Le chrétien charnel n’existe pas

Le concept de chrétien charnel est régulièrement employé pour définir une certaine catégorie de chrétien. Suivant les chapitres 2 et 3 de la première épître aux corinthiens, il y aurait 3 catégories d’individus: les hommes naturels qui ne connaissent pas Dieu, les hommes charnels qui le connaissent mais qui ne marchent pas avec lui et les hommes spirituels qui connaissent Dieu et qui marchent avec lui. 

Voici le texte de référence: 

« L’homme naturel n’accepte pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître car c’est spirituellement qu’on en juge. L’homme spirituel, au contraire juge de tout et il n’est lui-même jugé par personne. Car qui a connu la pensée du Seigneur pour l’instruire? Or, nous, nous avons la pensée de Christ.

Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ. » 1 Corinthiens 2.14-3.1

Comme nous le voyons, les trois expressions sont bien mentionnées dans la Bible et nous ne voulons pas ici contester le fait qu’elles s’y trouvent. Toutefois, c’est une définition théologique parfois admise dans le monde protestant évangélique que nous voulons revoir. En effet, pour certains, Paul établirait ici la distinction entre deux catégories de chrétien: le bon chrétien: spirituel et le mauvais chrétien: charnel.

Il y aurait parmi nous des chrétiens dits charnels qui, ayant connu Dieu ne marcherait pas avec lui et ne donnerait pas le gage d’un témoignage qui honore le Seigneur: ils sont chrétiens mais ils sont venus à l’Évangile pour de mauvaises motivations, par intérêt, juste pour être sauvés de l’enfer, ils sont chrétiens mais ne s’intéresse pas à Jésus-Christ ni à sa Parole, ils sont chrétiens et vivent dans des conditions que la morale élémentaire désapprouve, ils sont chrétiens et ne se soumettent pas à la discipline de leur Église locale. Etc.

A l’inverse, il y aurait parmi nous de bons chrétiens dit spirituels dont la vie donnerait tous les gages de la vertu et de la respectabilité chrétienne pour les appeler comme tels: ils sont consacrés, saints, purs, irréprochables, ils lisent la Bible, prient et évangélisent le monde. Bref, c’est la crème du christianisme.

Il me semble que cette façon d’étiqueter les chrétiens est au mieux superficielle, et au pire dangereuse. Superficielle car elle s’emploie à juger les hommes sur des apparences qui sont bien souvent trompeuses, et dangereuse car elle peut donner aux intéressés une fausse idée d’eux-mêmes; la pensée pernicieuse qu’ils plaisent au Seigneur parce qu’ils pratiquent leur religion avec application et sérieux. Malheureusement, les choses de l’Esprit sont plus subtiles que cela tant le cœur de l’homme est tortueux.

Un petit contexte historique

Ce sont les notes de la Bible Scofield qui ont popularisé ce mode de pensée. Sans vouloir critiquer l’ensemble des commentaires de cet honorable pasteur, il n’est pas exagéré de dire que Cyrus Scofield (1843-1921) a eu la main assez lourde quand il s’agissait de systématiser certains points de doctrines. En l’occurrence, Il est plus que probable que ce soit les travers de son temps qui l’ait aussi conduit à une telle catégorisation des chrétiens. En effet, le XIXe et XXe siècle furent les témoins de nombreux réveils spirituels spectaculaires dans le monde entier qui ont vus beaucoup d’hommes et de femmes passer des ténèbres à la Lumière. Au-delà de l’aspect positif de ces mouvements de l‘Esprit, les méthodes d’évangélisation parfois empruntées ont également conduits à bien des débordements, des préjugés et des approximations qui ont laissé penser que certains soient venus au Seigneur alors qu’il n’en était rien. Les campagnes d’évangélisation pressant les auditeurs à prendre une décision pour Christ, sur le champ, à grand renfort d’émotion et de propos saisissant ont pu donner une fausse idée de la conversion à ceux qui faisaient un « pas de la foi ». Ils ont répondu à l’appel d’un homme plutôt qu’à l’appel de Dieu. Ce faisant, l’Église confessante a introduit en son sein des hommes et des femmes qui avaient l’apparence du chrétien mais qui, par leur vie, en reniaient la réalité. C’est ainsi qu’est né le concept de chrétien charnel et de chrétien spirituel. 

Une question primordiale

Mais interrogeons-nous: les chrétiens dits charnels sont-ils vraiment des chrétiens? Eh oui! Ne devrions-nous pas commencer par cette question. Que signifie être chrétien? Que veut dire être charnel?

