Auriez-vous aimé en avoir fait davantage?

La vie de Jean-Baptiste a commencé avec une grande promesse. Une proclamation angélique. Un appel de Dieu. Un ministère prospère. Pourtant, sa vie s’est terminée dans l’ombre – seul, dans une petite cellule de prison.

La vie de Jean n’est pas ce que l’on considérerait comme un succès. Nous célébrons les gens qui commencent avec rien et qui finissent avec de grands accomplissements. Nous ne trouvons souvent que peu à admirer quand ça va dans l’autre sens.

La plupart d’entre nous commençons avec de grandes attentes pour notre propre vie. Nous voulons nous faire un nom, avoir une carrière épanouissante ou élever une famille exceptionnelle.

Quand les années passent et que nous n’avons pas accompli ce que nous espérions, nous nous retrouvons à nous demander si notre vie a réellement été bonne. Nous avons un sentiment tenace que, d’une certaine manière, nous n’avons pas été à la hauteur.

Je ne connais que trop bien ce sentiment.

À la poursuite du succès

 J’ai commencé en voulant tout cela. Je voulais me faire un nom dans une carrière pleine de succès, tout en étant comme la femme de Proverbes 31 en élevant une famille exceptionnelle. Au début, tout cela semblait atteignable.

Après avoir obtenu mon diplôme, c’était comme si j’étais sur la voie rapide vers le succès. Mais quand j’ai choisi, quelques années plus tard, d’être mère au foyer, j’ai senti poindre l’embarras quand plusieurs camarades de classe se sont moqués de mes choix « admirables ».

J’ai ensuite concentré mon énergie à faire de notre foyer un lieu chaleureux et hospitalier, un lieu où les gens se sentent accueillis et pris en considération. Mais un diagnostic de syndrome post-poliomyélite m’a contrainte d’arrêter d’utiliser mes bras pour autre chose que des soins personnels, laissant peu de place pour l’hospitalité, moins encore pour des repas fait maison.

Même si je ne pouvais pas servir les autres physiquement, je me suis néanmoins concentrée sur le fait d’élever une famille forte, en essayant d’être une épouse et une mère encourageante. Ainsi, quand mon mari a quitté notre famille, et a plus tard demandé le divorce, j’étais complètement dévastée. Pas seulement pour moi-même, mais aussi pour nos enfants. Ils luttaient avec une colère explosive et des blessures, intensifiant encore ma tristesse et ma honte.

Je me sentais comme étant un échec absolu. Non seulement je ne pouvais pas atteindre tous mes objectifs, mais je ne pouvais même en atteindre aucun.

Pas appelé au succès

Les mots de Mère Teresa m’ont donné vie alors que je considérais toutes les manières dont je n’avais pas été à la hauteur. Je me suis accrochée à cette simple déclaration, et je me la suis rappelée tout au long de ma vie: « Dieu ne m’a pas appelée à faire preuve de succès; il m’a appelée à faire preuve de fidélité. »

Jean-Baptiste aurait approuvé. Sa venue était marquée par une grande anticipation. À la fois Ésaïe et Malachie avaient prophétisé à propos de celui qui allait préparer le chemin pour le Messie (Ésaïe 40.3; Malachie 3.1). Avant même que le messager naisse, l’ange Gabriel disait de lui qu’il serait grand devant le Seigneur, qu’il serait rempli du Saint-Esprit déjà dans le ventre de sa mère et qu’il marcherait avec l’esprit et la puissance d’Élie (Luc 1.15-17).

Avec de telles proclamations, comment Jean-Baptiste ne pouvait-il pas expérimenter le succès?

Le dernier grand prophète

En premier lieu, Jean a effectivement eu de grands succès. Il prêchait avec une grande puissance, comme Élie. Des foules affluaient vers lui pendant son court ministère public, dont les spécialistes disent qu’il pourrait avoir duré moins d’un an. Durant cette brève période, Jean a beaucoup attiré l’attention des scribes et des pharisiens qui se sentaient menacés par le peuple, persuadé que Jean était le Messie.

Jean était le dernier des prophètes de l’Ancienne Alliance (comme Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel et Daniel, qui ont tous prédit la venue du Christ). Il était « la voix de celui qui crie dans le désert: “Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers” » (Matthieu 3.3). Mais Jean a été le seul prophète qui a eu le privilège de voir le Messie incarné. Jean a même baptisé Jésus, vu l’Esprit descendre sur lui et entendu de ses propres oreilles Dieu disant: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection » (Matthieu 3.17).

Sans aucun doute, Jean devait être excité à propos de ce que Dieu était en train de faire. Le Messie tant attendu était là, et Jean aurait pu supposer que lui, son héraut, allait avoir un ministère (et du succès) à ses côtés.

