Ce qui mène les « chrétiens » à s’éloigner du Christ

Pourquoi des "chrétiens" abandonnent-ils leur "foi" ?

Vous connaissez probablement quelqu'un qui a vécu passionnément pour Christ, mais qui l'a maintenant complètement abandonné. Votre cœur s'effondre et se tord à la mention même de son nom.

Peut-être encore plus douloureux que ceux qui ont constamment rejeté Christ pendant des années sont ces êtres chers qui semblaient avoir été sauvés à un moment donné, mais qui se sont détournés de la foi par la suite. Vous avez vu leurs yeux s’illuminer d’amour pour Jésus, puis vous avez vu un nuage sombre arriver lentement et les couvrir de nouveau. Vous avez prié, peut-être même pleuré, et regardé leur cheminement, vous sentant impuissant à inverser ce processus.

L’apôtre Paul a écrit à propos de ce genre de douleur dans Philippiens 3.17-21. Beaucoup, surtout récemment, ont utilisé ces versets pour nous rappeler que nous sommes des citoyens du ciel, et pas d’abord des membres d’un parti politique, des Français ou tout autre type de citoyenneté terrestre. C’est une bonne application, pertinente et nécessaire, surtout aujourd’hui. Mais Paul n’écrivait pas ici simplement pour avertir les gens amoureux de la politique. Il écrivait pour les gens amoureux d’eux-mêmes et de ce monde. Il veut que nous soyons des citoyens et des serviteurs du ciel, et non des citoyens et des serviteurs de nous-mêmes. C’est un fait, la victoire de Christ dans ce monde est totale. En revanche, des terrains restent à conquérir pour Christ pour l’avancement de son royaume. Le monde n’est pas un terrain de jeux pour assouvir nos désirs égoïstes.

Un certain type de chrétien vit pour Dieu, meurt à soi-même et vit pour toujours. Un autre type de « chrétien » vit finalement pour lui-même, apprécie ce monde pendant quelques décennies, puis meurt pour toujours.

Qui sont les ennemis du Christ?

Paul exhorte les croyants à Philippes: « Soyez tous mes imitateurs, frères, et portez les regards sur ceux qui marchent selon le modèle que vous avez en nous. Car il en est plusieurs qui marchent en ennemis de la croix de Christ, je vous en ai souvent parlé, et j’en parle maintenant encore en pleurant » (Philippiens 3.17-18). Qui sont ces ennemis de Christ?

Je doute qu’ils soient simplement des gens du monde qui haïssent le christianisme et font tout ce qu’ils peuvent pour rabaisser Jésus et étouffer son influence. La familiarité de l’apôtre (« je vous en ai souvent parlé« ) et sa tendresse (« j’en parle maintenant encore en pleurant« ) suggèrent une autre explication. Ces ennemis du Christ ont probablement professé la foi en lui à un moment de leur vie. Peut-être qu’ils professent même la foi en lui encore maintenant. Mais dans les deux cas, ils le rejettent de manière suicidaire par leur façon de vivre (ils « marchent en ennemis« ). Le cœur tendre et brisé de Paul porte le souvenir douloureux de l’amour perdu, et non l’indifférence ou le dédain.

Ainsi, si ces ennemis avaient auparavant été des « frères » et des « sœurs » bien-aimés, qu’est-ce qui aurait pu les éloigner de la beauté stupéfiante et de la grâce captivante qu’ils aimaient autrefois? Et sommes-nous en danger de suivre ces mêmes traces ivres et destructrices? Voici quatre questions à vous poser sur votre manière de vivre le christianisme.

1. Votre esprit est-il fixé sur cette vie ou sur la suivante?

Les chrétiens qui ne sont pas vraiment chrétiens ont l’esprit fixé sur les meilleures choses de cette vie, plutôt que sur les meilleures choses de l’univers: « ils ne pensent qu’aux choses de la terre » (Philippiens 3.19). Vous pourriez porter votre attention sur mille choses différentes au cours d’une journée (travail, lessive, sport, enfants, shopping, ou n’importe quelle autre chose qui vous préoccupe), mais où va votre esprit quand il est livré à lui-même? Quelles choses dans la vie attirent non seulement votre attention, mais aussi votre affection?