Un chrétien est quelqu’un qui a fondamentalement connu l’expérience de la conversion à Dieu impliquant la foi en Jésus-Christ crucifié et la repentance à l’égard du péché. Cette conversion est le fait d’une nouvelle naissance, une naissance d’en haut, c’est à dire de l’Esprit de Dieu qui vient régénérer celui qui jusque-là était mort spirituellement. Un chrétien est par conséquent scellé du Saint-Esprit comme nous le dit Paul aux Éphésiens, et d’ajouter dans l’épitre aux Romains 8.9: « Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. »

Peut-on être chrétien et n’avoir aucune affection pour les choses de l’Esprit? Cela semble difficilement concevable. Plus encore quand on considère ce que Paul nous dit au sujet de la chair: « Elle est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu et qu’elle ne le peut même pas. » Romains 8.7

Un chrétien charnel serait donc un enfant de Dieu animé de l’Esprit de Dieu sans aucune vie de l’Esprit. Ou encore, il se serait réconcilié avec Dieu tout en étant son ennemi intime. Cela n’a pas de sens, comme on le dirait d’un couple bien étrange: Ils se sont dit « non » devant monsieur le maire, qui les a unis dans les liens du mariage. Bizarre!

Un oxymore

En réalité, l’expression « chrétien charnel » est un oxymore, soit l’association de deux mots aux sens contradictoires, opposés. Exemple: un silence assourdissant! Une guerre pacifique! S’il s’agit là d’une figure de style concevable en poésie, il n’en est pas ainsi en théologie.

Mais alors, Paul s’est-il rendu coupable de cette méprise sémantique qu’est l’oxymore? Non, bien-sûr! En fait, Paul n’emploie pas l’expression chrétien charnel. Il parle d’homme charnel. Ce qui est différent. En fait, c’est nous qui faisons cet abus de langage, ou plutôt certains d’entre nous, par association d’idée.

Un comportement plutôt qu’une nature

Que voulait donc dire Paul quand il appelait les chrétiens de Corinthe des « hommes charnels »?

Paul ne dénonçait pas un état charnel ou une nature charnelle, mais plutôt une mauvaise attitude, un comportement précis qui déplait au Seigneur, une désobéissance manifeste à sa volonté révélée. Lisez plutôt:

« En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n’êtes-vous pas charnels et ne marchez-vous pas selon l’homme? » 1 Corinthiens 3.3

Le péché des corinthiens est clairement énoncé. Paul ne pointe pas chez eux un désintérêt pour le royaume de Dieu ou une vie construite complètement en dehors de l’Église de Jésus-Christ ou encore un quelconque retour en arrière. Non! Il dénonce simplement une mauvaise manière de servir le Seigneur; en l’occurrence un excès de zèle qui les attachait à la prédication de tel apôtre plutôt qu’un autre, et qui s’accompagnait entre eux de mauvaises pensées, de mauvaises paroles et de mauvaises actions.

« Quand l’un dit: Moi je suis de Paul! et un autre: Moi, d’Apollos! N’êtes-vous pas des hommes? » 1 Corinthiens 3.4

Quoi qu’étant de vrais chrétiens, ils se comportaient comme les gens du monde, animés d’un esprit partisan qui veulent voir triompher leurs idées, peu importe la méthode employée.

En cela, Paul critique leur immaturité, leur attitude puérile, leur absence de maîtrise et leurs excès émotionnels et leur dit: vous êtes « comme des hommes charnels; comme des enfants en Christ ». 1 Corinthiens 3.1

L’apôtre ne reproche pas aux corinthiens une nature charnelle qui ferait d’eux des mal-nés ou des mort-nés, comme nous l’avons dit précédemment, mais un comportement inacceptable pour des enfants de Dieu pour lequel il les appelle à se repentir.

Les corinthiens avaient très bien compris le sens de l’Évangile. Rien à voir avec de quelconques touristes évangéliques qui seraient juste entrés dans l’Église sans trop savoir pourquoi. Lisez plutôt ce que Paul leur rappelle: « Vous avez été comblés de toutes les richesses qui concernent la parole et la connaissance, le témoignage de Christ ayant été solidement établi parmi vous, de sorte qu’il ne vous manque aucun don, dans l’attente où vous êtes de la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ. » 1 Corinthiens 1.5-7

Ils avaient très bien compris l’Évangile mais il y avait quelques failles dans leur comportement comme cela peut être le cas pour chacun de nous qui aimons le Seigneur.

Un légalisme bien déguisé

Malheureusement, celui que nous désignons sous le vocable de chrétien charnel est souvent l’autre que soi. Celui qui m’est différent, celui qui ne me convient pas car il ne correspond pas à l’idée que je me fais de la vie chrétienne. C’est celui à qui je me compare et que je ne connais pas forcément. Celui chez qui je comptabilise toutes « les pailles » qu’il a dans l’œil.