Il faut que je diminue

Mais Jean a été emprisonné seulement quelques mois après que Jésus a commencé son ministère public. Jean n’a pas vu l’accomplissement de son ministère; il a simplement dû faire confiance et croire que Dieu utiliserait le travail de sa vie.

Jean a été l’exemple de ces mots, utilisés par le Seigneur dans sa prière: « Que ton règne vienne; que ta volonté soit faite » (Matthieu 6.10). Jean n’était pas focalisé sur son propre royaume; il était focalisé sur le royaume de Dieu. Il n’a pas essayé d’étendre son ministère ou son influence; il était satisfait d’aller là où Dieu l’appelait. Il ne se sentait pas affecté par le déclin de son influence ; il se réjouissait que la popularité du Christ se répande. Dans tous les cas, Jean subordonnait son ego et ses plans à ceux de Dieu.

La vie de Jean a continué de diminuer et de s’estomper. Jésus étant devenu populaire, les foules prêtaient de moins en moins attention à Jean. Certains de ses disciples, comme André, l’ont quitté pour suivre Jésus. Alors que son ministère chevauchait celui de Jésus, les disciples de Jean firent cette remarque: « Voici, il baptise, et tous vont à lui » (Jean 3.26). La réponse de Jean: « Cette joie, qui est la mienne, est parfaite. Il faut qu’il croisse, et que je diminue » (Jean 3.29-30).

Fidèle jusqu’à la mort

Du point de vue du monde, Jean ressemblait probablement à un échec. Il n’a jamais été prospère, et son ministère s’est rapidement évaporé. Il n’a même pas eu une mort glorieuse. Il est mort à cause des caprices d’une fille idiote, de sa mère vengeresse, et d’un roi faible et méchant.

Pourtant, la vie de Jean-Baptiste a été un réel succès aux yeux de Dieu. Jean a servi un objectif crucial dans le royaume, préparant fidèlement le chemin pour le Christ. Il n’a pas vu le fruit de son ministère. Beaucoup d’entre nous ne le verront jamais. Pourtant, Jésus nous exhorte en Apocalypse 2.10: « Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. »

Jésus ne prononçait que des louanges à l’égard de Jean. Il disait que Jean était le plus grand homme qui ait jamais vécu à cette époque (Matthieu 11.11). Mais la vie de Jean et son ministère n’étaient probablement pas ce qu’il s’était imaginé.

Bon et fidèle serviteur

Votre vie vous semble-t-elle parfois petite et insignifiante? Peut-être avez-vous commencé avec de grands plans pour votre vie et constatez-vous à présent que vous n’avez accompli qu’une part infime de vos projets. Jugez-vous votre valeur avec les standards du succès dictés par le monde?

Si vous avez commencé votre carrière, votre ministère ou votre appel avec le plein de promesses, mais que tout ne s’est pas déroulé comme vous l’espériez, prenez courage. Dieu souhaite votre fidélité, pas votre succès.

Souvenez-vous de ce que Dieu valorise. Il souhaite notre cœur – notre disposition à être utilisé par lui. Pouvons-nous trouver de la joie quand Dieu nous utilise, comme Jean, même s’il semble que notre influence et notre popularité diminuent? Pouvons-nous trouver notre valeur en Christ seul, et nous souvenir que notre objectif sur la terre est de rendre le nom de Dieu grand (et non le nôtre)?

J’aimerais pouvoir dire que j’ai abandonné mon désir d’avoir une vie couronnée de succès aux yeux des autres, mais honnêtement, je lutte toujours avec ça. Je lutte avec une manière d’appréhender le succès comme une norme plutôt qu’une bénédiction. Je lutte lorsque je me compare à ceux qui ont accompli plus que moi. Je lutte avec le besoin de produire des fruits mesurables, même dans le ministère.

Pourtant, quand je me souviens que Dieu m’appelle à être fidèle et non pas à expérimenter le succès, je réalise combien mes désirs peuvent être mal placés. Je n’ai pas besoin de me comparer avec d’autres, j’ai besoin de me focaliser sur le fait d’être fidèle dans ce que Dieu m’a appelée à faire. Je peux apprendre de Jean-Baptiste et attendre ma récompense, lorsque j’entends ces mots précieux: « C’est bien, bon et fidèle serviteur; […] entre dans la joie de ton maître » (Matthieu 25.21).

Vaneetha Rendall Risner est blogueuse et rédige régulièrement des articles sur DesiringGod.org.

Article traduit avec autorisation. ©2018 Desiring God Foundation. Site web: desiringGod.org
Merci à Pierre-Yves Koenig pour la traduction de l’article.

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