Quand un rocher s’enfonce lentement dans l’eau!

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      « Mais, voyant que le vent était fort, il eut peur et, comme il commençait à s’enfoncer, il s’écria: “Seigneur, sauve-moi!” Aussitôt Jésus tendit la main, l’empoigna et lui dit: “Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?” » – Matthieu 14.30-31

      Pierre et la foi

      Lisez Matthieu 14.13-33 et Jean 6.1-21

      Encore une fois, les disciples avaient vécu une journée hallucinante.

      Alors qu’ils dirigeaient la barque vers Capernaüm, ils avaient du mal à ne pas parler de ce qu’ils venaient tout juste de voir. Cinq mille hommes, plus les femmes et les enfants, et Jésus les avait tous nourris! Avec le repas d’un petit garçon! La puissance que déployait Jésus les fascinait tout autant qu’elle les troublait.

      Et ils avaient ressenti ce mouvement de foule, ce grand élan de soutien en faveur de Jésus, lorsque ce pique-nique géant s’était transformé en une manifestation aux cris de: “Nous voulons Jésus pour roi!” Les gens avaient commencé à comprendre… Le Messie était enfin arrivé! Le royaume commençait à se mettre en place juste là, sous leurs yeux. Mais tout s’était terminé de manière très étrange. Bizarrement, Jésus semblait contrarié par l’enthousiasme de la foule et il s’était rapidement employé à l’éteindre par des paroles dures et surprenantes. Le soutien de la foule avait viré à la désillusion.

      Jésus était parfois bien compliqué à comprendre.

      Et pourquoi était-il si pressé de les envoyer à Capernaüm, au point de les faire naviguer de nuit? Et pourquoi devaient-ils partir sans lui? Ils avaient pris le dernier bateau disponible sur la rive. Si Jésus voulait vraiment les rejoindre le jour suivant à Capernaüm, il allait devoir se coltiner une sacrée promenade autour du lac!

      Puis un vent contraire s’était levé et la mer était devenue de plus en plus houleuse, les empêchant de ramer efficacement. L’irritabilité causée par la fatigue dans leurs muscles avait peu à peu remplacé l’excitation causée par l’adrénaline dans leurs veines. L’un d’entre eux s’était plaint qu’à cette vitesse, Jésus arriverait probablement avant eux de l’autre côté en marchant.

      Juste à ce moment-là, quelqu’un avait hurlé: “C’est quoi, ça?” Tous les regards s’étaient tournés vers l’arrière du bateau. Une silhouette s’approchait dans l’épaisse obscurité. Pierre se mit debout sur le petit pont arrière et scruta les ténèbres. Cela ne pouvait en aucun cas être ce qu’il pensait apercevoir. Mais très vite, c’était devenu une évidence. Quelqu’un, ou quelque chose, marchait vers eux en se déplaçant sur l’eau. Une peur étrange se saisit de chaque homme à bord. Maîtrisant difficilement sa panique, l’un d’entre eux lança: “C’est un fantôme!” L’énergie des rameurs fut soudain décuplée.

      Mais une voix familière les interpella:

      — Rassurez-vous, c’est moi. N’ayez pas peur!

      Jésus? C’était bien la voix de Jésus. Mais, il était en train de marcher sur l’eau! Peut-être qu’un esprit pouvait faire ça, mais certainement pas un être humain! Pierre fit signe aux rameurs de s’arrêter. Oui, c’était bien Jésus. Tous étaient bouche bée, pas un n’osait prononcer un mot.

      Sauf Pierre:

      — Seigneur, si c’est toi, ordonne-moi d’aller vers toi sur l’eau.

      Les visages ahuris se tournèrent tous vers Pierre. Cette pensée n’avait encore traversé l’esprit de personne. Jésus lui répondit:

      — Viens!

      Alors Pierre s’assit sur le rebord et passa les jambes de l’autre côté. Puis il s’appuya doucement sur ce qui aurait dû l’engloutir d’un coup. Il se mit debout. Un concert d’exclamations s’éleva du bateau. On passait d’un niveau de surréalisme à un autre. Pierre essaya de faire quelques pas vers Jésus. Tous les autres disciples retenaient leur souffle.