« C’est un chrétien charnel! » Et en disant cela, je sous-entends que moi, par opposition, je suis un chrétien spirituel.

Insidieusement, le concept de chrétien charnel entretient l’idée qu’il existerait entre nous des bons et des mauvais chrétiens: des chrétiens alpha et des chrétiens gamma pour parodier Aldous Huxley dans « Le meilleur des mondes ».

Ce faisant, nous rétablissons dans l’Église de Jésus-Christ une forteresse que l’Évangile de la grâce avait pourtant bien détruite à savoir le légalisme et sa propre justice qui l’accompagne.

En s’adressant aux églises de Galatie, Paul fustige l’esprit légaliste de ces assemblées qui charriait son lot de comportements charnels comme ceux de la dissimulation et de l’hypocrisie. Sous le couvert de la respectabilité religieuse, les chrétiens entretenaient pour certains des comportements cachés que Paul définit comme autant d’œuvres de la chair: les passions de l’âme et du corps, que le commentaire de la Bible Annotée classe en quatre rubriques: la sensualité, la superstition, la haine et les excès. En voici l’énoncé:

« Or les œuvres de la chair sont évidentes; ce sont la débauche, l’impureté, le dérèglement, l’idolâtrie, la magie, les rivalités, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table et les choses semblables. » Galates 5.19-21a

Voilà donc des comportements charnels qui peuvent être aisément dissimulés sous toutes sortes de tartufferies qui ne trompent que les myopes mais jamais le Seigneur.

A-t-on déjà appelé charnel un chrétien jaloux ou envieux quoique zélé dans les choses de Dieu? Il l’est bien, même si ses motivations profondes ne se voient pas.

A-t-on déjà appelé charnel un chrétien pachydermique qui engloutit plus de 5000 calories par jour mais qui ne boit pas d’alcool?

A-t-on déjà appelé charnel ce petit groupe de chrétiens séparés de tous au nom de sa pureté auto-proclamée mais qui ne se rend pas compte de son sectarisme?

A-t-on déjà appelé charnel ce chrétien engagé qui cultive des comportements sexuels inappropriés? Pas vu pas pris!

Que ne pourrions-nous pas dire des disputes, des rivalités, des divisions, des animosités entre frères et sœurs qui se drapent dans les atours de la saine doctrine pour ne pas se réconcilier? N’est-ce pas charnel? Combien de frères profondément divisés entre eux vont vous expliquer par ailleurs les profondeurs de l’amour et du pardon de Dieu. N’est-ce pas là encore la dissimulation qui maquille les œuvres de la chair?

Comme nous le voyons, il n’y a pas de chrétiens charnels tandis que d’autres seraient des chrétiens spirituels. Il n’y a que des hommes pécheurs qui ont constamment besoin de se remettre en cause et de se repentir au pied de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ. Il n’y a pas de chrétiens charnels, tandis que d’autres seraient des chrétiens spirituels. Il n’y a que des tentatives maladroites pour se disculper de ses propres comportements charnels en fustigeant les autres.

Voyez comme l’Écriture reproche à des hommes spirituels d’avoir un comportement charnel.

Pierre et les autres disciples ont renié le Seigneur Jésus comme des lâches juste après avoir partagé la Pâque avec lui. Pierre en pleura amèrement. Paul, rappelant le 10ᵉ commandement de la loi dans son commentaire de Romains 7, dira de lui: « je suis charnel vendu au péché. » Romains 7.14

Ce qui distinguent l’homme spirituel de l’homme charnel est juste sa capacité à faire face à son propre péché et à s’en humilier. Pour ce qui est des corinthiens, ils y ont fait face et s’en sont repentis. Ils n’étaient donc pas des chrétiens charnels mais des hommes spirituels.

« En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort. Et voici cette même tristesse selon Dieu, quel empressement n’a-t-elle pas produit en vous! Quelle justification, quelle indignation, quelle crainte, quel désir ardent, quel zèle, quelle punition! Vous avez montré à tous égards que vous étiez purs dans cette affaire. » 2 corinthiens 7.10.11

Qu’en est-il de nous?


Pour aller plus loin:


Olivier Bourrel

Olivier Bourrel a 54 ans. Il est père de quatre enfants et marié à Claudete.
Il est diplômé de la faculté de théologie Jean Calvin, à Aix en Provence.
Pendant 20 ans, il a été successivement pasteur de deux églises baptistes dans le nord de la France à Lille et à Somain.
Depuis plus de 6 ans, Olivier occupe les fonctions d’aumônier militaire protestant. Il rayonne sur les bases aériennes d'Istres, Salon de Provence et Orange quand il n'est pas envoyé en opération extérieure.
Il est également prédicateur itinérant.

