoin.
  • Le nom de ce bébé incarné, « Jésus », nous montre notre vrai besoin. Nous avons besoin de quelqu’un pour nous sauver de nos péchés, pas d’une réforme morale. Il nous faut un sauveteur, pas un gourou en développement personnel (Mt 1.21).
  • L’incarnation nous montre que Jésus est comme nous à tout point de vue. Il a souffert en tant qu’enfant. Comme nous, il a été tenté en tout, mais sans pécher. Il sait ce que c’est que d’avoir froid, d’être dépendant, de mourir… et oui, même de vivre à nouveau!
  • L’incarnation nous enseigne que Noël n’est jamais terminé. Quand nous aurons remis dans les cartons toutes les décorations et repris tous les cadeaux donnés par erreur, il sera toujours le Dieu-homme, intercédant pour nous, portant notre humanité. Noël ne finira jamais pour Jésus: il en est éternellement transformé.
  • L’incarnation signifie que la seule personne qualifiée, par sa nature et sa vie, pour payer pour nos péchés l’a fait. L’incarnation a toujours eu pour but de le mener, de nous mener, à la croix.
  • L’incarnation signifie que nous avons accompli toute la Loi, parce que nous sommes unis à lui et lui à nous. Ainsi, nous avons aimé Dieu et notre prochain parfaitement, parce que lui l’a fait. Nous sommes justes et vertueux parce que le Dieu-homme a déjà fait tout ce qu’il fallait faire. Nous sommes justifiés.
  • L’incarnation signifie que lorsque nous entrerons au ciel, nous serons accueillis par quelqu’un comme nous, mais avec les mains et les pieds cicatrisés. Il sera le seul à avoir des cicatrices.

L’histoire de Noël est finalement l’histoire de ce que Jésus a déjà fait pour nous. Il s’agit de son histoire, qui concerne son œuvre, accomplie en raison de son amour pour son épouse. Demandons à Dieu de nous aider à célébrer Noël, l’incarnation, pendant toute l’année, n’est-ce pas? Il a tout accompli. Nous sommes aimés. Quel merveilleux cadeau!

Elyse Fitzpatrick est l’auteure de plusieurs ouvrages à propos de la grâce. Elle est également blogueuse.
Article traduit avec autorisation. Merci à Garry Clermont pour la traduction.

Auteur invité

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  • Bon article ! Une précision par rapport à ce point :
    « L’incarnation signifie que nous avons accompli toute la Loi, parce que nous sommes unis à lui et lui à nous. Ainsi, nous avons aimé Dieu et notre prochain parfaitement, parce que lui l’a fait. Nous sommes justes et vertueux parce que le Dieu-homme a déjà fait tout ce qu’il fallait faire. Nous sommes justifiés. »
    >> C’est juste, pourvu qu’on applique cela uniquement à la question de notre accès au Dieu saint.
    * C’est vrai que Jésus-Christ est notre justification autant par sa justice parfaite imputée que par sa mort expiatoire qui rend cette imputation possible. Mais il faut se garder d’aller au-delà, et de comprendre que dans notre marche chrétienne, Dieu se satisferait de l’obéissance parfaite de son Fils à la place de notre obéissance à nous, nous dispensant ainsi d’obéir nous mêmes.
    * Il est vrai que notre Sauveur a été fait pour nous autant sanctification que sagesse et rédemption (1 Corinthiens 1.30). Mais cela ne signifie pas que son obéissance se substituerait à la nôtre, mais que nous obéissons à la volonté de notre Dieu :
    – avec un mobile différent (pas pour être sauvés, mais parce que nous le sommes)
    – et avec une puissance différente (pas par nos propres forces, mais par celle de son Esprit en nous).
    Bien sûr, tout cela est clair pour l’auteur de l’article. Mais ce ne l’est pas pour plusieurs amis, qui prétendent que puisque Dieu nous « voit » justes en Jésus, nous n’aurions plus rien à voir avec la « loi ».