      Soudain, Pierre s’immobilisa. Il regarda les vagues qui lui trempaient les jambes. Ses yeux s’emplirent de panique. Il se mit alors à couler, doucement, comme s’il se tenait sur de la boue. Il lança les bras vers Jésus en criant:

      — Seigneur, sauve-moi!

      Jésus s’avança, saisit son bras et le remonta. Pierre, les yeux fixés sur Jésus, essayait de reprendre son souffle. Jésus lui dit avec une fermeté affectueuse:

      — Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?


      Pierre a fait preuve d’une foi remarquable en demandant à Jésus de le rejoindre sur l’eau. Personne d’autre n’a osé faire comme lui.

      Mais lorsqu’il a commencé à marcher sur l’eau, qu’est-ce qui le maintenait à la surface? On pourrait rapidement répondre que c’était sa foi. Mais ce n’est pas juste. La foi de Pierre n’est pas ce qui l’empêchait de couler. C’était Jésus. Et Pierre le savait. C’est pour cela qu’il avait demandé à Jésus de lui donner l’ordre de venir. Ce que Jésus a fait, c’est honorer la foi de Pierre en ordonnant à l’eau de le porter.

      Première leçon: croire, ce n’est pas avoir foi dans notre foi en Jésus, c’est avoir confiance dans la puissance des paroles de Jésus.

      Mais lorsque Pierre s’est retrouvé en dehors de la sécurité du bateau, en terrain complètement inconnu, tout semblait être devenu instable, dangereux. Pourquoi? Eh bien, parce que dans la réalité, les gens ne marchent pas sur l’eau. Cette histoire nous est peut-être si familière que nous ne percevons plus le côté absurde de cette idée de marcher sur l’eau. Mais à cet instant précis, Pierre le percevait parfaitement.

      Et il a commencé à s’enfoncer.

      Mais avez-vous remarqué que Pierre n’a pas coulé comme une pierre coulerait? La dernière fois que vous avez plongé dans une piscine, vous êtes-vous enfoncé progressivement dans l’eau? Il se passe ici quelque chose de très puissant. Pierre a commencé à s’enfoncer lorsque sa foi a basculé de la fermeté des paroles de Jésus à l’instabilité des circonstances dans lesquelles il se trouvait. Et lorsqu’il a commencé à couler, c’était parce que Jésus permettait qu’il s’enfonce… tout doucement. Pour Pierre, cela s’est révélé être une grâce.

      Pourquoi? Parce que c’est son naufrage qui a provoqué son appel au secours vers Jésus. Cela a très vite détourné l’attention de Pierre du monde autour de lui, ou de lui-même, comme source potentielle de vérité et de salut. Toute son attention a rapidement été recentrée vers son Sauveur. Et dès qu’il s’est tourné vers lui, Jésus l’a retiré de l’eau.

      Seconde leçon: les paroles de Jésus sont plus vraies et plus fortes que tout ce que nous voyons et ressentons. Et parfois, lorsque nous en doutons, dans sa grâce, Jésus nous laisse couler pour que nous nous tournions à nouveau vers lui.

      Faire plus confiance à Jésus et sa Parole qu’à nos perceptions naturelles est une leçon difficile à apprendre. C’est pour cela que Dieu nous conduit à travers de nombreuses expériences qui testent notre foi et la fortifient.

      Et quand il fait cela, ce n’est jamais uniquement pour nous. Il met en avant sa puissance pour que la foi de ceux qui nous entourent en soit aussi renforcée. Et tout comme le reste des disciples, une fois que Jésus et Pierre ont été de retour dans le bateau, nous dirons au Seigneur:

      Tu es vraiment le Fils de Dieu.

      Matthieu 14.33


      Jon Bloom

      Jon Bloom est Président du conseil d’administration et cofondateur du site DesiringGod. Il est également auteur plusieurs livres dont notamment Où est ta foi?, qui a été publié en français. Jon et sa femme ont cinq enfants, ils vivent à Twins Cities, aux États-Unis.

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