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  • Sam B dit :

    Bonjour.

    Je me sens agressé à la lecture de cet article. Snif. Il me semble que l’auteur dégage par l’écriture de cet article, ce qu’il souhaite précisément dénoncer. Dommage…

    Cependant, merci. Il est très pertinent en effet d’insister sur la distinction ontologique entre identité et comportement. Notre comportement est la conséquence de notre identité. C’est l’identité qui détermine le comportement. Le comportement révèle l’identité. Mais ne la détermine pas. Ainsi le chrétien est adopté, justifié, né de nouveau, saint, réconcilié, scellé du SE, temple du SE, habité de JC par le SE… C’est la réalité invisible immuable de son identité en Christ. Réalité que le chrétien est appelé à exprimer-manifester visiblement dans sa vie, par une totale dépendance envers celui qui agit en lui. (Eph 5.1-2 + Eph 5.8-9 + Col 1.28-29 + Gal 5.16 + Gal 5.22 + Gal 5.25 + Gal 2.19-20…). La raison et la ressource de ses oeuvres bonnes dans sa vie, c’est le fruit de l’action du SE qui l’habite par grâce. Une pure grâce encore. Sans Christ en nous par le SE, nous ne pouvons rien faire, et surtout pas porter du fruit à la gloire de Dieu. (Jean 15.1-8). Tout par grâce.

    Cependant, le chrétien effectivement ne marche pas toujours suffisamment à l’écoute de son Seigneur. Et il produit donc des fruits dignes d’une vie sans Dieu. Ce sont typiquement ces oeuvres de la chair, qui caractérisent abondamment la vie des non-chrétiens qui rejettent Christ. Oeuvres de la chair qui « conduisent » en enfer selon Galates 5.21 car elles sont fruits visibles d’un rejet de Christ. Ainsi nous produisons toujours des oeuvres/fruits déterminées par la nature de notre identité. Identité, elle-même déterminée par la « nature » de notre foi/relation en Christ (Pour ou contre Christ).

    Le titre du dernier paragraphe de l’article est excellent, mais je n’ai pas compris la démonstration et l’argumentation qui suit.

    De plus la citation de Rom 7.14 me semble risquer dangereusement d’oublier à quel point Paul a martelé en Rom 6 la pleine et totale libération identitaire & légale du chrétien face au péché et face à l’esclavage de la loi. En effet, nous sommes mort avec Christ et ressuscité avec lui. Nous avons donc légalement et éternellement changé de maître. Nous sommes donc libéré de l’esclavage de la domination du péché sur nous. Le péché n’a plus de droit légal sur nous (Rom 6.14). Cependant, ici-bas, dans un monde non régénéré et dans notre corps non régénéré, le pêché peut malgré tout, encore se manifester dans nos vies. Et, c’est une anomalie au vue de notre identité en Christ (Saint, Temple, Scellé, Adopté, Réconcilié, Régénéré, Libéré, Sauvé…). D’où l’appelle de la Parole à fuir le péché (Gal 5.1 + 5.16 (chair) + 1 Co 10.14puis13). Mais attention, le chrétien ne tente pas de fuir le péché de la même manière que le non-chrétien ou de la même manière que le juif non-régénéré. Ce sont des hommes livrés à eux-même, sans la ressource du Seigneur victorieux sur le mal, présents en eux par le SE. Et c’est bien là toute la différence. Dieu nous donne ce qu’il ordonne (Cf, Jim Eliott). La présence de Christ en nous, le Seigneur victorieux fait toute la différence. La réalité invisible de notre union au victorieux, permet une manifestation visible grandissante de sa présence victorieuse dans nos vies par des oeuvres bonnes et un caractère teinté du SE. Une vie de Sel & lumière, qui a la saveur et la couleur de Christ. (Matthieu 5.13-14 + 1 Th 5.23-24 + Phil 1.6 + 2 Co 3.18)

    Je nous invite à une méditation approfondie d’Ephésiens 5.8-9 qui expriment clairement le lien entre les oeuvres de lumière (= fruit de l’action du SE en nous) et notre identité de chrétien unis à Christ.

    Voici un très bon livre sur le sujet disponible chez BLF : https://www.blfstore.com/A-18039-justification-et-regeneration.aspx

    Tout par sa grâce. Tout pour sa gloire. C’est ainsi que nous croitrons dans la maturité chrétienne (Col.1.28)

    Merci beaucoup TPSG pour votre travail précieux au service de toute l’Eglise. Progressons dans la grâce. Amitiés. Sam.

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