Beaucoup s’éloignent de Jésus parce qu’il n’a jamais eu la première place dans leur cœur. Il complétait ou facilitait simplement les choses qu’ils voulaient plus que lui. Ou peut-être qu’il avait été le premier, mais que les soucis de ce monde ont finalement pris le dessus (Marc 4.19).

Le genre de chrétien qui vivra avec Christ pour toujours dans la prochaine vie est joyeusement préoccupé par lui aujourd’hui dans cette vie. « Mais notre cité à nous est dans les cieux, d’où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ » (Philippiens 3.20). Nous ne passons pas cette vie à essayer d’éprouver autant de plaisir que possible dans ce monde. Nous passons cette vie à attendre pour éprouver le plus de plaisir imaginable (et même plus!) là-bas.

2. Comment gérez-vous la culpabilité et la honte?

Les chrétiens qui ne sont pas vraiment chrétiens « mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte » (Philippiens 3.19). Dieu nous donne une définition du mal, quand il dit: « mon peuple a commis un double péché: ils m’ont abandonné, moi qui suis une source d’eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, qui ne retiennent pas l’eau » (Jérémie 2.13). Le mal rejette la seule vraie source de paix, de vie et de joie, et préfère essayer de se créer la paix, la vie et la joie d’une autre manière, futile.

Les « chrétiens » que Paul décrit montent de plus un deuxième assaut contre Dieu et sa sainteté. Ils n’abandonnent pas seulement Dieu pour leurs citernes, ouvrant les bras à la culpabilité et la honte. Ils tirent de la fierté et de la joie de ce qui devrait être honteux. Ils ont vu Jésus aller à la croix pour leur péché, méprisant la honte (Hébreux 12.2), mais ils ont adoré leur honte.

Ils ont peut-être professé la foi en Christ et se sont vanté publiquement de leur péché (beaucoup le font). Ou ils se sont trompés en pensant qu’ils pouvaient faire toutes les bonnes choses publiquement, mais nourrir une affaire secrète avec le péché. Ils ont aimé leur honte, même s’ils n’étaient pas prêts à l’aimer devant les autres.

Nous, au contraire, nous attendons un Sauveur (Philippiens 3.20). Quelqu’un de suffisamment pur et assez fort pour supporter notre honte et annuler notre péché. Avec des cœurs brisés, nous confessons notre honte et notre espérance en Christ, notre Rédempteur. Nous ressentons le poids affreux de notre péché et attendons avec anticipation que Jésus revienne et nous donne des corps sans péché et sans honte (Philippiens 3.21).

3. Êtes-vous conduit par des désirs égoïstes, ou par les désirs de Dieu?

Les chrétiens qui ne sont pas vraiment chrétiens s’abandonnent constamment à leurs propres désirs pécheurs. « Ils ont pour dieu leur ventre » (Philippiens 3.19). Paul ne parle pas de nourriture. Peut-être qu’il le ferait, s’il vivait en Amérique aujourd’hui. Il parle de l’esclavage à n’importe laquelle de nos impulsions (pour la nourriture, le sexe, la célébrité, les vêtements, ou tout ce que nous recherchons). Les gens consommés par leurs désirs naturels finissent sans Christ.

Au bout du compte, ils se vénèrent eux-mêmes, et non Dieu. À cause de cela, leurs impulsions prennent le dessus sur les avertissements et les promesses de Dieu, au moment de la tentation. Ils savent ce qui leur convient le mieux, mais manquent de courage et de maîtrise de soi pour résister et attendre. Encore et encore, ils abandonnent le plus grand bonheur possible pour une extase rapide, facile, temporaire.

En revanche, nous nous soumettons nous-mêmes et nous soumettons notre bonheur au « Seigneur Jésus-Christ » (Philippiens 3.20). Jésus n’est pas simplement un Sauveur pour nous, c’est aussi un Seigneur et un trésor. Nous mourons à nous-mêmes (nos désirs pécheurs, nos impulsions, notre gloire) pour adorer Dieu et poursuivre sa gloire. Nous savons que les plaisirs temporaires de la nourriture, du sexe et de l’argent semblent plus satisfaisants qu’ils ne le sont en réalité, et sont pâles en comparaison de tout ce que nous avons en Christ. Nous abandonnons quelques maigres plaisirs maintenant pour avoir le plaisir complet pour toujours.

