Comment être captivant et fidèle au texte en racontant un passage biblique aux enfants?

Cet article fait partie d’une série sur l’enseignement biblique des enfants dont vous pouvez trouver le sommaire ici.

Quand on s’adresse à de jeunes enfants, le texte biblique peut être difficile à comprendre. L’enseignant est donc amené à le reformuler ou le résumer pour leur permettre d’en tirer les enseignements. La façon dont est racontée l’histoire biblique est particulièrement déterminante dans l’enseignement des enfants: S’ils « vivent » le texte, en comprenant le sens et les enjeux, nous avons accompli une grande part de notre boulot! Plus la narration est adaptée et proche du texte, plus les enfants seront à même de comprendre comment les vérités qu’ils y découvrent s’appliquent à leur cœur et leur vie.

          NB: Il est nécessaire que les enfants sachent différencier à quel moment le texte est reformulé et à quel moment celui-ci est lu. Dès qu’ils sont en âge de comprendre le texte, il est utile d’aller voir ensemble dans la Bible, ce qui n’empêche pas aussi de reformuler l’histoire.

 Le choix de « la manière de raconter » devrait découler de la même question que pour le reste de la séance: Quel est l’objectif de l’auteur de ce texte?

En fonction de la réponse, on choisira la manière qui permet au mieux de faire comprendre cet objectif aux enfants. Ainsi, si l’auteur a pour objectif d’avertir le lecteur, nous ne raconterons pas avec le même ton que si l’auteur a pour objectif de pousser le lecteur à la reconnaissance et à la célébration.

Par exemple: La narration de Néhémie 12 devrait avoir lieu dans une ambiance de fête, tous, enseignants et enfants, devraient être dans la joie!

Tandis que la narration de Néhémie 13 devrait plutôt être caractérisée par la déception et l’avertissement. L’enseignant devrait avoir un ton bien plus solennel auquel les enfants réagiront avec sérieux et peut-être même tristesse.

 Ainsi, l’enseignant cherche à faire vivre aux enfants ce qui est écrit.

L’ambiance du texte

Pour cela, l’ambiance du texte détermine le ton à utiliser afin de permettre aux auditeurs de « vivre » un moment au plus près ce qui est décrit dans le texte:

Est-ce que c’est une scène joyeuse, une célébration?

Est-ce que c’est un évènement tragique, choquant?

Est-ce que c’est une histoire triste, touchante?

Est-ce que l’ambiance est sombre, suscitant la crainte?

Variation

En fonction de l’ambiance présente dans le texte, il sera utile d’adapter le rythme, le volume et le ton. Ces trois variables permettent de transmettre les émotions qui transparaissent dans le texte:

Par exemple: Faire des pauses pour des moments tristes, faire monter le suspense en ralentissant le rythme des phrases, parler vite pour les scènes d’action, monter le volume pour exprimer la joie ou la peur etc…

Bien sûr, le niveau d’attention des enfants est un bon indicateur si un changement devient nécessaire. Quand on perd leur attention, un changement brutal d’une de ces variables peut être très efficace pour les ramener au texte.

Temps des verbes

Raconter l’histoire au présent permet de rendre les évènements plus percutants et réels. L’enseignant sera davantage encouragé à théâtraliser en racontant la scène au présent car il peut ainsi la raconter comme s’il était en train de la vivre.

         NB: Ce n’est pas naturel pour tout le monde, et il est bien sûr possible de rendre une histoire vivante en utilisant le passé.

Utilisation du discours direct

Afin que la narration soit plus captivante et facile à comprendre, il sera utile de passer le plus d’éléments en discours direct. Il vaut mieux faire semblant d’avoir un dialogue plutôt que résumer une discussion.

Par exemple: Pour Néhémie 8.11

– Discours indirect: Les lévites calment le peuple en leur disant de ne pas s’inquiéter et de ne pas s’attrister parce que c’est un jour de fête pour Dieu.

– Discours direct: Les lévites crient au peuple « Mais non ne pleurez  pas! Ne soyez pas tristes! Ne vous inquiétez pas comme ça … Aujourd’hui c’est un grand jour de fête pour Dieu! »

On constate aisément que la deuxième option est plus agréable à écouter et plus adaptée pour faire « vivre » la scène aux enfants.

Langage corporel

Dès que l’enseignant imitera un personnage dans ses réactions, dans ses expressions faciales, dans une simple position (mains sur les hanches, bras croisés, main sur le menton…), en faisant semblant de faire l’action racontée (courir sur place, faire semblant de se cacher, se baisser, se jeter à terre etc…) il aidera les enfants à comprendre ce qu’il se passe dans le texte et « l’intensité » de ce que les personnes sont en train de vivre.

Vocabulaire

Afin de s’adapter au niveau de compréhension des enfants, le choix du vocabulaire est bien sûr crucial. Choisir les mots les plus simples possible pour expliquer les concepts développés dans le texte est aussi un excellent exercice pour l’enseignant. Il est obligé de vraiment comprendre l’essence de ce qu’il dit et ne peut se cacher derrière une expression surutilisée. Il est possible d’utiliser – avec parcimonie – des mots inconnus par les enfants, à condition, de les faire suivre par une définition courte et simple.

Par exemple: Dans Néhémie 10, le peuple s’engage à donner les prémices à l’Eternel, ce sont les premiers fruits qu’ils récoltent, les premiers animaux nés de leur troupeau, la première et meilleure part de ce qu’ils ont.

Les aides visuelles

Toute aide visuelle ou auditive peut vraiment aider les enfants à saisir le texte à condition qu’elles servent l’objectif. Les plus jeunes seront particulièrement sensibles aux objets réels qui sont découverts au fur et à mesure. Il est plus pertinent d’utiliser ces aides visuelles pour attirer l’attention sur le moment clé du passage, qui expose au mieux l’intention principale de l’auteur. 

Par exemple: Pour la narration des noces de Cana en Jean 2, on pourra prévoir une cruche opaque dans laquelle du liquide coloré (type grenadine) aura été versé au préalable. Pendant que l’histoire est racontée, l’enseignant peut y verser de l’eau. Quelle surprise pour les enfants quand l’enseignant servira des verres de “boisson colorée” qui ressemble à du vin. Il y a de grandes chances qu’ils s’en souviennent.

Banque d’illustrations gratuites: https://www.freebibleimages.org/

L’aisance

Plus l’enseignant connait le texte et ses enjeux, plus il saura s’adapter aux enfants et agir sur ces différentes variables. Il est donc vraiment utile de passer du temps dans la préparation: Pour la lecture du texte, pour en repérer les différentes étapes, pour choisir ce que vous allez dire, et pour répéter “en condition”. 

Astuce: Répéter deux fois est bien pratique. La première répétition permet de repérer les moments qui nécessitent des modifications (où on est moins clair, trop long, hésitants…). La deuxième sert à s’entraîner dans des conditions similaires à celles dans lesquelles l’enseignement sera donné (et donc de préférence avec les aides visuelles ou matériel utilisés) et permet de vérifier si la longueur totale correspond à la capacité d’attention des enfants de votre groupe.

Quelles que soient les techniques utilisées, nous avons besoin d’être nous-mêmes touchés par la lecture d’un texte biblique afin de le transmettre fidèlement. Adressez-nous à Dieu en prières pour qu’il nous saisisse, par l’action de son Esprit, à travers sa Parole.


Pour aller plus loin:


Valérie Charrier

Mariée à David et mère d'un petit Matthieu, Valérie, initialement professeur des écoles, est responsable de l'enseignement des enfants au sein de l'Église les deux rives à Toulouse tout en continuant une formation théologique en ligne.

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