Alors que d’autres vivent en pensant: « Je suis très satisfait dans la vie quand Dieu me donne ce que je désire le plus », nous vivons plutôt en sachant: « Dieu est le plus glorifié en nous quand nous sommes le plus satisfaits en lui. »

4. Vivez-vous à la lumière du jugement à venir?

Les chrétiens qui ne sont pas vraiment chrétiens ne craignent pas les conséquences de leur péché. Ils vivent comme s’ils ne seront pas jugés, mais « leur fin sera la perdition » (Philippiens 3.19). Ils pensent que le gâteau ne finira jamais, mais dans moins longtemps qu’ils ne le pensent, ils regarderont une assiette vide. La véritable tragédie est que, ce jour-là, ils souhaiteront n’avoir rien eu. Rien ne ressemblera au paradis une fois qu’ils réaliseront la terrible punition à laquelle ils seront confrontés (Luc 16.24).

Les vrais chrétiens savent que leur péché (toute pensée ou action rebelle) sera jugé par un Dieu omniscient, juste et tout-puissant. Paul écrit: « Ne vous y trompez pas: on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle » (Galates 6.7-8). Tout péché, toute semence semée à la corruption, sera payé soit par Christ soit par nous, et nous ne tenons pas cette distinction pour acquise.

Nous nous approchons avec assurance du trône de la grâce (Hébreux 4.16), et par cette grâce, nous travaillons à notre salut avec crainte et tremblement (Philippiens 2.12). Il n’y a rien de bon marché ou de détaché au sujet du vrai pardon. Celui-ci crée une passion pour la piété et une haine pour l’impiété dans le cœur de ceux qui sont pardonnés.

La grâce de Dieu crée en nous un désir intense de lui ressembler davantage. Nous gémissons sur notre péché, alors que nous attendons avec enthousiasme le retour de notre Christ, qui « transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu’il a de s’assujettir toutes choses » (Philippiens 3.21).

Le genre de chrétien qui passera l’éternité avec Christ pense de plus en plus au Christ, se sent de plus en plus convaincu du péché, croit de plus en plus que Dieu sait ce qui nous rendra heureux et craint de plus en plus tout ce qui pourrait déshonorer sa grâce.

Marshall Segal est rédacteur en chef du site DesiringGod.org. Il est aussi auteur.

Article traduit avec autorisation. ©2017 Desiring God Foundation. Site web: desiringGod.org.
Merci à Sonia Shutes et Tim Kapitaniuk pour la traduction.

Auteur invité

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  • bibletude .org dit :

    Mon expérience est que beaucoup de « chrétiens » ne cherchent pas la vérité, mais la confirmation de leurs opinions, et perdent la foi lorsque leurs illusions s’envolent.

  • Isaie dit :

    Est-il possible pour ces chrétiens de revenir à Dieu et si oui comment ?

    • David Brazda dit :

      Bonjour,
      Peut-être que je ne répondrai pas totalement à votre question, mais voici mon avis :

      Je pense à cette parabole où Jésus disait d’attendre la moisson pour que les ouvriers séparent le bon grain de l’ivraie. Et Jean plus tard va dire: «Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres; car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé afin qu’il fût manifeste que tous ne sont pas des nôtres.»

      Le vrai Chrétien (même s’il se décourage à un moment ou un autre dans sa marche avec Dieu) il appartient à Dieu, parce qu’un jour, il s’est repentit et a placé sa confiance en Christ.
      Et Dieu l’a -scellé- de son Esprit Saint.
      On sait que Christ cherche par tous les moyens à faire revenir ses brebis à lui ; celles qui lui appartiennent.
      Et ceux qui lui appartiennent -reconnaissent sa voix-:
      donc, finirons par revenir à lui.

      Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que c’est l’Esprit de Dieu qui agit dans le croyant, et qui travaille à faire grandir sa foi. Il produit le vouloir et le faire.
      Si nous étions sauvés par notre persévérance, ce ne serait plus par grâce, mais par notre propre mérite.
      Et heureusement que ce n’est pas le cas ! Je n’en connais pas qui y seraient arrivés…

      Un vrai chrétien se laissera reprendre par la Parole de Dieu, et par l’action de l’Esprit de Dieu, parce que Jésus a promis de garder ceux qui lui appartiennent.

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